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Maryvonne Pettorelli (Traducteur)Pierre Brunel (Préfacier, etc.)
ISBN : 2864245345
Éditeur : Editions Métailié (18/03/2005)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 72 notes)
Résumé :
Simon Bacamarte, aliéniste diplômé, s'installe dans une paisible bourgade brésilienne et, au nom de la science, fonde un asile d'aliéné.
Il classe d'abord et enferme tous les lunatiques, mais son emprise sur la cité déclenche un mécanisme diabolique qui va atteindre la totalité de la population. Avec ce savant en délire, Machado s'attaque avec humour aux dogmatismes scientifiques et politiques. " L'aliéniste vit un carnet à la main ; il note les réactions de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  19 août 2013
C'était un premier contact avec cet auteur classique brésilien du XIXème siècle mais probablement pas le dernier.
J'ai été de suite séduite par son ton aux accents voltairiens, faits d'humour, d'ironie et de fausse naïveté destiné à enfoncer le clou d'un propos toujours bien plus profond et philosophique qu'il n'y paraît de prime abord.
Joaquim Machado de Assis nous présente donc, dans ce petit roman sis en une ville provinciale du Brésil, Itaguaí, les frasques effrayantes d'un scientifique austère, froid et minutieux.
Le docteur Simão Bacamarte veut connaître LA vérité, LA poursuivre jusqu'au tout dernier trou de souris où ELLE se terre traitreusement, LA disséquer pièce par pièce jusqu'en son ultime atome, et, pour ce faire, ne reculer devant aucun moyen, quelque infâme qu'il puisse être, pour arriver à cette fin.
Son sujet d'étude, c'est la folie. Son objet d'étude sera donc la population d'Itaguaí.
Pour ce faire, il va patiemment et consciencieusement mettre sur pied une structure efficace, c'est-à-dire un asile d'aliénés désigné sous le tendre nom de " La Maison Verte ". (N. B. : les créateurs de la marque de détergent homonyme ont tablé sur une méconnaissance de ce roman par les consommateurs, sans quoi ils n'auraient pas osé y faire référence !)
Peu à peu, dans un souci toujours (toujours ?) scientifique (scientifique ?), toute la population va séjourner dans la Maison Verte. Bien sûr, à Itaguaí, ceci ne va pas sans heurts ni sans soulever quelques interrogations...
Les questions que nous soulève Machado de Assis, pour nous lecteurs, sont encore plus intéressantes voire terrifiantes.
Quelle utilisation le pouvoir peut-il faire d'une telle structure ? (L'Allemagne nazie, Les États-Unis, L'U.R.S.S. ou la Chine, pour ne citer qu'eux, ont malheureusement donné largement raison à l'auteur.)
Qu'appelle-t-on folie ? Où se situe la limite ? Qu'est-ce que la normalité ? Qu'est-ce qu'être sain d'esprit ?
C'est là que les questions de L'Aliéniste prennent toute leur force et revêtent un aspect inquiétant. Sommes-nous TOUJOURS sain d'esprit ? Quelle QUANTITÉ de folie contient telle décision, tel comportement ? Où se situe la limite ? Qui situe la limite ?
Un captivant questionnement, en somme ; une écriture vive et plaisante par son humour naïf, qui est loin de l'être ; et donc, pour moi, une excellente impression. Mais — est-ce folie de l'avouer ? — ce n'est que mon impression, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Sachenka
  24 juin 2018
À la fin du 19e siècle, Simon Bacamarte est un jeune homme fortuné mais il est tout occupé à la tâche qu'il s'est donné. Diplômé aliéniste (ce qu'on nommerait aujourd'hui psychiâtre), il réussit à convaincre les autorités de sa région natale du Brésil, Itaguaï, d'ouvrir un asile pour accueillir les malades mentaux. Tous applaudissent cette initiative. Ne le feriez-vous pas ?
Les premiers cas sont intéressants, mais rapidement tous les locaux qui présentent des comportements inaccoutumés (sans être nécessairement signes de folie aux yeux de leurs concitoyens) sont internés. Et ceux qui osent critiquer sont les prochains suspectés de démence. Après tout, pourquoi voudrait-on libérer un malade mental ? On agrandit et agrandit l'hôpital jusqu'au point où la moitié de la population est sous la garde de l'aliéniste.
Pendant ce temps, les passions se déchainent, les locaux insatisfaits marchent vers l'asile, cette « Bastille d'Itaguaï ». La garde dépêchée pour arrêter les émeutiers se joint à eux, c'est le désordre total ! La rébellion renverse les autorités et proclame un nouveau conseil municipal. Pour l'aliéniste, de telles manifestations de violence sont symptômatiques d'un trouble. Et pareillement pour les supporters de ce gouvernement. Il faudrait les interner…
Comme vous voyez, il n'y a aucune solution. L'aliéniste trouverait le moyen de confiner dans son asile autant ceux qui disent blanc que noir. Malgré cela, on ne peut que suivre la logique inébranlable de Bacamarte. En même temps, on comprend toute l'ironie qu'elle contient, et la critique (sous couvert d'humour) qu'elle fait de la politique et des sciences sociales. Peu importe qui détient le pouvoir, il est toujours dangereux et on doit l'utiliser avec la plus grande prudence.
Mais l'histoire ne s'arrête pas là ! Après avoir reconnu que plus de la moitié de la population soufre d'une santé mentale fragile, ceux qui sont sains d'esprit forment dorénavant une minorité, un cas d'anormalité. Ne serait-ce pas eux qu'on devrait interner ? Comme c'est inquiétant.
Et qu'en est-il de l'aliéniste ? A-t-il été diagnostiqué ? Devrait-il le faire ? Par lui-même, sans doute. À jouer à Dieu, il finit par se croire infaillible. D'où l'importance de ne pas concentrer tous les pouvoirs entre les mêmes mains. Je suppose que l'auteure savait de quoi il parlait, l'Amérique du Sud a vécu plusieurs changements de régime depuis… toujours.
Sous couvert d'aventures rigolotes, le roman L'aliéniste soulève de bonnes questions. Je m'attendais à une lecture agréable et drôle, et ce l'était effectivement, mais beaucoup plus en même temps. J'aime de tels romans, qui réussissent à me faire réfléchir sans en donner l'impression. Joaquim Maria Machado de Assis, que je découvre avec ce roman, vient de gagner un lecteur. Sa plume, tant par son style que par son propos, est d'une incroyable modernité, même cent cinquante ans plus tôt.
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Christw
  10 mai 2018
Traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge-Pettorelli
Nous avions laissé un J-M Machado de Assis légèrement mélancolique et vieillissant, pas vraiment dans la ligne de ce que la postérité lui reconnaît, le cynisme et l'ironie. "L'Aliéniste", par contre, est un conte cinglant qui moque la science et la médecine de l'esprit au 19e siècle, gloussant au passage sur la comédie humaine. La bourgade Itaguaï (Ithaque brésilienne où revient le médecin Simon Bacamarte, l'esprit plein d'un voyage d'études en Europe) est le miroir d'une société très influencée à l'époque par le positivisme: davantage de rationalité scientifique, moins de théologie et de spéculations métaphysiques. Bacamarte entreprend de bâtir un asile pour les fous, la Maison Verte, aux fins d'étudier ces cas.
L'on aura l'occasion de sourire dès les premières pages, lorsque notre grand homme a convaincu les conseillers de Mairie d'adopter son projet qu'il convient de financer. Il est décidé de taxer les plumets sur les attelages lors des enterrements : "Qui désirerait emplumer les chevaux tirant le corbillard paierait deux testons à la commune pour chaque heure écoulée entre le décès et la bénédiction ultime au-dessus de la sépulture." Mais le calcul du rendement de la taxe s'avérant fort compliqué, "l'un des conseillers, qui n'accordait aucun crédit à l'entreprise du médecin, demanda qu'on dispensât le malheureux d'un travail aussi inutile". Les taxes communales, déjà.
Humour entretenu au paragraphe suivant lorsque Simon Bacamarte entend graver une inscription sur le frontispice du bâtiment : arabisant de longue date, il tient du Coran que Mahomet jugeait les fous vénérables, car Allah les priva de jugement afin qu'ils ne puissent se rendre coupables de péché : "craignant d'indisposer le curé, et son évêque par personne interposée, il attribua la sentence au pape Benoît VIII, mensonge fort pieux du reste, qui lui valut de la bouche du père Lopes, lors du déjeuner d'inauguration, le récit de la vie de l'éminent pontife".
Esprit et décor plantés, la fable vire continuellement à l'inattendu. Je ne résumerai pas le scénario de ce livre court, il en perdrait sa saveur. Sachez que les théories du médecin, mises en application au fil du récit, donnent lieu à divers retournements au gré des conclusions logiques auxquelles parvient le savant, dont la moindre n'est pas la décision de relâcher les véritables aliénés pour enfermer les (rares) gens équilibrés, qui lui paraissent soudain relever de la pathologie mentale. On ne s'étonne pas que tout cela conduise à une révolte contre la Maison Verte, sorte de prise de la Bastille (l'Histoire contemporaine ne nous a-t-elle pas appris que l'espace carcéral prend la forme de l'internement psychiatrique ?). Et l'occasion pour Machado de Assis, qui sait combien l'Amérique latine est sujette aux changements brusques de régime, de mettre en scène une très efficace parodie de soulèvement populaire, de dictature populiste et de concupiscence du pouvoir.
Dans le monde nouveau qui s'annonce à l'époque, le savant prend la place du prêtre ; il est chargé non plus de dire le bien, mais de dire le vrai ; il n'y a plus vraiment de péché et de mal dans la société, mais le déséquilibre, la pathologie et la folie. Machado de Assis plonge ce savant-type moderne et occidental, obsédé par la vérité et la raison raisonnante, dans une société brésilienne encore archaïque, marquée par la foi et par un certain manichéisme. le livre interroge la figure du scientifique empirique, celui qui veut tout réduire, y compris la morale, à ce que sa science lui permet de comprendre.
"Sans doute, l'un des premiers soins des aliénistes du XIXe siècle a été de se faire reconnaître comme «spécialistes». Mais spécialistes de quoi ? de cette faune étrange qui, par ses symptômes, se distingue des autres malades ? Non pas, mais spécialistes plutôt d'un certain péril général qui court à travers le corps social tout entier, menaçant toute chose et tout le monde, puisque nul n'est à l'abri de la folie ni de la menace d'un fou. L'aliéniste a été avant tout le préposé à un danger ; il s'est posté comme le factionnaire d'un ordre qui est celui de la société dans son ensemble." (Michel Foucault - "L'asile illimité" - Le Nouvel Observateur mars-avril 1977).
Conseil: lisez l'introduction de Pierre Brunel (littérature comparée) après, ce sera plus profitable et moins spoilant.

Lien : https://christianwery.blogsp..
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Dez54
  24 août 2019
Joaquim Maria Machado de Assis, auteur brésilien de la seconde moitié du XIXe siècle nous donne à lire un très court roman aux allures de conte philosophique.
L'histoire de L'aliéniste se déroule au Brésil alors que la psychiatrie s'est institutionnalisée et que les asiles se multiplient en Europe puis dans le nouveau monde. Dans un style sobre et avec une pointe d'un humour discret, Machado de Assis dévoile le récit de Simon Bacamarte, psychiatre qui revient après ses études sur le vieux continent dans une petite ville brésilienne et entreprend d'enfermer tous les fous de la cité dans sa "Maison Verte". Action qui si elle arrange bien les familles de la ville, trop heureuses de se débarrasser à peu de frais de leurs malades mentaux, va davantage les inquiéter au fur et à mesure que le docteur élargi la définition de la folie...
Ce livre court (moins de cent pages) et satyrique nous pousse à un questionnement sur la subjectivité de la folie mais plus largement aussi sur les enjeux et le contrôle de la science (personnifiée ici par Bacamarte) ainsi que sur le pouvoir des institutions de toute nature.
Un petit ouvrage, tout à fait recommandable qui combine simplicité et réflexion.
P.S. : Attention, les éditions Métailié ont cru bon de placer un court résumé de l'oeuvre qui dévoile le déroulement de l'intrigue et la fin du récit. Même si on lit rarement ce type de livre avant tout pour son suspense, je conseille aux lecteurs possédant cette édition de commencer directement à la page 25 et de revenir à la préface ensuite.
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pasiondelalectura
  19 mars 2015
Voici un auteur brésilien du XIX qui est peu connu, qui est plus cité que lu, mais qui est un grand écrivain sud-américain, fondateur de l'Académie des Lettres dans son vaste pays.
"L'aliéniste" est un bijou datant de 1881, une pépite que j'ai lu en espagnol, c'est à dire déjà traduit du portugais. Quelle splendeur cela doit être de le lire en langue vernaculaire !
C'est un conte philosophique, d'un modernisme, d'une drôlerie, d'une pertinence incroyables. le narrateur prend le lecteur à témoin et lui fait sans arrêt des clins d'oeil.
C'est l'histoire du bon docteur Simon Bacamarte qui revient au Brésil après des études européennes à Coimbra et à Padoue. Il a en tête d'ouvrir un asile d'aliénés dans une petite localité près de Rio de Janeiro: Itaguaí. L'idée est pour le moins très originale parce qu' à l'époque on soigne les malades mentaux agités à la maison et les "calmes" se promènent tranquillement en ville.
Nous sommes dans un Brésil colonial à la fin du règne de l'empereur Dom Pedro II et le début de la république. le mot aliéniste est nouveau, le docteur Bacamarte est un contemporain de Charcot et la psychiatrie balbutiante s'attache aux classifications des maladies mentales plus qu'à guérir les patients.
Très vite le docteur va remplir son asile avec les 4/5ème de la population d'Itaguaí parce que les maniaques en tout genre pullulent en ville; même sa jeune épouse sera internée car elle a la "manie du luxe" avec son goût immodéré des bijoux...
A cette époque et dans cette société, le rôle du médecin est en compétition avec le rôle du curé parce que le discours médical va remplir le vide laissé par le discours religieux.
Le bon docteur passe son temps le nez dans les livres de Médecine du temps d'Averroès et pour dire les choses clairement, il est totalement à côté de la plaque.
A force d'interner à tour de bras les âmes d'Itaguaí, le docteur Bacamarte va réviser sa position et comprendre que le déséquilibre mental est "normal" et exemplaire et que les cas "équilibrés" devront être considérés comme pathologiques.
Il va postuler que la folie on la retrouve chez une minorité de gens équilibrés et vertueux, alors que la raison est présente chez la majorité des fous.
Et que finalement à Itaguaí il n'y a pas de fous et que c'est lui, le docteur Bacamarte qui a le maximum d'attributs du "parfait frappadingue". Son échec à trouver une vérité scientifique équivaut à l'échec de la Science.
Un conte très brillant, avec une écriture parfaite, un style finement ironique qui pousse à nous formuler quelques questions : qui est fou? qui n'est pas fou ? Si vous optez pour une réponse lacanienne, tout le monde est fou.
Cette lecture m'a laissé l'envie de lui lire son chef d'oeuvre de 1899, le roman "Dom Casmurro", ainsi que sa biographie par l'écrivain chilien Jorge Edwards "Machado de Assis" de 2003.
Lien : https://pasiondelalectura.wo..
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critiques presse (1)
Sceneario   30 septembre 2014
Un album qui profite de l'incroyable graphisme des deux frères, très vivant et expressif, avec une magnifique gamme de couleurs, de teintes et de textures qui font tout de suite mouche ! De plus, la mise en scène et les cadrages sont simplement parfaits, démontrant la virtuosité de ces deux artistes qu'on surveille dorénavant de très près !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   28 juillet 2013
La quarantaine franchie, il épousa Dona Evarista de Costa e Mascarenhas, une jeune femme de vingt-cinq ans, veuve d'un magistrat de la Colonie, ni bien jolie ni sympathique. Un oncle de Simão Bacamarte, chasseur de pacas devant l'Éternel, et non moins franc, s'étonna d'un pareil choix et il le dit à son neveu. Simão Bacamarte lui expliqua que Dona Evarista rassemblait des conditions physiologiques et anatomiques de premier ordre, elle digérait sans problème, dormait de même, elle avait un pouls régulier et une vue excellente ; de sorte qu'elle était apte à lui donner des enfants robustes, sains et intelligents. Si en plus de ces dons — seuls dignes de la préoccupation d'un savant — les traits de Dona Evarista laissaient à désirer, loin de le déplorer, il remerciait le ciel, ainsi ne courrait-il pas le risque en s'abandonnant à la contemplation exclusive, étriquée et vulgaire de son épouse, de délaisser les intérêts de la science.

(Aos quarenta anos casou com D. Evarista da Costa e Mascarenhas, senhora de vinte e cinco anos, viúva de um juiz de fora, e não bonita nem simpática. Um dos tios dele, caçador de pacas perante o Eterno, e não menos franco, admirou-se de semelhante escolha e disselho. Simão Bacamarte explicou-lhe que D. Evarista reunia condições fisiológicas e anatômicas de primeira ordem, digeria com facilidade, dormia regularmente, tinha bom pulso et excelente vista ; estava assim apta para dar-lhe filhos robustos, sãos e inteligentes. Se além dessas prendas, — unicas dignas da preocupação de um sábio, D. Evarista era mal composta de feições, longe de lastimá-lo, agradecia-o a Deus, porquanto não corria o risco de preterir os interesses da ciência na contemplação exclusiva, miúda e vulgar da consorte.)
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Nastasia-BNastasia-B   02 août 2013
- Supposons que l'esprit humain soit une vaste coquille, mon but, monsieur Soares, c'est de voir si je peux en extraire la perle, laquelle est la raison ; en d'autres termes, délimitons définitivement les frontières de la raison et de la folie. La raison consiste dans le parfait équilibre de toutes les facultés ; ce n'est à part cela qu'insanité, insanité et rien qu'insanité. [...]
- D'après la définition actuelle, qui est celle de tous les temps, déclara le père Lopes, la folie et la raison sont parfaitement délimitées. On sait où l'une commence et où l'autre finit. Pourquoi franchir la démarcation ?
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Nastasia-BNastasia-B   29 juillet 2013
Il y avait, entre autres carences stigmatisées par les chroniqueurs, le fait que le conseil municipal d'Itaguaí ne se préoccupait aucunement des déments. De sorte que les fous furieux étaient chacun claustrés dans une alcôve, à l'intérieur de leur propre maison, non pas guéris, mais abandonnés sans souci de guérison, en attendant que la mort vienne leur subtiliser le bienfait d'exister : les innocents déambulaient à leur gré dans la rue. Simão Bacamarte résolut sans plus attendre de réformer une coutume aussi désastreuse.

(A vereança de Itaguaí, entre outros pecados de que é argüida pelos cronistas, tinha o de não fazer caso dos dementes. Assim é que cada louco furioso era trancado em uma alcova, ne própria casa, e, não curado, mas descurado, até que a morte o vinha defraudar do beneficio da vida ; os mansos andavam à solta pela rua. Simão Bacamarte entendeu desde logo reformar tão ruim costume.)
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Nastasia-BNastasia-B   20 août 2013
Oui, réfléchissait-il, je ne peux avoir la prétention de leur avoir inculqué quelque faculté ou sentiment nouveau ; l'une et l'autre chose existaient, certes à l'état latent, mais elles existaient.

(Sim, dizia ele consigo, eu não posso ter a pretensão de haver-lhes incutido um sentimento ou uma faculdade nova ; uma e outra coisa existiam no estado latente, mas existiam.)
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Nastasia-BNastasia-B   20 août 2013
- Je n'ai rien à voir avec la science ; mais, si tant de gens que nous estimons sensés sont internés pour cause de démence, qui nous assure que l'aliéné n'est pas l'aliéniste ?

(Nada tenho que ver com a ciência ; mas, se tantos homens em quem supomos juízo, são reclusos por dementes, quem nos afirma que o alienado não é o alienista ?)
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Video de Joaquim Maria Machado de Assis (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joaquim Maria Machado de Assis
Samuel Titan reçu par Artur Silva dans son émission Passage à niveau sur Radio Alfa pour parler de "Histoire d'un vaurien".
Histoire d?un vaurien est un des chefs-d?oeuvre de la littérature brésilienne. Écrit et publié en feuilletons dans un journal de Rio de Janeiro en 1852-1853, il est devenu un de ces ouvrages inspirateurs et sans lequel bien des écrivains et personnalités n?auraient pas été possibles ou connues : Machado de Assis, Lima Barreto, Carmen Miranda, Chico Buarque, etc. sont tous disciples de Manuel Antônio de Almeida. Leonardo, le protagoniste de ces Histoire d?un vaurien de Rio de Janeiro, n?a rien de commun avec les héros romantiques de son époque. Il serait né « d?un écrasement de pied et d?un pincement » lors d?un flirt en haute mer ; très tôt il choisi l?oisiveté comme seul mode de vie, créant ainsi le premier personnage si brésilien du malandro : sorte de héros mixte entre Oblomov et un malandrin, roi du hamac, de l?inconvenance, mal élevé, malgré lui? « L?enfant avait un penchant à l?effronterie, et l?indulgence de son parrain aidant, cela en fit un petit impertinent accompli. » On suit ainsi les frasques et péripéties de la vie de Leonardo dans le Rio du début du xixe siècle, résidence du roi, ville métissée, non sans rire et en nous attachant à ce personnage finalement faible, neutre et jouet des uns et des autres. Dans une telle ambiance, cette histoire avec le ton désinvolte du récit, la saveur piquante des conversations cueillies sur le vif et une foule de personnages robustes et vulgaires pataugeant joyeusement dans la plus tangible des réalités, peuvent sembler le produit d?un autre siècle, d?un autre monde.
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