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EAN : 978B00I1K92PU
177 pages
(24/01/2014)
  Existe en édition audio
3.82/5   487 notes
Résumé :
8 mai. — Quelle journée admirable ! J'ai passé toute la matinée étendu sur l'herbe, devant ma maison, sous l'énorme platane qui la couvre, l'abrite et l'ombrage tout entière. J'aime ce pays, et j'aime y vivre parce que j'y ai mes racines, ces profondes et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses aïeux, qui l'attachent à ce qu'on pense et à ce qu'on mange, aux usages comme aux nourritures, aux locutions locales, aux intonations de... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Mladoria
  31 juillet 2020
Lu dans les deux versions parues à une année d'intervalle. La plus ancienne étant une très courte nouvelle, la seconde une version beaucoup plus ample de l'histoire sous un format de court roman type novella.
J'ai connu Maupassant par son récit romantique Une vie, c'est donc avec curiosité que je découvre ce titre phare de la littérature fantastique classique.
Eloge de la folie ou émergence d'une entité menaçante. le doute persiste même au-delà des pages de ce récit.
J'ai beaucoup aimé le style très fluide de l'auteur, même si comme les auteurs de son temps, il n'est pas en reste de descriptions bien étayées sur l'environnement, les décors, les apparences des personnages. Peu de psychologie ici, tout est suggéré ce qui participe à l'angoissante atmosphère qui ne serait pas sans rappeler Lovecraft ou Wells dans un versant un peu plus mondain que horrifique.
Une histoire qui vous fera frissonner et qui m'a donné envie d'aller lire d'autres nouvelles de l'auteur.
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Gaphanie
  24 juin 2021
Un homme nous raconte...
Il nous raconte comment, un jour semblable à tous les autres, un jour banal parmi tant d'autres, sa vie a changé. Il nous raconte comment, après avoir vu passer un bateau, il a commencé à sentir une présence à ses côtés. Il nous raconte son terrible calvaire, et son sentiment de renaissance après s'être éloigné quelque temps de sa demeure, pour, hélas, une fois de retour, retomber dans son malheur. Convaincu qu'un être invisible vit à ses dépens, il se révélera prêt à tout pour lui échapper. Prêt à tout, vraiment ? C'est sur cette question qu'il abandonne son lecteur...
Est-ce l'histoire d'un homme qui sombre dans la folie, ou véritablement l'histoire d'une rencontre maléfique et surnaturelle ? Personnellement, je ne crois pas à la version de la folie, car quand le narrateur part, il va mieux, et se rend compte à son retour que c'est un autre que lui qui a souffert du même mal en son absence...
Bon, on va éviter de rester seule quelques temps après cette lecture... Brrr !!!
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19chantal
  21 février 2022
Comment passer de la calme plénitude à l'angoisse ? Cela vient-il de l'air, de nos pauvres organes qui sont impuissants à détecter les forces invisibles autour de nous ? Une chose est sûre, quand les nerfs sont ébranlés, que l'angoisse s'installe, nous entrons dans une spirale vicieuse. L'indicible s'empare de notre esprit et de notre sommeil.
Le plus étrange est la lucidité avec laquelle Maupassant analyse la montée de ces (ses) symptômes. Il essaie de s'extraire de la spirale en changeant de lieu, d'habitudes aussi sans doute. Et là, il va mieux. le retour à la maison est le retour du mal-être. Maupassant a un esprit combatif et tente de comprendre, puis de piéger l'invisible qui le harcèle. Il va chercher des expériences du côté de l'hypnose, ce qui ne manque pas de l'inquiéter plus.
De nouveau, le retour. de nouveau les manifestations insolites, les interrogations sur la folie. Mais un cran a été franchi. "Il" n'est plus une question. "Il" est devenu une "réalité". "Il" envahit la pensée même s'il ne se manifeste plus "physiquement".
Maupassant a su faire monter l'angoisse jusqu'au dénouement final.
Relu 50 ans après, je n'ai pas eu aussi peur. J'ai plus été dans l'analyse du processus mais tout de même...
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belcantoeu
  08 août 2022
Pendant une bonne partie de sa vie, Maupassant a été sujet à des peurs, des hallucinations et des crises d'angoisse, et pense à la folie. Dans «La Peur», il explique justement «On n'a vraiment peur que de ce qu'on ne comprend pas». Il suit les cours du Dr Charcot, sur les maladies du système nerveux. C'est ce qu'il relate dans le Horla dont la première version date de 1886, à 36 ans. L'auteur de Boule de suif et de Bel Ami mourra en 1893, après 18 mois d'hospitalisation et d'inconscience quasi permanente, un an après une tentative de suicide en se tranchant la gorge. le Horla, 50 pages, sous forme de journal couvrant 4 mois, commence par une scène de bonheur bucolique à la campagne (Quelle journée admirable j'ai passé toute la matinée étendu dans l'herbe...»), et est suivi par une invraisemblable série d'hallucinations, de scènes de télépathie, et de crises d'angoisse avec l'omniprésence d'un «Il» invisible mais qui vide les verres la nuit. Extraits : «Je suis perdu. Quelqu'un possède mon âme et me gouverne... Je faisais semblant d'écrire, pour le tromper... et soudain, je sentis, je fus certain qu'il lisait par-dessus mon épaule... Je ne me vis pas dans la glace ! Elle était vide... mon image n'était pas dedans». À la fin, sa maison brûle, mais il sent que Il l'est pas mort. Les dernières lignes sont «Il va donc falloir que je me tue, moi».
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Syl
  03 octobre 2022
Lorsque Guy de Maupassant écrit cette nouvelle en 1887, il est très malade. Sa souffrance et les médicaments qu'il prend le plongent dans des états seconds et lui donnent des idées noires. Il transpose alors dans son personnage, le narrateur, tout le mal qui le grignote, et imagine une histoire de possession, une entité vampirique et spectrale, qu'il nomme le Horla.
Le narrateur relate dans son journal intime, ou dans une longue lettre testamentaire, la progression des symptômes ; les prémices fiévreux, les psychoses et les pensées suicidaires. La peur s'installe sournoisement au début, avec la fièvre, les hallucinations, les insomnies et le mal qui commence à empoisonner son sang.
Pensant retrouver la santé en changeant d'air, il quitte sa campagne quelques temps pour d'autres contrées. Mais en retournant chez lui, il découvre que l'un de ses domestiques est atteint des mêmes affections. La créature s'est lové et s'abreuve dans un autre corps.
Très vite, les malaises et les visions reviennent et empirent. le Horla ne lâche pas facilement sa proie.
Le narrateur se questionne et cherche des informations... peut-il en réchapper ? qui le persécute ? combien de temps cela va-t-il durer ? Complètement sous l'emprise de la bête, l'angoisse et les douleurs sont si fortes qu'il en devient fou.
Tout au long de ce funeste récit, Guy de Maupassant invite le lecteur à faire sa propre analyse. Soit le narrateur a des troubles mentaux et c'est du domaine de la psychiatrie, soit ses délires sont provoqués par une créature démoniaque et c'est de l'ordre du fantastique. A nous d'orienter notre lecture... mais ce qui est sûr, c'est que l'histoire est effroyable !
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
PierigwennPierigwenn   11 mars 2021
Les incrédules affirment que ce sont les cris des oiseaux de mer, qui ressemblent tantôt à des bêlements, et tantôt à des plaintes humaines ; mais les pêcheurs attardés jurent avoir rencontré, rôdant sur les dunes, entre deux marées, autour de la petite ville jetée ainsi loin du monde, un vieux berger, dont on ne voit jamais la tête couverte de son manteau, et qui conduit, en marchant devant eux, un bouc à figure d’homme et une chèvre à figure de femme, tous deux avec de longs cheveux blancs et parlant sans cesse, se querellant dans une langue inconnue, puis cessant soudain de crier pour bêler de toute leur force. Je dis au moine : “Y croyez-vous ?” Il murmura : “Je ne sais pas.” Je repris : “S’il existait sur la terre d’autres êtres que nous, comment ne les connaîtrions-nous point depuis longtemps ; comment ne les auriez-vous pas vus, vous ? Comment ne les aurais-je pas vus, moi ? Il répondit : “Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants, les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, — l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir ? Il existe, pourtant.” Je me tus devant ce simple raisonnement. Cet homme était un sage ou peut-être un sot. Je ne l’aurais pu affirmer au juste ; mais je me tus.
Ce qu’il disait là, je l’avais pensé souvent.
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loubrtloubrt   22 juin 2021
D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l’air, l’air invisible est plein d’inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je m’éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. – Pourquoi ? – Je descends le long de l’eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé, comme si quelque malheur m’attendait chez moi. – Pourquoi ? – Est-ce un frisson de froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous, sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides, surprenants et inexplicables ?
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NathanielfoxNathanielfox   11 septembre 2022
Un être nouveau ! Pourquoi pas ? Il devait venir assurément ! Pourquoi serions-nous les derniers ! Nous ne distinguons point, ainsi que tous les autres créés avant nous ? C'est que sa nature est plus parfaite, son corps plus fin et plus fini que le nôtre, que le nôtre si faible, si maladroitement conçu, encombré d'organes toujours fatigué, toujours forcé comme des ressorts trop complexe, que le nôtres, qui vit comme une plante et comme une bête, en se nourrissant péniblement d'air, en proie aux maladies, aux déformations, aux putréfactions ( … ) ingénieusement mal faite, œuvre grossière et délicate, ébauche d'être qui pourrait devenir intelligent et superbe.
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lauwaylauway   10 janvier 2021
Est-ce que nous voyons la cent millième partie de ce qui existe ? Tenez, voici le vent, qui est la plus grande force de la nature, qui renverse les hommes, abat les édifices, déracine les arbres, soulève la mer en montagnes d’eau, détruit les falaises, et jette aux brisants les grands navires, le vent qui tue, qui siffle, qui gémit, qui mugit, – l’avez-vous vu, et pouvez-vous le voir ? Il existe, pourtant.
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MistigrifMistigrif   22 septembre 2020
Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. On lui dit : "Amuse-toi." Il s'amuse. On lui dit : "Va te battre avec le voisin." Il va se battre. On lui dit : "Vote pour l'Empereur." Il vote pour l'Empereur. Puis on lui dit : "Vote pour la République." Et il vote pour la République.
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Videos de Guy de Maupassant (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Guy de Maupassant
Portrait de Guy de Maupassant
L'auteur du Horla demeure véritable une énigme pour l'histoire littéraire, ne serait-ce que par la profusion d'une carrière bâtie en une décennie, de la publication en 1880 de Boule de Suif à l'écriture de l'Angélus, qu'il n'achèvera jamais, en 1891. Au versant de l'écrivain limpide se trouve un homme insaisissable et paradoxal, un bourgeois proche des humbles, mais hostile aux idées révolutionnaires, un pacifiste, un ami, un tendre, un cynique, un sensuel…
Celui qui se disait “entré dans la vie comme un météore” s'est imposé comme l'un des écrivains les plus lus en France et dans le monde entier, avec des romans comme Une vie (1883), Bel-Ami (1885) ou Pierre et Jean (1887). Fils spirituel de Flaubert, génie littéraire qui sombra dans la folie, voici le portrait de Guy de Maupassant.
Guy de Maupassant et tous les grands auteurs sont sur www.lire.fr
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