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EAN : 9782752603302
221 pages
L'Aube (12/04/2007)
4.14/5   7 notes
Résumé :
Peindre des événements tragiques avec un pinceau comique afin de triompher de la détresse : tel est le point de vue choisi par Bessa Myftiu pour raconter l'histoire de sa famille. Mêlant habilement désenchantement et dérision, elle évoque pour nous un monde étrange, celui d'une maison, d'une rue et de ses habitants dans l'Albanie d'Enver Hodja, où coexistent un totalitarisme délirant et des moeurs encore patriarcales. Dans ce paysage bizarre, peuplé de personnages e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
kielosa
  16 février 2020

"Chère Bessa, ... Je viens de finir la lecture de votre manuscrit. Je l'ai adoré. le terme est stupidement galvaudé mais vous avez vraiment un extraordinaire talent de conteuse." Ces belles paroles ne sont pas de moi, mais de ma grande compatriote Amėlie Nothomb, qui a écrit la préface sous forme de lettre à l'auteure.
Bessa Myftiu a dédicassé elle son ouvrage à Laure Mi Hyun Croset, née en 1973 à Séoul en Corée du Sud, vivant aujourd'hui en Suisse et écrivant en Français. Elle est l'auteure d'entre autres "Les velléitaires", édité en Belgique en 2010. Ce qui m'a légèrement étonné, puisque la dernière a 12 ans de moins que notre écrivaine albanaise, née en 1961 à Tirana.
Dans sa lettre, notre célèbre écrivaine belge note aussi : "Cent passages seraient à citer." Et elle a absolument raison, car à peine 5 pages plus loin l'on peut lire "... chez nous on ne tue pas les morts. On les côtoie."
Personnellement, je trouve la capacité, le talent, ou devrais-je dire l'art de Bessa Myftiu, de recréer tout un passé par des simples petites phrases par-ci par-là tout à fait exceptionnel. Pas d'exposés sur la situation déplorable pour la population albanaise durant les 43 ans et demi de règne du staliniste-maoïste Enver Hoxha. Non, juste une petite remarque, en passant, sur le beurre rationné ou le pain blanc introuvable par exemple.
Une exception carrément politique constitue la phrase suivante : "Si l'Autriche de l'empereur Joseph II avait produit un seul enfant précoce en musique - Mozart - l'Albanie socialiste avait fabriqué toute une génération de précoces en politique". Cette citation illustré à merveille le style même de cette artiste, fait d'ironie et d'humour parfois caustique et cynique.
Je ne voudrais cependant nullement donner une impression erronée qu'il s'agit d'une oeuvre politique. "Confessions des lieux disparus" est avant tout le retour nostalgique et poétique d'une auteure sur son enfance et adolescence, en dépit d'un régime horrible.
L'auteure, 12 ans, sent "ce chatouillement au-dessus de l'estomac" pour son petit amoureux, Edmond, qu'elle trouve "i bukur" ou beau et qui lui fait penser à son homologue littéraire, Edmond Dantès, le comte de Monte Christo d'Alexandre Dumas.
À Émile, un autre beau garçonnet qui veut la revoir après l'avoir accompagné sur le chemin de l'école, notre gamine répond : "Il y a des années-lumière entre un bout de chemin ensemble et un rendez-vous". Puis, Bessa ajoute : " Cela l'a impressionné".
Il est vrai que notre petite héroïne est déçue d'avoir perdu son tout premier béguin, Beni, dont le père a monté un échelon dans la hiérarchie communiste, ce qui a impliqué un déménagement vers la capitale. Et la petite le jour de son départ : "Un camion emmenait au loin toute ma joie, l'élan de ma vie et la force de me battre. Il m'avait arraché mon enfance pour l'emporter dans le pays des souvenirs, d'où l'on ne revient jamais".
Mais notre charmante gamine a heureusement une imagination richissime et à ses copines à l'école elle raconte des rêves fantastiques "Je leur en concocte pleins de suspens et de couleurs. Impatiemment, elles attendent chaque jour que je continue... Je suis la seule dont les rêves constituent des films en série".
Se rappelant cette période, l'auteure ne peut naturellement pas éviter une certaine mélancolie. Elle commence un chapitre par ses mots : "La rue était déserte. Peuplée de fantômes et de mémoires post mortem, elle ne contenait plus rien d'autre qu'un hurlement muet. Les fenêtres des maisons ressemblaient à des yeux aveugles, percés par l'amertume."
Dans les presque 600 critiques que j'ai rédigés pour mes amies et amis sur Babelio, jamais je n'ai inséré autant de citations dans mon texte. Mais rassurez-vous il en reste encore à foison.
Comme notre illustre écrivaine belge, j'ai "adoré" cette oeuvre de Bessa Myftiu et je ne peux que recommander cette perle à toutes celles et tous ceux qui aiment un style et une langue richement poétique et de haute qualité littéraire.
Comme ils diraient à Tirana : "I bukur" ! C'est beau !
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gean25
  09 octobre 2013
Bessa Myftiu nous raconte une petite fille Albanaise devenue journaliste avec une présence sous-jacente et permanente de sa maison.
Changement de régime politique, changement des mentalités, évolution des libertés...mais...nostalgie.
La maison de son enfance n'est-elle pas la coquille où l'on s'est épanoui ?
En tout cas elle semble,ici, bien abandonnée et cernée par les immeubles d'une nouvelle façon de vivre !
est-ce bien ?
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
kielosakielosa   15 février 2020
Un profond mépris nous habitait envers tout ce qui composait la culture albanaise : les chansons d'amour du genre " je t'aime parce que tu construis le socialisme " ....

(page 99).
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gean25gean25   09 octobre 2013
Sur les décombres de son ancienne demeure, à l'ombre des dattiers, un gros immeuble a surgi. Ce bâtiment impersonnel touche La maison de Mon Enfance et l'empoisonne, lui vole sa lumière et sa vitalité. Le béton intoxique la boue et la paille des murs, en train de s'effondrer...
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gean25gean25   09 octobre 2013
La maison de mon enfance a opté pour le suicide.
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Videos de Bessa Myftiu (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bessa Myftiu
http://www.club-livre.ch#Bessa_Myftiu Interview de Bessa Myftiu réalisée par le Club du Livre en partenariat avec Reportage Suisse Romande
Bessa Myftiu, née à Tirana, est une romancière, poète, conteuse, essayiste, traductrice, critique littéraire, journaliste, scénariste et actrice établie à Genève, en Suisse romande, de nationalité suisse et albanaise. Pour commander un ouvrage de Bessa Myftiu : En SUISSE : https://www.payot.ch/Dynamics/Result?acs=¤££¤58REPORTAGE SUISSE ROMANDE36¤££¤1&c=0&rawSearch=bessa%20myftiu En FRANCE : https://www.fnac.com/SearchResult/ResultList.aspx?SCat=0%211&Search=bessa+myftiu&sft=1&sa=0
Fille de l'écrivain dissident Mehmet Myftiu, Bessa Myftiu fait des études de lettres à l'université de Tirana et par la suite elle enseigne la littérature à l'université Aleksandër Xhuvani d'Elbasan. Elle devient ensuite journaliste pour le magazine littéraire et artistique albanais La scène et l'écran. Elle émigre en Suisse en 1991 et s'établit à Genève dès 1992, passant son doctorat et devenant enseignante à l'université de Genève en faculté des Sciences de l'éducation, tout en poursuivant en parallèle ses activités dans les domaines de l'écriture et du cinéma. Depuis 2013, elle enseigne à la Haute École Pédagogique de Lausanne. Elle est par ailleurs membre de la Société Genevoise des Écrivains BIOGRAPHIE 1994 : Des amis perdus, poèmes en deux langues, Éditions Marin Barleti [archive], Tirana 1998 : Ma légende, roman, préface d'Ismail Kadaré, L'Harmattan, Paris (ISBN 2-7384-6657-5) 2001 : A toi, si jamais?, peintures de Serge Giakonoff, Éditions de l'Envol, Forcalquier (ISBN 2-909907-72-4) 2004 : Nietzsche et Dostoïevski : éducateurs!, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-05-6) 2006 : Dialogues et récits d?éducation sur la différence, en collaboration avec Mireille Cifali, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-09-4) 2007 : Confessions des lieux disparus, préface d'Amélie Nothomb, Éditions de l'Aube, La Tour-d'Aigues (ISBN 978-2-7526-0511-5), sorti en 2008 en livre de poche (ISBN 2752605110) et réédité en 2010 par les Éditions Ovadia (ISBN 978-2-915741-97-1), prix Pittard de l'Andelyn en 2008. 2008 : An verschwundenen Orten, traduction de Katja Meintel, Éditions Limmat Verlag [archive], Zürich (ISBN 978-3-85791-597-0) 2008 : le courage, notre destin, récits d'éducation, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 9782915741087) 2008 : Littérature & savoir, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-915741-39-1) 2011 : Amours au temps du communisme, Fayard, Paris (ISBN 978-2-213-65581-9) 2016 : Vers l'impossible, Éditions Ovadia, Nice (ISBN 978-2-36392-202-1) 2017 : Dix-sept ans de mensonge, BSN Press, (ISBN 978-2-940516-74-2)
CLUB DU LIVRE : http://www.club-livre.ch#bessa_myftiu REPORTAGE SUISSE ROMANDE : http://reportage-suisse-romande.ch/
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