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EAN : 9781092016070
Éditeur : Jigal (12/09/2013)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 24 notes)
Résumé :
Libreville. 2008. Un an avant les élections, un type est retrouvé mort sur une plage de Libreville, près du palais de la présidence de la République, une balle dans la gorge et deux doigts de la main gauche coupés.
La victime est un journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes très sensibles sur le pouvoir dont il dénonçait la corruption et la main mise sur les affaires du pays. Pour la corporation, la société civile et les associations de défense de l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  25 mai 2017
Pour continuer de lire Janis Otsiemi dont j'avais récemment chroniqué « Le Chasseur de Lucioles », cette fois j'ai choisi « African Tabloïd », paru en 2013. Cet écrivain né au Gabon n'a pas cessé d'étonner et a déjà reçu quelques prix pour ses thrillers.
Le choix du titre m'a immédiatement rappelé « American Tabloïd » de James Ellroy (pour qui Janis a une grande admiration et qui, d'ailleurs a écrit la préface), mais on se doute bien que le récit ne sera pas du même acabit car avec notre écrivain Africain, il faut s'attendre à beaucoup d'humour, de dérision, le tout dans un environnement douteux.
L'histoire se passe à Libreville où se côtoient de nombreuses ethnies, toutes avec leurs dialectes, et les policiers vont devoir enquêter sur le crime d'un journaliste, Roger Missang, qui travaillait pour « Les Échos du Sud » et écrivait des articles hostiles au gouvernement. Mais l'arme qui l'a abattu a déjà servi pour le meurtre du Chef de la Sécurité du Ministre de la Défense Gabonaise, Pavel Kurka…
Les policiers Pierre Koumba, et son coéquipier Owoula, vont croiser les gendarmes Louis Boukinda et Hervé Endame, car il y a une autre énigme, celle de chéquiers volés.
Pour ces enquêtes, tout se fait à l'ancienne : il n'y a pas d'analyse ADN, pas de police scientifique, les rapports sont tapés à la machine à écrire…. Autant dire que le progrès n'est pas du côté des policiers.
Janis Otsiemi en profite pour dénoncer la corruption des forces de l'ordre, les multiples trafics, les rackets et toutes sortes de délits, sans oublier les pots-de-vin si en vogue dans ce pays.
Avec son langage imagé il n'oublie pas de mentionner les femmes dont le commerce est celui de la cuisse tarifiée.
Dans ce roman bien noir, l'auteur continue d'écrire avec son humour bien à lui, ses expressions de là-bas (heureusement qu'en bas de page se trouve la traduction des mots employés).
Je peux dire qu'après « Le Chasseur de Lucioles », c'est avec plaisir que j'ai dévoré les quelques 200 pages (exactement 208). J'y ai retrouvé la verve de Janis, ses expressions colorées, mais aussi son leitmotiv, celui de dénoncer toutes les magouilles de son pays en fustigeant le gouvernement.
Si je n'ai, tout de même pas trouvé hyper passionnant ce récit, c'est peut-être à cause de l'écriture un peu lente (mais c'est peut-être aussi le rythme du pays), j'ai tout de même apprécié le dépaysement, car l'auteur sait très bien utiliser les expressions locales et décrit très bien l'environnement. Cela nous fait un peu voyager...
Son talent est donc bien confirmé et je « rebeloterai » (répéterai) mes lectures avec « Tu ne perds rien pour attendre » qui, justement, m'attend dans ma PAL.
J'ai relevé deux critiques parmi tant d'autres :
Marianne : « Ses romans se placent dans la veine du Noir urbain… et constituent un document sans égal sur les réalités explosives d'une grande cité africaine… Il incarne l'émergence du genre sur le continent africain…»
Le Point : « Janis Otsiemi dégaine ses polars comme autant de cartouches de liberté… Comme il dope son écriture d'un argot local débridé, ça devient un feu d'artifice. On savoure… »
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MARINENKA
  30 décembre 2019
Un auteur africain que j'affectionne et qui a écrit un livre en faisant un hommage à James Ellroy avec son titre ?
Il s'agit de Janis Otsiemi (né au Gabon) avec « African tabloïd » qui fait penser immédiatement à « American tabloïd ».
De toute façon, Janis ne cache pas son admiration pour James qui n'a pas hésité à écrire la préface. Donc deux écrivains qui s'estiment. Et un hommage du Grand James Elroy, ça ne se refuse pas.
Pour apprécier cet écrivain gabonais, il faut aussi avoir lu « Le chasseur de lucioles » et on voit que Janis a le don d'entraîner le lecteur à sa suite dans de multiples aventures, bien variées.
Nous sommes à Libreville en 2008. Un cadavre a été découvert sur une plage. Cette victime est un journaliste d'investigation (Roger Missang) .
L'enquête se tourne vers un assassinat politique. Mais, sait-t-on jamais ?
On met sur cette affaire, le policier Pierre Koumba avec son coéquipier Owoula. Pour corser l'affaire, il s'en rajoute une autre : chéquier volé, affaire sur laquelle sont Louis Boukinda et Hervé Endame (chéquier appartenant au ministre Mebale, volé dans sa voiture). 
Mais ce n'est pas tout : Koumba et Owoula étaient déjà bien occupés car ils recherchaient un homme qui avait écrasé une femme ainsi que son enfant.
Autre chose : on a retrouvé des jeunes filles assassinées et cela semblerait provenir d'un milieu pédophile (sur Internet).
Une affaire plus une autre plus une autre …. cela commence à faire beaucoup.
Mais les policiers sont bien doués malgré le manque de moyens dont dispose la police.
L'auteur nous montre aussi les diverses rivalités que l'on trouve (ici comme ailleurs). Chacun tire la ficelle de son côté afin de dénouer les fils des intrigues et heureusement qu'il y a quelques indics...
Avec ce roman bien noir, Janis Otsiemi nous dévoile bien la société gabonaise où les hommes « blancs » ont tous les droits, contrairement aux « locaux », les hommes « noirs ».
D'ailleurs, l'auteur lance quelques réflexions bien acérées.
Un autre livre de cet auteur à fort potentiel qui se fait, par l'écriture, le porte-parole des hommes de son pays, et qu'il ne fait pas rater.
Janis Otsiemi aime dire qu'il « est entré dans le polar par effraction ». Mais il faut rajouter qu'en seulement trois ouvrages, il est parvenu à être un « maître du genre », très remarqué dans le milieu du polar africain.
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umezzu
  18 janvier 2020
Les éditions JIGAL permettent décidément de découvrir des auteurs inattendus. C'est le cas de cet auteur gabonais, qui retranscrit finement l'ambiance de son pays, les travers des politiques et des policiers, le climat torride et la vie quotidienne qui réunit chacun. C'est bien écrit, sans chichi, ni recherche exagérée de termes locaux. Même si l'enquête (ou plutôt les enquêtes) tourne un peu court, et que le dénouement final arrive comme un cheveu sur la soupe, ce court roman policier africain vaut le détour.
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gruz
  25 septembre 2013
Libreville, Gabon. Si loin, si proche.
Le Gabon a un long et lourd passé avec la France, la Françafrique y a pris tout son sens à une certaine époque.
Janis Otsiemi nous plonge dans le Gabon d'aujourd'hui, mélange de tradition et de modernité, si loin, si proche comme je le disais.
Une langue officielle commune à nous, elle aussi si proche et si lointaine. Parce que le grand intérêt de ce roman est avant tout la langue de l'auteur. Oui du français, mais du français qui sent la terre d'Afrique, la terre du ghetto. Une prose pleine de (bons) mots de là-bas, d'expressions fleuries et imagées.
Des expressions savoureuses, drôles ou désespérées, qui donnent un cachet authentique au roman. Otsiemi parle de ce qu'il connaît par coeur et ça sonne terriblement juste.
Le nom du roman décrit bien ce qui attend le lecteur (hommage au roman American Tabloïd de Ellroy) : une descente dans les coulisses de la police gabonaise et du pouvoir en place.
Méthodes policières où la violence et la corruption sont monnaie courante, inscrites dans les moeurs et où l'abus est ancré dans les gènes du pouvoir.
Une Afrique désenchantée où il ne fait pas bon faire partie des minorités visibles.
La peinture sociale du pays est donc imagée et vraiment très intéressante. Un peu dommage que l'intrigue soit convenue et qu'elle n'arrive pas au niveau du reste.
Un court roman de 200 pages, dépaysant et véritablement instructif à défaut d'être totalement prenant. A vous de voir ce qui compte le plus dans votre envie de lecture.
Lien : http://gruznamur.wordpress.c..
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Dridjo
  06 septembre 2014
Janis Otsiémi fait partie maintenant du paysage africain du polar. Après la lecture de son "Le chasseur de lucioles", j'ai plongé dans ce 4ème livre du genre avec l'espoir que l'impression mitigée de ma découverte de son univers s'estompe. Las, ce "African Tabloïd" m'a fait l'effet d'un déjà-lu qui ne soulève pas mon enthousiasme.
Janis Otsiémi campe des agents de la Direction Générale de recherche d'un côté et de la Police Judiciaire de l'autre. Deux services de l'ordre gabonais fait de personnages assez hauts en couleur et qui suivent en parallèle des enquêtes différentes.
"Maryline ne travaillait pas. Son parcours était presque le même que celui de la plupart des jeunes filles qu'on pouvait rencontrer dans les rues grisâtres des matitis de la ville. Elle avait cassé le Bic au cours moyen première année. Elle savait à peine orthographier son nom sur un bout de papier. A vingt ans, elle avait attrapé un gosse avec un étudiant qui l'avait aussitôt abandonnée. Elle avait élevé son môme toute seule."
D'un côté, le meurtre de Roger Missang, un journaliste anti-pouvoir assez virulent et qui fait passer sur l'enquête une atmosphère de complot politique au plus haut niveau. de l'autre côté, une affaire de vol de chéquier d'un ancien ministre, qui a toujours le bras long, dont les voleurs se servent pour aller vider les comptes remplis d'argent d'origine douteuse, évidemment. En fond sonore, plusieurs petites affaires sont relatées mais ces deux enquêtes sont celles qui rythment les deux cent pages du roman.
"Rythme" est bien le mot. C'est justement son manque qui est le plus flagrant. Pour rester dans le registre policier, on a l'impression de lire un "Inspecteur Derrick" ou un "Les 5 dernières minutes" quand on a l'habitude de "Les experts" ou "NCIS". L'auteur a le souci de nous dépeindre l'environnement gabonais, de faire des apartés sur l'histoire social et politique du pays, sur les vies de – plus ou moins – luxures des flics, … et justement, ces parenthèses trop nombreuses ont eu tendances à couper mon rythme de lecture. de plus, certaines anecdotes, scandales politico-financier, semblent ne pas être de la fiction et, quand on ne connait pas le contexte gabonais, on a du mal à placer la limite entre ce qui est de l'imaginaire de l'auteur pour habiller son récit et ce qui serait une dénonciation des réalités politiques du pays.
"Pavel Kurka a été découvert au petit matin dans sa voiture par une dame qui allait aux champs. C'est elle qui a alerté les gendarmes du CAP Estrias. Quand ils sont arrivés sur les lieux, ils ont découvert son identité. Ils ont tout de suite appelé le ministère de la Défense nationale qui a confié l'affaire au B2 dès les premières heures."
Cependant, Janis Otsiémi garde ce que ses lecteurs aiment ; son style. L'auteur utilise une langue vivante et proche de ce que serait la réalité de ses personnages. de nombreux néologismes qui sont surtout une restructuration de la langue française par des gens qui se sont approprié ses mots pour en faire quelque chose de propre. La langue française de Janis Otsiémi n'appartient pas à la France, elle est gabonaise, sans aucun doute. Cette lecture m'a fait penser – toutes proportions gardées – à "La reine des pommes" de Chester Himes. Même souci de coller à l'atmosphère, même irrespect pour la langue "littéraire" tout en jouant avec ses mots, avec amour.
Le choix de donner au narrateur omniscient cette "langue" particulière faite parfois de parti-pris dans les propos m'a quelque peu gêné. J'ai préféré "entendre" cette langue gabonaise de la voix des personnages alors que, de la part du narrateur, j'aurai préféré un ton plus neutre.
Ceux qui sont réellement friands de polar auront peut-être une autre impression mais le lecteur lambda que je suis aurait souhaité trouver plus de suspens, une tension qui monterait crescendo, au de-là de la violence qui, elle, existe et est parfaitement dosée. L'auteur n'en fait pas trop.
J'ai aimé les personnages, tous, flics et voyous, qui sont bien conçu et qui donnent l'impression qu'on pourrait les rencontrer dans les rues de Brazza ou d'Abidjan. Contrairement à ce que j'avais pensé du "Chasseur de Lucioles", dans cet "African Tabloïd" nous découvrons Libreville. Les descriptions faites de la capitale gabonaise permettent de la visualiser de façon assez réaliste, je pense, même pour ceux qui n'y ont jamais mis les pieds.
Au final, je garde ce sentiment mitigé que j'ai eu à la lecture du "Chasseur de Luciole". Une lecture pas déplaisante, mais les aspects "polar" m'ont laissé sur ma faim et le sentiment qu'avoir une "langue" bien à lui ne suffit pas à l'auteur pour faire adhérer complètement le lecteur lambda que je suis. Mais je vous invite tout de même à le découvrir.

Lien : http://www.loumeto.com
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   30 mai 2017
Koumba regretta sur-le-champ le départ à la retraite du colonel Edmond Tchicot, trois ans plus tôt. Une telle affaire, il ne l’aurait sûrement pas laissée passer. Le colonel Lambert Essono avait certaines qualités. Il savait mener ses hommes mais il prêchait des valeurs qui n’avaient plus cours depuis kalakala* dans la société gabonaise : l’honnêteté, la probité, le mérite et tout le tintouin de la morale.
* : depuis longtemps.
P.189
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nadiouchkanadiouchka   03 décembre 2017
La torture était généralement admise dans les différents commissariats de Libreville. Mais si Owoula et Minko étaient bien connus pour ça dans la maison poulaga, ils s’étaient abstenus de conduire Patrice Mercier au Purgatoire. Ils craignaient qu’avec un bon avocat, le Français ne s’en tire pour coups et blessures.
P.139
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nadiouchkanadiouchka   09 novembre 2018
A la mémoire de ma fille Janissia.
Les morts appartiennent à ceux, parmi les vivants, qui les réclament de la manière la plus obsessionnelle.
Ma part d’ombre, James Ellroy.
Préface
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ChezLoChezLo   15 octobre 2013
Lundi 1

Libreville.
Quartier du Plateau.
Trois heures du matin.
Assoupie sous un brouillard épais, la ville s'éveillait peu à peu entre les limailles d'une nuit sale, moribonde qui hésitait à se démarabouter sous la pression des premières lueurs poudreuses du jour qui commençaient à poindre à l'horizon.
À cette heure, le quartier avait des allures de cimetière. Mais c'était un leurre. Au premier chant du coq, ses rues poussiéreuses seront prises d'assaut par des dizaines de commis d'État, des chômeurs diplômés à la recherche d'un premier emploi, des clochards, des gigolos, des escrocs cravatés comme des bureaucrates, des chercheuses de vie en DVD et des centaines de véhicules chiant des volutes de fumée acre.
Le Plateau, c'est le quartier de la Défense, version locale. Il abrite la présidence de la République, la primature, des ministères et des administrations publiques. Pourtant, à la nuit tombée, le quartier s'illumine de mille feux. Il attire sur ses trottoirs éclairés par des lampadaires laiteux des prostituées et une faune fortunée en quête des sensations fortes.
Le Gabon doit son nom à l'estuaire qui ceinture les côtes du quartier du Plateau. Les explorateurs portugais qui l'ont découvert en 1472 lui ont donné le nom de Gabão parce qu'il ressemblait à un caban. Très imaginatifs, ces Portugais !
Fondée en 1849, la ville de Libreville, quant à elle, doit son nom aux esclaves libérés du navire négrier L'Eliza. D'abord établie tout le long de la côte autour du Fort d'Aumale, la ville s'est peu à peu étendue sur le continent.
Malgré l'indépendance du Gabon en août 1960, Libreville, ancienne capitale «vache à lait» de l'Afrique équatoriale française, ne connaît son expansion qu'avec le boom pétrolier au milieu des années soixante-dix. Depuis lors, Libreville est devenue une ville cosmopolite. Elle attire comme un égout tous les paumés du pays et de la sous-région. Exode rural et immigration économique obligent. Mais le rêve gabonais est un mirage. Beaucoup en ont fait l'expérience.
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nadiouchkanadiouchka   25 mai 2017
Le Gabon doit son nom à l’estuaire qui ceinture les côtes du quartier du Plateau. Les explorateurs portugais qui l’ont découvert en 1472 lui ont donné le nom de Gabào parce qu’il ressemblait à un caban. Très imaginatifs ces Portugais !
P.12
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