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EAN : 9782073016942
224 pages
Gallimard (31/08/2023)
3.72/5   225 notes
Résumé :
Au lendemain de l'attaque de Pearl Harbour, une famille de Berkeley brutalement arrachée à sa demeure est déportée par le FBI à la frontière du désert. Ses origines japonaises suffisent à justifier l'emprisonnement, la peine et l'humiliation. Trois ans auxquels chacun doit survivre, agrippé aux joies passées, pour tenter de se reconstruire dans les ruines de la Seconde Guerre mondiale.



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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
3,72

sur 225 notes
Où l'on voit comment la guerre peut faire des ravages, non pas uniquement pour ceux qui ont été envoyé au front ou encore pour ceux qui avaient des idées politiques contraires à la façon dont on vous demandait de penser mais simplement parce qu'on avait le malheur d'être né sous une certaine nationalité et de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. C'est ce qui arrive à cette famille japonaise, installée aux Etats-Unis depuis de nombreuses années déjà et dont le père de famille se voit embarqué un soir, en pantoufles et robes de chambres aux yeux de tous sous prétexte de faire partie d'une bande de ressortissants étrangers. Nous sommes en 1942, aux lendemains de Pearl Harbor et ce qui ne devait être qu'un interrogatoire pour cet homme sans histoires durera jusqu'à la fin de la guerre pendant que sa femme et ses deux enfants seront parqués dans un camp.

Une histoire sur l'attente, sur l'espérance d'un retour proche dans leur maison et ce qu'ils considéraient jusqu'alors comme leur nouvelle patrie mais qui n'est en réalité qu'un leurre. La honte d'avoir les yeux bridés, la honte d'être "jaune"", la honte d'être un "jap" comme les surnommaient alors les américains, bref la honte d'être ce qu'on est.
Un livre assez déroutant, très bien écrit mais qui nous déboussole un peu au début car l'on ne sait pas immédiatement à quelle époque se situe l'histoire (sauf si, comme moi d'ailleurs, on a lu la quatrième de couverture d'abord) et c'est ce qui fait que j'ai eu un peu de mal à rentrer tout de suite dans le livre. Une très belle découverte néanmoins. Merci Papa Noël !
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Un livre surprenant autant par le fond que par la forme.
Le fond : les Américains d'origine japonaise ont été internés dans des camps après Pearl Harbor dans des conditions difficiles.
La forme : les pires choses sont racontées avec beaucoup de recul, comme s'il s'agissait de choses normales faisant partie du quotidien ordinaire.
Et pourtant, par moment, la poésie fait une petite apparition.
Assez perturbante, comme lecture, mais je la recommande.
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Pendant la seconde guerre mondiale, et plus précisément juste après l'attaque de Pearl Harbor, les Américains d'origine japonaise ont été regroupés et retenus prisonniers dans des camps. C'est ce fait historique méconnu que raconte ici Julie Otsuka.

Très court et assez lent, le récit est empli de pudeur et de détachement, comme d'autres romans japonais contemporains tels les séries d'Aki Shimazaki. Ainsi, les trois héros, la mère, le fils et la fille ne sont jamais appelés par leur prénom ou décrits dans leurs particularités physiques ou leur personnalité. On a juste des faits, leur âge, leurs actions, leurs paroles.

Pour impersonnel qu'il puisse paraître, ce livre n'est pas dénué d'émotion : on sent la force tranquille de la mère au début, son désespoir dans le camp, l'ennui et le sentiment d'injustice du petit garçon, la révolte et la volonté de vivre de la jeune fille... La souffrance du père aussi, enfermé dans un autre camp, plus dur, réservé aux 'traîtres'.

Une jolie découverte faite dans le cadre du Challenge Petits Plaisir (3/xx)
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En 1942, après avoir lu un ordre d'évacuation,une femme, sa fille et son fils préparent leur départ. On ne connaît pas leur nom, on sait seulement que chacun met dans sa valise ce qu'il est capable de porter et qu'il n'y a pas de place pour le chien.
Ils prennent le train et la passage à travers les villes est dangereux. Et , on devine que ce sont des japonais qui vont vers un camp.
"Quand l'empereur était un dieu" est un très beau livre de Julie Otsuka qui raconte le sort des américains d'origine japonaise durant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis.
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Californie, décembre 1941. Nous sommes en pleine guerre mondiale. le 7 décembre 1941, les États-Unis sont touchés par l'attaque japonaise de Pearl Harbor, une base navale américaine du Pacifique. le pays entre alors en guerre. Au lendemain de ces événements, un homme sans histoire, vivant tranquillement avec sa famille à Berkeley, est embarqué par la police pour un interrogatoire. Il part menotté, sous les yeux de sa femme et de ses enfants, en chaussons et en robe de chambre. Cet homme est japonais. Il vit aux États-Unis depuis une quinzaine d'années comme des milliers d'autres familles. Mais, en quelques jours, ce sont des familles entières qui sont contraintes de tout quitter, de se faire enregistrer et de se rendre en gare. Elles sont alors déportées dans un camp de l'Utah, en plein désert.

Dans ce livre, Julie Otsuka parle d'un fait historique réel, celui de l'internement forcé de milliers d'Américains d'origine japonaise dans plusieurs camps des États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale. Ces hommes, ces femmes et leurs enfants sont ainsi devenus les ennemis de l'État. 

Entre résilience et espoir de retrouver une vie normale, on suit cette famille durant les différentes étapes de ce bouleversement.

L'autrice à diviser son roman en plusieurs parties. Il y a l'avant Pearl Harbor, le lendemain, et l'après-guerre.

On suit l'arrestation d'un père, le questionnement des enfants nés aux États-Unis qui n'en comprennent pas les raisons, la suspicion, puis le départ.

Puis, il y a le voyage jusque dans le désert, l'internement et la survie. Il y a l'attente, l'obéissance, le changement de vie et la reconstruction durant l'après-guerre.

Il s'agit d'un roman empreint d'espoir qui parle d'un événement historique marquant dans un texte touchant, avec respect et sans jugement.

 Un très beau livre.

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critiques presse (1)
Lecturejeune
01 décembre 2008
Lecture jeune, n°128 - L’histoire de Quand l’empereur était un dieu se déroule aux États-Unis en 1942. Le gouvernement américain considère les Japonais comme des ennemis potentiels et la plupart sont arrêtés et conduits dans des camps. À travers ce roman, nous suivons une famille japonaise dont le destin est brusquement bouleversé par les épreuves qui lui sont infligées. Le père étant déjà déporté vers le Nouveau-Mexique, la mère et leurs deux enfants prennent le train de la honte qui les conduit dans le désert de l’Utah. Les rideaux sont tirés pour éviter la lapidation.
La narration se focalise tantôt sur les enfants, tantôt sur la mère. Le garçon âgé de 7 ans souffre de l’absence de son père, la jeune fille de 10 ans perd ses repères et la mère se désintéresse de tout. À la fin de la guerre, le père devenu un vieillard ne pourra plus réintégrer la société. Les personnages ne portent pas de nom, l’anonymat renforce ainsi la déshumanisation et l’injustice dont ils sont victimes. L’auteur retrace la douloureuse histoire de ses grands-parents. Elle permet de découvrir un épisode honteux et méconnu de l’histoire américaine.
Cécile Robin-Lapeyre
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (41) Voir plus Ajouter une citation
Le garçon reçut un petit couteau suisse rouge, expédié d'Akron, dans l'Ohio, par une certaine Mrs. Ida Little. Que le Seigneur pose toujours sur toi son regard bienveillant, avait-elle écrit. Il lui envoya aussitôt un mot de remerciement et prit ensuite l'habitude d'emporter le couteau dans sa poche partout où il allait. Parfois, en courant, il l'entendait claquer contre sa pierre bleue porte-bonheur qui venait de la mer; alors, l'espace d'un instant, il se sentait très heureux. Ses poches étaient remplies de bonnes choses.
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Chaque semaine, ils entendaient circuler de nouvelles rumeurs.
On allait mettre les hommes et les femmes dans des camps séparés. On allait les stériliser. On allait leur retirer leur citoyenneté américaine. On allait les emmener en haute mer pour les exécuter. On allait les envoyer sur une île déserte et les y abandonner. On allait tous les déporter au Japon. On ne les autoriserait jamais à quitter l'Amérique. On allait les garder en otages tant que tous les prisonniers de guerre américains jusqu'au dernier ne seraient pas rentrés sains et saufs au pays. On allait les confier à la garde des Chinois dès que la guerre serait terminée.
(p. 78)
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Le télégramme nous fut remis par un matin de décembre humide et brumeux. Quitte Santa Fe vendredi. Arriverai dimanche 15h. Bises, papa.
(…)
Notre mère astiquait et cuisinait. Elle emportait le télégramme avec elle, dans sa poche, partout où elle allait : au travail, au bureau de poste, à l'épicerie pour acheter du pain. Parfois, au beau milieu du dîner, elle le sortait et l'examinait sous la lumière rien que pour s'assurer que les mots étaient toujours là, ou qu'ils ne s’étaient pas mystérieusement réordonnés en un autre message pendant qu'elle ne regardait pas.
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Chaque semaine, ils entendaient circuler de nouvelles rumeurs.
On allait mettre les hommes et les femmes dans des camps séparés. On allait les stériliser. On allait leur retirer leur citoyenneté américaine. On allait les emmener en haute mer pour les exécuter. On allait les envoyer sur une île déserte et les y abandonner. On allait tous les déporter au Japon. On ne les autoriserait jamais à quitter l'Amérique. On allait les garder en otages tant que tous les prisonniers de guerre américains jusqu'au dernier ne seraient pas rentrés sains et saufs au pays. On allait les confier à la garde des Chinois dès que la guerre serait terminée.
« On vous a amenés ici pour votre propre protection » leur avait-on assuré.
C'était dans l'intérêt de la sûreté nationale.
C'était une question de nécessité militaire.
C'était pour eux l'occasion de prouver leur loyalisme.
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Chaque semaine, ils entendaient circuler de nouvelles rumeurs.
On allait mettre les hommes et les femmes dans des camps séparés. On allait les stériliser. On allait leur retirer leur citoyenneté américaine. On allait les emmener en haute mer pour les exécuter. On allait les envoyer sur une île déserte et les y abandonner. On allait tous les déporter au Japon. On ne les autoriserait jamais à quitter l'Amérique. On allait les garder en otages tant que tous les prisonniers de guerre américains jusqu'au dernier ne seraient pas rentrées sains et saufs au pays. On allait les confier à la garde des Chinois dès que la guerre serait terminée.
"On vous a amenés ici pour votre propre protection", leur avait-on assuré.
C'était dans l'intérêt de la sûreté nationale.
C'était une question de nécessité militaire.
C'était pour eux l'occasion de prouver leur loyalisme.
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