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Florence Hernandez (Collaborateur)
ISBN : 2290043095
Éditeur : J'ai Lu (04/01/1999)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 25 notes)
Résumé :

Vingt ans. D'aucuns vous diront que c'est le plus bel âge de la vie. Celui où tout vous sourit. Le temps des amours et des fous rires. Le temps de l'insouciance et des espérances. Pas pour tous ! Enfant ballottée au gré des crises parentales, Lydia n'a pas choisi. Depuis toujours elle subit. Violence, solitude, abandon... De l'amour elle ne connaît que le nom, de la chaleur elle ne sait que la brûlure. De la ville, elle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
mimo26
  31 octobre 2018
l'enfance souffre-douleur, la Ddass, les petits boulots, la vie sans ressources. Puis, à 21 ans, elle écrit un livre, fait le tour des médias. Elle vit «comme dans un conte de fées». Tout en se répétant «que c'est un feu de paille».
- Elle surgit, comme un lutin en gilet brodé, s'excuse de son retard. Elle est passée chez Lattès, «son» éditeur, a vu «son» attaché de presse et s'est fait chouchouter par toute l'équipe «ils sont si gentils avec moi, ils m'adorent tous». Il y a un an et deux mois, Lydia Perréal vivait encore dans un foyer de l'Armée du Salut, porte de la Villette à Paris. C'est dans cette immense bâtisse en briques rouges, en novembre 1993, que Mireille Dumas la déniche. La productrice est à la recherche d'une jeune SDF qui témoigne dans Bas les Masques. le soir de l'émission, derrière son poste de télévision, Jacques Lanzmann sent son coeur chavirer: «Elle criait sa vie avec rage, son enfance de chien, son adolescence esquintée (...) Lydia crevait l'écran, moi je crevais de honte», se souvient l'écrivain. «Il m'a contactée au foyer et m'a demandé d'écrire un livre. C'était irréel», dit la jeune fille. Aidée d'une journaliste, Lydia raconte sa vie à un magnétophone, «ensuite j'ai écrit les chapitres et le 23 décembre 1994 je l'ai rendu à l'imprimerie». le 11 janvier J'ai 20 ans et je couche dehors est en librairie. Sur la couverture, le regard coquin de Lydia fixe les acheteurs. Dommage qu'on ne la voit pas rire et bouger, balancer ses chaussures sur le parquet de son petit deux pièces de la banlieue parisienne, se jeter sur David, son amoureux ­«je t'aime mon bébé, je t'aime»­, répondre au téléphone l'air affairé, «je suis avec une journaliste, rappelle-moi et viens dîner à la maison avec ta femme la semaine prochaine», croquer comme une perdue dans d'énormes tartines de Nutella en léchant ses longs ongles vernis de rose, ni fixer d'un oeil expert les sacs en plastique où s'entasse le linge à repasser. Elle vole d'un plateau télé à un autre, d'un quotidien à un hebdomadaire, répétant inlassablement son histoire.
Elle a grandi dans une cité HLM de province. Sa mère, elle ne l'a jamais appelée maman, mais «Popeye» «parce qu'elle n'a pas de dents et ne supporte pas les dentiers». Son père c'est Paul, «un mec trop gentil, le genre qu'on mène à la baguette et qui se laisse avoir par tout le monde». D'aussi loin qu'elle se souvienne, son enfance n'était que scènes et coups. Elle excuse aujourd'hui «Popeye, c'est sa maladie, on ne peut pas lui en vouloir». Bringuebalée de placements à la Ddass en retour chez Popeye et ses amants ou chez Paul et sa nouvelle épouse, Lydia vogue du chagrin de fillette mal aimée au désespoir d'adolescente. A 17 ans, elle ne peut plus se passer d'alcool, à 18, elle veut mourir et avale des médicaments. En sortant de l'hôpital, elle se décide: «Si je ne voulais pas finir à l'asile il ne me fallait plus vivre ni avec mon père ni avec ma mère.» Fière et heureuse, elle débarque à Eurodisney où l'attend un petit rôle d'animation payé 6.000 francs par mois. Déguisée en Tic ou en Pingouin, elle amuse les enfants. Trois mois plus tard, son contrat s'achève. Commence alors la chronique d'une jeune fille sans travail, sans logement et sans personne. Son cas n'est pas unique, il est juste exemplaire. Entre 18 et 25 ans, les jeunes dans sa situation n'ont droit à aucune aide, ni RMI, ni allocations. 200 francs par-ci d'une assistante sociale, un foyer d'urgence pour deux soirs ou pour quinze jours, pas plus. «Les assistantes sociales font de la non-assistance à personne en danger. Elles nous balancent de foyers en foyers et quand les quotas d'hôtel sont dépassés, elles nous laissent dans la rue.» Des hôtels miteux, des foyers bourrés de désespoir, une nuit sur les bancs d'un commissariat, une autre avec des amies dans un guichet de cartes bancaires. Et comment chercher du travail quand la journée toute entière est consacrée à un souci: où dormir?
Mais Lydia «en veut» comme elle dit. Au foyer de l'Armée du Salut où elle échoue un jour, Thierry le directeur s'en rend compte et la garde au-delà des quinze jours réglementaires. Il l'oriente vers un atelier de réinsertion et de manutention où en septembre 1993, elle rencontre David, 23 ans, lui aussi à la rue. La suite s'enchaîne. Bas les Masques, Jacques Lanzmann. David et Lydia emménagent ensemble dans leur petit appartement, et trouvent du travail. le Smic ou moins. Six mois au parc Astérix, aide-soignante, de la téléprospection... Grâce au livre, elle frôle maintenant un monde dont elle a toujours rêvé «le show-bizz, avec Renaud et Sardou, mes idoles». Sur les plateaux de télévision, elle se passionne pour les régies, s'enquiert du fonctionnement des caméras, rêve de devenir ingénieur du son, elle qu'à 17 ans une assistante sociale jugea «trop vieille» pour se remettre à niveau et passer le BEP. «Ça m'a foutue en l'air», murmure-t-elle. Entre tournages et interviews, elle vit «comme dans un conte de fées». Puis se reprend: «Je me répète souvent qu'il ne faut pas trop y croire, que c'est un feu de paille.» D'ailleurs, malgré les efforts de son attaché de presse qui «met les points sur les i en disant que je cherche du travail», il n'y a toujours rien. Excepté deux lettres, l'une pour un poste dans une association qui n'existe pas encore et l'autre «encore dans une association, mais c'est pas clair». Lydia aime bien «réfléchir sur elle-même», lit beaucoup «Freud, Françoise Dolto...». Parfois, en écrivant son livre, elle s'est «revue pleurer, faire des rêves chelous, crier dans la nuit. Quand on en est sortie de la galère, on n'aime pas y retourner...». Alors, elle a échafaudé le plan de «son» hôtel social «et je l'ai balancé au ministre du Logement quand je l'ai rencontré. Il y aurait des appartements, des psychologues, une ANPE... On y ferait de la réhabilitation à vie...»
Un jour, David et elle auront un enfant «mais plus tard, quand on sera stable. Je n'ai pas envie d'aller à la mairie demander 100 francs pour lui acheter des couches». A la lumière de sa jeune vie, Lydia analyse «quand on tombe à la rue à 18 ans, c'est qu'il y a une vraie irresponsabilité des parents qui ont fait un bébé dans le vide, sans se rendre compte que c'est l'histoire de toute une vie». La semaine dernière, Lydia est retournée deux jours à l'atelier de manutention pour gagner quelques sous «je sais qu'en mars, à la fin de ma promo, si je n'ai toujours rien, ça ira très mal pour moi». -
Lydia Perréal en 7 dates 23 juillet 1973: Née à Tours 26 mai 1992: Arrive à Paris seule avec un contrat Eurodysney en main Août 1992: Se retrouve à la rue 15 septembre 1993: Rencontre David Novembre 1993: Interviewée dans l'émission «Bas les Masques»
Lien : https://www.liberation.fr/po..
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zazimuth
  10 mars 2017
Ce récit autobiographique est fort parce qu'il témoigne au plus juste de ce qu'est la débrouille d'une personne seule sans ressources. Lydia Perréal n'a pas eu une enfance heureuse et a manqué d'amour mais lorsqu'elle se retrouve dehors ses priorités vont être de trouver de quoi se nourrir et un refuge pour la nuit (pour éviter de coucher dehors justement). Elle explique le réseau des adresses transmises de bouche à oreille : les foyers plus ou moins bien réputés, les accueils caritatifs, les soupes populaires... Elle décrit le manque de respect et de dignité avec des scènes que je ne connaissais que dans les romans dystopiques (la personne qui arrive au foyer est passée au jet, on lui attribue un pyjama et des draps et elle ne peut récupérer ses effets personnels que le lendemain matin !).
Il y a quelques rencontres qui cherchent à apporter leur aide mais l'auteur explique que même avec la meilleure volonté du monde c'est un cercle vicieux : si tu n'as pas d'adresse "fixe" tu ne peux pas trouver de boulot, tu ne peux pas gagner d'argent, tu ne peux pas t'en sortir...
Son témoignage est précieux pour peut-être changer le regard sur les marginaux qui n'ont pas eu sa chance de trouver une porte de sortie.
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LydieL
  04 juin 2015
Un livre intéressant vu son thème mais je n'ai pas su plonger dedans.
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Citations et extraits (40) Voir plus Ajouter une citation
zazimuthzazimuth   10 mars 2017
Dans la rue, lorsqu'une personne "normale" rentre de son boulot, sa démarche est rapide, sûre, elle sait où elle va. En revanche, quelqu'un qui n'a pas d'objectif, qui peut aller aussi bien à droite qu'à gauche parce que personne ne l'attend nulle part, cet homme ou cette femme-là marche différemment. Tout dans son allure dénote sa marginalité. la fatigue la fait se déplacer lentement, bien souvent en traînant les pieds. Les problèmes quotidiens pèsent sur ses épaules qui se courbent, la silhouette se casse, le visage est hâve et souvent les yeux sont baissés. Cela se détecte, se sent, et les prédateurs sont à l'affût pour lui proposer mille et une horreurs, qui vont de la drogue à la prostitution. (p.86-87)
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rkhettaouirkhettaoui   16 décembre 2012
Comme s'il y avait une saison pour être SDF, nous on est à la mode en hiver. Mais quand on est sans-abri, la rue, c'est toute l'année. Douze mois sur douze. L'été aussi. Et l'été, c'est presque plus dur. Comme tout ferme, il faut vraiment se débrouiller seul. On est alors obligés d'accomplir ces gestes qui nous enfoncent d'avantage dans notre dèche parce que chaque fois on y laisse un peu de notre dignité : fouiller dans les poubelles, faire la manche.
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rkhettaouirkhettaoui   16 décembre 2012
On parcourt tous le même chemin, mais on ne s'arrête pas tous au même endroit. Les clochards, eux, vont jusqu'au bout. Ils abdiquent, baissent les bras et renoncent à eux-mêmes. Les galériens, en revanche, essaient de s'en sortir. Ça n'est pas une question de longueur de séjour à la rue, c'est une question de résistance et de volonté. Il a des clochards qui le deviennent en trois mois, il y a des galériens qui tiennent dix ans.
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rkhettaouirkhettaoui   16 décembre 2012
Quand un môme a un problème, il n'en parle pas parce qu'il a peur. La confiance ne s'accorde pas aussi facilement que cela. Et, s'il hésite à parler de ses malheurs avec l'éducateur, c'est qu'il ne voit en lui qu'un adulte, un étranger. Et une des premières choses que l'on apprend aux enfants, c'est se méfier des adultes.
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rkhettaouirkhettaoui   16 décembre 2012
Il ne faut pas s'imaginer qu'un cœur se remplace comme une porte. Lorsqu'on a le cœur à nu, c'est plus facile de rentrer sans y être invité, pour lui faire du mal. Si l'on ne se protège pas, n'importe qui peut s'en emparer, le briser, alors que ses plaies ne sont pas encore refermées.
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>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Biographie générale et généalogique (557)
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