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EAN : 9782367281070
84 pages
Éditeur : Les Plumes d'Ocris (15/10/2017)
4.6/5   10 notes
Résumé :
S’asseoir à la veillée pour écouter le ménestrel nous conter ses histoires d’amour et de belles dames ?

L’auteure, ici, joue le ménestrel… C’est par des nouvelles qu’elle nous fait voyager au temps médiéval puis dans des récits fantastiques sur des plantes et animaux étranges ; dans une énigme policière ou dans une fantaisie d’anticipation.

Dans ce premier ouvrage, nous découvrons l’imaginaire fertile de Manon REAL et nous laissons d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Sarindar
  29 juillet 2018
1314 : année de malédiction, année de supplice pour les dignitaires de l'Ordre du Temple, et année de punition - sans doute pas annoncée par le Grand-Maître sur le bûcher comme on le lit et comme on le répète -, mais enfin trois des organisateurs du drame, le roi Philippe IV le Bel, le pape Clément V et Nogaret ont bien rendu leur âme à Dieu ou à Diable cette année funeste.
Était-ce l'intention de Manon REAL de rattacher l'histoire qu'elle nous conte à ces événements riches de sens pour tout un chacun.
La bénédiction de l'amour survenu comme foudre entre personnes de classes sociales différentes porte-t-elle en elle-même un peu plus que "l'once de chagrin" qui accompagne chacune de nos vies ? En des chapitres courts, où se concentrent sur des laps de temps courts les faits qui nouent dramatiquement les vies de trois générations de héros romanesques à souhait - dommage qu'il nous faille ne nous contenter ici que du genre de la nouvelle tant un plus ample développement donnerait matière à admirer la plume doucement envoûtante de l'auteure -, où la répétition des situations conduit les protagonistes à faire des choix différents : un ménestrel s'éprend d'une gente dame le jour où elle se marie et l'enlève de plein consentement mais le paye chèrement par la suite ; son fils ne veut pas commettre l'erreur de ses parents, et laisse l'objet de son amour mener son existence de contrainte hors des exigences du coeur seul écouté et sans détourner l'élue de son coeur de ses devoirs premiers ; une juste récompense totalement inattendue lui viendra en retour, mais pas exactement comme on le pense, car la vie n'est pas tapis de fleurs, chacun le sait bien.
En un style fleuri et sobre à la fois, Manon REAL, qui a la fraîcheur de la jeunesse mais qui ne se cache pas le tragique de la vie, et plus encore de certaines vies, sans doute pour rendre encore plus éclatant ce beau récit intitulé Les veillées du ménestrel, a l'art de convaincre tout lecteur, et tout lecteur se laisse inévitablement charmer, moi aussi après d'autres, et je ne pense pas que je serai le dernier.
D'autres nouvelles s'ajoutent à celle-ci et je vous laisse les découvrir à votre tour.
Car tout bon résumé doit donner envie sans tout révéler ni dévoiler.
Gageons que nos routes croiseront encore celle de Manon REAL.
François Sarindar
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kielosa
  24 juillet 2019
Cette fois-ci la babéliote créatrice nous vient de la Gironde et elle n'a que 28 ans. Et lorsque son premier ouvrage est sorti, elle n'en avait que 26. On n'a pas fini de voir le nom de l'auteure, Manon Real, (sur Babelio prénom et nom en 1, avec 2 majuscules) sur la couverture d'oeuvres littéraires. Pour mieux nous gâter, après sa licence à l'université d'Avignon en langues, littératures et civilisations, elle passe un "master 2" et s'en va en Italie pour 7 mois "pour parfaire sa connaissance de la littérature et du cinéma italiens" (page 82). Ce qui explique la superbe citation de Dante tout au début de son ouvrage et que j'ai repris hier dans la rubrique "Citations" sur notre site.
L'histoire du ménestrel Enguerrand et sa superbe Aélis est située à l'époque du roi Philippe IV, dit le Bel, et de son fils Louis X. C'est une période relativement mouvementée avec le Procès des Templiers et leur anéantissement, l'expulsion définitive des Juifs et la guerre avec les Anglais et les Flamands. En ce temps, les Capétiens ont aussi fait de sérieux efforts pour la centralisation du pouvoir en France. Un peu plus tard suivront la Peste Noire et la Guerre de Cent Ans.
C'est contre cet arrière-plan, qu'un troubadour de 16 ans, armé uniquement de sa viole, quitte sa Normandie natale pour se diriger plein sud, direction Carcassonne. Et dans cette magnifique ville se produit le miracle : il assiste (de loin) au mariage du seigneur local, Arthus, avec Dame Aélis de 15 ans, qui est d'une beauté que seuls le précité Dante ou Pétrarque pourraient décrire convenablement. Enguerrand croit même "voir la mère de Dieu en face de lui". Pour le ménestrel point de doutes : elle sera sa muse, sa campagne et son amour. J'hésite à employer le terme "coup de foudre", car il a quelque chose de banal et que nous vivons ici, en somme, un moment divin !
Mais la magie ne s'arrête pas là. Dès que Aélis aperçoit notre trouvère, elle est envahie par le même sentiment d'Amour, avec un très grand "A". Deux jours plus tard, les amoureux prennent ensemble la route. Nous sommes en l'an de grâce 1314.
Six ans plus tard, le comte Arthus enlève brutalement Aélis et le barde part aussi tôt à sa recherche, abandonnant leur gosse, Aymar, à son sort.
Cet Aymar, lorsqu'il a 16 ans, en 1330, débarque à Paris, où près du palais du roi, il essaie de se faire un nom et un revenu comme ménestrel à l'exemple de son père. Et chose incroyable, il tombe fou amoureux de la jeune et très belle lorraine, Isilde. Amour d'ailleurs réciproque.
On a l'impression que l'histoire se répète et que Manon Real semble être à court d'imagination. Cependant, rien n'est moins vrai. Au contraire, l'auteure nous offre un récit captivant aux développements inattendus et astucieux, que je ne puis, malencontreusement, pas résumer ici pour ne pas gêner votre lecture.
La 2e nouvelle nous apporte un tout autre son de cloche venant d'Outre-Rhin. Une bande d'arnaqueurs s'attaque à des veilles personnes, surtout des femmes d'âge canonique vivant seules, pour leur dérober de tout ce qui peut rapporter des Marks. Un inspecteur de police, la quarantaine et solitaire, a juré d'arrêter ces 3 filous. Réussira-t-il ?
"L'appel du cerf" est une brève nouvelle magique, à découvrir !
La jeune militante suédoise pour le climat, Greta Thunberg, qui s'est adressée récemment à notre Assemblée Nationale, adorerait la nouvelle "Paganus" (= villageois, paysan en Français), car il y est question de "nuisances industrielles" et "reconstruire une planète où humains, plantes et animaux peuvent vivre en harmonie..."
La nouvelle suivante nous ramène au XIXe siècle, en Toscane, près de l'auguste ville de Sienne. Nous y rencontrons 2 belles marquises (mère et fille) qui raffolent de glycines.
Dans "Qu'y a-t-il au bord de la plage ?" nous avons droit à une apparition mystérieuse en Bretagne, plus précisément dans le Finistère. En dire davantage serait criminel, sauf que c'est probablement, d'un point de vue purement littéraire, celle que j'ai préférée.
La dernière nouvelle "Le deuxième homme" est plus ambitieuse, puisqu'elle touche le cerveau humain.... et nous présente un "monde (qui) était définitivement changé " !
En fermant cet opuscule littéraire de 84 pages, je suis absolument persuadé que Manon Real ira très loin dans la réussite littéraire : elle en a la formation solide, la force de caractère et avant tout le talent artistique.
"Avanti" et "Forza" Manon ! Nous sommes toutes et tous derrière vous à Babelio et cela fait tout de même un sacré paquet de lectrices et lecteurs, qui s'y connaissent en qualité littéraire !
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ManonReal
  12 janvier 2018
Ces nouvelles que j'ai écrites, se sont peu à peu bousculées dans mon esprit, lentement mais sûrement. Lorsque l'idée d'écrire une nouvelle m'est apparue c'était en 2012, lorsque j'étudiais Pétrarque en littérature italienne ancienne à l'université. C'est à ce moment là qu'une histoire d'amour entre un ménestrel et sa dame a germé dans mon esprit. Depuis, ça ne s'est pas arrêté. Certes, j'écrivais des histoires depuis mes huit printemps, et l'idée d'être publiée un jour était tout simplement un rêve merveilleux! J'ai continué à écrire d'autres nouvelles et petites histoires, jusqu'en 2017 et je continuerai encore et encore!
Les veillées du ménestrel est donc un recueil qui vous transporte d'une histoire à une autre, d'un thème à un autre :) et ce, par ses aventures, sa féerie et sa magie!
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meygisan
  04 avril 2018
Je tiens avant tout à souligner la gentillesse et la disponibilité de Manon Real lors de nos échanges au sujet de son recueil, que j'ai découvert un peu par hasard sur le site.
J'ai donc lu et apprécié ce recueil de nouvelles dont certaines font fait écho directement à ma pratique professionnelle. J'ai beaucoup aimé la variété dont fait preuve l'auteure; elle ne se confine jamais dans une époque et j'ai même eu le sentiment que son écriture s'adaptait à l'histoire qu'elle racontait. Entre "les trois colporteurs", "le deuxième homme" et " l'histoire d'un ménestrel et de sa dame", on a l'impression d'avoir affaire à des auteur(e)s différent(e)s et pourtant dans le fond, on distingue clairement sa patte, que j'aurais bien du mal à définir ici avec des mots. Ce n'est qu'une impression générale. Mais j'ai quand même décelé cette sorte de "naïveté" un peu enfantine que l'on trouve dans les contes, et qui nous rappelle que ceux ci ont un rôle éducatif (mais ni forcément ni exclusivement), puisque dans notre société, on sait bien que seuls les enfants ont besoin d'être éduqués et pas les adultes qui eux, le sont déjà... normalement!
J'ai aimé la simplicité de son écriture, dans le sens où elle s'adresse à tout le monde, où elle parle à chacun d'entre nous (elle ne laissera personne indifférent et c'est ce qui fait sa force), et elle laisse suffisamment de liberté pour interpréter chaque conte comme on l'entend. C'est d'ailleurs très frustrant! Certains se terminent (trop!) vite là où on espérait une conclusion, spécialement "Paganus", qui se déroule en plus en plein Massif Central ( je vis en Creuse). Celui ci m'a particulièrement touché de par sa thématique écologique...
Je finirais en disant que chaque conte possède son thème propre, son atmosphère typique et c'est avant tout grâce à la qualité d'écriture de Manon Real qu'ils possèdent leur identité propre.
Si vous souhaitez retrouver une ambiance "feu de cheminée" en cette fin d'hiver, n'hésitez pas à vous procurer ce recueil, vous ne serez pas déçu.
Merci Manon... au plaisir...
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arcade_d
  20 février 2018
J'ai commencé ! Arrêté !
Me suis laissé un instant de silence et j'ai recommencé !
Je ne suis pas friand de nouvelles. Leur rassemblement me laisse très souvent cette impression étrange, confuse, de juxtaposition. (Et même les nouvelles D'E. Poe, de Calvino où même de Conan Doyle, pour tout dire).
C'est avec cette appréhension que j'ai donc commencé la première histoire. Je me suis dis que je ne la lisais pas au bon endroit et au bon moment.
Quand je me lève le matin je lis de la poésie en déjeunant. Depuis quelque temps France Culture de 6h30 à 7h00 me gène par son tutoiement de copain (j'aimais le temps ou cette radio nous vouvoyais), c'est a partir de ce moment que j'ai profité de ce temps pour méditer et lire de la poésie.
En fait je me suis rendu compte que le meilleur moment pour lire ces nouvelles était a cette heure matinale.
À flash !!!
C'était cela ! j'ai pu recevoir ces nouvelles comme de splendides poèmes en prose, des paraboles qu'une autrice désir nous transmettre. Et cela s'est ouvert. J'ai donc découvert une véritable veine inspirée et poétique dans ces histoires fulgurantes, rapides, essentielles qui se répondent les unes aux autres.
Juste une remarque, à partir de la troisième nouvelle, je lis comme si cela était écrit au présent et cela gagne en puissance.
Mon « poème » préféré est la reine des glycines, lu au temps du présent.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
SarindarSarindar   28 juillet 2018
Tu es ménestrel, et moi j'appartiens à la noblesse, ou du moins j'y appartenais.... Devrons-nous vivre cachés ?
- S'il le faut, oui, mais tant que nous serons ensemble, nous serons heureux. C'est ce qui compte, lui dit Enguerrand, les yeux brûlants d'amour et de désir.

Ils s'embrassèrent plus vigoureusement que la fois précédente. [...] Cette nuit-là, raison et passion furent liées par une symphonie de promesses et de serments, orchestrée par l'union des corps consummés d'amour.
+ Lire la suite
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SarindarSarindar   29 juillet 2018
Ma belle et douce Isilde... Si aimer quelqu'un de plus noble ou riche pouvait être un crime, ce serait davantage un crime de renier l'amour ! [...]
L'amour est un joyau précieux qui, une fois découvert, ne peut se briser.
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ManonRealManonReal   11 janvier 2018
"Alexandre aimait l'histoire, que ce soit la contemporaine comme l'ancienne. A l'université, Alexandre prenait bien soin de marcher droit devant lui, même s'il ne pouvait empêcher l'assaut des regards, surtout ceux des filles qui ne se privaient pas de le contempler. Il faut dire qu'il était très attirant, blond foncé, le style nordique, assez grand et non dépourvu de muscles".

Citation de Paganus, une des sept nouvelles
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kielosakielosa   23 juillet 2019
" L'amour et un noble coeur ne font qu'un, et quand l'un ose aller sans l'autre, c'est comme quand l'âme abandonne la raison. "

Dante

(page 5).
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ManonRealManonReal   19 novembre 2017
"Elle ne sut combien de temps elle continua de courir et finit par s'arrêter un petit instant. Le loup n'était plus derrière elle, du moins, elle ne le voyait plus ni n'entendait son grognement. Elle voulut continuer de courir mais trébucha soudainement contre une petite pierre."
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