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Critiques sur Amours (262)
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carre
15 février 2015
Victoire rêve d'avoir un enfant mais voilà son Anselme la laisse indifférente au plaisir du sexe. Mais la jeune bonne Céleste malgré elle, va bouleverser cette vie austère et sclérosée.
D'une écriture classique, Léonor de Recondo nous offre deux beaux portraits de femmes au début du vingtième siècle liées par un terrible secret. Il y a une musicalité évidente dans son style (elle est elle-même une talentueuse musicienne), chaque mot est pesé, pensé, avec l'intention d'offrir un confort de lecture. Elle ne juge pas ces personnages, ils vont chacun au bout de leur logique de leur vision de la vie en ce début de siècle. Victoire entrevoit le début d'une émancipation, Céleste un avenir pour son fils. La découverte des corps est remarquable et offre de très belles pages.
Un roman d'une grande sensibilité qui se lit avec beaucoup de plaisir.
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marina53
13 avril 2015
En 1908, dans une maison bourgeoise du Cher, Victoire profite des rayons matinaux qui traversent les volets et les rideaux en taffetas. Huguette ne va pas tarder à lui apporter son petit-déjeuner. Mariée à Anselme de Boisvaillant, un notaire de bonne famille, elle n'éprouve plus guère de sentiments pour lui. Faisant chambre à part, ils ne font que très rarement l'amour, Victoire en éprouvant une certaine aversion, sauf si ce n'est pour procréer. Malheureusement, l'enfant tarde à venir et la jeune femme désespère de pouvoir enfanter. Tandis qu'elle oeuvre pour les bonnes causes, lui passe son temps à son étude. Tandis qu'elle s'ennuie dans sa vie, lui, en tant que patron, s'accorde le droit de cuissage sur la bonne, Céleste, qui se laisse faire pour ne pas faire de scandale...

Une plongée dans une toute autre époque, celle de cette famille bourgeoise... Victoire, jeune femme mariée presque malgré elle à Anselme de Boisvaillant, sera bercée de désillusions, l'amour n'est finalement pas ce qu'elle imaginait ou ce qu'elle pouvait lire dans les livres. Quant à son mari, il ne fait plus guère attention à elle, trop occupé avec Céleste. Léonor de Récondo dresse un portrait égratigné et écorché de cette bourgeoisie de campagne et nous livre un roman dans lequel le corps, l'amour et la liberté d'être soi sont omniprésents. Porté par une plume douce, riche et envoûtante, ces portraits de femmes sont plus que jamais romanesques. A la fois pudique et expansif, émouvant et poétique, ce roman fait la part belle à ces femmes empreintes de liberté et plus que jamais aimantes.

Où il n'est plus question que d'Amours...
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Macha_Loubrun
09 juin 2015
Au début du siècle dernier, dans une maison cossue du Cher, Madame, Monsieur, la bonne et l'enfant…Ne bâillez pas d'ennui, il ne s'agit pas d'un vulgaire petit drame bourgeois mais d'Amours. Oui, d'Amours. Bien entendu le mariage entre Victoire et Anselme a été arrangé et Céleste n'est qu'une bonne à tout faire. Comme Victoire est dégoutée par les moments intimes avec son mari, Anselme monte de temps en temps dans la chambre de Céleste, histoire de satisfaire un désir pressant…Céleste ne veut pas perdre sa place, alors elle ne dit rien.
Les deux femmes ont pourtant des points communs, l'innocence, la solitude et des vies corsetées par la religion et les conventions sociales. Céleste tombe enceinte, l'enfant deviendra celui que le couple attendait désespérément depuis cinq ans. C'est Victoire qui en a décidé ainsi. Derrière les murs épais des maisons bourgeoises les secrets et la morale cloisonnent bien hypocritement les vies, mais les deux femmes vont se rapprocher, s'aimer, voler un peu de liberté, découvrir leurs corps et leurs désirs… C'est inattendu, beau, c'est une passion pleine de fraicheur et de douleurs contenus qui nous rappelle combien la vie était dure pour les femmes à cette époque là.

D'une écriture simple et délicate Léonor de Recondo met en musique l'éveil à la sensualité et la maternité des deux femmes. L'auteur est d'ailleurs une musicienne de talent et lorsque Victoire renait en se mettant au piano ou lorsque Céleste se réfugie dans l'orgue de l'église paroissiale, on sent vibrer leurs âmes.
Deux portraits lumineux et attachants dans un roman particulièrement touchant.

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Annette55
21 février 2015
Nous sommes en1908, en Touraine, au coeur d'une maison de maître. Céleste, la bonne, jeune,fraîche , possède un corps sensuel qu'elle ne soupçonne même pas, un coeur simple, vivant au jour le jour. Elle a grandi dans une famille tellement nombreuse qu'elle ne s'est jamais considérée comme une personne digne d'égards....Elle accepte sans rien dire que son notaire de patron, Anselme de Boisvaillant la besogne avec rudesse en serrant toujours plus sa masse de cheveux jusqu'à prendre plaisir à se faire mal avec les épingles.....il se rhabille trés vite pour regagner son bureau. Désire t- il assez sa femme pour s'assurer une descendance? Au premier étage, Victoire, le belle épouse, mince et corsetée dort paisiblement, elle lit Madame Bovary et considère le sexe comme " un enchevêtrement immonde". Elle évite l'acte à chaque fois qu'elle le peut, usant de divers stratagèmes, et ne se regarde jamais dans la glace, trop effrayée par ce qu'elle imagine, embrigadée dans ses peurs confuses....Céleste attendra un enfant, Victoire restera un "ventre sec" mais chez les riches.....on s'arrange toujours....l'histoire aurait pu s'arrêter là, une bonne renvoyée,un secret bien gardé,le silence acheté de la sage femme, un adultère qui se termine bien,un bébé qui change de bras...Mais Léonor de Recondo à l'aide de son style direct, concis, sensible, spontané, sa phrase précise et juste magnifie le corps des femmes pour révéler leur nature profonde , décrit les hontes sociales, les désirs intimes et les peurs ancestrales avec fraîcheur et évidence....Elle nous parle d'amours au pluriel et offre à ses héroïnes, un destin inattendu, beaucoup plus ouvert , ample et non réglé...Quand Victoire brûle ses corsets en allumant un feu de joie dans le jardin, c'est " la révolution".Mais elle accepte un autre carcan mondain, les robes de Paul Poiret,serrées à la cheville...C'est un ouvrage à la fois limpide et profond qui touche infiniment nos coeurs de femmes , intelligent,sensuel, rythmé mais fluide. On sent aussi bien la lourdeur des repas trop riches derrière les épais rideaux de taffetas, le bruit discret des cuisines, le doux murmure des prières de Céleste que le ressenti des touches du piano de Victoire pour ne plus entendre les cris du bébé !
L'auteure réfléchit avec minutie et brio à la liberté des corps et aux épaisseurs inutiles,aux conventions et différences sociales, à l'éducation des filles. L'atmosphère de l'époque est particulièrement bien rendue sans jamais tomber dans la démonstration .....c'est un ouvrage d'une grande sensibilité qui décrit la puissance instinctive du désir, la force du sentiment, le sens du sacrifice dans un monde clos et corseté, la perte des illusions.....
Là où les barriéres sociales d'alors explosent, le plaisir aggrippé ,la jouissance et l'épanouissement des corps balaieront tout.....
Pour moi,un immense coup de coeur !J'avais lu Pietra Viva, j'ai vu l'auteure à la grande librairie, comme je l'écrivais hier à mon amie litteraire, oui, je me régale,! C'est un trés beau livre, fort,ample,impressionnant surtout par les émotions qu'il nous procure. Difficile de le commenter, peut- être suis - je trop enthousiaste, ? Merci à ma libraire de la taverne du livre !
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Sando
29 mai 2015
Dès qu'il en ressent le besoin, Anselme de Boisvaillant monte dans la petite chambre sous les combles et poursuit de ses assauts la jeune bonne, Céleste, incapable de se défendre au risque d'être déshonorée et de finir à la rue... Il faut dire qu'avec une femme frigide, qui lui fait sentir chaque jour depuis cinq ans le dégoût que lui inspire leurs ébats et son incapacité à lui donner un enfant, ce notaire bourgeois a de quoi se sentir frustré ! Et ce qui devait arriver arriva… Céleste tombe enceinte et tente tant bien que mal de cacher sa grossesse à la maisonnée, jusqu'au jour où Victoire, la maîtresse de maison, la découvre dénudée…

Comprenant l'infidélité de son époux, celle-ci décide néanmoins de garder l'enfant et de l'élever comme le sien afin de calmer la pression sociale liée à son absence de grossesse. Mais l'arrivée d'Adrien va faire remonter à la surface d'anciens secrets de famille que l'on croyait enfouis et faire naître entre les deux mères un lien pour le moins inattendu…


On est bien loin des amours dont parle le titre au début du roman ! L'histoire, qui se déroule au début du XXème siècle, s'ouvre sur une scène de viol et se poursuit sur la description de ce couple bien mal assorti, issu d'un mariage arrangé, et qui semble gouverné par l'ennui et l'indifférence. Et pourtant, c'est justement ce contexte défavorable qui va être propice à la naissance de l'une des plus belles histoires d'amour que j'ai pu lire !

De sa plume simple mais élégante, qui m'avait déjà séduite dans « Pietra viva », Léonor de Récondo dépeint avec talent la force d'un amour total, irrationnel, mais surtout irrépressible entre deux femmes, au détriment des conventions sociales. Une passion interdite, mais fulgurante et absolue qui va se transmettre à l'enfant né de l'adultère et faire naître en Victoire un amour maternel qu'elle croyait impossible.

Des amours, il y en a donc bien plusieurs dans ce court roman, constitué de chapitres brefs, mais bien rythmés, qui nous plongent dans les affres d'une passion faite d'ardeur, de pureté et de sacrifices. A travers elle, l'auteur dresse deux très beaux portraits de femmes qui tentent de s'émanciper et de se libérer des archétypes de leur temps, l'une se battant pour le futur de son enfant, l'autre pour se sentir vivre et apprendre à apprivoiser sa féminité. Un texte magnifique, sublimé par la musicalité de l'écriture, qui déborde de sensualité et de tendresse et nous offre une histoire d'amour intemporelle.


A lire également, pour ceux qui ont aimé : « La couleur du lait » de Nell Leyshon.

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zabeth55
19 février 2015
Dans une maison bourgeoise, au début du XXème siècle, Madame est oisive, peu épanouie, Monsieur est notaire, très pris par son travail, et de temps en temps, il s'occupe bestialement de la jeune bonne.
Le début du roman parait un peu désuet. On croit entendre la chanson de Fragson

« Bien qu'il possède une femme charmante
L'ami Durand est un coureur
V'là t'y pas qu'il reluque sa servante
Et qu'il la reluque en amateur
……………
Ah Monsieur, répond la petite bonne…….. »

Ce scénario, à l'intrigue assez banale, semble avoir déjà été écrit et réécrit.
Et pourtant, Leonor de Recondo réussit à en faire une histoire passionnante.
Elle décrit le non-amour :
« C'est long, c'est laborieux»…..« Comme il est lourd, lourd et vidé, lourd et sans force » pense Céleste la petite bonne
« L'enchevêtrement immonde » pense Victoire, l'épouse
« Il ira à l'essentiel. L'essentiel se situant entre ses cuisses quelle rechigne à écarter et qu'il faut forcer un peu » ainsi agit Anselme, le notaire.
Et elle décrit tout aussi bien l'amour
« Elle la laisse se gorger de ce corps nouveau. Dans cet éblouissement elle n'a qu'une seule pensée : nous sommes enfin vivantes. »
ou encore « L'amour lui a soudain donné une identité propre. Jusque là elle n'avait fait que se mouvoir à tâtons, aveugle aux autres et à elle-même»
C'est un roman d'une autre époque, qui rappelle des classiques, comme Flaubert, ou Colette.
Un roman au charme indéniable, un beau roman d'amour, des portraits de femmes délicats, mais aussi un tableau réaliste des différences de classes sociales et les évènements qui se produisent ne sont pas ceux auxquels on aurait pu s'attendre.
Fort heureusement, je n'avais pas lu la quatrième de couverture, ni les critiques qui en révèlent bien trop.
Quel plaisir de passer ainsi un excellent moment de lecture.
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TheWind
15 août 2015
Amour
Obscur, douloureux, honteux.

Amours
Naissantes, caressantes, troublantes.

Amour
Volé, tronqué, frustré.

Amours
Enveloppantes, réconfortantes, épanouissantes.

Amour
Maternel, fidèle, éternel.

Amours
Éblouissantes, exaltantes, bouleversantes.

Amour
Inquiété, fustigé, sacrifié.

Amours.



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palamede
29 juin 2016
A l'aube du XXe siècle, une jeune femme d'une petite ville du Cher s'ennuie dans un mariage arrangé. Son mari, notaire, est si maladroit que leur union reste désespérément stérile. Heureusement qu'il y a la jolie et appétissante petite bonne, qui, bientôt tombée enceinte des oeuvres de monsieur, accepte de donner au couple l'enfant tant désiré. Mais madame gâche toutes les prévisions de félicité conjugale en s'éprenant de la fraîche et sensuelle domestique.

Je n'aurais sans doute pas dû lire ce roman en même temps que L'Amant de Lady Chatterley. Sans être un mauvais roman, Amours, inspiré de grands romans classiques, souffre de la comparaison et peine à trouver un ton original. Si la vie de province et la libération du corps de la femme sont plutôt bien rendues, ce récit reste, malgré la description d'amours homosexuelles plus transgressives, une romance convenue.
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Kittiwake
10 juillet 2015
C'est avec une plume délicate que Leonor de Redondo sublime les émotions, quel que soit le sordide qui pointe au delà de mots.
La situation est hélas banale, le maître de maison assouvit ses pulsions sans tenir compte de la jeune femme qu'il utilise pour parvenir à ses fins. Et lorsqu'on est une simple employée, à la limite de l'esclavage, rien ne se dit. Mais tout finit par se voir. le plus souvent, le drame se termine par l'exclusion de la fautive, s'il est trop tard pour que la faiseuse d'anges vienne faire disparaitre l'objet du délit.
Oui mais voilà, cette grossesse inopinée pourrait bien combler le vide d'une épouse inféconde. Même si tout n'est pas si simple, et qu'un enfant ne vit pas seulement de lait. La mère biologique le ressent et ravit la nuit son jeune nourrisson qui dépérit. L'amour va sauver ce petit être, et révéler des sentiments plus forts que les interdits.

Les hommes et les femmes changent peu en un siècle : même désirs, même pulsions, même hiérarchie implicite qui autorise sans questionnement l'instrumentalisation d'autres êtres humains.
La seule évolution tangible est que parfois, de nos jours les choses se disent , et l'on affiche volontiers sa différence.c e qui était impensable il y a quelques dizaines d'années, alors que toute « déviance » trouvait son costume d'apparat pour que le paraitre soit acceptable.

C'est le coeur du roman, dont on redoute l'issue, pour peu que la religion y mette son grain de sel.
Mais on est loin du roman naturaliste. C'est avec beaucoup de subtilité que l'auteur dresse le portrait, sans concession cependant, de cette famille construite sur des bases peu stables.

C'est assez court mais suffisamment dense pour que le but soit atteint, emporter le lecteur dans un carrousel dont la musique s'affole et ne trouve pas sa tonalité.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Piatka
01 juin 2016
1908, un couple de notables d'une petite ville de province, une bonne violée régulièrement par le maître de maison, un enfant illégitime qu'on fait passer pour celui du couple.
Secrets de famille, droit de cuissage, le postulat de départ du dernier roman de Leonor de Recondo est finalement tristement banal pour l'époque, avec son cortège de non-dits et d'arrangements pour garantir coûte que coûte la réputation du notaire local et de son épouse, et leur assurer une descendance.

L'amour, à première vue, semble assez absent de cet univers bourgeois confiné et pétri de conventions liberticides. Ce n'est finalement qu'en bousculant convenances sociales et morales que la narration prend réellement son essor, sort des sentiers battus et capte l'intérêt, justifiant pleinement son titre « Amours » au pluriel. On pense évidemment à l'histoire d'Emma Bovary, mais en plus contemporain, plus sensuel aussi, plus accompli.
Leonor de Recondo situe souvent ses récits dans le passé, flirte avec des références littéraires, mais avec un ton et une problématique contemporains - une mise à distance à la manière d'un révélateur. Et c'est très réussi !

Articulé autour de deux très beaux portraits de femmes, de leur amour partagé, ce récit, d'une belle sensibilité, est une véritable ode à l'émancipation féminine, la découverte du plaisir, des corps libérés des corsets.
Une nouvelle fois, le style élégant et limpide de l'auteur m'a enchantée. Toujours, elle capture l'essentiel des sentiments, des situations, sans effets de style superflus.
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