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ISBN : 2757855107
Éditeur : Points (06/05/2016)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 735 notes)
Résumé :
En 1908, dans le huis clos d'une maison bourgeoise du Cher, s'épanouit le sentiment amoureux le plus pur- et le plus inattendu. Victoire, précipitée dans un mariage arrangé avec un notaire, attend depuis cinq ans un fruit de cette union malheureuse. Lorsque la bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l'héritier Boisvaillant tant espéré. Victoire n'a pas la fibre maternelle, et le nourrisson dépérit. Céleste, mue par son insti... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (270) Voir plus Ajouter une critique
carre
15 février 2015
Victoire rêve d'avoir un enfant mais voilà son Anselme la laisse indifférente au plaisir du sexe. Mais la jeune bonne Céleste malgré elle, va bouleverser cette vie austère et sclérosée.
D'une écriture classique, Léonor de Recondo nous offre deux beaux portraits de femmes au début du vingtième siècle liées par un terrible secret. Il y a une musicalité évidente dans son style (elle est elle-même une talentueuse musicienne), chaque mot est pesé, pensé, avec l'intention d'offrir un confort de lecture. Elle ne juge pas ces personnages, ils vont chacun au bout de leur logique de leur vision de la vie en ce début de siècle. Victoire entrevoit le début d'une émancipation, Céleste un avenir pour son fils. La découverte des corps est remarquable et offre de très belles pages.
Un roman d'une grande sensibilité qui se lit avec beaucoup de plaisir.
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marina53
13 avril 2015
En 1908, dans une maison bourgeoise du Cher, Victoire profite des rayons matinaux qui traversent les volets et les rideaux en taffetas. Huguette ne va pas tarder à lui apporter son petit-déjeuner. Mariée à Anselme de Boisvaillant, un notaire de bonne famille, elle n'éprouve plus guère de sentiments pour lui. Faisant chambre à part, ils ne font que très rarement l'amour, Victoire en éprouvant une certaine aversion, sauf si ce n'est pour procréer. Malheureusement, l'enfant tarde à venir et la jeune femme désespère de pouvoir enfanter. Tandis qu'elle oeuvre pour les bonnes causes, lui passe son temps à son étude. Tandis qu'elle s'ennuie dans sa vie, lui, en tant que patron, s'accorde le droit de cuissage sur la bonne, Céleste, qui se laisse faire pour ne pas faire de scandale...
Une plongée dans une toute autre époque, celle de cette famille bourgeoise... Victoire, jeune femme mariée presque malgré elle à Anselme de Boisvaillant, sera bercée de désillusions, l'amour n'est finalement pas ce qu'elle imaginait ou ce qu'elle pouvait lire dans les livres. Quant à son mari, il ne fait plus guère attention à elle, trop occupé avec Céleste. Léonor de Récondo dresse un portrait égratigné et écorché de cette bourgeoisie de campagne et nous livre un roman dans lequel le corps, l'amour et la liberté d'être soi sont omniprésents. Porté par une plume douce, riche et envoûtante, ces portraits de femmes sont plus que jamais romanesques. A la fois pudique et expansif, émouvant et poétique, ce roman fait la part belle à ces femmes empreintes de liberté et plus que jamais aimantes.
Où il n'est plus question que d'Amours...
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Annette55
21 février 2015
Nous sommes en1908, en Touraine, au coeur d'une maison de maître. Céleste, la bonne, jeune,fraîche , possède un corps sensuel qu'elle ne soupçonne même pas, un coeur simple, vivant au jour le jour. Elle a grandi dans une famille tellement nombreuse qu'elle ne s'est jamais considérée comme une personne digne d'égards....Elle accepte sans rien dire que son notaire de patron, Anselme de Boisvaillant la besogne avec rudesse en serrant toujours plus sa masse de cheveux jusqu'à prendre plaisir à se faire mal avec les épingles.....il se rhabille trés vite pour regagner son bureau. Désire t- il assez sa femme pour s'assurer une descendance? Au premier étage, Victoire, le belle épouse, mince et corsetée dort paisiblement, elle lit Madame Bovary et considère le sexe comme " un enchevêtrement immonde". Elle évite l'acte à chaque fois qu'elle le peut, usant de divers stratagèmes, et ne se regarde jamais dans la glace, trop effrayée par ce qu'elle imagine, embrigadée dans ses peurs confuses....Céleste attendra un enfant, Victoire restera un "ventre sec" mais chez les riches.....on s'arrange toujours....l'histoire aurait pu s'arrêter là, une bonne renvoyée,un secret bien gardé,le silence acheté de la sage femme, un adultère qui se termine bien,un bébé qui change de bras...Mais Léonor de Recondo à l'aide de son style direct, concis, sensible, spontané, sa phrase précise et juste magnifie le corps des femmes pour révéler leur nature profonde , décrit les hontes sociales, les désirs intimes et les peurs ancestrales avec fraîcheur et évidence....Elle nous parle d'amours au pluriel et offre à ses héroïnes, un destin inattendu, beaucoup plus ouvert , ample et non réglé...Quand Victoire brûle ses corsets en allumant un feu de joie dans le jardin, c'est " la révolution".Mais elle accepte un autre carcan mondain, les robes de Paul Poiret,serrées à la cheville...C'est un ouvrage à la fois limpide et profond qui touche infiniment nos coeurs de femmes , intelligent,sensuel, rythmé mais fluide. On sent aussi bien la lourdeur des repas trop riches derrière les épais rideaux de taffetas, le bruit discret des cuisines, le doux murmure des prières de Céleste que le ressenti des touches du piano de Victoire pour ne plus entendre les cris du bébé !
L'auteure réfléchit avec minutie et brio à la liberté des corps et aux épaisseurs inutiles,aux conventions et différences sociales, à l'éducation des filles. L'atmosphère de l'époque est particulièrement bien rendue sans jamais tomber dans la démonstration .....c'est un ouvrage d'une grande sensibilité qui décrit la puissance instinctive du désir, la force du sentiment, le sens du sacrifice dans un monde clos et corseté, la perte des illusions.....
Là où les barriéres sociales d'alors explosent, le plaisir aggrippé ,la jouissance et l'épanouissement des corps balaieront tout.....
Pour moi,un immense coup de coeur !J'avais lu Pietra Viva, j'ai vu l'auteure à la grande librairie, comme je l'écrivais hier à mon amie litteraire, oui, je me régale,! C'est un trés beau livre, fort,ample,impressionnant surtout par les émotions qu'il nous procure. Difficile de le commenter, peut- être suis - je trop enthousiaste, ? Merci à ma libraire de la taverne du livre !
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Macha_Loubrun
09 juin 2015
Au début du siècle dernier, dans une maison cossue du Cher, Madame, Monsieur, la bonne et l'enfant…Ne bâillez pas d'ennui, il ne s'agit pas d'un vulgaire petit drame bourgeois mais d'Amours. Oui, d'Amours. Bien entendu le mariage entre Victoire et Anselme a été arrangé et Céleste n'est qu'une bonne à tout faire. Comme Victoire est dégoutée par les moments intimes avec son mari, Anselme monte de temps en temps dans la chambre de Céleste, histoire de satisfaire un désir pressant…Céleste ne veut pas perdre sa place, alors elle ne dit rien.
Les deux femmes ont pourtant des points communs, l'innocence, la solitude et des vies corsetées par la religion et les conventions sociales. Céleste tombe enceinte, l'enfant deviendra celui que le couple attendait désespérément depuis cinq ans. C'est Victoire qui en a décidé ainsi. Derrière les murs épais des maisons bourgeoises les secrets et la morale cloisonnent bien hypocritement les vies, mais les deux femmes vont se rapprocher, s'aimer, voler un peu de liberté, découvrir leurs corps et leurs désirs… C'est inattendu, beau, c'est une passion pleine de fraicheur et de douleurs contenus qui nous rappelle combien la vie était dure pour les femmes à cette époque là.

D'une écriture simple et délicate Léonor de Recondo met en musique l'éveil à la sensualité et la maternité des deux femmes. L'auteur est d'ailleurs une musicienne de talent et lorsque Victoire renait en se mettant au piano ou lorsque Céleste se réfugie dans l'orgue de l'église paroissiale, on sent vibrer leurs âmes.
Deux portraits lumineux et attachants dans un roman particulièrement touchant.
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Sando
29 mai 2015
Dès qu'il en ressent le besoin, Anselme de Boisvaillant monte dans la petite chambre sous les combles et poursuit de ses assauts la jeune bonne, Céleste, incapable de se défendre au risque d'être déshonorée et de finir à la rue... Il faut dire qu'avec une femme frigide, qui lui fait sentir chaque jour depuis cinq ans le dégoût que lui inspire leurs ébats et son incapacité à lui donner un enfant, ce notaire bourgeois a de quoi se sentir frustré ! Et ce qui devait arriver arriva… Céleste tombe enceinte et tente tant bien que mal de cacher sa grossesse à la maisonnée, jusqu'au jour où Victoire, la maîtresse de maison, la découvre dénudée…
Comprenant l'infidélité de son époux, celle-ci décide néanmoins de garder l'enfant et de l'élever comme le sien afin de calmer la pression sociale liée à son absence de grossesse. Mais l'arrivée d'Adrien va faire remonter à la surface d'anciens secrets de famille que l'on croyait enfouis et faire naître entre les deux mères un lien pour le moins inattendu…

On est bien loin des amours dont parle le titre au début du roman ! L'histoire, qui se déroule au début du XXème siècle, s'ouvre sur une scène de viol et se poursuit sur la description de ce couple bien mal assorti, issu d'un mariage arrangé, et qui semble gouverné par l'ennui et l'indifférence. Et pourtant, c'est justement ce contexte défavorable qui va être propice à la naissance de l'une des plus belles histoires d'amour que j'ai pu lire !
De sa plume simple mais élégante, qui m'avait déjà séduite dans « Pietra viva », Léonor de Récondo dépeint avec talent la force d'un amour total, irrationnel, mais surtout irrépressible entre deux femmes, au détriment des conventions sociales. Une passion interdite, mais fulgurante et absolue qui va se transmettre à l'enfant né de l'adultère et faire naître en Victoire un amour maternel qu'elle croyait impossible.
Des amours, il y en a donc bien plusieurs dans ce court roman, constitué de chapitres brefs, mais bien rythmés, qui nous plongent dans les affres d'une passion faite d'ardeur, de pureté et de sacrifices. A travers elle, l'auteur dresse deux très beaux portraits de femmes qui tentent de s'émanciper et de se libérer des archétypes de leur temps, l'une se battant pour le futur de son enfant, l'autre pour se sentir vivre et apprendre à apprivoiser sa féminité. Un texte magnifique, sublimé par la musicalité de l'écriture, qui déborde de sensualité et de tendresse et nous offre une histoire d'amour intemporelle.

A lire également, pour ceux qui ont aimé : « La couleur du lait » de Nell Leyshon.
Challenge Variétés : Un livre conseillé par une amie
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Les critiques presse (13)
Lexpress28 avril 2015
Un conte inféodé à son époque mais d'une portée universelle.
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Lexpress22 avril 2015
La pudeur et la grâce.
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Lexpress22 avril 2015
Une immense intensité doucement dévoilée
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Lexpress17 avril 2015
Un éblouissant délice de lecture.
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Lexpress14 avril 2015
Le génie littéraire à l'état pur.
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Lexpress14 avril 2015
Une écriture élégante et concise... Une véritable partition musicale !
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Lexpress10 avril 2015
Amours, un roman à la découverte du plaisir corporel.
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Lexpress09 avril 2015
D'une délicatesse désarmante.
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Lexpress08 avril 2015
Brutal. Choquant. L'entrée en matière est directe. Elle dérange, et, en même temps, met en appétit. On veut la suite.
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Actualitte02 mars 2015
Dès les premières pages, l'écriture de Léonor de Recondo est saisissante, pénètre d'emblée le lecteur, séduit par l'élégance et la délicatesse du style.
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LaPresse23 février 2015
Léonor de Récondo écrit en quelque sorte un Amant de Lady Chatterley au féminin, dont la conclusion est toutefois complètement à l'opposé du roman de D.H. Lawrence. Peut-être justement parce qu'il est au féminin, donc sans aucun pouvoir dans une société encore quasi féodale. Livre singulier, donc. Mais qui nous laisse hélas! sur notre faim au final.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress09 janvier 2015
Si elle se laisse un peu trop souvent aller à des pages bien démonstratives, Léonor de Récondo réussit parfaitement à capturer cette tension qui anime les êtres capables de vivre aux lisières des grandes folies.
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Telerama24 décembre 2014
Léonor de Récondo excelle à promener un regard très contemporain sur les époques passées. Son style spontané, concis, direct, passe au laser les existences les plus troubles, pour révéler leur nature profonde. Hontes sociales, désirs intimes et peurs ancestrales sont mis à nu avec évidence et fraîcheur.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (146) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka19 janvier 2015
C'est un feu de joie, ils sont tous excités de voir les flammes s'élever. Même Huguette, qui avait du mal à cacher son désaccord tant cette idée lui paraissait saugrenue, se prend à sourire. C'est la première à applaudir lorsque Victoire, dans un geste énergique, lance un corset dans le feu.
- Ah vraiment, bravo, madame ! Vous faites bien. Vous allez enfin pouvoir respirer !
- Et je vais surtout pouvoir m'habiller toute seule !
Pierre observe Victoire. Il réalise que cette femme si élégante qui, d'une certaine manière régit leurs vies, est à la merci des mains de sa femme. Comme une enfant, chaque matin, elle a besoin d'elle pour se vêtir. Leurs existences à tous sont finalement étrangement imbriquées, c'est ce qu'il comprend tandis qu'elle jette un deuxième corset dans un grand éclat de rire. Ils sont tous dépendants les uns des autres, chacun à sa manière, liés aux us et coutumes, liés à leur rang social.
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marina53marina5313 avril 2015
L'amour est là, où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque là les contraignaient, et qui, maintenant leur offre un écrin. Point de velours cramoisi, point d'alcôve confortable, mais un lit de fer et une couverture de laine qui leur gratte la peau. L'éblouissement à portée de doigts et de langues.
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PiatkaPiatka18 janvier 2015
Huguette, saisie par la beauté de cette musique, reste sur le pas de la porte avec son plateau. Elle écoute et, surtout, elle remarque la gravité du visage de Victoire, complètement absorbée par la délicatesse avec laquelle les notes sortent de ses mains. Poser doucement la pulpe de ses doigts sur la touche, appuyer juste ce qu'il faut pour en avoir l'âme blessée.
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KATE92KATE9230 avril 2016
L’amour est là où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque-là les contraignaient et qui, maintenant, leur offre un écrin.
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Nastie92Nastie9212 mai 2016
Quelques jours plus tard, Victoire recevait une lettre d'Anselme lui déclarant sa flamme. La jeune femme, dans un état de jubilation où se mêlaient joie et peur, l'avait aussitôt montrée à sa mère. Cette dernière avait pris sa fille dans es bras, lui disant que cet homme devait être le sien puisque Dieu l'avait mis sur son chemin. Victoire ne sut quoi répondre, il lui semblait que tout cela était irréel et rapide. Mais si tel était le choix de Dieu, avait-elle son mot à dire ? Autre que "oui" et "merci" ?
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