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ISBN : 2282301137
Éditeur : Denoël (15/09/1973)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Le monde qui pourrait être est un ouvrage de théorie politique à la fois court, simple et profond. Terminé en avril 1918, peu avant que Bertrand Russell soit emprisonné pour ses activités pacifistes, il détaille les fondements du socialisme, de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme. Cet exposé sert de préambule à une analyse minutieuse des nombreux problèmes auxquels l’humanité devra faire face si elle veut reconstruire le monde dévasté par la guerre. Russell y ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
gielair
  16 septembre 2018
La lecture de ce texte de Russell écrit en 1918 avant la fin de la Première guerre constitue une expérience particulière. La Révolution russe vient d'avoir lieu. le communisme en est à ses premiers pas dans la réalité. Russell, logicien, penseur, philosophe et activiste, se penche sur le monde tel qu'il pourrait être. Il laisse libre cours à un certain utopisme et à une grande foi en l'être humain. Il lit les projets politiques que sont le socialisme, l'anarchisme et l'anarcho-syndicalisme en en évaluant la faisabilité dans un contexte idéal tout en tenant compte de la société tel qu'il la connait. Il met en lumières les divergences entre les théories en particulier en ce que sera la société après la révolution : quelle sera la place de l'état, quelle sera son rôle face aux individus, quel sera le type de démocratie? Sa lecture des dérives possibles du socialisme d'état semble prémonitoire. Paradoxalement, ces réflexions mises sur papier en 1918 donnent à penser que l'utopisme a encore un bel avenir et qu'il pourrait s'exprimer dans un certain anarcho-syndicalisme.
Lien : http://rivesderives.blogspot..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO   21 janvier 2015
L'anarchisme n'est pas, en ce sens, une doctrine nouvelle. Elle est admirablement exposée par Tchouang-tseu, philosophe chinois qui vécut environ 300 ans avant Jésus-Christ :
Les chevaux ont des sabots pour les porter sur la neige et la glace ; un pelage qui les protège du vent et du froid. Ils mangent l'herbe et s'abreuvent d'eau, et ils gambadent par la campagne. Telle est la vraie nature des chevaux. Les demeures princières ne leur sont d'aucune utilité.

Un jour apparut Pô Lo, qui dit : “ Je m'y connais en chevaux ”.

Alors il les marqua au fer rouge, et les tondit, et tailla leurs sabots et leur mit un licou, les attachant par la tête et leur entravant les pieds et les alignant dans des écuries, avec pour résultat qu'il en mourut deux ou trois sur dix. Ensuite il les affama et les priva d'eau, les faisant trotter et galoper, les bouchonnant et les étrillant, avec, par-devant, le supplice de la bride à pompons, et par-derrière, la crainte du fouet noué, jusqu'à ce que plus de la moitié d'entre eux fussent morts.

Le potier dit : “ Je fais ce que je veux de l'argile. Si je la veux ronde, je me sers d'un compas ; rectangulaire, je me sers d'une équerre. ”

Le charpentier dit : “ Je fais du bois ce que je veux. Si je le veux courbé, je me sers d'un arc ; droit, je me sers d'un cordeau. ”

Mais de quel droit croyons-nous que par leur nature l'argile et le bois ont envie de cette application du compas et de l'équerre, de l'arc et du cordeau ? Néanmoins chaque génération loue Pô Lo pour son habileté à dresser les chevaux, et les potiers et les charpentiers pour leur dextérité avec l'argile et le bois. Ceux qui gouvernent l'empire commettent la même erreur.

Or, je considère le gouvernement de l'empire d'un point de vue tout à fait différent.

Les hommes possèdent certains instincts : tisser et se vêtir, labourer et se nourrir. Ceux-ci sont communs à l'humanité tout entière, et tout le monde est d'accord là-dessus. On appelle de tels instincts “ dons du ciel ”.

Donc, à l'époque où régnaient les instincts, la démarche des hommes était tranquille, leur regard assuré. Il n'y avait en ce temps-là point de chemin par-dessus les montagnes, ni de bateaux ni de ponts enjambant l'eau. Toutes choses étaient produites, chacune à sa propre fin. Les oiseaux et les bêtes se multipliaient ; on pouvait les conduire avec la main ; les arbres et les buissons croissaient ; on y grimpait pour épier le nid du corbeau. Car l'homme vivait alors avec les oiseaux et les bêtes, et la création tout entière était une. On ne faisait pas de distinction entre les hommes, bons ou mauvais. Tous étant également sans savoir aucun, ils ne pouvaient s'éloigner de la vertu. Tous étant également sans désirs mauvais, ils vivaient dans un état d'innocence naturelle, l'existence humaine parfaite.

Mais lorsque apparurent les Sages, faisant des croche-pieds aux gens avec leur notion de charité et les entravant de devoirs envers leur prochain, le doute se glissa dans le monde. Avec leurs pâmoisons musicales et leurs simagrées cérémonielles, l'empire se divisa pour sa perte.
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ursydursyd   22 avril 2015
Le gouvernement et les lois, par leur nature même, sont faits de limitations de l'exercice de la liberté; la liberté est le bien politique le plus précieux. Un raisonnement hâtif pourrait nous amener à conclure, sans chercher plus loin, que les lois et le gouvernement sont des maux qu'il faut abolir si la liberté est notre objectif. Mais, qu'elle soit vraie ou fausse, cette conclusion ne peut être démontrée aussi facilement.
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gielairgielair   16 septembre 2018
Vouloir échafauder en imagination un aménagement de la société humaine qui soit préférable au chaos cruel et destructeur dans lequel l'humanité a vécu jusqu'ici est loin d'être un phénomène récent: il date au moins de Platon dont la République a servi de modèle aux utopies des philosophes qui ont suivi.
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