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ISBN : 2253117153
Éditeur : Le Livre de Poche (19/04/2006)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 39 notes)
Résumé :
Bilqis, douze ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l'aînée de six enfants.

Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays, après dix ans d'occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers : rejetée par sa mère, puisque « souillée », elle vivra dans l'étable, avant d'être vendue à une famille d'un bourg voisin.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  03 mai 2017
« Fâéché !... Sale putain !... »
Depuis qu'elle a été violée à douze ans par des soldats soviétiques, Bilqis est méprisée et rejetée. Sa mère est la première à lui cracher dessus et à la répudier - il faut dire qu'un 'bon' mariage lui était réservé, quel gâchis ! Tandis que la jeune fille a souffert dans sa chair et se sent souillée, les autres considèrent qu'elle s'est offerte à ces hommes. C'est comme ça pour les filles et les femmes violées, dans l'Afghanistan des années 1980 et 1990 (et encore aujourd'hui, là ou ailleurs). Elles ne sont pas victimes, elles sont coupables. Et c'est une des forces de l'occupant - pénétrer le territoire par le corps des femmes, aussi :
« En nous offrant [par la force] leurs filles et leurs nièces ou leurs soeurs, nous obligerons peut-être ces salopards [...] à déposer leurs armes et à cesser de nous harceler. »
Le seul salut possible pour Bilqis : la fuite. Dès qu'elle arrive à mener une nouvelle vie un peu plus confortable (où les autres ne décident pas à sa place qu'elle sera bonniche et/ou putain), la crainte que son passé soit révélé l'oblige à repartir. C'est un des aspects le plus terrible de cet ouvrage : on connaît la fin, on sait qu'à trente ans Bilqis reste une paria, on est donc certain que les moments de répit et les jolies éclaircies dans son existence ne dureront pas.
Ecrit par un journaliste qui a rencontré la jeune femme, ce témoignage est dur et révoltant. Il rappelle le sort des femmes dans certains pays, qui ne peuvent même pas se montrer solidaires entre elles dès que l'opprobre est jeté sur l'une (question de survie pour les autres, qui seraient rejetées à leur tour). Il rappelle aussi, si besoin, la barbarie guerrière qui fait perdre à l'homme toute réserve, tout sens moral : au nom d'une patrie, d'un dieu, il tue, massacre, détruit, déchire, viole femmes ou enfants, qu'importe - des pulsions à assouvir ?
A lire.
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petipo2miel
  20 mai 2014
C'est une terrible descente aux enfers d'une petite fille de 12 ans que l'on suit pendant plusieurs années. C'est tiré d'une histoire vrai qui c'est déroulé dans les années 90.
Suite à son viol par plusieurs soldats soviétiques, une petite fille Afghane devient la paria de sa famille, de sa ville... Rejetée, humiliée, vendue, violentée, violée, elle vivra pendant une dizaine d'année les pires atrocités. Un livre captivant par son horrible réalité.
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Wyoming
  19 mars 2018
Magnifique livre sur la condition féminine en Afghanistan, superbement écrit, qui met le lecteur au coeur des malheurs impensables d'une fille de 12 ans, violée, bannie de presque tous, vendue et revendue; on se demande en lisant ces pages quelle issue elle peut oser espérer tant son désespoir est immense.
Je ne veux surtout pas dévoiler le dénouement dans cette critique. C'est vraiment une lecture indispensable pour garder les yeux ouverts sur ces vies douloureuses privées de la notion même de bonheur.
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BernieCalling
  01 février 2014
encore un témoignage bouleversant sur la condition de la femme dans d'autres pays.
Qu'est-ce que Bilqis a fait de mal ? Rien, à 12 et 1/2 elle se fait violer par des soldats soviétiques et c'est le début de son enfer. Au lieu de trouver du réconfort auprès de sa mère celle-ci la rejette parce qu'elle est devenue impure.
Elle va même être vendue à une famille dans un bourg voisin où elle sera pire qu'une esclave pour devenir pute dans un bordel à Herat.
Encore une chance une ONG européenne va la sauver et lui permettre de se reconstruire petit à petit, elle décide de s'occuper des autres femmes comme elle que son histoire servent aux autres.
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Espacecat
  09 janvier 2015
Celle qui a perdu sa réputation n'est plus qu'une morte parmi les vivants. ( proverbe Persan).
12 ans et demi, une enfant Afghane déshonorée par des soldats, Bilqis est l'égérie de ces filles dont la vie ne tient plus que par un fil . Elle est le témoin vivant de ce que l'homme a de méchant en lui... À lire absolument !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
meknes56meknes56   06 juillet 2019
Au sud de ce bourg préfabriqué, à l’écart, une tente, plus petite que les autres, en mauvais état, de couleur sombre, plantée au milieu de rien du tout, semblait vide de tout occupant. Une vieille femme nous interpella
— N’y allez pas !
Devant notre surprise, elle insista :
— N’y allez pas, le sheitân l’habite...
— Le diable ? Mais quel diable ?
Elle tourna les talons. Que se passait-il sous cette tente noire, isolée des autres, silencieuse, comme figée pour l’éternité ? Un groupe de femmes revinrent du lac, leur panier de linge sur la tête. Il n’est pas correct d’aborder des femmes afghanes qui passent leur chemin, ni de les saluer. Sous le grillage de leurs tchadris, elles nous observèrent avec curiosité mais ne détournèrent pas la tête. Elles continuèrent leur route.
Plus loin, deux hommes pêchaient, certainement un père et son fils. Trois poissons gigotaient dans un seau. Le plus vieux des deux fumait la pipe, l’autre tenait une gaule en bois de noisetier au bout de laquelle pendait une ficelle.
— Salâm al leikoum.
— Salâm.
— La pêche est bonne ?
— Hier à la même heure, nous avions déjà attrapé huit poissons, aujourd’hui, c’est maigre.
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ZilizZiliz   01 mai 2017
[ talibans en Afghanistan, 1994 ]
Puis le pays bascula dans la folie religieuse ; les combattants du Nord furent refoulés de la capitale, les religieux gagnèrent du terrain et de nouvelles lois furent votées par une assemblée d'étudiants en théologie qui devenaient les nouveaux maîtres tout-puissants du pays. Désormais devenait interdit tout ce qui ressemblait de près ou de loin à du plaisir, du confort, de la joie de vivre et de la détente. Dans son ensemble, la population n'eut plus le droit d'écouter la radio ni de jouer avec des cerfs-volants, de taper dans un ballon, d'aller se promener en famille au bord des rivières ou dans les campagnes, de manger de la nourriture étrangère, de parler une autre langue que le persan ou le pachtou. Les femmes et les filles furent confinées chez elles, autorisées à ne sortir qu'accompagnées d'un parent et interdites de scolarité et de travail en dehors de chez elles.
(p. 219-220)
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nikitanikita   11 novembre 2010
Bilqis, douze ans et demi, est une paysanne afghane qui aide sa mère aux champs et à la maison depuis la mort de son père. Elle est l’aînée de six enfants.
Un jour de 1989, elle est violée par des soldats soviétiques qui rentrent dans leur pays après dix ans d’occupation. Alors commence pour Bilqis une lente descente aux enfers : rejetée par sa mère puisque « souillée », elle vivra dans l’étable, avant d’être vendue à une famille d’un bourg voisin. Pendant une dizaine d’années, de bourgades en villages, elle sera bonne à tout faire, serveuse, femme de chambre, instrument de désirs et de fantasmes, battue, insultée, violentée...
Dans un bordel à Herat, Bilqis a ses protecteurs parmi les talibans. Puis on la retrouve, enlevée par des bandits, prostituée dans une caserne, favorite d’un chef de guerre unijambiste et borgne qui la martyrise, avant qu’elle ne le poignarde et s’enfuie à nouveau...
« Celle qui perd sa réputation n’est plus qu’une morte parmi les vivants.» Voilà ce que lui dit une de ses compagnes d’infortune.
La jeune femme, qui a aujourd'hui vingt-six ans, a été sauvée par une ONG européenne. Elle a appris à lire, à écrire et à calculer. Elle se reconstruit lentement.
Un document unique sur la condition des femmes en Afghanistan et dans les pays ravagés par les guerres, l’intégrisme et l’obscurantisme.
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ZilizZiliz   07 mai 2017
Les deux femmes devaient dorénavant se faire confiance si elles voulaient survivre dans ce pays [Afghanistan, milieu des 90's] qui, mois après mois, basculait dans la folie et la délation. Il n'y avait pas de semaine où une veuve ou une célibataire n'était exécutée en public, d'une balle dans la tête, sur la grande place au coeur de la Citadelle, centre historique de la ville. Un époux qui voulait divorcer, et qui n'avait rien à reprocher à sa compagne, trouvaient deux témoins mâles qui certifiaient qu'elle avait des moeurs dissolues et, dans l'heure, elle était alors emmenée par de jeunes talibans qui lui faisaient faire le tour de la ville en annonçant à la population le lieu et l'heure de la mise à mort. [...] Evidemment, tous ces menus services étaient rétribués !
(p. 233)
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ZilizZiliz   02 mai 2017
Un jour, un haut dignitaire religieux traversa la région. Haj Hassan Mohtachémi avait le titre de 'hojatoleslâm'. Ses prêches étaient célèbres dans toute la province, ses colères aussi. Il avait autrefois organisé des dizaines de lapidations de femmes infidèles sur les places publiques des villages, recevant même les félicitations de l'ayatollah Khomeiny pour son zèle et sa dévotion. Il fut invité dans la capitale iranienne pour le dixième anniversaire de la chute de la monarchie et y fut photographié avec le guide spirituel de la nation. Ce petit mollah de province s'était autoproclamé 'hojatoleslâm' et personne n'avait à y redire.
- Votre Eminence souhaiterait-elle prendre quelque repos ? proposa Hamid Homayounfar.
- Trouve-moi de la compagnie. As-tu une vierge ?
Hamid n'en avait pas. Il le regretta.
(p. 294)
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