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EAN : 9782844200396
143 pages
Éditeur : Thierry Magnier (23/04/1999)
3.64/5   14 notes
Résumé :

« On a mis nos plus beaux habits. Mon père m’a dit : « Tu es toujours la plus jolie, ma fille ». J’étais fière. Il me prendrait par la main et on marcherait dans la ville. Il a dit à ma mère : « Tu pars avec la Petite, moi je prends les garçons. Vous risquez rien. Tu le sais… »

J’ai pas compris pourquoi on se séparait et pourquoi on aurait dû avoir peur. Il a ajouté: « C’est pacifique », il a répété plusieurs fois « pacifique ». Je savais... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
RosieAdda
  04 avril 2020
Dans la seine est rouge on est face à trois jeunes personnages AMEL LOUIS OMER : Amel est une adolescente de 16 ans à qui la grand-mère Lalla et la mère Noria n'ont jamais parlé de leur participation à la manifestation du 17 octobre ; Amel ne parle pas l'arabe langue de
sa mère et de sa grand-mère, mais elle comprend qu'elles lui cachent une histoire, Amel veut mieux comprendre la période difficile à laquelle sa famille fait vaguement référence, mais toute confidence ouverte sur ce passé est sans cesse reportée selon quoi sa grand mère et sa mère souhaiterai la protéger du malheur, un moment assez douloureux.
Quant à Louis est un jeune cinéaste de 25 ans dont la mère, Flora, a milité du côté algérien pendant la guerre d'Algérie et Il souhaite réaliser un film documentaire sur le massacre d'octobre 1961.
Pui nous Omer, dont la mère vivait autrefois en banlieue, à Nanterre, est un journaliste algérien de 27 ans qui, pour échapper aux violences qui déchirent son pays, s'est réfugié en France.
On a trois jeunes personnes, qui font face au silence de leurs parents et de l'état français, se lance à la recherche des traces du passé.
La seine était rouge illustre en partie le silence des acteurs de l'événement mais aussi celui des témoins et des bourreaux par une technique empruntée au documentaire, Leila Sebbar découd et recoud le fil fragile de l'événement à travers le regard croisés de ses personnages tous les trois personnes de milieu différent , un algérien , un français , et une algérienne de France dont les parents sont nés en France .
Nous suivons parallèlement le déroulement du documentaire et le parcours d'Amel à travers Paris dans les lieux qui ont marqué la journée du 17 Octobre 1961 « », et chaque étape de la marche d'Amel est reléguée par la parole de sa mère, le témoignage de la mère nous permet de suivre le déroulement des événements, de mieux comprendre comment une marche pacifiste et familiale s'est transformée en marche funèbre.
Le mardi 17 octobre 1961, en pleine guerre d'Algérie, une foule d'hommes, femmes et enfants sont arrivées à Paris depuis des bidonvilles comme Nanterre pour manifester
pacifiquement contre le couvre feu imposé aux algériens par le préfet de police de Paris ; Cette mobilisation, organisée à l'appel du FLN, sera très violemment réprimée : entre des dizaines et des centaines de morts selon les sources, des manifestants emprisonnés dans des centres de détention spécialement mis en place (palais des sports, stade Coubertin, parc des expositions, etc.)
dés la sortie du métro les manifestants sont chassés, matraqués, jetés dans la seine ou emprisonnées par les forces de l'Ordre, Nous avons dans cet ouvrage plusieurs témoignages qui affirment que cette marche était au départ pacifique, une manifestation qui comptait hommes, femmes, enfants, vieux, vielles, nous avons tout d'abord le témoignage d'un jeune algérien qui avait participé à la manifestation
Avec la seine était rouge Il n'est pas question d'une histoire familiale mais bien d'une histoire nationale, son oeuvre témoigne également du silence qui perdure dans les familles brisées par la guerre et l'exil ;
Un roman magnifique lu en une soirée, un témoignage d'une réalité passé sous silence dont la plus part n'en connaissent pas l'existence tout cela dotée d'une plume magnifique à la fois bouleversante poignante et poétique , mon premier roman de LEILA SEBBAR et surement pas le dernier .
GROS COUP DE COeUR !
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Dare
  21 août 2013
C'est un récit photographique que nous livre ici Leila Sebbar, dévoilant avec pudeur et intimité (celle de ses protagonistes) un épisode tabou de ce que fut la guerre d'Algérie en France, à Paris. Par des tableaux, des rendus presque photographiques, des témoignages audios ou vidéos retranscrits avec une sensibilité vibrante, la romancière dresse ici une toile subtile de ce qui traversa, en amont et en aval de cette tragédie, les familles algériennes vivant alors en France Métropolitane. L'auteur y explore par un texte polyphonique le regard que français et algériens posent les uns sur les autres, et part, les blessures et les non-dits qui marquent chacun, la façon dont souvenirs et secrets s'entremêlent en une étoffe fragile qu'il appartient aujourd'hui aux jeunes générations de détisser, patiemment et parfois douloureusement.
En quelques pages, ce très bref ouvrage lève partiellement un voile, laissant à sa quête de mémoire des zones d'ombre, d'ambiguité, entourant aujourd'hui encore une part de ce conflit. Une lecture émouvante et rapide, enrichissante. C'est en tout cas un réel talent que ce “presque-document” révèle, par le sens aigu de Leïla Sebbar pour les ressorts de l'histoire et de la narration.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
RosieAddaRosieAdda   04 avril 2020
On a pris le bus. Ma mère serrait ma main. Les voisines ne bavardaient pas comme d’habitude. On était ensemble. On se taisait. La Défense, l’Étoile. Le chauffeur s’est arrêté. C’est là que j’ai eu peur. Des policiers ont fait descendre les hommes, pas tous. Ceux qui avaient l’air d’Algériens. J’ai vu ces hommes debout, les mains en l’air, à côté du bus, les policiers avec des matraques. J’ai regardé ma mère. Elle m’a souri. Sa main était chaude. Je n’ai pas pleuré. J’avais jamais vu Paris, c’était Paris et je voyais rien. Seulement des hommes, comme mon père, les mains sur la tête. Les policiers français et d’autres policiers avec des calots bleus, arrêtaient les voyageurs qui sortaient du métro, ils les faisaient monter dans des cars. Certains donnaient des coups à ceux qui marchaient pas assez Vite
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RosieAddaRosieAdda   04 avril 2020
C’était le 17 octobre 1961. Il pleuvait. J’ai pensé que j’allais mourir, je buvais l’eau de la Seine, J’étais lourd, lourd.[…] Ce soir-là, la pluie, les coups, l’eau froide, elle sentait mauvais la Seine… La prière est revenue. J’ai prié, prié… et j’ai été sauvé. Sinon, je me noyais, comme d’autres. On a retrouvé des corps charriés par la Seine. Sûrement la Seine était rouge ce jour-là, tic nuit on voyait pas. On a repêché des Algériens, ils avaient les mains liées dans le dos et les pieds attachés… Pour faire 1,-Li, il a fallu du temps. Je comprends pas. On les a enlevés, on les a ligotés et après des coups à la tête on les a jetés dans la Seine ? Ou avec trois balles ? La Seine les a rejetés. Même la Seine, elle en voulait pas des Algériens.
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RosieAddaRosieAdda   04 avril 2020
Je sais qu’elle était pacifique. Pas de couteaux, pas de bâtons, pas d’armes, c’était la consigne de la Fédération de France. Je le sais. Manifester en famille avec femmes et enfants, même les vieilles et elles criaient, elles chantaient l’hymne national… Elles frappaient dans leurs mains. Les hommes se sont pas défendus, ils ont pas riposté. Ils ont obéi aux consignes du FLN.
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Vidéo de Leïla Sebbar
À l'occasion de la parution de le pays natal, aux excellentes éditions tunisiennes "Elyzad", Leïla Sebbar, directrice du recueil, accueillait à la librairie le Divan à Paris deux des 17 auteurs : Marcel Bénabou et Rosie Pinhas-Delpuech.
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