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EAN : 9791022609937
448 pages
Éditeur : Editions Métailié (23/01/2020)
4.17/5   48 notes
Résumé :
Dans les années 30, sept opposants au nazisme s’enfuient d’un camp.

Un formidable appareil policier est mis en branle pour les retrouver et sept croix sont dressées. Aidés par la solidarité ouvrière ou bien trahis par des voisins ou des inconnus, combien des fugitifs seront capturés ?

Dans ce roman de l’Allemagne nazie écrit pendant son exil en France, Anna Seghers dresse une fresque polyphonique et dépeint une société dans laquelle le ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
4,17

sur 48 notes
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michfred
  10 août 2021
Depuis Transit je voulais lire d'autres livres d'Anna Seghers. Cette écrivaine allemande, communiste et d'origine juive, fuyant l'Allemagne nazie, puis la France vichyste pour se réfugier au Mexique avant de revenir en RDA, en pleine guerre froide, a énormément écrit avant, pendant et après son exil. Un petit nombre de ses nombreux livres ont été traduits en français, dans des éditions parfois difficiles à trouver.
J'ai déjà dit tout le bien que je pensais de Transit qui évoque de façon romancée le parcours du combattant des réfugiés politiques étrangers regroupés à Marseille dans l'attente d'un visa de sortie pour quitter la France, tandis que la zone libre mérite de moins en moins son nom...
La septième croix non plus ne m'a pas déçue. C'est de l'opposition intérieure au nazisme et du sort qui lui est réservé qu'il est question cette fois.
Sept prisonniers politiques ont réussi à s'évader du camp de concentration de Westhofen. le pouvoir nazi est sur les dents et met aussitôt tout en oeuvre pour les rattraper. Un à un, les évadés sont repris ou abattus. Sauf un: Georg, blessé gravement à la main et repéré un peu partout où il passe. Son arrestation ne semble être qu'une question d'heures. Les chefs du camp ont déjà dressé dans la cour les sept poteaux de torture en forme de croix où les sept évadés recevront leur châtiment ultime.
Pourtant Georg tient bon. Tandis qu'autour de lui l'étau se resserre, se tisse aussi le réseau fin et solide d'un maillage amical, d'un héroïsme du quotidien, fait de petits pas, de petits gestes, de petites initiatives à hauteur d'homme ou de femme qui fait pièce à la chasse à l'homme organisée par les nazis..
Une multitude de personnages gravitent autour de Georg sans le connaître ni le croiser parfois, donnant à son échappée belle une profondeur et une résonance exemplaire.
Ainsi se révèlent aussi bien des lâchetés inattendues chez tel qu'on croyait un opposant militant et résolu-ou des prises de risque généreuses et tenaces chez un vieux copain qu'on aurait pensé pusillanime et replié sur son bonheur égoïste.
Tous ces parcours dessinent une Allemagne en proie à la fanatisation de masse, surveillée et épiée dans ses moindres faits et gestes par les chefs d'immeubles, les hommes en uniforme, SA ou SS, les enfants enrôlés dans les mouvements de jeunesse hitlérienne, les concierges aux aguets, les délateurs d'occasion... Bref une Allemagne où il est devenu héroïque et dangereux de tendre la main, de donner à manger, d'héberger un homme aux abois.
Le récit est nerveux, détaillé, haletant, la restitution historique pointue et convaincante, les personnages attachants.
Et comme Anna Seghers est aussi un grand écrivain, elle donne à ce suspense historico-policier une ampleur quasi mythique par la force de quelques scènes-la mort en liberté du plus vieux des évadés revenu mourir près de sa ferme. ou la petite fille en bonnet blanc et aux yeux noirs qui vient soudain agripper la nappe de la table où dîne le fugitif tandis que des SA entrent dans la salle pour danser la valse...
Seghers sait aussi transfigurer un récit hyper réaliste par des détails incongrus qui lui donnent des allures de conte- le fugitif réfugié dans une cabane où sont dressées sept petites assiettes, sept petites coupes...
Un récit palpitant, instructif, plein d'humanité et de poésie, postfacé par la grande Christa Wolff.. je recommande chaudement!
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viou1108_aka_voyagesaufildespages
  25 août 2021
A la fin des années 30, dans la région de Mayence, sept prisonniers (des opposants allemands au régime nazi) s'évadent du camp de Westhofen. Aussitôt l'alerte est donnée, la chasse à l'homme lancée, et le commandant du camp fait ériger sept croix comme autant de futurs poteaux de torture, où les évadés rendront leur dernier soupir dès qu'ils auront été repris. Parce qu'il n'est absolument pas envisageable qu'ils disparaissent dans la nature; un pouvoir totalitaire ne saurait tolérer pareil affront. Et la traque est intense, les mailles du filet très serrées, l'information diffusée dans les journaux et sur les ondes, les réseaux de mouchards sont activés, on ne donne pas cher de la liberté des fugitifs. Et de fait, ils sont repris assez rapidement, sauf un : Georg Heisler. Pourtant repéré à de nombreuses reprises, il reste insaisissable, échappant chaque fois d'un cheveu à ses poursuivants, de plus en plus énervés et furieux. le hasard, la chance, une complicité inattendue ou une aide inespérée le maintiennent vivant et libre pendant une semaine. Après... à vous d'aller au bout du roman pour connaître son sort.
Bien plus qu'un suspense policier ou le récit d'une cavale improbable, "La septième croix" est le portrait d'une Allemagne qui, après la défaite de la Première Guerre et la débâcle économique qui a suivi, s'est engagée dans la voie du totalitarisme national-socialiste. La société est devenue hyper-contrôlée et hyper-contrôlante, les faits et gestes sont espionnés, les délations vont bon train, les chefs d'immeubles et de quartiers sont aux aguets pour démasquer les traîtres à l'ordre nouveau. La résistance interne n'a pas été totalement anéantie, mais sa marge de manoeuvre pour éventuellement venir en aide à Georg est infime, et le moindre mot ou acte peut devenir héroïque à force d'être périlleux. "Était-il permis de mettre un homme en danger pour en sauver un autre ? Hermann pesa et soupesa tout encore une fois : oui, c'était permis. Pas seulement permis, mais nécessaire".
Ecrit en 1939, lors de l'exil de l'auteure en France et publié pour la première fois aux USA en 1942, ce roman polyphonique met en scène une foule de personnages autour de Georg, qui l'ont connu ou pas, qui vont le croiser ou pas, qui partagent ses convictions ou ne pensent qu'à le livrer à la Gestapo. de lâchetés mesquines en gestes anodins salvateurs donc suicidaires, de la résistance au fanatisme des SS en passant par la masse de ceux qui ont adhéré au parti pour avoir à manger et éviter les problèmes, la nature humaine se révèle dans l'adversité, et pas toujours comme on aurait pu s'y attendre.
La narration est très réaliste et détaillée, passant d'un point de vue à l'autre avec une fluidité étonnante. L'auteure joue aussi avec les focales, passant des détails de la vie quotidienne à des plans panoramiques sur les paysages environnants, ou à une dimension quasi-mythique quand elle insère des éléments de l'univers du conte ou quand elle remonte aux conquêtes de l'époque romaine.
Le récit est tendu, haletant, la psychologie des comportements, rendue infiniment complexe par le contexte de dictature, est analysée très finement. Je ne suis pas totalement emballée ni convaincue par ce style (et/ou la traduction?), mais ce roman est un texte profond et puissant, qui montre qu'en dépit des circonstances les plus terribles, "au plus profond de nous il y avait aussi quelque chose d'insaisissable et d'inviolable".
En partenariat avec les Editions Métailié.
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morganex
  17 février 2020
Automne 1936. L'Allemagne d'Hitler. En ces temps obscurs où le poids d'une vie n'est rien et que se construit peu à peu le pire, l'hiver d'un monde, les millions de morts d'une guerre que l'on aurait pu éviter ...
Au coeur du nazisme bientôt triomphant, quand le pouvoir en place nasse peu à peu l'opposition politique, quand incarcérer et exécuter deviennent maitres mots de la mainmise d'hommes sur d'autres ; quand la seule alternative vers la survie est la clandestinité ou l'exil ; quand certaines minorités se taisent, se cachent, commencent à subir dans leurs chairs ; quand les majorités revanchardes se font opportunistes, inhumaines et intraitables … quand les places bonnes à prendre le sont au prix du sang des autres.
Région de Francfort. La petite ville de Westhofen … son camp de rééducation, déjà d'extermination ... mais chut !
Les opposants régionaux devenus proies, gibier et bêtes traquées y sont enfermés, sont promis à la torture, à la mort et à la dissolution dans l'inexistant.
Sept détenus du camp s'évadent et s'éparpillent dans la nature.
Qui en réchappera ?
L'Ordre Nouveau n'admet pas l'erreur : le directeur du camp est désormais sur un siège éjectable, il cherche à se racheter, piste les fuyards. Une machinerie policière bien huilée se met en marche, en retrouve quelques-uns. Une torture particulière les attend … à titre d'exemple. le Reich doit se montrer sans failles et sans pitié.
Sept platanes dans la cour du camp. Les arbres sont décapités à l'amorce des premières branches. Sur chacun une planche est clouée à hauteur d'épaules. Sept croix en attente de sept corps suppliciés sous les yeux des autres détenus.
Sept bêtes traquées au milieu des hommes leurs frères ; Sept errances tissées de peurs, de matins gelés, de nuits glacées à la belle étoile, de corps fiévreux et faibles, d'une faim de chaque instant qui taraude et ronge, de lendemains incertains et fragiles : de la manière dont est traversée chaque seconde dépend l'issue de la suivante.
Sept hommes parmi les fauves : les jeunesses hitlériennes, jeunes loups à qui on a appris le goût du sang ; les chefs de quartiers et d'immeubles aux oreilles affûtées et collées contre les murs ; les chemises brunes bientôt noires à la main leste armée de matraque plombée ; certains entrepreneurs à l'affût de la course à l'armement …
Sept hommes parmi les faibles, les traitres et les lâches : ceux pour qui vendre autrui devient un art de vivre, certains maires dans la crainte de n'en faire pas assez, de déplaire ; ceux pour qui se taire est la seule solution. La mort suspendue au moindre mot, la délation si facile, c'est l'autre que l'on torture, c'est à la porte du voisin que la Gestapo frappe.
Une traque, presque une chasse à courre, en automne, dans la campagne, les villes et villages du pays rhénan
Ceux rattrapés et crucifiés : corps décharnés que seules les âmes désormais tiennent debout sous le poids de souffrance de leur propre corps.
Seghers nous montre l'automne d'une nature en attente d'hiver, les feuilles mortes tombées des arbres, le froid que l'on pressent déjà à quelques semaines de là à peine, l'humidité en attente de règne sans partage, le brouillard en lentes écharpes entre les croix des suppliciés, au fond des ravines et effaçant les rues étroites des villes et des villages.
En parallèle, presque en copie conforme, Seghers nous montre l'automne d'une nation, encore peu consciente du déclin des petits jours qui s'annoncent, du grand hiver guerrier en approche rapide, de l'obscurité qui gagne la lumière. Une nation que certains croient voir encore dans la splendeur de l'été. Chroniques d'une mort annoncée
L'auteur nous montre le quotidien des hommes sous l'emprise d'un règne de brutes, les mécanismes de survie mis en place par les opprimés ne serait-ce que pour voir le lendemain. Elle nous décrit l'étau d'état qui broie tout ce qui ne le sert pas. Seghers nous montre l'hibernation, le repli sur le silence de certaines convictions politiques et religieuses, la nécessité vitale de se taire, de montrer un visage impénétrable. le règne des bouches cousues s'impose en règle de simple survie, sur ce que fait et dit l'autre, sur ce que l'on fait et dit soi-même, le voisin l'amant le conjoint l'ami de toujours comme ennemis mortels potentiels.
Seghers emmène son lecteur et ses évadés au contact de toutes les couches de la population, au contact de tous les âges, elle observe leurs réactions au regard de leurs faiblesses et forces respectives. La septuple évasion réactive les réseaux de résistance endormis quand sauver le maximum de fuyards devient symbole : sept grains de sable enrayant une machine bien huilée comme promesses de petites lumières vacillantes au bout d'un long tunnel traversé de vents coulis.
Anna Seghers : écrivaine aux oeuvres littéraires victimes d'autodafés, intellectuelle, communiste, arrêtée puis relâchée par la Gestapo, contrainte à l'exil vers la France puis le Mexique où « La septième croix » parut en 1942.
« La septième croix » rappellera à certains « Seul dans Berlin » de Hans Fallada. Mais là où le dernier resserre son drame dans l'intimité d'un couple acharné à la vengeance et à la dénonciation, la première taille dans une fresque où de nombreux personnages s'interrogent, se posent des questions, agissent ou se résignent . Elle construit son récit comme l'est un roman policier, un thriller.
En 1944, Hollywood tire du roman une adaptation cinématographique avec Spencer Tracy dans le rôle principal.
Merci à Babelio, Masse Critique et Metailié Ed.
Lien : https://laconvergenceparalle..
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Chestakova
  03 janvier 2021
Anna Seghers a quitté l'Allemagne nazie où ses livres sont brulés, elle termine « La septième croix » en 1939, entre Paris et Marseille avant de rejoindre Mexico où le roman est publié en 1942. Dans la tension de l'exil, les lignes qu'elle écrit portent un universalisme vibrant, prophétique, en forme d'adresse à tous les vivants, ceux du temps d'alors et tous ceux qui viendront, en Allemagne et ailleurs :
« Maintenant, c'est nous qui sommes ici, ce qui survient nous concerne »
Elle campe le décor de son récit en 1934, dans ces terres fertiles de confluence où elle a grandi, entre Mayence et Frankfort, sur les rives du Rhin et du Main, noyées dans le brouillard et les couleurs de l'automne. Toute une humanité y prend forme au fil des pages, dans un quotidien rythmé par des saluts d'un nouveau type, scandés de « Heil Hitler ». Les quartiers de Frankfort, ses rues, ses usines, ses tramways, semblent aussi tranquilles que les paysages vallonnés du Taunus, tout proches, ponctués de champs et de fermes, lourds d'histoire et pourtant si légers, sous les pas de ceux qui y vivent. Derrière cette simplicité pourtant, le danger est partout. La force du livre est de le mettre en scène, aussi bien dans la violence réelle que par son total contraire.
Georg Heisler s'est échappé avec six autres détenus du camp de Westhofen. Commence alors une chasse à l'homme qui viendra s'immiscer dans la simplicité des jours à travers la fuite de Georg, qui défie SS, SA, gestapo en passant à travers les mailles de leur traque. le roman raconte ce que cachent les apparences lorsque l'oppression et la terreur ont force de loi. Il raconte les peurs, les haines, le courage malgré tout, pour ces amis de Georg qui réussissent contre toute attente à faire naître une chaîne de solidarité pour le sauver. Anna Seghers ne met pas en scène un héroïsme grandiloquent, ses héros ont la dignité des choses simples et le quotidien est résistance, comme l'est la vie elle-même en opposition à la tyrannie. Cette vie se fait flamboyante dans ses petits détails au jour le jour : les brioches à la vapeur de Liesel Röder, la tarte aux pommes sur la table des Marnet, les streuselküchen à la pâte sablée, loin de la torture des camps et de la faim, comme une évidence d'humanité.
La croix de Georg restera vide. Sa fuite est ainsi la rédemption de tous les autres, ceux qui ont été rattrapés, ceux qui sont restés au camp et bien au-delà, de tous ceux qui tomberont.
Anna Seghers écrit là un chef d'oeuvre en faisant de la vie elle-même, le principe fondateur de la résistance.
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Bookinette
  27 février 2020
Un livre fort qui reste vivant une fois refermé... un vrai témoignage de l'Allemagne des années 30 écrit en 1942 par un auteur allemand ayant du fuir le pays. Il y a une incontestable authenticité, une lucidité et une grande humanité dans ce récit.
Dans les années 30, l'Allemagne nazie a commencé à purger ses citoyens des adversaires du régime en place. Des camps sont mis en place, prémices des camps de concentration, tortures, morts y sont légions. Sept prisonniers du camp de Westhofen parviennent à s'échapper et une véritable chasse à l'homme commence. Sept croix sont élevées en attente dans le camp, terribles promesses pour chacun d'eux qui sera repris...
Ce sont des hommes aux abois que l'on suit, des hommes qui n'ont plus rien à perdre et qui s'accrochent à chaque moment pour survivre dans un monde hostile où ils ne peuvent pas savoir sur qui compter. Et s'il est bien question de chacun de ces évadés, c'est Georg que l'on accompagne plus particulièrement et Anna Seghers nous raconte sa fuite éperdue dans une solitude abyssale, en proie à la fatigue, la faim, la peur au milieu d'une population qui continue à vivre tranquillement son quotidien, population dont peu à peu se détachent des individualités. C'est avec beaucoup de finesse que l'auteur dessine ces différents personnages dont les actes auront des répercussions sur les fugitifs. Dans un pays où les libertés sont bafouées et où la dictature règne, les hommes et les femmes rencontrés réagissent de diverses façons entre peur, instinct de survie, lâcheté, traîtrise, courage, prise de conscience, résistance...
La mort est omniprésente et le récit s'étire dans un suspense croissant au fur et à mesure de la reprise des évadés. Un véritable thriller poignant oscillant entre espoir et désespoir.
L'écriture de ce roman est dense avec très peu de dialogues directs, avec de nombreuses introspections, des descriptions, des souvenirs. C'est une plume sensible et pleine de finesse qui donne à ressentir et qui crée des atmosphères. Il y a la menace de la mort qui plane et il y a les petits riens quotidiens comme le souffle du vent, le son d'une cloche, la vue d'un ciel que les fugitifs perçoivent avec une perception accrue Quelques moments sont particulièrement marquants comme l'interrogatoire de Wallau ( quel passage incroyable !.... inoubliable ! ) ou encore le jeune homme ayant perdu sa veste qui prend peu à peu conscience de ce qu'implique son témoignage et qui prend des décisions sans jamais se l'avouer directement ... il y a une vraie puissance d'évocation de l'âme humaine.
Je remercie Babelio et les éditions Métailié pour cette belle lecture !
Lien : https://chezbookinette.blogs..
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critiques presse (2)
LeFigaro   20 février 2020
L’immense roman d’Anna Seghers montre comment une certaine Europe cultivée a rallié le nazisme et sa barbarie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeMonde   23 janvier 2020
A lire ce roman, on comprend pourquoi Hollywood s’est jeté dessus [...] Intensité narrative, art de la scénographie, découpage en plans-séquences, efficacité des ellipses, multiplication des points de vue, jeux d’ombre et de lumière, contrastes spectaculaires… ici l’image est première, l’événement se fait visuel, le regard commande l’Histoire.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
viou1108_aka_voyagesaufildespagesviou1108_aka_voyagesaufildespages   22 août 2021
Dès le premier mois qui suivit la prise de pouvoir de Hitler, des centaines de nos chefs [les résistants allemands au régime nazi] avaient été assassinés, partout dans le pays, chaque mois, d'autres l'étaient. [...] Toute une génération avait été exterminée. C'est ce que nous pensions par ce matin terrible et nous le dîmes aussi, pour la première fois, nous dîmes qu'il nous faudrait quitter cette vie, tant de nous assassinés, éliminés de la surface du globe, qu'il nous faudrait périr sans descendance. [...] un no man's land allait s'étendre entre les générations, que les anciennes expériences ne parviendraient pas à franchir. Quand on lutte, tombe, et qu'un autre reprend le drapeau et lutte et tombe aussi, et que le suivant le reprend et doit à son tour tomber, c'est un ordre naturel, car on n'obtient rien sans en payer le prix. Mais si personne ne veut reprendre le drapeau, parce que personne ne connaît plus sa signification? Alors, nous eûmes pitié de ces jeunes gars qui faisaient la haie pour accueillir Wallau, lui crachaient dessus, le regardaient d'un air bovin. Voilà qu'on arrachait du sol de ce pays ce qu'il produisait de meilleur, parce qu'aux enfants on avait enseigné que c'était de la mauvaise herbe. Tous ces garçons et ces filles, là dehors, une fois qu'ils avaient derrière eux la Hitler Jugend [...] puis le service du travail et l'armée, ils étaient semblables aux enfants de la légende qui, élevés par des bêtes, finissent par déchirer leur propre mère.
+ Lire la suite
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AllantversAllantvers   19 juin 2020
Couvert de sang, Wallau était assis contre le mur. De la porte Zillich regarda tranquillement dans sa direction. Un peu de lumière au-dessus de l'epaule de Zillich, ce minuscule carré bleu de l'automne confirma pour la dernière fois à Wallau que le monde restait solidement planté là et y resterait, quels que soient les combats à mener. L'espace d'un instant, Zillich resta figé à la porte. Personne ne l'avait jamais regardé avec un tel calme, dans un tel rapport d'égalité. C'est la mort, se dit Wallau. Lentement, Zillich referma la porte derrière lui.
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AllantversAllantvers   14 juin 2020
Tout être devant qui se dresse l'éventualité du malheur se rassure aussitôt en pensant à la force indomptable qui est la sienne. Pour l'un, c'est son idéal, pour l'autre, sa foi, un troisième pensera seulement à sa famille. Bien des gens n'ont absolument rien. Pas de force indomptable, le vide. Toute la vie extérieure et ses horreurs peuvent les envahir, les remplir jusqu'à les faire exploser.
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michfredmichfred   07 août 2021
Il était sur le point de s’endormir quand il sursauta un peu. Il se releva, ou tenta de le faire. Il embrassa la vallée du regard. Mais cette vallée ne lui apparaissait pas dans l’habituelle lueur de midi, dans la douce lumière de tous les jours. Une clarté froide et austère se répandait sur le village, éclat et vent réunis, si bien que tout prit soudain une netteté inconnue et de ce fait, tout redevint étranger. Puis une ombre épaisse s’abattit sur le paysage. Plus tard dans l’après-midi, deux petits paysans vinrent cueillir des noisettes. Ils poussèrent des cris aigus. Ils coururent retrouver leurs parents qui étaient aux champs. Le père considéra l’homme. Il envoya un des enfants chercher un autre paysan, Wolbert, dans le champ voisin. Et Wolbert s’exclama : “Mais c’est Aldinger !” Alors, le premier paysan le reconnut aussi. Grands et petits, dans le bosquet, contemplaient le mort. Puis les deux hommes confectionnèrent une civière au moyen de quelques bâtons.
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AllantversAllantvers   14 juin 2020
Voilà qu'on arrachait du sol de ce pays ce qu'il produisait de meilleur, parce qu'aux enfants on enseignait que c'était de la mauvaise herbe. Tous ces garçons et ces filles, là dehors, une fois qu'ils avaient derrière eux la Hitler Jugend, l'organisation des Jeunesses hitlériennes, puis le service du travail et l'armée, ils étaient semblables aux enfants de la légende qui, élevés par des bêtes, finissent par déchirer leur propre mère.
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Vidéo de Anna Seghers
?Transit?, de Christian Petzold - bande-annonce .Le cinéaste allemand Christian Petzold adapte le beau roman d?Anna Seghers publié en 1944 dans un grand film romanesque où se répercute subtilement l?écho des crises migratoires actuelles. Transit est à découvrir en salles mercredi 25 avril 2018. En voici la bande-annonce, en exclusivité pour telerama.fr
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