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EAN : 9791092671193
Éditeur : Trash Editions (01/06/2016)
3.38/5   8 notes
Résumé :
Si Lovecraft avait absorbé les mêmes drogues que Philip K. Dick, il aurait pu imaginer cette histoire. Si Manchette en avait entendu parler, il aurait pu la raconter à Siébert en apparaissant à minuit, un soir de pleine lune, à une croisée de chemins. Et si Siébert était aussi cinglé qu'on le dit, il aurait écrit ce bouquin. 
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Antyryia
  09 août 2017

- Antyryia ? La prochaine épreuve est pour vous. Suivez Passe-partout qui vous emmènera peut-être jusqu'à la prochaine clef !
Je cours derrière le nain dans les dédales du fort en me demandant ce qui peut bien m'attendre cette fois. La porte s'ouvre et ...
Et merde. L'épreuve de la cabine abandonnée. Et ce putain de téléphone qui sonne déjà.
Je me glisse à l'intérieur de la paroi en plexiglas dans un tourbillon d'insectes.
"Les murs étaient couverts de cloportes. Ils grouillaient."
- Antyryia ? C'est le père Fouras. Vous êtes prêt pour l'énigme ?
- Oui, oui, allez-y, vite s'il vous plaît.
- Quand on m'entend, c'est synonyme de silence.
Pendant que je réfléchis, je chasse le nuage de bestioles obsédées par l'envie de se poser sur moi.
"Un moustique se posa sur sa main."
- Deuxième indice, écoutez bien : Quand on me regarde, c'est qu'on est perdu dans nos pensées.
Et moi je suis totalement perdu devant ce bestiaire de cafards, de moucherons et de scolopendres répugnants...
"Des insectes lui grimpèrent dessus, entrèrent dans sa bouche comme s'il était mort."
Recroquevillé et totalement incapable de réfléchir, j'écoute à peine la voix du vieillard gâteux, ne pensant qu'à sortir de cette geôle infâme.
- Ne pas me faire de mal est preuve de grande gentillesse.
- Saloperie de mouches !
"Des mouches à viande bourdonnaient de partout d'une manière hystérique sans que les livreurs ne fassent d'effort pour les chasser."
Pris de panique, je lâche ce maudit combiné, me cogne à la paroi avant d'en sortir en criant, recrachant quelques ailes et pattes au passage.
Plus tard, j'ai su que j'avais eu la clef. Je n'ai toujours pas compris comment.
Vingtième et dernier roman en date de la collection Trash, Paranoïa ( sous-titré Métaphysique de la viande ) est l'un des derniers méfaits de Christophe Siébert. Un livre totalement barré que j'ai trouvé très différent des autres volumes de la collection, dans le sens où les débordements d'hémoglobine habituels laissent place ici à l'absurde et au dégoût. Aucune complaisance dans les scènes d'horreur pure mais davantage une ambiance putride, où folie et vermine sont à l'honneur.
Quasiment impossible à raconter, Paranoïa commence par la fin. On sait qu'il sera question du suicide d'Ombric, de meurtres commis par Scorpio, et d'une comète. Ensuite, l'auteur présente ses différents personnages dans une version si accélérée qu'elle en donne le tournis.
"Amy tenta de se suicider puis de cesser de boire. Elle se prostitua. Elle se rapprocha de sa mère et de sa fille, s'en éloigna."
"On diagnostiqua à la mère un cancer du sein. Il se propagea aux os. On l'incinéra."
Amy est une jeune femme qui a trop souvent été victime de brutalités. Une nuit, elle se réveillera nue sur la plage avec deux cadavres à ses côtés. Elle pense avoir été violée, mais les examens médicaux la contrediront. Accusée de meurtre, elle sera finalement internée. de qui ( ou de quoi ) peut-elle donc bien être enceinte ?
Ombric est quant à lui un jeune homme violent et suicidaire. Qui fera des séjours en prison et tournera dans du porno amateur. de toute évidence, il n'a pas toute sa tête. En massacrant et en filmant des rats morts, il se rendra compte d'une anomalie.
"Ils contenaient du sang, des organes, de la merde. L'un d'eux était un robot, ses yeux des minuscules caméras, son squelette du metal noir."
Zecke perd son poste de policier suite à une partie de roulette russe ... fatale pour un de ses collègues. Il perdra également sa femme et ses enfants. Sorti de prison, ses talents d'enquêteur seront mis à contribution par un homme qui a été témoin d'un charnier en bord de mer, et qui a besoin de comprendre ce qui a bien pu se passer.
"Les cadavres. Les putains de cadavres. Partout de partout. Sur la plage, tout autour de moi. Une bonne centaine y'en avait. Peut-être plus."
La seconde partie nous présentera encore un nouveau personnage, en la personne de Népès. Encore un qui ondule de la toiture ( il y a assez peu d'individus psychologiquement très stables dans Paranoïa ). Après le meurtre de son épouse, il dresse différents animaux dans une cave. Une voix lui parle dans sa tête et lui donne des instructions. Il s'agit d'une mouche, qui s'apprête à lui présenter son Dieu.
"- C'est parce que j'ai une mouche dans la tête, tu comprends ? Elle m'explique tout, c'est elle qui m'explique tout."
Les insectes sont vraiment légion. Pas un chapitre ne passe sans qu'il ne soit fait mention d'un frelon écrasé sur un pare-brise, de fourmis se nourrissant d'une mouette morte, d'un papillon de nuit volant autour d'une flamme, comme une véritable petite encyclopédie d'entomologiste.
"José le gitan disait qu'il y avait des insectes partout, qu'il y en avait de plus en plus, qu'il fallait les surveiller, qu'il fallait les compter."
Ils sont jusque dans les noms des personnages : le flic Bourdon, le docteur Mante et ses acolytes Mitte et Falaine...
"Des cafards sortaient parfois du lavabo."
"Des moucherons s'agglutinaient à la peau de l'homme."
"Il avait attrapé des morpions."
De la vermine, des cadavres sur la plage, des animaux robotisés, des mouches qui veulent nous présenter à leur Dieu ... Cet auteur est décidément complètement dingue.
Peut-il seulement retomber sur ses pattes en partant ainsi dans tous ces sens plus fous les uns que les autres ?
J'ai à la fois adoré et détesté la fin. Adoré parce que toutes ces folles idées avaient bien un sens, et même plusieurs. Détesté parce que le final est beaucoup trop abrupt et aurait mérité davantage de pages. le plaisir de lecture passe aussi par le stade où tout commence à se mettre en place, où tout s'imbrique petit à petit. Ici, peut-être en raison du format court de la collection, j'ai eu l'impression que le lecteur devait vraiment se satisfaire du minimum, et je suis donc ressorti de ma lecture avec encore trop de questions et donc un sentiment d'inachevé.
Qu'en penser par rapport à Nuit noire, du même auteur ? Je dirais que passé les tous premiers chapitres on retrouve rapidement le style unique de Siébert. Et toujours une prédilection pour le chiffre Trois.
Si ce roman est davantage à prendre au second degré, si on est plus proche du délire qu'avec un Nuit noire qui repoussait toutes les limites du genre horreur, on y retrouve quand même une folie similaire dans les personnages. Pour lesquels le meurtre est souvent anecdotique. Ils sont sales, alcooliques, incompris, obsédés par la fornication et la masturbation.
Pour déranger, Siébert n'hésite pas à évoquer de nouveau les excréments.
"L'attente et le stress avaient transformé ma merde en semi-diarrhée. L'odeur était acide et envahissante."
Mais on est loin cette fois des insoutenables scènes d'inceste, de nécrophilie, de scatophilie ou de cannibalisme.
C'est la zoophilie, en revanche, qui est à l'honneur.
"Le chat faisait un cunilingus, l'écureuil grimpait sur son ventre et le branlait, les chiennes se couchaient et se léchaient en soixante-neuf."
Même les mouches participent à l'orgie.
Mais bien loin de choquer ou de provoquer un malaise, ces passages prêtent à sourire.
Un long chapitre est consacré à l'accouplement complexe d'un homme et d'un crapaud gigantesque de la taille d'un fourgon et même si c'est assez ignoble, c'est tellement irréel qu'on se focalise davantage sur la folie des idées que sur leur laideur.
Pas la peine donc de prévenir la SPA !
Paranoïa est impossible à classer tant il mélange les genres. Horreur nauséabonde, science-fiction ( le roman se déroule dans un futur très proche en 201. ? ), polar fantastique, mythologie lovecraftienne. le tout à la sauce Siébert, plus allumé que jamais.
Sans répéter ce qu'il avait écrit avec Nuit noire, il s'éloigne aussi des standards de la collection tout en en respectant les valeurs - si je puis dire - puisqu'il s'agit bien d'un livre court, saignant, dégueulasse et sans tabous.
L'originalité et le rythme d'enfer peuvent perturber au début de la lecture, mais très vite on entre dans le vif du sujet et l'écoeurement se conjugue à l'humour et à l'envie d'en savoir davantage tant on se demande où l'auteur nous emmène.
De quoi cette multitude d'insectes est-elle annonciatrice ?
Les charniers sur la plage et les robots ne sont-ils que des délires paranoïaques ?
Vous le saurez si vous faîtes partie de ces adultes consentants prêts à explorer ce roman qui vous sortira de votre zone de confort, et ce même si vous êtes habitué à ce type de littérature.
Je vous laisse ici, j'ai un indice à récupérer sous une tarentule.
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
AmaranthAmaranth   20 juin 2017
Désormais Népès vivait nu dans la crypte, entouré de grappes d’animaux informes qui adhéraient aux parois ou pendaient du plafond, se liquéfiaient une goutte après l’autre et formaient au sol des flaques épaisses qui pullulaient de moucherons. Il méditait, à peine s’il respirait, ne se nourrissait plus. Les veines enveloppaient son corps comme un filet. Ses cheveux, ses poils, ses ongles poussaient, il ressemblait à Victor l’enfant sauvage retrouvé quarante ans trop tard.
La nuit du trente au trente et un novembre 201., le crapaud géant lui apparut une deuxième fois. Ils baisèrent. Ça se passa dans la crypte. Les mouches abondèrent, il y en eut partout. Après l’accouplement Zoga et Népès restèrent collés quelques minutes. Ensuite le crapaud ne fut plus là. Népès quitta l’église sans se nettoyer ni s’habiller. Il était couvert de sécrétions, de sang et de poussière. C’était une heure avant l’aube, les brouillards givrants s’incrustaient sur une campagne froide et figée comme la sauce au fond d’une assiette. Un chien mort, congelé, grouillait de fourmis. Dans la maison Clavard dormait profondément, ivre, rêvait peu. Népès cogna la porte à coups de poings jusqu’à ce que le curé ouvre.
–– J’ai à te parler. Suis-moi à la crypte.
Il avait le ton d’un mari sur le point de dérouiller sa femme. Clavard rectifia la position, ils y allèrent d’un pas vif. Dans la crypte l’odeur fit venir les larmes aux yeux du curé.
–– J’ai reçu une prophétie. Je vais te la dire et toi tu la transmettras aux autres.
Il expliqua qu’il avait vu des voitures tourner à l’infini et à vitesse constante, réservoir toujours plein, sur les boulevards périphériques du monde entier avec à leur bord des robots d’apparence humaine. Rien ne s’usait jamais. Dans le ciel les oiseaux étaient des robots. Tous les animaux étaient des robots. Tout ce qui vivait était remplacé par des machines à l’imitation parfaite. Le monde était un mécanisme juste assez compliqué pour donner l’illusion du vrai. Tout se répétait. Les mêmes robots faisaient les mêmes trajets, avaient les mêmes activités, jour après jour. Les chiens-robots accomplissaient jour après jour les mêmes gestes. Jour après jour les mouches-robots parcouraient les mêmes circuits dans des maisons où jour après jour les mêmes enfants-robots jouaient aux mêmes jeux, mangeaient les mêmes repas, pleuraient au même moment et pour toujours les mêmes raisons. Le monde étaient une superposition de millions de boucles et il n’y restait d’humains que ceux pour qui cet enfer était prévu, c’est-à-dire quelques millions d’individus choisis par un dieu vengeur qui s’appelle Narutotep. Ils étaient prisonniers de ce simulacre sans échappatoire, ne sachant même pas, les premiers temps, être les seuls êtres vivants dans un univers de machines. Narutotep les observait et guettait leur prise de conscience en jouissant par avance de leur désespoir.
–– Voilà le futur. Pour empêcher que cela arrive il faut que l’Arcane XV s'agrandisse. Il faut que le plus grand nombre d’adeptes nous rejoigne. Les cérémonies vont changer. Je sais ce que j’ai à faire désormais. Et plus tard je recevrai une autre vision, qui m’indiquera comment contrer cette prophétie.
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