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Geneviève Brzustowski (Traducteur)
EAN : 9782746713826
333 pages
Éditeur : Autrement Littératures (13/01/2010)
3.33/5   6 notes
Résumé :
Années 1790-1800 dans la Russie des tsars : entre Moscou, Saint-Pétersbourg et l'Oural règnent les grandes dynasties féodales, maîtres absolus de millions d'hectares, de villages et de serfs. Dans ce décor extrême, va naître une histoire d'amour improbable et interdite entre Nicolas Cheremetiev, héritier emblématique de la caste dominante, première fortune de Russie, et une jeune paysanne de 15 ans, sa serve, Praskovia.
La passion de Nicolas pour la musique, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
ivredelivres
  04 août 2010
C'est dans la Russie de Diderot et de Voltaire que je vous propose de voyager, la Russie impériale, celle de Catherine II.
Ce livre pourrait être un grand roman historique à la Dumas et pourtant l'histoire qu'il raconte est bien réelle et le livre est le fruit du travail d'un historien.
Le 27 Février 1803 un carrosse funèbre parcours les rues de Saint Pétersbourg jusqu' au monastère Alexandre Nevsky. Là est inhumée une jeune femme qui vient de mourir de tuberculose peu après avoir donné je jour à un enfant.
Cet enfant est l'héritier de la famille la plus riche de Russie, son père est Nikolaï Cheremetiev et sa mère dite " La Perle" est née sur le domaine de Kouskovo, dans une isba, son père est l'un des serfs de la famille Cheremetiev.
La Perle nous conte les amours illicites et le mariage secret du Comte Nikolaï Cheremetiev , le plus riche aristocrate de son temps et de Praskovia Kovalyova la plus grande Diva d'opéra de l'époque.
Nikolaï Cheremetiev est né en 1751, quand je vous ai dit qu'il était riche j'étais en dessous de la réalité, la famille Cheremetiev possède 210000 serfs soit l'équivalent de la population de Moscou à l'époque, ses terres s'étendent sur 800 000 hectares. Comparativement à beaucoup de propriétaires sur ses domaines les serfs sont correctement traités, nourris, ne sont pas soumis à des châtiments corporels et peuvent parfois acheter leur liberté.
Parmi leurs propriétés deux domaines magnifiques : Kouskovo et Ostankino près de Moscou.
Son ami d'enfance est le Grand Duc Paul, futur Tsar, lorsqu'il donne une fête au domaine de Kouskovo toute la noblesse russe est là et parfois même l'Impératrice. Il est un des hommes les plus cultivés de sa génération, mais il est plus à l'aise sur son domaine qu'à la cour. Musicien accompli il rêve d'un palais dédié aux arts, sa fortune lui permet de réaliser certains de ces rêve.
Comme d'autres nobles à l'époque, le comte Cheremetiev crée sa propre compagnie de théâtre, une troupe au complet : acteurs et actrices, chanteurs, danseurs et musiciens composé de ses serfs, tous formés dans sa propre école.
Toute la noblesse russe et européenne est invitée à entendre des opéras dans son théâtre. C' est ainsi que Praskovia devint célèbre.
Elle n'avait que sept ans lorsqu'elle fut retirer à sa famille, un couple de serfs vivant sur le domaine, elle fut éduquée, elle appris des langues étrangères, la comédie et le chant pour former une voix prometteuse.
Elle fait ses débuts dans un opéra à l'âge de dix ans.
En Juin 1787 lorsque la Grande Catherine est en visite à Kouskovo elle très émue par La Perle nom de scène de Praskovia, elle lui fit cadeau d'une bague splendide. Célèbre ou pas elle n'en reste pas moi la « propriété » du comte une femme asservie.
Elle devient très jeune la maîtresse de Nikolaï, pratique habituelle bien éloignée d'un sentiment romantique mais la liaison va se transformer en amour véritable.
Il est hors de question pour un noble à l'époque d'épouser une serve, si la liaison est parfaitement admise, le mariage ferait scandale, pendant des années Nikolaï va tergiverser, il craint la réaction de ses amis et plus encore la réaction du Tsar.
Après plusieurs années de liaison, il finit par "libérer" Praskovia, et le 6 novembre 1801 en secret le couple se marie.
Atteinte de tuberculose ce qui l'a contraint à abandonner la scène, Praskovia meurt trois semaines après avoir mis un fils au monde.
C'est seulement dans les dernières semaines que Nikolaï Cheremetiev annonce son mariage et la naissance de son fils.
On ne sait rien des sentiment de Praskovia tout au long des années fautes de traces écrites. Ce que l'on apprend est toujours par la bouche de Nikolaï.
La Perle apporte un éclairage fascinant sur le monde de l'aristocratie russe, l'attitudes des russes envers le servage.
La vie dans la Russie de Catherine la Grande est très bien explorée et l'extraordinaire histoire des théâtres de serfs est à découvrir absolument.
Mais surtout, le livre raconte une magnifique histoire d'amour.
out au long du récit Douglas Smith s'appui sur des documents mais ceux ci sont peu nombreux car une grande partie a sans doute été détruite par la famille Cheremetiev pour effacer la trace de ce mariage, dans bien des cas Douglas Smith émet des hypothèses probables sur le déroulement des évenements.
C'est une lecture passionnante et enrichissante

Avec le temps Praskovia est entrée dans la légende, elle a inspiré des chansons chantées par des millions de paysans à travers la Russie. A la fin du XIXe siècle, tout le monde avait entendu parler de la pauvre jeune fille serve qui avait épousé un riche aristocrate.
Sous le régime soviétique, Praskovia a été transformé en héroïne socialiste, symbole de l'exploitation du peuple.
Il est possible aujourd'hui de retrouver Praskovia en visitant les domaines Cheremetiev de Kouskovo et Ostankino ouverts à la visite, vous pourrez tenter d'apercevoir dans les jardins le fantôme de la Perle tout en récitant les vers qu' Anna Akhmatova lui a dédiés :
Que murmures tu minuit?
Paracha est morte; de toute façon,
La jeune maîtresse du palais.
La galerie reste inachevée
Extravagant cadeau nuptial,
Là où, poussée par Borée,
J'écrit tout cela pour toi
Lien : http://asautsetagambades.hau..
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marieclaude64
  26 avril 2014
26 Février 1803 : Un cortège funèbre traverse lentement les rues de Saint Pétesbourg. La neige et la foule peu nombreuse rendent l'atmosphère encore plus lugubre. Pourtant, c'est la comtesse Praskovia Cheremetieva que l'on enterre. Mais, elle était d'origine serve. Et, la noblesse russe ne peut accepter son mariage .
Ce livre, c'est d'abord une histoire d'amour. le comte Nikolaï Cherementiev qui appartient à une des plus grandes familles nobles et un des hommes les plus riches de son époque a vécu pendant de longues années avec Praskovia, une chanteuse d'opéra remarquable. Son amour est plus fort que les préjugés de sa caste. Peu de temps avant la mort de Praskovia, il l'épouse.
Avec cette histoire , nous entrons dans la société russe de la fin 18ème siècle. La richesse de l'aristocratie, ce sont les serfs. Nikolaï en possède environ 210000 soit à peu près la population de Moscou ou de Saint Pétesbourg. Ces serfs peuvent être assimilés à des esclaves. La majorité sont des paysans misérables. Praskovia a été « enlevée » à sa famille à l'âge de huit pour servir comme domestique. Elle a reçu ainsi une certaine éducation. Sa voix extraordinaire lui permet d'entrer dans la troupe de théâtre des Cheremetiev. Elle devient la Perle. Tous les aristocrates russes, pour distraire leurs invités, font construire des théâtres dans leurs somptueux palais. Ils exerçaient un pouvoir absolu sur leurs artistes serfs. Ceux-ci mènent une vie presque monacale . Grâce à la Perle, le théâtre Cheremetiev est le plus réputé. Mais, le succès de Praskovia est éphémère. Elle meurt à la naissance de son fils Dmitri.
Un livre romanesque : un homme profondément amoureux ose affronter sa société pour faire triompher son amour, une « diva » qui n'oublie pas ses origines et qui se répand en bienfait. Mais, aussi, un livre pour les historiens : la société russe au 18ème siècle. Surtout, un livre pour les amateurs de théâtre et d'opéra : le théâtre de serfs connait son apogée entre 1770 et 1810 et permet la naissance du répertoire russe.
Un voyage dans la Russie du 18ème siècle . Un livre enrichissant.


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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
NeigelineNeigeline   13 avril 2011
Il n'est nul besoin, pour répondre à l'objet de cette lettre dans laquelle je vous confie, mon fils, toutes les circonstances qui, réunies, ont tressé le fil de votre vie, de citer en exemple les événements célèbres du passé, d'en faire usage à l'appui de ma tendre conversation avec vous, car ce qui a été est connu de tous, de même qu'il est notoire que je n'ai qu'un seul et unique héritier, vous. Mais si des rumeurs indiscrètes venaient, une fois votre père tombé dans l'oubli, à déranger votre paix et la pureté de vos sentiments, que cette révélation sincère soit pour vous un baume, une défense contre vos ennemis, un pilier solide de cette union sacrée qui est l'origine de vos jours.
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NeigelineNeigeline   13 avril 2011
Donner des lumières à ceux qu'on retient dans la servitude, c'est les éclairer sur leur malheur.
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