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Michel Chrestien (Traducteur)
ISBN : 2070384624
Éditeur : Gallimard (21/02/1992)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 66 notes)
Résumé :
" Lorsque j'ai commencé à écrire Pnine, j'avais un projet artistique précis : créer un personnage comique, pas séduisant physiquement - grotesque, si vous voulez - et le faire ensuite apparaître, par rapport aux individus soi-disant normaux ", comme, et de loin, le plus humain, le plus important, et, sur un plan moral, le plus séduisant. Quoi qu'il en soit, Pnine n'a vraiment rien du bouffon. Ce que je vous offre, c'est un personnage tout à fait nouveau dans la litt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
  21 novembre 2014
J'ai beaucoup aimé ce roman, par lequel je découvre Nabokov.
Y est décrit la vie de Pnine, professeur d'origine russe, aux allures d'éternel perdant et second rôle, dans une université américaine.
Et ce perdant que sa femme a quitté, qui n'a une charge de cours et ce, uniquement, parce que le titulaire principal lui donne quelques heures et le protège du mieux qu'il peut, arrive à séduire le lecteur.
Une très belle incursion dans l'univers de cet auteur, plus russe qu'américain à mon estime.
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lolo71
  13 mars 2009
Timofeï Pavlovitch Pnine, la cinquantaine, est un savant russe qui enseigne dans une université aux Etats-Unis. Il a immigré en 1940, après un long séjour à Paris où il avait trouvé refuge après la révolution bolchevique. Ce n'est pas pour ses talents de pédagogue qu'il est employé par cette université (il y donne des cours de russe, alors qu'il est titulaire d'un doctorat de sociologie et économie politique), mais plutôt pour son excentricité qui détonne dans le milieu universitaire : « Pnine, cependant, en dépit de ses lacunes très réelles, gardait un charme dont le Dr Hagen son défenseur convaincu, affirmait aux membres du Conseil d'Administration de l'université de Waindell qu'il constituait un de ces précieux articles d'importation pour quoi il valait la peine de payer le prix en devises fortes ». On se moque de lui, on ne le prend pas au sérieux, mais on l'aime, en particulier ses étudiants, « en raison de ses digressions », de ses « bagatelles autobiographiques », de ses « vagabondages nostalgiques en anglais balbutié » . Car Pnine ne maîtrise pas très bien l'anglais non plus.
De plus, il est affublé d'un physique difficile : « Idéalement chauve, bronzé par le soleil et rasé de frais, il commençait de façon plutôt impressionnante par ce vaste dôme brun, ces grosses lunettes à monture d'écaille […], cette lèvre supérieure simiesque, ce cou massif et ce torse d'athlète[…], mais pour se terminer de façon un peu décevante par une paire de jambes maigres… » Si l'on ajoute à cela des attitudes comiques et une tendance certaine à la distraction et à la maladresse, un personnage lunaire et comique prend forme sous nos yeux.
Cependant, Pnine n'est pas qu'un personnage ridicule. Il sait faire preuve de beaucoup de grandeur d'âme. En particulier lorsqu'il accepte d' « adopter » le fils de son ex-femme, qu'elle a eu juste après l'avoir quitté et lui avoir joué un bon tour. Car c'est avant tout un homme bon et sensible, nostalgique de son passé, alors même que la vie ne l'a pas épargné. Erudit et humble, rêveur, débonnaire, déraciné, Pnine est un perpétuel inadapté et un éternel exilé dont la vie semble vouée à l'échec. C'est le genre de type dont on dirait de nos jours, avec ironie, « il est gentil ». Il l'est effectivement, dans la meilleure acception du mot, ce qui le rend, à mes yeux, attachant.
J'ai beaucoup aimé ces pages douce-amères où peu à peu la mélancolie l'emporte. La scène finale est d'ailleurs très émouvante. Même s'il ne s'agit pas, à mon avis, du meilleur livre de Nabokov, j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver son style unique, à la fois érudit et léger.

Lien : http://plaisirsacultiver.unb..
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ileana
  12 novembre 2014
Pourquoi Timofey Pnine est-il le loser le plus séduisant ? Tragicomique, imprévisible, pathétique, jamais caricatural. Il a cette double identité que lui donne l'exil. Il vit dans un monde imaginaire fait de recherches érudites sur les mythes de sa Russie natale tout en restant un inadapté et un sans domicile fixe.
L'écriture est délicieusement sophistiquée. Pour aller plus loin : le recueil d'essais critiques Dans les coulisses du roman, où David Lodge consacre une vingtaine de pages à ce roman et à ses sources d'inspiration. Il pointe quelques ficelles qui font de ce texte une oeuvre postmoderne.
Voilà un petit extrait satirique, cela se passe aux USA sur le campus, p80 :
« Pnine, qui voulait demander quelque chose à son compatriote, s'assit à côté de lui. Ce Oleg Komarov, un fils de Cosaque, était un homme de courte taille à cheveux en brosse. Lui-même et Serafima, sa grande femme cordiale [ ] organisaient de temps à autre des soirées russes, avec hors-d'oeuvre russes et musique de guitare russe, et chants populaires russes plus ou moins authentiques, et c'était l'occasion pour les étudiants préparant un diplôme, timides, d'apprendre les rites d'absorption de la vodka en même temps que d'autres russismes moisis ; après de telles fêtes, quand ils rencontraient Pnine bourru, Serafima et Oleg (elle levant les yeux aux ciel, lui se couvrant les siens de la main) murmuraient comme écrasés par leur propre largesse : Seigneur ! Tout ce que nous leur apportons ! Les « eux » sous-entendus étant les Américains restés dans la nuit de l'ignorance. Seul un autre Russe pouvait comprendre le mélange du réactionnaire et du soviétophile qui caractérisait ce Komarov, pour qui la Russie idéale comprenait l'Armée Rouge, un souverain consacré par l'onction, les fermes collectives, l'anthroposophie, l'Eglise russe et les barrages hydro-électiques. Pnine et Oleg Komarov étaient en état de guerre contenue […] ».
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mdhennin
  05 décembre 2011
Un roman tendre et finement ciselé, en forme de miroir déformant pour Vladimir Nabokov. On sent la nostalgie du pays, la douce critique des exilés russes, inadaptés à la vie américaine. Tout cela au travers de l'histoire touchante, le portrait haut en couleur d'un homme peu banal, pninien en quelque sorte.
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Joualvert
  10 mars 2015
Petit roman de Vladimir Nabokov qui met en scène Pnine, un immigrant d'origine russe professeur dans une université américaine. C'est un personnage attachant, distrait et drôle que son entourage considère pour la plupart comme un semi-raté. Il reçoit un nombre non-négligeable de tuiles au cours de sa vie dont le narrateur nous donne un aperçu. le gros du roman nous montre ses interactions avec le monde universitaire, et l'auteur en profite pour décrire et faire le portrait de celui-ci. L'attrait majeur est l'écriture de V. Nabokov qui est vraiment sensationnelle.
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
DravotDravot   30 octobre 2011
Son existence n'était qu'un long combat livré à des objets déments qui se désagrégeaient ou se ruaient sur lui, ou se refusaient à fonctionner, ou
malignement encore, disparaissaient dès qu'ils pénétraient dans la sphère de son existence. Inapte des deux mains à un degré rare, il ne s'en croyait pas moins remarquablement doué d'adresse et de talent mécanique parce qu'il savait improviser sur le champ une flûte avec une cosse de pois, parce qu'il réussissait dix ricochets au moyen d'un seul caillou plat sur la surface d'une mare, qu'il faisait avec ses doigts un lapin en ombres chinoises (oeil compris), et qu'il connaissait plusieurs autres de ces trucs que les Russes ont dans leur sac à malice.
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JoualvertJoualvert   07 mars 2015
Puis, pendant quelques jours, il se trouva en deuil d'une part intime de lui-même. Il était surpris de constater combien il avait éprouvé d'affection pour ses dents. Sa langue, ce gros phoque lisse, avait fait plouf et glissé avec tant de plaisir parmi les rochers familiers, vérifiant les contours de son empire menacé, mais encore solide, plongé de crique en grotte, grimpé cette arête, scruté cette anfractuosité, attrapant au passage une bribe d'algue marine délectable dans cette même vieille brèche, naguère ; à présent, les repères avaient disparu, il restait une vaste plaie sombre, une terra incognita de muqueuse, que la crainte et le dégoût interdisaient d'explorer. Et quand le râtelier fut posé, ce fut comme si l'on avait serti dans un pauvre crâne fossile les mâchoires ricanantes d'un parfait étranger.
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JoualvertJoualvert   07 mars 2015
(...) il offrait échantillon sur échantillon de ce que ses auditeurs, poliment, supposaient être de l'humour russe. Bientôt, il n'en pouvait plus de tant de comique et des larmes en forme de poires dévalaient le long de ses joues hâlées. Non seulement ses affreuses dents, mais encore une partie étonnamment considérable de la gencive supérieure, faisait un bond comme dans une détente de diable qui sort de sa boîte, et la main de Pnine volait au-devant de sa bouche, cependant que s'agitaient et roulaient ses épaules. (...) on ne résistait pas à sa façon de capituler entièrement devant sa propre gaieté. À présent qu'il n'en pouvait plus, ses étudiants rendaient les armes. C'était Charles qui poussait des aboiements saccadés qui partaient comme un mécanisme à remontage, un flot étincelant d'éclats de rire surprenants de charmes qui transfiguraient Joséphine, à l'ordinaire pas jolie, mais transformant Eileen, qui l'était, en une masse gélatineuse de gigotements disgracieux.
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"Lolita" de Vladimir Nabokov (Alchimie d'un roman, épisode n°18)
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