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Michel Lederer (Traducteur)
EAN : 9782351787748
336 pages
Éditeur : Gallmeister (07/01/2021)
4.13/5   118 notes
Résumé :
"Pas de questions, détends-toi." C'est le nouveau mot d'ordre des humains, obsédés par leur confort et leur tranquillité d'esprit, déchargés de tout travail par les robots. Livres, films et sentiments sont interdits depuis des générations. Hommes et femmes se laissent vivre en ingurgitant les tranquillisants fournis par le gouvernement. Jusqu'au jour où un homme solitaire, Paul, apprend à lire grâce à un vieil enregistrement. Désorienté, il contacte le plus sophisti... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (30) Voir plus Ajouter une critique
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LaBiblidOnee
  15 avril 2021
Malgré son titre évoquant un classique américain, ce roman d'anticipation interroge la possibilité d'un monde sans lecture. Ici, contrairement à Fahrenheit 451, on n'a pas détruit les livres : On a agi sur l'humain, comme dans 1984. Rien qu'en prolongeant les travers actuels de notre société, que pourrions-nous devenir dans les années 2400 ? Un monde où les écrans nous ont vidé la tête, prenant toute la place dans l'enseignement, les loisirs ; un monde où s'installe la primauté des images, qui se poursuivit par la stricte interdiction de la lecture et de l'écriture : symboles du savoir, du questionnement, centres névralgiques du ressenti et des sentiments, de l'ouverture vers les autres. Un monde dont les principes de liberté, égalité, fraternité sont devenus Individualité, Intimité et Tranquillité, empêchant tout regroupement rebelle, comme tout rapprochement entre amis ou amants ; Une natalité en chute, mettant symboliquement l'humanité en péril. Dans ce monde désincarné, la devise est : « pas de question, détendez-vous ». Et il n'y a que cela à faire, puisque les gens ne servent plus à rien tant les robots, d'apparence et de fonctionnalités si humaines pour certains (clonage du cerveau humain, amputé de quelques « fonctionnalités » dangereuses…), font tout à leur place et sont plus… intelligents ? Alors pour nous aider à ne penser à rien - et peut-être, dans un exquis retour d'ironie, faire de nous des robots - on a légalisé les drogues, ces pilules de Sopor achevant littéralement de nous endormir. Est-ce le paradis ou une société de robots, au propre comme au figuré, qui court à sa perte ?

Pour le lecteur la question se pose dès le départ, puisque même le robot semblant chapeauter tout cela regrette que sa programmation l'empêche de se suicider. Pour l'un des héros de ce roman, dressé à ne surtout pas s'interroger, la question s'insinuera plus tard : lorsqu'il tombera sur des vieux films muets, mettant en scène des familles et des gens semblant heureux de vivre, de ressentir des émotions. Enfin, cette question se posera plus ouvertement lorsque ce héros découvrira une vieille vidéo destinée… à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture. Un monde nouveau s'ouvrira alors à lui, empli de questions obsédantes qui le pousseront à explorer bibliothèques et interdits… Grain de sable dans l'engrenage, ce tutoriel fera parler les films muets, boîtes noires d'un bonheur d'antan qui ne demande qu'à renaître de ses cendres. le héros déchiffrera aussi les textes fondateurs des sociétés passées, même s'il constatera (comme dans 1984) que L Histoire a été réécrite avant d'avoir été oubliée. Face à ce naufrage de l'humanité et de notre civilisation, il suffirait pourtant d'une arche télépathique, d'un Noé des temps modernes et d'une nouvelle Eve, prête à croquer les fruits défendus d'une ancienne civilisation redécouverte, pour nous sauver tous… Sauf à être « détectés » avant, et neutralisés.

Au début, j'ai cru à un 5 étoiles. Dommage que ma lecture ait connu un coup de mou durant tout le dernier tiers du roman, exactement comme dans Ravage, de Barjavel. Quand les romans actuels portent sur une société Instagrammable ou sur les enfants rois de Youtube, la réédition de cette dystopie oubliée semble providentielle. Décrivant une population sans contact avec autre chose que les écrans, l'auteur, qui écrivait dans les années 1980, était visionnaire. Il pousse à l'extrême les dérives sous-jacentes de notre société et interroge : Qu'y a-t-il au bout de notre logique d'individualisme et de technologie à outrance ? J'ai peu d'expérience en la matière mais je trouve que son texte a bien vieilli. Il est effrayant de découvrir ce que pourrait devenir notre futur... Des gens qui ne lisent plus pour ne rien ressentir, ne pas s'interroger, ne rien vouloir savoir et s'abrutir d'images. Si tout le texte possède une forte valeur symbolique, la parabole finale, de toute beauté, en fait une jolie fable. Symbolique mais pas simpliste, dans la mesure où le lecteur ressent des sentiments ambivalents pour ces robots que l'on nous rend attachants. Signe que l'humanité finit toujours par (re)prendre le dessus sur les machines. C'est du moins ce que l'on voudrait croire. Cette lecture invite en tous cas à redonner à l'humain la place centrale dans le contrôle de sa vie.

(A voix haute) : Hey, Google, publie cette critique sur mon compte babélio !
S'il te plaît.
Hey Google, non finalement laisse, je vais le faire moi-même...
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kateginger63
  24 février 2021
Une dystopie où la connaissance est au coeur de la réflexion
*
Si c'est ça que deviendra notre futur, alors je ne veux pas en être.
C'est la phrase que j'ai retenu à la fin de cette dystopie qui fait "froid dans le dos".
Imaginez un monde sans livre. (pour les lecteurs, c'est un cauchemar, vous le savez aussi bien que moi, vous, qui lisez ces quelques lignes).
Il était une fois, l'Homme, dans une époque lointaine (quelques siècles) qui ne se pose plus de questions. A l'abri des émotions, vivant dans un monde rempli de robots. Dans un New York vide et stérile.
Est-il heureux? Oui, puisqu'il n'a plus de réflexions, plus d'angoisses, plus rien. Il se gave de drogues soporifiques, de télé synthétique et se laisse dorloter par des androides bienveillants.
*
Mais alors, me direz-vous, quelle est l'intrigue? Si personne ne se remue dans cette métropole abandonnée?
Il y a bien un humain, Paul, qui par un hasard, a réussi à sortir de ce coma cotonneux et à apprendre à lire.
Branle-bas de combat, un robot, Spofforth, d'une classe supérieure (voulant mourir mais étant incapable car programmé pour durer indéfiniment) réagit à cette onde de choc.
*
Injustement méconnue, cette oeuvre écrite dans les années 80 (l'âge d'or de la SF) a placé les curseurs très haut. Une lecture profondément humaniste qui s'attache aux sentiments, aux ressentis, aux pensées des protagonistes.
Le livre est au coeur du récit et il apporte cet espoir à cette communauté déshumanisée à l'extrême.
La rédemption est possible avec Mary Lou, une humaine dotée d'une lucidité rafraichissante. Redémarrer sainement le monde? oui, à condition que Spofforth le veuille encore.
*
Cette lecture, quoique glaçante et anxiogène a quand même eu sa part de réflexion quant à notre actualité. Les limites de la modernisation, l'égoisme et l'individualisme à son apogée, la tiédeur de l'apprentissage, des rapports humains peut-être limités.
*
Un roman , bien que "vieillot dans sa construction, m'a happé dès les premières pages. Il n'est pas aussi noir que certaines autres dystopies. Il a même ce côté suranné et mélancolique comme je les aime.
Il deviendra un "classique"
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gruz
  17 février 2021
Walter Tevis est injustement méconnu en France. Pourtant, des millions de francophones connaissent ses histoires sans le savoir. Je ne m'attarde que rarement sur le parcours d'un écrivain, mais celui-ci vaut le détour.
Son premier roman, L'Arnaqueur (1959), est porté à l'écran par Robert Rossen, avec Paul Newman. La Couleur de l'argent (1984), sa suite, est adaptée par Martin Scorsese. La série tirée de le Jeu de la Dame par Netflix a rencontré récemment un succès phénoménal.
Sept romans seulement (il est mort en 1984 à seulement 56 ans), dans des domaines variés, du roman noir à la SF. Comme L'Homme tombé du ciel, porté au cinéma avec David Bowie. Et puis, ce formidable L'oiseau moqueur, republié en 2021 par Gallmeister (via Totem, sa collection poche), sorti initialement en 1980 sous le titre L'Oiseau d'Amérique.
Le monde dans un siècle et quelques, les humains se sont reposés sur les machines au point de tomber dans une sorte d'oisiveté et en perdre tout ce qui constituait réellement leur humanité. Abreuvés de tranquillisants, sans occupations véritables. Jusqu'à avoir oublié la capacité de lire et même ce qu'est un livre (tous deux devenus interdits, par des machines humanoïdes qui ont pris le contrôle de la planète). « Pas de questions, détends-toi », la devise qu'on leur fait ingurgiter dès le plus jeune âge. Enfin, à ceux restants, puisque la natalité est à son plus bas.
Spofforth est un protagoniste étonnant. le robot ultime, a qui on a « injecté » le cerveau de son concepteur, y nettoyant au préalable ce qui devait être parasite. On peut dire qu'il a donc ce qui se rapproche d'une âme. Et ça le rend dépressif depuis des décennies…
Voilà tout ce que j'aime dans la science-fiction ! Celle qui est profondément humaniste, celle qui parle avant tout des relations et des sentiments, celle qui pousse les curseurs pour imaginer ce qui pourrait advenir si on continue dans une voie déshumanisée. N'oublions pas que ce livre a été écrit en 1980 !
Alors, même si l'histoire a un peu vieilli concernant certains concepts (liés aux nouvelles technologies), le reste est formidablement inventif, et nous parle à tous, qu'on pense aimer ce genre littéraire ou non. le passé nous instruit, imaginer le futur nous éclaire. Et l'auteur a une capacité étonnante à se figurer l'homme et ses pensées.
Même si l'avenir dessiné est sombre, on n'est tout de même pas dans un récit post-apocalyptique. Oui, des guerres ont poussé l'Homme à passer la main aux machines et à arrêter de trop penser, de trop ressentir. Mais c'est aussi un récit d'espoir, à travers un homme qui apprend à lire seul et une femme qui refuse le système (et d'avaler la pilule, au sens propre comme au figuré). Avec le robot Spofforth qui gouverne tout, ce sont des boules d'émotions et de sentiments réinventés, profondément touchants.
Je ne suis pas le seul à avoir pensé, par certains côtés, au roman de Daniel Keyes, Des Fleurs pour Algernon, par son coté apprentissage.
Suivre Paul est autant un voyage intimiste que ludique, parce que l'écrivain ne perd jamais de vue l'aspect divertissant, combiné aux « messages » jamais pontifiants.
Ce futur parle de nous, maintenant. de cette perte de concentration envers l'essentiel. Pour se décharger sur le futile.
Et quelle belle idée que de mettre le pouvoir des livres au centre de la possible rédemption ! Ces livres morts qui ressuscitent et qui racontent. Qui amènent à réfléchir.
Ce roman se veut un cri d'alerte sur le lent déclin de nos sociétés (le principe de la grenouille plongée dans l'eau froide qu'on réchauffe lentement…). Une matière à réflexion doublée d'une belle intrigue divertissante.
L'auteur nous raconte ce que peut donner l'individualisme poussé à l'extrême, où la vie intime a perdu sens. Un regard qui décrit vers quoi on tend.
L'oiseau moqueur est un roman visionnaire, aussi mélancolique que touchant. Un beau roman à lire par tous, sorte de conte parfois désenchanté mais aussi plein d'espoir. Une aventure humaine forte, menée par un conteur hors pair. Walter Tevis, près de quarante ans après sa mort, mérite vraiment qu'on le redécouvre.
Lien : https://gruznamur.com/2021/0..
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Bazart
  26 février 2021
L'oiseau moqueur de Walter Tevis est une réédition d'un roman publié pour la première fois en 1980, ici proposée par les incontournables Gallmeister dans une nouvelle traduction qui met profondément en valeur ce livre un peu trop oublié (à ne pas confondre avec Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur d'Harper Lee) .

Le roman démarre des centaines d'années après notre civilisation. La littérature et les films ont disparu, et avec eux, l'espoir, l'évasion, l'humanité.
Les humains n'ont plus qu'un seul but : se détendre, à grands coups de tranquillisants.
Seuls les robots assurent un minimum de travail. Dans cette ambiance de fin d'humanité, Paul Bentley va trouver un enregistrement qui va lui permettre d'apprendre à lire ...
L'oiseau moqueur atteint largement sa cible, et reste profondément visionnaire, même 40 ans après sa parution.
C'est assez fascinant de voir un monde sans livres et où personne ne sait lire et fascinant également de suivre l'histoire de Paul Bentley qui va refaire tout cet apprentissage, en découvrant peu à peu l'histoire de l'humanité qui avait été oubliée.
Une dystopie particulièrement efficace qui fait l'éloge de la lecture comme moyen essentiel à l'élaboration d'un esprit critique, forcément, cela nous touche profondément.
Un roman presque aussi puissant et visionnaire qu'un 1984 d'Orwell.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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EssyMix
  09 juillet 2021
Walter Tevis est particulièrement connu depuis le succès de la série le jeu de la Dame sur Netflix puisque c'est celui-ci qui a écrit le roman sur lequel se base la série. Nous parlons ici d'un autre de ses romans, à savoir L'Oiseau moqueur, roman d'anticipation dystopique publié en 1980, que j'ai acheté aux éditions Gallmeister avec une magnifique couverture comme d'habitude !
J'ai relu récemment quelques romans de science-fiction classiques tels que Je suis une légende, le meilleur des mondes, Des fleurs pour Algernon, et j'ai encore en stock 1984 ainsi que Fahrenheit 451 (si vous avez d'autres idées, je suis preneur !). Moins connu, l'Oiseau moqueur rentre parfaitement dans cette catégorie.
L'histoire se concentre sur trois personnages. le personnage principal est Paul Bentley, un humain qui découvre un art totalement oublié dans ce monde : la lecture. Par la même occasion, il apprend aussi l'écriture, et va rédiger son journal quotidien, que nous lisons. Ensuite, nous trouvons Mary Lou, jeune femme que Paul va rencontrer lors d'une balade dans New York et à qui il fera part de ses découvertes. Enfin, Robert Spofforth est un robot, le dernier de sa classe 9, le plus intelligent des robots jamais construits.
L'histoire se déroule en 2450 environ, dans un monde dirigé par les robots, où les humains ne sont plus que des êtres vieillissants, drogués, isolés qui s'immolent par groupes en pleine rue. Toute l'humanité est gérée par des robots, très souvent en panne, ce qui fait que tout ne tourne plus très rond sur Terre. J'ai souvent eu en tête la scène du film Wall-E dans laquelle on voit les humains devenus obèses et incapables de se déplacer seuls. Au fur et à mesure de l'histoire, Paul va se rendre compte de l'état de l'humanité et découvrir tout ce qu'elle a perdu, en faisant attention aux obstacles que Robert va lui lancer.
J'ai dévoré L'Oiseau Moqueur en deux jours, voulant découvrir ce que l'humanité était devenue et comment Paul allait survivre dans ce monde hostile. Je me suis posé de nombreuses questions au cours de ma lecture. Il est évident que même si l'histoire est née dans l'imagination d'un auteur des années 80, tout ceci est très plausible. Je me demande ce que Walter Tevis écrirait aujourd'hui, à l'époque des réseaux sociaux, des portables, des intelligences artificielles, des GAFAM, etc. Que reste-t-il à l'humanité si tous les aspects de notre vie sont de plus en plus gérés par des IA ? Va-t-on arrêter de lire et d'écrire pour seulement swiper sur notre flux Insta ?
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Olivia-AOlivia-A   11 décembre 2020
Mais plus que tout, je le sais maintenant, rien n'aurait été possible si je n'avais pas eu le courage d'accepter et d'analyser les sentiments qui sont nés lentement en moi, d'abord dans l'ancienne bibliothèque à la projection de ces images émotionnellement si riches, puis à la lecture des poèmes, des romans, des livres d'histoire, des biographies et des ouvrages de bricolage que j'ai trouvés plus tard. Ce sont tous ces livres, même les plus ennuyeux et les plus hermétiques, qui m'ont aidé à comprendre ce que cela signifiait d'être un être humain. Et j'ai aussi appris, à travers le sentiment de sidération que j'éprouve parfois quand j'ai l'impression d'entrer en contact avec l'esprit d'une personne morte depuis longtemps, que je n'étais pas seul sur cette terre. D'autres ont ressenti ce que je ressens, ceux qui, à certaines époques, ont réussi à dire l'indicible.
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Olivia-AOlivia-A   11 décembre 2020
Pourquoi ne nous parlons-nous pas ? Pourquoi ne nous blottissons-nous pas les uns contre les autres pour nous protéger du vent glacial qui balaye les rues désertes ? Autrefois, il y a très longtemps, il existait des téléphones privés à New York. Les gens se parlaient alors, peut-être à distance, de façon étrange, avec des voix rendues ténues et artificielles par l'électronique, mais ils se parlaient. Des prix des produits alimentaires, des élections présidentielles, du comportement sexuel de leurs enfants, de leur peur de la météo et de leur peur de la mort. Et ils lisaient, ils écoutaient les voix des vivants et des morts leur parler dans un silence plein d'éloquence, connectés à cette rumeur du discours humain qui devait s'enfler dans leur esprit pour dire : Je suis humain. Je parle. J'écoute. Je lis.
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Olivia-AOlivia-A   11 décembre 2020
La pièce était immense et il y avait des livres partout.
On ne voyait même pas les murs tant les étagères étaient bourrées de livres. Il y avait des piles de livres au milieu de la pièce, le long des murs, devant les rayonnages. Il y en avait de toutes les couleurs et de toutes les tailles.
Je restai figé, ne sachant que dire ou que faire. Je ressentais quelque chose de comparable à ce que j'avais déjà ressenti devant certains films : l'impression de me trouver face à de grandes vagues de sentiments éprouvés jadis par des gens aujourd'hui disparus et qui comprenaient des choses que je ne comprenais pas.
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florence0805florence0805   07 juin 2021
Mais c'est terrible, pensai-je. Tous ces mensonges ! Et j'étais physiquement malade maintenant que je comprenais, malade de revoir l'enfant que j'étais, bouche bée, stupide, devant l'écran de télévision, malade de repenser aux robots professeurs qui nous enseignaient en classe que "le développement intérieur" était le but ultime de la vie, que "Sexe vite fait, sexe bien fait", que la seule réalité était celle de notre conscience et qu'elle pouvait être modifiée par des produits chimiques. Ce que je voulais, ce que je désirais, ce que j'avais toujours désiré, c'était être aimé. Et aimer. Et ce mot, on ne m'avait même pas appris qu'il existait.
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Olivia-AOlivia-A   11 décembre 2020
Je voulais aimer ce vieil homme qui agonisait dans son lit, le chien couché à ses pieds. Je voulais aimer et donner à manger ce cheval épuisé dont les oreilles pointaient à travers un chapeau de paille. Je voulais être avec ces hommes, le soir, devant les chopes de bière, assis en tricot de corps dans une vieille taverne, et je voulais sentir l'odeur de la bière et des corps dans cette salle paisible remplie de formes et de choses humaines. Je voulais entendre le murmure de leurs voix et je voulais entendre ma voix se mêler aux leurs dans le crépuscule. Je voulais être pleinement conscient de la réalité de mon propre corps dans l'espace de cette pièce, avec mon grain de beauté au poignet gauche, avec les muscles plats de mon ventre et mes dents saines et solides plantées dans mes mâchoires.
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Vidéo de Walter Tevis
| LES LIVRES PAR LEURS TRADUCTEURS |#2 Rencontre avec Jacques Mailhos Pour sa traduction de
LE JEU DE LA DAME de Walter Tevis
/// RÉSUMÉ
Kentucky, 1957. Apres la mort de sa mere, Beth Harmon, neuf ans, est placee dans un orphelinat ou l'on donne aux enfants de mysterieuses ”vitamines” censees les apaiser. Elle y fait la connaissance d'un vieux gardien passionne d'echecs qui lui en apprend les regles. Beth commence alors a gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond ou les pieces se bousculent a un rythme effrene. Plus rien n'arretera l'enfant prodige pour conquerir le monde des echecs et devenir une championne. Mais, si Beth predit sans faute les mouvements sur l'echiquier, son obsession et son addiction la feront trebucher plus d'une fois dans la vie reelle.
11/03/2021 |Les éditions Gallmeister
/////// Cette série d'entretiens est réalisée par les étudiants en Master 2 de création littéraire de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines dans le cadre de leur stage au festival vo-vf.
:::: LE PROGRAMME COMPLET de la série : https://www.festivalvo-vf.com/les-livres-par-les-traducteurs/
© FESTIVAL VOVF 2021 www.festivalvo-vf.com
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