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Isabelle Gugnon (Traducteur)
EAN : 9782020985024
208 pages
Éditeur : Seuil (14/04/2011)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Un écrivain colombien est le témoin involontaire d'un drame familial qui le marquera à jamais. Après avoir passé la nuit avec une inconnue, un chasseur comprend qu'il lui faut à tout prix sauver son mariage. Un homme se suicide au cours d'une partie de chasse et son fantôme brise la vie d'un couple qui se croyait heureux. Une femme ayant perdu sa fille s'efforce de croire encore à l'amour, même s'il n'est qu'une illusion.
A Paris et dans les Ardennes belges,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Sachenka
  02 avril 2019
Quand j'ai emprunté à la bibliothèque le livre Les amants de la Toussaint, de l'écrivian colombien Juan Gabriel Vasquez, j'ai eu droit à trois surprises. La première, il s'agit d'un recueil de nouvelles. La deuxième, toutes les histoires se déroulent non pas en Colombie mais dans une région comprise entre la Belgique et le nord-est de la France. La troisième, j'ai adoré le style de l'auteur. Pourtant, j'avais déjà lu un ou deux autres trucs de Vasquez et, sans avoir détesté, ça ne m'avait pas particulièrement interpelé. D'où l'importance de donner une autre chance.
Pourtant, dans les sept nouvelles qui composent Les amants de la Toussaint, rien de si extraordinaire. On y présente des personnages à la croisé des chemins, que ce soit une rupture, un voyage, une rencontre, bref, rien de très dramatique. D'ailleurs, en écrivant ces lignes, j'éprouve de la difficulté à me remémorer les histoires. C'est que, ces histoires, elles sont simples et anodines, elles pourraient arriver à n'importe qui, à tout un chacun. Il y a bien une vague tristesse (ou mélancolie ou nostalgie) qui émane de l'ensemble et j'y étais sensible.
Aussi, c'est que, dans ce recueil, c'est l'atmosphère qui a réussi à me tenir accroché. Ces paysages des Ardennes, nuageux, grisâtres, pluvieux ou brumeux. J'aime bien quand les éléments se mettent de la partie. Pareillement pour les animaux, ils apportent une touche de réalisme. Je ne peux l'expliquer mieux. Ajoutez à cela des activités peu usuelles, par exemple, un couple sur le bord de la rupture qui va à la chasse. Mais il ne s'agit pas roman policier, n'allez pas vous imaginer un crime crapuleux. Plutôt quelque chose qui semble décalé, créant un malaise.
Pour continuer sur la même lancée, ce qui m'a également marqué, ce sont les gestes des personnages, un tic, le non dit, un regard, une parole à moitié prononcée ou bien qui en cache une autre. Ou bien des dialogues de sourds.
« - En fait, on aurait très bien pu le trouver, a déclaré Michelle, qui m'avait rejoint. » (p. 38) Elle parle du faisan atteint à la chasse, qui est tombé dans les fleurs et que les chiens n'ont pas retrouvé. Elle se l'imagine blessé, mourant dans d'atroces souffrances. Quand son conjoint se justifie, elle s'emporte. « - Tu es cruel. Ça ne tourne pas très rond dans ta tête. » Las, le conjoint retourne sur le sentier de chasse mais Michelle s'inquiète. « Tu vas revenir ? » Ces phrases, et d'autres encore, laissent deviner une dynamique de couple étrange.
Ces éléments et d'autres me donnent l'impression que le style de l'auteur a des qualités cinématographiques. Ses mots sont comme une caméra qui saisit des éléments du décor, la physionomie des personnages, ils s'y arrêtent un instant afin de donner le ton, de permettre au lecteur de s'imprégner de l'atmosphère puis ils continuent leur chemin. Ainsi donc, pas de longues descriptions, seulement quelques indications qui sont autant le fruit de la narration que du point de vue des différents personnages impliqués dans la scène.
« Les tons violet et fuschia dominaient dans la chambre. La courtepointe était d'un prune impudique, l'encadrement du lit ausis rose que la crème d'un gâteau. Tout près, un miroir trois-quarts renvoya à Oliveira l'image d'un homme moins jeune qu'il ne l'était. » (p. 160) Avec si peu, on en sait déjà beaucoup, et l'histoire se poursuit.
Bref, Les amants de la Toussaint est un recueil de nouvelles toutes en impressions, en regrets, en secrets, en espoirs. Toutefois, à lire tranquillement. Moi, j'en ai étalé la lecture sur une semaine, une histoire par jour.
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LecturesdeVoyage
  22 février 2017
Les écrivains « locaux » sont-ils les mieux placés pour parler de leur pays, de leur région ou de leur ville ? Bonne question que Juan Gabriel Vásquez m'offre l'occasion d'approfondir. Né à Bogota, il a passé en 1999, à l'âge de 26 ans, une année en Belgique et a publié un recueil de nouvelles intitulé « Les amants de la Toussaint (Los Amantes de Todos los Santos) » dont la majorité se passe dans les Ardennes belges. C'est une région que je connais relativement bien et j'étais donc curieux de voir comment elle apparaissait sous l'oeil d'un jeune auteur colombien.
Plusieurs nouvelles du recueil ont comme décor la vallée de l'Ourthe, au sud de Liège. Elles se déroulent dans un milieu rural aisé, amateur de chasse. Les hommes se retrouvent dans les brumes de l'automne pour le rond matinal au départ de la battue. Les rituels semblent immuables, les familles sont liées depuis des générations.
Dans ce monde plein de traditions, mais parfois rude, Vásquez décrit avec un oeil très précis les gestes, les objets et les ambiances : un verre de porto servi, un lièvre que l'on dépiaute, un Browning que l'on charge. L'autorité dans la voix d'un chef de famille qui ne souffre pas d'être contesté. Son regard aigu lui permet aussi de percer, au-delà des non-dits et des bienséances échangées entre voisins, les rancoeurs, les secrets et les trahisons. Accidents déguisés, maris trompés, suicides ou meurtres : les vertes vallées ardennaises cachent de nombreux drames sous le couvert feutré de leurs forêts et derrière leurs imposantes demeures de pierre grise.

Lien : http://www.lecturesdevoyage...
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SachenkaSachenka   31 mars 2019
La mort d'un animal nous ébranle toujours, sans doute parce qu'elle nous semble plus injuste, se dit-il.
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missmolko1missmolko1   18 décembre 2016
Personne ne comprenait pourquoi on ne la découvrait jamais au même endroit dans l’immense maison ni pour quelle raison elle passait ses étés à vagabonder sur les trois hectares de terrain, comme un chat qui urine pour marquer son territoire.
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missmolko1missmolko1   18 décembre 2016
Au bout de quelques secondes, le téléphone a cessé, un peu comme une truite agonisant sur la berge.
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Juan Gabriel Vàsquez - Le corps des ruines
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