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Annie Morvan (Traducteur)
EAN : 9782246498711
248 pages
Grasset (26/01/1995)
3.85/5   414 notes
Résumé :

En 1942, au cours de travaux dans un couvent d'Amérique latine, sont mis au jour les restes d'une adolescente, Sierva Maria de Todos Los Angeles. Sa splendide chevelure mesure vingt-deux mètres de long...

Le romancier du Général dans son labyrinthe aurait-il tiré cette étrange découverte de sa flamboyante imagination ? Réelle ou fictive, en tout cas, elle est le point de départ d'une singulière histoire d'amour, dans le cadre joyeux, coloré, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
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sur 414 notes
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Bruidelo
  20 octobre 2021
La magie Marquez a moins bien opéré pour moi malgré l'amour, malgré les autres démons, malgré l'imaginaire débridé qui nous dresse une galerie de portraits assez stupéfiants. Il y a du foutraque, du grotesque, on sourit, on grimace, devant Bernarda Cabrera, dont le corps de sirène s'est détérioré au point de n'être plus qu'«une bouffissure cireuse pareille à celui d'un mort à son troisième jour», lâchant «des ventosités explosives et pestilentielles qui effrayaient les molosses». Ou face à son dégénéré de mari, le marquis de Casalduero, dont personne ne sait comment il en est arrivé à un tel état de délabrement, vivant «dans l'épouvante d'être vivant».
Malgré aussi l'atmosphère de saisissante décadence de la maison du Marquis, qui fut jadis l'orgueil de la ville, maintenant en ruine, lugubre, saturée «d'un oppressant remugle d'inertie et de ténèbres». Et pour mettre plus d'ambiance encore, jouxtant un asile de folles qui entonnent des chansons grivoises et applaudissent à tout rompre quand il fait l'amour.
Je n'ai pas été envoûté, emportée, je suis restée à regarder ça d'un peu loin, sans frémir.
«Un jour, elle lui demanda s'il était vrai, comme le disait les chansons, que l'amour pouvait tout. C'est vrai, lui répondit-il, mais tu ferais mieux de ne pas le croire.»
Et bien, je n'y ai pas trop cru, je ne m'y suis pas bien projetée dans cette histoire d'amour entre la petite marquise et son exorciste, certes extraordinaire, mais qui a été loin de me fournir la dose d'émotions que j'en escomptais.
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Ambages
  05 décembre 2015
- Alors, qu'en as-tu pensé de ce roman ?
- Pour être honnête, je ne sais pas trop. J'ai été dépaysée. Entre les cocottes en papier qui tombent du ciel, le chien avec un croissant de lune sur la tête et les flatulences de Bernarda... j'oubliais aussi le médecin féru de latin, le curé qui aime une petite de douze ans, dont les parents n'ont que faire, et le marquis qui sèche sous une tombée de fleurs d'oranger, avoue que ça change de ce que je lis habituellement ! Tout était bizarre. Tiens, un extrait :
« Un jour, elle lui demanda s'il était vrai, comme le disait les chansons, que l'amour pouvait tout. C'est vrai, lui répondit-il, mais tu ferais mieux de ne pas le croire. »
Alors ? Avoue que c'est pas banal..
- Mais t'as aimé ou pas ? A te lire, on doute ?
- Je me suis laissée entraîner dans cette histoire avec plaisir. le décor, l'ambiance, les personnages, tout m'a plu et j'ai passé un très bon moment. Finalement, n'est-ce pas le plus important ?
« Les idées n'appartiennent à personne, dit-il. Puis de l'index, il dessina dans l'air une série de cercles continus et conclut : elles virent et voltent, comme les anges. »
Voilà, tu saisis ? C'est ce qui m'a plu dans ce roman. Sa beauté étrange.
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Myriam3
  11 décembre 2021
D'abord enthousiasmé par ce style propre à Garcia Marquez, foisonnant, exotique, j'ai vite déchanté et j'ai fini ce court roman en traînant la patte... Je n'ai ni vraiment saisi ni vraiment été intéressée par les différents regards portés par ces protagonistes du XVIIIème siècle sur le mal qui avait atteint Sierva Maria. Cette encore petite fille de 12 ans, délaissée par une mère débauchée et un père lassé et peureux, grandit auprès des domestiques indigènes, apprend à la fois leur langue et leur religion, et grandit comme une païenne dans une société dominée par la religion.
Lorsqu'elle est mordue par un chien enragé, ce qui est assez commun à cette époque, son père prend soudain conscience d'elle et la mène auprès d'un évêque, regrettant assez vite son action quand il la voit être enfermée en attendant son exorcisme.
Sans aucun doute le propos de l'auteur nobelisé est la dualité existante en Colombie entre le paganisme, les croyances ancestrales et le catholicisme, ici en son paroxysme avec l'Inquisition. Mais j'ai trouvé ce roman, bien que court, assez foutraque dans son déroulement et l'histoire d'amour exposée en quatrième de couverture plutôt sordide et sans grand intérêt. le seul que j'aurais envie de défendre, ici, serait à la limite le père de cette jeune fille à la longue chevelure dorée dont on identifiera le cadavre grâce à ça des siècles plus tard. le marquis, bien qu'il prenne la mauvaise décision, est finalement le seul à avoir des scrupules et à agir, après avoir été victime de machinations contre lui.
Bref, une tache pour moi dans l'oeuvre de l'auteur de très beaux romans par ailleurs.
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ladesiderienne
  11 mai 2014
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (13/15)
Encore un auteur que ce challenge m'aura permis de découvrir, malheureusement, le charme de son écriture tant vanté dans les nombreux avis de Babelio n'a pas opéré sur moi. Je suis restée totalement hermétique à cette histoire soi-disant passionnelle sous fond d'Inquisition. Amour ? Sûrement pas filial puisque les parents (une mère folle, un père démissionnaire) appliquent à leur fillette le principe suivant : "qui veut noyer son chien l'accuse de la rage". Passion ? Entre une enfant de 12 ans et un prêtre de 36 ans, sous d'autres cieux et en d'autres temps, on aurait appelé cela de la pédophilie. Mais, comme il est dit sur la quatrième de couverture, c'est sans nul doute " l'univers fantastique et rebelle du grand écrivain colombien", qui m'a échappé. Autre reproche, l'histoire est totalement résumée sur cette dernière page, ce qui nuit à la découverte de toute surprise en cours de lecture. 5/20
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hannah851
  25 mars 2016
Au milieu du XVIIIème siècle, à Carthagène des Indes, la jeune Sierva Maria de Todos los Angeles, grandit dans la plus totale indifférence de ses parents, le marquis de Casalduero et de Bernarda Cabrera. Et pour cause, elle n'est pas désirée: fruit du viol de son père par sa mère. Privée d'amour, elle élevée par les esclaves parlant leurs dialectes, se pliant à leurs rites et dormant avec eux. Cependant, tout change lorsqu'elle est mordue par un chien au marché et que le marquis l'apprend. Il faut dire que dans les croyances contemporaines, les chiens sont porteurs de rage et la mort attend souvent les malheureux mordus. Or, Sierva semble avoir survécu. le marquis conscient du miracle sort alors de sa léthargie dans laquelle il s'est installé depuis des années pour l'éduquer et lui offrir l'enfance auquel elle a droit. Mais quelques temps après, Sierva est touchée par un accès de fièvre et le marquis cède aux croyances populaires. Elle est alors à la merci de tous les prétendus médecins et guérisseurs que comptent la ville et qui n'hésitent pas à charcuter son corps pour la soigner. Ses réactions de douleurs sont interprétées comme des actes de folie et de possession. Perdu, le marquis cède aux conseils de l'évêque et la fait enfermer au couvent de Santa Clara. Maltraitée par les soeurs clarisses qui voit en elle un démon, elle ne doit l'amélioration de sa captivité qu'à son exorciste le père Cayetano Delaura. Leur relation se transforme au fil du temps en passion amoureuse rapidement destructive et maudite pour les amants.
Dans ce roman, l'auteur mélange avec habileté et ingéniosité l'histoire et la légende en ancrant le récit dans une ville coloniale en décadence où les populations indigènes sont le véhicule du fantastique, du mysticisme et de l'érotisme. Il aborde également plusieurs thèmes comme la lâcheté du marquis, l'oisiveté de la mère source de tous les vices, les croyances et superstitions religieuses, les inégalités sociales et l'incompréhension entre les esclaves et l'aristocratie créole mais surtout la pratique aveugle de l'exorcisme par la religion catholique qui fait une victime innocente de plus, en la personne de Sierva Maria. En effet, cette jeune marquise choque l'aristocratie locale et les autorités religieuses car elle ne rentre pas dans les codes sociaux de l'époque: menteuse, parlant des dialectes incompréhensibles, se déchainant... Elle ne peut qu'être la manifestation du démon. Personne ne pense à la possibilité que son éducation par les esclaves soit une clé de son attitude hormis le père Tomas de Aquino de Narvaez qui meurt étrangement noyé dans un puits après avoir vu Sierva Maria. Gabriel Garcia Marquez pose aussi un certain nombre de questions théologiques notamment sur l'amour et la foi. Cayetano est le porte-parole de la philosophie de l'auteur puisqu'il cède à l'amour pour comprendre et aider Sierva Maria en ne suivant pas aveuglément ce que lui commande la foi.
C'est un roman marquant emplie d'une écriture poétique, fait de longues descriptions entrecoupées par des dialogues où chaque personnage prend la parole pour exprimer ses sentiments face aux événements.
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Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
LydiaBLydiaB   01 juillet 2010
Un chien couleur de cendre, une lune blanche au front, fit irruption dans les venelles du marché le premier dimanche de décembre, culbuta les éventaires de fritures, renversa les étals des Indiens et les échoppes de la loterie, et dans sa course mordit quatre personnes qui tentaient de lui barrer le chemin. Trois étaient des esclaves noirs, l'autre Sierva María de Todos los Ángeles, fille unique du marquis de Casalduero, venue avec une servante mulâtre acheter une ribambelle de grelots pour la fête d'anniversaire de ses douze ans.
Elles avaient reçu pour instruction de ne pas franchir la Porte des Marchands, mais la servante s'aventura jusqu'au pont-levis du faubourg de Getsemaní, attirée par la cohue du port négrier où l'on vendait à l'encan une cargaison d'esclaves de Guinée. Pendant une semaine, on avait attendu avec inquiétude un bateau de la Compagnie négrière de Cadix, car une inexplicable maladie mortelle s'était déclarée à son bord. Afin de l'occulter, on avait jeté les cadavres à la mer sans les lester. La houle les ramena à la surface et on les retrouva un matin échoués sur la plage, gonflés et défigurés, avec une curieuse coloration violine. Le navire fut ancré hors de la baie par crainte de quelque fulgurante épidémie africaine, puis la preuve fut faite qu'il s'agissait d'un empoisonnement par ingestion de provendes avariées.
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Xav93140Xav93140   17 avril 2020
Des curieux faisaient cercle autour de Judas qui dansait avec qui le payait, et l'on avait dû rétablir l'ordre pour calmer les ardeurs de ses prétendantes. Bernarda lui demanda combien il coûtait. Judas lui répondit, sans interrompre sa danse :
"un demi Real"
Bernarda ôta son masque.
"Je te demande ton prix pour toute la vie", lui dit-elle. Judas vit qu'à visage découvert elle était loin d'être la mendiante qu'elle paraissait.
Il lâcha sa partenaire et s'approcha d'elle en chaloupant comme un matelot, afin qu'elle appréciât son prix.
"Cinq cents pesos d'or", dit-il.
Elle le toisa d'un œil de fin connaisseur. Il était énorme, avec une peau de phoque, un torse ondulé, des hanches étroites, des jambes fuselées et des mains lisses qui démentaient son métier.
Bernarda calcula :
Tu mesures six pieds"
"- et trois pouces", dit-il.
Bernarda lui fit baisser la tête à la hauteur de la sienne afin d'examiner sa dentition, et l'effluve ammoniacal de ses aisselles l'enivra. Les dents étaient toutes là, et bien rangées. "Ton maître doit être fou s'il croit que tu vaux aussi cher qu'un cheval, dit Bernarda.
- Je suis libre et c'est moi qui me vends" répliqua-t-il. Et il paracheva sur un certain ton : "Madame
- Marquise", dit-elle.

(pages 31-32)
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ladesiderienneladesiderienne   11 mai 2014
A une place privilégiée, à côté de l'éternel" Fray Gerundio", il trouva les œuvres complètes de Voltaire en français et une traduction latine des "Lettres Philosophiques".
"Voltaire en latin, c'est presque une hérésie", dit-il pour plaisanter. (...)
- Je vous pose cette question à propos de ce que vous avez dit de Voltaire, dit Abrenuncio. Sa prose est parfaite.
- Et pour nous, la plus cruelle, ajouta Delaura. Dommage qu'elle soit d'un Français.
- Vous dites cela parce que vous êtes espagnol, dit Abrenuncio.
- A mon âge, et après tant de mélanges de sangs, je ne sais plus très bien ce que je suis, dit Delaura. Ni même qui je suis.
- En ces royaumes, nul ne le sait, dit Abrenuncio. Et il faudra sans doute des siècles pour le savoir."
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AmbagesAmbages   04 décembre 2015
« Je voudrais savoir pourquoi vous me témoignez tant d'égards, dit-il.
— Parce que les athées ne peuvent se passer des curés, dit Abrenuncio. Les patients nous confient leur corps mais non leur âme, et pour tenter de l'arracher à Dieu nous faisons le diable.
— Ce n'est guère conforme à vos croyances, dit Cayetano.
— Je ne sais même pas en quoi je crois.
— Le Saint-Office, lui, le sait. »
Contre toute attente, la pique enchanta Abrenuncio.
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YsengrinYsengrin   16 juin 2016
Alors, coupant court à la panique, il se libéra du limon qui l'empêchait de vivre. Il avoua qu'il pensait à elle à chaque instant, que tout ce qu'il mangeait et buvait avait sa saveur, qu'elle était la vie à toute heure et en tout lieu, comme Dieu seul a le droit et le pouvoir de l'être, et que le vœu suprême de son cœur était de mourir avec elle. Il parla comme il avait récité, avec des mots limpides et enflammés, le regard perdu, quand il eut le sentiment que Sierva Maria s'était endormie. Mais elle était éveillée, ses yeux de biche effarouchée posés sur lui. C'est à peine si elle osa lui demander:
-Et maintenant?
-Et maintenant, rien, dit-il. Je voulais que tu le saches.
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