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Claude Couffon (Traducteur)
EAN : 9782253030454
254 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/11/1982)
3.74/5   294 notes
Résumé :
De Gabriel Garcia Marquez, écrivain sud-américain, Prix Nobel de littérature en 1982, on connaît surtout Cent ans de solitude et Chronique d'une mort annoncée. Il faut se lancer dans la lecture de L'Automne du patriarche pour savourer l'écriture flamboyante et caustique de ce romancier hors du commun.

L'Automne du patriarche raconte la vie d'un dictateur sans âge - il aurait entre 107 et 232 ans, personne ne sait plus très bien - qui règne de façon t... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
3,74

sur 294 notes

Allantvers
  27 avril 2021
Avant d'aborder ce Garcia Marquez-là, un peu d'exercice de respiration s'impose : inspirez, expirez lentement. Prenez une grande inspiration...
Et c'est parti, plongez dans le maelstrom ahurissant de ce roman vertigineux, dans l'atmosphère fétide des pièces à l'abandon du palais présidentiel de ce dictateur – patriarche si vieux que l'on a oublié qu'il est déjà mort plusieurs fois. D'ennui, sans doute, même l'exercice de la terreur fini par lasser. Quant au pouvoir, voilà bien longtemps que notre potentat fantoche en a perdu l'illusion.
Continuez de bien respirer en autonomie car les points et les retours à la ligne se font rares pour poser votre souffle. de virgule en virgule, Garcia Marquez vous emmène, de force mais avec un brio envoûtant et un joyeux irrespect pour la chronologie, dans les méandres d'une existence de pacotille, glissant des derniers jours de délabrement du méchant pantin à l'arrivée au pouvoir orchestrée par d'angéliques puissances extérieures, d'un acte gratuit de brutalité crasse à la razzia sur les trésors nationaux, avec en points d'orgue des scènes hallucinées de vengeance culinaire contre l'ancien bras droit qui a trahi ou le spectacle fantasmatique de la mort de la madre du petit père du peuple. le tout allègrement traversé de vaches, de poules, et de très jeunes demoiselles à la merci de l'ancêtre craint et vénéré.
Ce roman est fou, irréel, totalement improbable, et pourtant laisse une sensation de réalité historique incontestable, tant il réussit le prodige de servir par l'imaginaire un condensé des régimes dictatoriaux que l'Amérique latine a connu au siècle dernier, hissant de ce fait son auteur au plus haut rang des écrivains politiques engagés du continent. Bravo !
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Foxfire
  01 décembre 2020
Difficile de trouver les mots pour parler de ce livre tant il ne ressemble à aucun autre. « L'automne du patriarche » est un roman unique, je n'ai jamais rien lu de tel.
J'avais déjà goûté l'écriture de Garcia Marquez avec le sublime « cent ans de solitude », avec « l'automne du patriarche » l'auteur va encore plus loin dans le travail d'écrivain. le résultat m'a moins touchée que dans « cent ans de solitude » qui m'avait littéralement émerveillée par sa beauté et sa musicalité poétique, ici l'écriture est moins enchanteresse. Mais pas moins brillante. Si le sentiment ressenti à la lecture de « l'automne du patriarche » n'est pas l'émerveillement, il est indéniable que le travail d'écrivain fourni ici force le respect. L'expérience de lecture est unique et laisse une impression étrange. Ces phrases longues de plusieurs pages, alambiquées, changeant de narrateur en cours de route, qui mélangent passé et présent m'ont donné l'impression d'un torrent littéraire qui m'a saisi le cerveau, l'a mâché pour ensuite le recracher. Je suis sortie de cette lecture exsangue mais heureuse d'avoir goûté une telle expérience littéraire.
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pdemweb1
  28 octobre 2014
Gabriel Garcia Marquez est un grand écrivain avec un style truculent.
L'automne du patriarche est une farce. Gabriel Garcia Marquez a du plus subir que moi les dictateurs. et donc c'est très fort de sa part de dénoncer les dictatures par une farce dans un style truculent. Malheureusement, je n'ai pas su m'élever à la hauteur du roman, je n'ai pas pris de plaisir à le lire et je n'ai rien appris sur les dictatures Latino Américaines. J'espère changer mon goût pour l'écriture de Gabriel Garcia Marquez, dans une prochaine lecture.
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jamiK
  14 février 2020
Wouaouh ! Quel bouquin !
Préparez vous à l'apnée littéraire, la jouissance du mot, la schizophrénie de l'écriture, attendez vous à suer, à vous essouffler, à souffrir, à supporter les pires odeurs, ce livre, c'est bien plus qu'un roman. Avez-vous déjà lu un roman où plusieurs personnes parlent à la première personne du singulier dans une même phrase, ne vous attendez pas à un récit linéaire, rigoureux, le temps n'a plus de forme, dans ce roman, le temps incalculable de l'éternité va se terminer car chaque phrase est une éternité. le roman est constitué de six chapitres, un seul paragraphe par chapitre, et parfois une seule phrase… Ouf ! Laissez-moi reprendre ma respiration...
Le récit raconte la vie de ce général improbable, d'un petit pays des Caraïbes, à partir du jour de sa mort (normal, c'est Gabriel Garcia Marquez qui raconte !), jusqu'au jour de sa mort, pratiquement toute l'histoire se passe dans sa résidence, le texte est une longue logorrhée constituée de bribes de témoignages accumulés, on s'embrouille parfois, on s'y perd, et les mots chantent, ont des couleurs, de la lumière, des sons… et tant d'autres vertus au delà de nos sens, les pires horreurs deviennent des merveilles et vice versa. L'écriture de Gabriel Garcia Marquez est unique, fantastique, bariolée, baroque et vulgaire à la fois, lire ce livre est une expérience unique qui va bien plus loin que celle de “Cent ans de solitude”. Il pousse les possibilités des mots au delà des limites, il triture la syntaxe pour en faire quelque chose d'inédit.
C'est une relecture, 35 ans après, il m'avait vraiment impressionné à l'époque, mais j'avais oublié à quel point, il reprend directement la première place sur mon île déserte. Il y a des livres fous, géniaux, il y en a d'autre qui font réfléchir, qui font rêver, qui nous réveillent, qui nous remuent, des livres ou l'écriture et époustouflante, celui-ci est tout cela et bien plus encore.
Quel putain de bouquin !
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blandine5674
  13 août 2020
Comment, en vacances au bord de l'eau, est-il possible de lire un roman d'un grand auteur, où une phrase se prolonge sur un nombre incalculable de pages ? J'abdique à la 122. Manque de concentration ? Je n'y comprends rien. Un dictateur qui vit entre 107 et 232 ans et meurt plusieurs fois. Quelques phrases crues qui font rire.
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Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
jamiKjamiK   13 février 2020
... il avait aboli le supplice barbare de l’écartèlement et avait essayé de le remplacer par la chaise électrique offerte par le commandant des marines pour que nous aussi nous profitions d’un instrument d’exécution plus civilisé, il avait visité dans la forteresse du port le laboratoire des horreurs où l’on choisissait les prisonniers politiques les plus mal en point pour s’entraîner au maniement du trône de la mort dont les décharges absorbaient la totalité de l’électricité urbaine, nous connaissions l’heure exacte de l’expérience fatale car nous restions un instant dans les ténèbres le souffle coupé par la répulsion, nous observions une minute de silence dans les bordels du port et nous buvions un verre à l’âme du supplicié, non pas une fois mais souvent, car la plupart des victimes restaient accrochées aux sangles de la chaise le corps noirci comme du boudin la chair fumante comme un rôti mais haletantes de douleur jusqu’au moment où quelqu’un avait pitié d’elles et les achevait à coups de revolver après plusieurs tentatives manquées, tout cela pour te plaire, Laetitia...
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pdemweb1pdemweb1   28 octobre 2014
On le découvrit dans cette position à la veille de son automne, quand le caddavre était en réalité celui de Patricio Aragones, et on le redécouvrit dans la même position bien des années plus tard à une époque si pleine d'incertitudes que personne ne pouvait identifier comme vraiment sien ce corps sénile rongé par des charognards et couvert de parasites du fond de la mer.
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petchpetch   25 août 2013
Il vit le brasier allumé sur la Place d’Armes pour brûler les portraits officiels et les lithos de calendrier qu’on trouvait partout et à toute heure depuis le début de son régime, et il vit passer son propre corps qu’on tirait et qui laissait sur le pavé une traînée de décorations et d’épaulettes, de boutons de dolman, d’effilochures de brocard, une passementerie d’agrafes, de glands de sabre, de jeux de cartes, et les dix soleils tristes de roi de l’univers, maman, regarde dans quel état ils m’ont mis, disait-il, en sentant sur sa propre chair l’ignominie des crachats et des pots de chambre de malades qu’on lui vidait dessus au passage du haut des balcons, horrifié à l’idée qu’il pourrait être dépecé et digéré par les chiens et les charognards au milieu des hurlements délirants et du tonnerre de la pyrotechnie pour ce carnaval de ma mort.
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UglyBettyUglyBetty   16 février 2015
J'avais fait construire un mausolée pour un animal de la mer océane qui n'existait que dans mon imagination fiévreuse alors que j'avais vu de mes yeux miséricordieux vu les trois caravelles ancrées devant ma fenêtre,que j'avais dilapidé les fonds publics avec mon vice irresponsable d'acheter des instruments ingénieux et que j'avais même prétendu obtenir des astronomes qu'ils perturbent le système solaire pour être agréable à une reine de beauté qui n'avait existé que dans les visions de son délire,et que dans une crise de folie sénile j'avais donné l'ordre d'embarquer deux mille enfants sur une chaloupe chargée de ciment et qu'on avait ensuite dynamitée au large,maman,imaginez un peu,quels fils de putain...
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AllantversAllantvers   22 avril 2021
...et alors j'ai osé le regarder en face pour la première fois en faisant tourner entre deux doigts la braise de ma rose pour qu'il ne remarque pas mon effroi, j'ai scruté sans pitié ses lèvres de chauve-souris, ses yeux muets qui semblaient me lorgner du fond d'un étang, sa peau sans poils, une peau de mottes de terre battue avec de l'huile de fiel qui devenait plus tendue et plus épaisse à la main droite celle qui épuisée sur son genou portait la bague avec le sceau présidentiel, ses énormes souliers de cadavre, sa pensée invisible, son pouvoir secret, le vieillard le plus vieux du monde, le plus redoutable,le plus détesté et le...
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Vidéo de Gabriel Garcia Marquez
Les hanches de Marilyn Monroe, le décolleté de Jayne Mansfield, les lèvres de Pamela Anderson… Eh bien, non, Playboy, ce n’est pas que ça. Le magazine créé par Hugh Hefner à l’aube des années 1950 est bien plus qu’une simple revue de charme.
Fer de lance de la révolution sexuelle dans une Amérique traumatisée par le maccarthysme puritain, le magazine se fait le lieu d’expression d’une autre culture, au fil d’entretiens au long cours avec ceux qui ont marqué les décennies suivantes.
Politique, cinéma, littérature, musique, sport, faits divers : à travers un demi-siècle de rencontres "Playboy", c’est un panorama éclairé et décalé que nous vous proposons d’explorer. Avec, en filigrane, les remous des combats des droits civiques, le choc de la guerre du Vietnam, les relents de la guerre froide, l’évolution de la sexualité, la lutte pour l’émancipation des femmes – jusqu’à l’importance de la bière chez Paul Newman.
Bref, le magazine offre un autre regard, à l’avant-garde des changements sociaux. L’entretien de Donald Trump en 1990 en est l’illustration, et nous rappelle combien la réalité a parfois du retard sur la montre du lapin rose.
Pour en savoir plus : https://bit.ly/2B3l31c
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