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Critiques sur Les heures souterraines (361)
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Metaphore
  06 janvier 2013
Un vrai coup de coeur, une écriture juste! J'avais beaucoup aimé Rien ne s'oppose à la nuit, ici, j'ai adoré !

J'ai fuis cette lecture pendant longtemps, consciente de la violence que j'allais rencontrer. Une nouvelle fois, l'auteur s'attaque à un sujet dur, un calvaire qu'elle nous soumet comme un diamant brut. Rien n'est édulcoré, les descriptions sont parfaites.

Elle nous présente l'horreur de la réalité professionnelle de Mathilde, cet effondrement pervers qui petit à petit, l'air de rien, la conduit dans un fond où elle ne semble plus pouvoir se rattacher à rien. Jacques, son chef, la harcèle, doucement il établit son plan pour qu'elle s'en aille, il ne lui laisse pas la possibilité de s'en sortir, elle n'en a pas le droit. La justesse est telle que j'avais les papillons dans le ventre face à l'horreur de ce vécu, mais contrairement à Mathilde, j'avais la possibilité de l'arrêter quand je le voulais en refermant mon livre.

La réalité de Thibault est d'un autre ordre, son impuissance se focalise sur la volonté d'aimer, mais d'aimer vrai. Sa relation ne va que dans un sens, c'est une autre forme de harcèlement, celui que l'on se fait à soi-même. Rester des mois, des années avec une personne alors qu'elle ne vous aime pas, se leurrer, y croire quand même. Delphine de Vigan, dénonce là encore une réalité contemporaine : la peur d'être seul.
Grâce au métier de Thibault, médecin urgentiste, l'auteur va nous brosser la réalité des solitudes bien dissimulées dans les appartements des grandes villes, nombre des souffrances et d'errances rencontrées.

Les heures souterraines sont les heures que l'on passe dans l'introspection, à se parler à soi-même, à essayer de comprendre ; mais c'est aussi la réalité de la ville, les heures à passer dans des tuyaux tels des rats, ces transports en communs, métro, RER mais aussi ces bouchons où rien n'avance. Dans ces deux derniers cas une impuissance et une violence se dégagent, quelle est la limite à ne pas dépasser, à quel moment cela peut déraper.

Nos deux héros, désarmés face à la réalité de leur vie, essayent tant bien que mal de rester debout, la jungle n'est pas si loin, elle les entoure.
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Nadouch
  18 août 2012
Deux vies s'entrecroisent durant cette journée du 20 mai, qui ouvre et clôt le roman. Mathilde est victime de harcèlement moral à son travail, Thibault est un médecin de ville qui vient de mettre fin à une relation amoureuse destructrice... En jouant sur le "vont-ils se rencontrer ?", qui est finalement LA question de la vie, qu'est-ce qui fait que des gens se rencontrent, ce roman déroule un portrait de la société qui broie, qui laisse les gens seuls, sur le bord de la route, de la vie, du travail...
Ce roman est très bien construit, l'alternance des chapitres pour chacun des personnages fonctionne bien, la langue est belle et captivante... Magnifiquement bien vu, d'un réalisme triste mais sans cynisme...
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liliba
  04 décembre 2011
Les heures souterraines, ce sont ces heures dont Mathilde a honte. Ces heures qu'elle cache à son entourage, sa famille, ses amis. Ces heures qui la minent, pourtant. Ce sont les heures qu'elle passe à ne rien faire au bureau, reléguée en fond de couloir près des toilettes, dans un local sans fenêtre ni ordinateur, parce qu'un jour elle a osé émettre un avis légèrement différent de celui de son patron en réunion. Il ne l'a pas supporté et insidieusement, les choses se sont dégradées sans que Mathilde ne puisse rien faire pour inverser cette spirale. Brimades, perversions, mises en scènes, mensonges et calomnies, c'est bien de harcèlement moral dont il s'agit ici, mais dont le nom ne sera jamais écrit noir sur blanc par l'auteur.

Alors Mathilde, au bout du rouleau, hante le métro et ses couloirs, ainsi que le RER qu'elle prend pour son long trajet vers son bureau. Elle vit comme un automate, n'arrive plus à penser, réfléchir. Elle ne dort plus, ne mange plus, ne parle plus non plus. Elle ne sait pas à qui s'adresser, elle a l'impression d'être seule contre tous, alors elle se terre en elle-même, dont elle devient l'ombre.

En parallèle, nous faisons la connaissance de Thibault, un médecin urgentiste parisien, qui passe ses nuits à sillonner la ville pour aller de détresse en détresse. A trop s'occuper des autres, Thibault se retrouve seul, et cette solitude lui pèse douloureusement.

On se demande s'il vont se rencontrer, si ces deux êtres écorchés, malheureux vont pouvoir se rejoindre et tenter, à deux, de remonter la pente, renouer avec le monde, trouver en l'autre du courage pour supporter leur situation, et même tenter de la modifier. « Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants. »

La ville, « cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas » bruisse autour d'eux, présente comme un troisième personnage de ce roman, qui la rend vraiment vivante. Alors que ces deux êtres stagnent dans leur vie, sont à un point mort, n'arrivent plus à avancer, Paris est en mouvement perpétuel, fourmille, étend ses tentacules et sa violence.

Voici un roman que j'ai lu d'une traite tant je l'ai trouvé vrai, et actuel, poignant. C'est un roman sur la solitude et la violence, sur la lâcheté et la méchanceté des hommes, sur la jungle urbaine dans laquelle chaque jour il faut se battre pour survivre.
C'est une histoire sombre, mais terriblement réaliste, qui fait réfléchir sur ce que peut être la souffrance de personnes pourtant bien intégrées au départ dans la société. La plume de Delphine de Vigan est percutante, incisive et ces quelques heures passées à ses cotés vous marqueront longtemps du désespoir qu'elle dépeint avec grand art.
Lien : http://liliba.canalblog.com/..
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Wyoming
  06 avril 2018
Roman qui conte l'histoire de deux solitudes qui ne se rencontreront pas, même si elles passeront très près l'une de l'autre. Une double lecture donc dans ce texte bien écrit : elle, paumée dans les couloirs du métro, enfermée dans l'enfer de l'éviction dont elle est victime dans son entreprise; lui, médecin débordé par son activité au service des autres au point qu'il ne voit plus rien autour de lui, même pas elle avec qui il aurait pu peut-être construire autre chose. Beau roman, souvent émouvant, plein de précision, notamment sur le monde ingrat de l'entreprise, écrit avec le style qui convient pour perdre le lecteur dans le désarroi de ces deux solitudes si différentes et pourtant si proches.
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doyoulikefrogs
  07 avril 2017
Avec la promesse que Mathilde et Thibault vont finir par se rencontrer, on lit le roman de bout en bout. La fin est surprenante. Un roman délicat et cruel à la fois.

Critique constructive:

Ce roman a été lu lors d'un Weekendà1000 (lire 1000 pages en 3 jours). C'était censé être une lecture douce et légère pour un week-end en amoureux à l'hôtel. Il s'avère que ça n'est pas du tout une lecture légère et douce et mignonne, du tout!

Mais...

J'ai adoré la vérité que décrit ce roman. La vie de Mathilde est peut-être celle de centaines de milliers de Français(es). La vie de Thibault également. Dans un train-train quotidien, les personnages tentent d'éviter les obstacles mais continuent de vivre malgré les soucis personnels, déchirure amoureuse et problèmes familiaux. Chacun lutte comme un dormeur, comme un personnage en funambule sur un fil d'acier tendu qui risque de se briser à tout moment.

J'ai aimé cette fragilité constante, comme si chaque personnage pouvait basculer dans l'ombre, la colère ou la mort à tout moment!

On sent la fébrilité des personnages, leur sensibilité, leur conscience s'éveiller puis s'éteindre. Delphine de Vigan est passée maîtresse en terme d'écriture du sensible, de la chute des corps, de leurs cris de désespoir étouffés par des oreillers invisibles. Des cris du coeur.

La délicatesse de l'auteur nous fait aimer les personnages, détester certains protagonistes. On vit, on palpite à la lecture d'un tel roman, cruel de vérité.

Delphine de Vigan est vraiment une auteur du sensible, de l'indicible, elle est une conteuse née, avec le don de nous embarquer dans des histoires de vraies tranches de vies. Et toujours, toujours, on en ressort grandi!

Bilan de ma lecture: un coup de coeur (encore un, après la lecture de "Rien ne s'oppose à la nuit").
Lien : http://www.unefrancaisedansl..
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allard95
  08 juin 2016
Ce petit livre n'a pas une énorme ambition, mais il est l'occasion pour D.de Vigan de montrer ses talents d'observation et de description minutieuses des choses simples du quotidien. L'histoire est celle d'une femme ayant plutôt réussi dans le marketing, mais qui va se trouver subitement écartée et négligée par son chef de service. Ce sera l'occasion pour l'auteur de remarquer toutes les petitesses, les lâchetés, la brutalité silencieuse qui accompagnent ces situations dans les entreprises. Parallèlement, on suivra un médecin urgentiste, accaparé et un peu écrasé par son travail quotidien, au point de ne plus vivre autrement que par celui-ci. Jusqu'à la lassitude, le découragement. Ces deux destins presque ordinaires nous montrent combien la grande ville d'une part et le travail d'autre part, porteurs de tant de satisfactions quand tout va bien pour soi, peuvent être oppressants et destructeurs quand la machine se dérègle: fragilité des situations et des êtres, même bien dotés au départ. Tout cela ne nous rend pas très optimistes.... Ce roman n'est pas porteur d'une "histoire", d'un scénario solide ou original, mais il vaut par la justesse et la précision de ses observations. Nous sommes vulnérables et fragiles, le monde est dur et cynique. C'est un fait. Tant qu'on ne subit pas cette implacable logique, a-t'on le droit de l'oublier, et de la nier?
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steph89
  10 janvier 2015
Thibault et Mathilde vivent à Paris. Ils ne se connaissent pas mais leurs histoires bien que différentes se ressemblent. Mathilde est harcelée professionnellement et Thibault est en pleine déception sentimentale. C'est la désillusion et ils paraissent tous les deux subir la situation, figés. Ils évoluent au rythme de la ville oppressante où ils ont choisis de venir mais où ils ne sont que des anonymes, des gens seuls confinés a côté d'autres gens seuls. Tout au long de ce roman, on attend la rencontre entre les deux personnages mais..., je n'en dirai pas plus. Allez plutôt dévorer ce livre d'une rare qualité. La lecture en est fluide et rapide, l'ambiance est là.
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bina
  17 avril 2014
La journée du 20 mai dans la vie de deux inconnus qui vont finir par se croiser dans le métro parisien.
" Il lui a semblé que cette femme et lui partageaient le même épuisement, une absence de soi-même qui projette le corps vers le sol".

Mathilde, victime de harcèlement au travail, au bord du gouffre, attend beaucoup de cette date présentée presque comme salvatrice par une voyante quelques semaines plus tôt. Seuls ses trois enfants la maintiennent sur le fil de la vie, alors que le poids de sa vie tendrait à la faire pencher vers les voies du métro.

Thibaud est médecin des urgences médicales dans les différents quartiers parisiens.La vie commence à lui peser, il a mis fin à une relation à sens unique avec une femme, mais tout en étant soulagé, il ne peut s'empêcher de guetter le moindre SMS.

Chacun tend à se replier sur lui-même, oublie de regarder autour d'eux, les circonstances vont les amener à se croiser par hasard, mais vont-ils se reconnaitre?

Dans une atmosphère plutôt lourde, Delphine de Vigan nous plonge dans la dépression de ses personnages. On angoisse avec Mathilde, on consolerait bien Thibaut, mais c'est un roman qui ne permet pas de vraie détente tant l'ambiance est pesante. La lecture est néanmoins prenante et on est pressée de le finir pour voir comment évoluent la vie en parallèle des deux personnages de ce roman.
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Missgolfy
  06 décembre 2012
Etant donné que je ne fais pas les choses comme tout le monde et surtout vu le stock de livres dans ma bibliothèque, je viens seulement de lire ce roman paru en 2009. Depuis l'auteur a publié un best-seller, Rien ne s'oppose à la nuit, qui a fait les beaux jours des librairies lors de la rentrée littéraire de 2011. Malgré cela, c'est sans aucun a priori que j'ai commencé ma lecture.

Mathilde et Thibault ne se connaissent pas, mais le 20 mai représente quelque chose pour chacun d'eux. Ce jour-là, Mathilde, d'après une voyante, doit rencontrer le prince charmant et Thibault a décidé de quitter sa compagne Lila.

Mais est-ce que les choses vont vraiment se passer de cette manière? Une campagne contre Mathilde est lancée par la personne dont elle est l'adjointe et Thibault, même s'il quitte effectivement Lila, n'en est pas plus heureux pour autant.

A travers ces deux histoires, on découvre la vie de centaines, voire de milliers de personnes. Une vie où règnent train-train, déplaisir, manque de confiance en soi (pour diverses raisons), déceptions, ... Dans ces vies "banales", quotidiennes, on ressent surtout la solitude, ce sentiment d'être "en-dessous de tout" et de ne rien représenter pour personnre.

L'histoire est d'une tristesse affligeante, mais ô combien réelle. Elle est écrite et décrite avec beaucoup de tact, de pudeur et de tendresse, ce qui, au final, la rend extrêmenent belle et touchante. En tout cas, elle m'a émue et interpellée. Après tout, quel est le but de notre vie? Quelle est notre finalité? Toutes ces questions, je l'espère, trouveront une réponse...

Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre malgré la tristesse et la douleur qui s'en dégagent et je le recommande vivement. Il faut cependant le lire dans "de bonnes conditions"...
Lien : http://clubdesliseuses.blogs..
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milamirage
  21 janvier 2012
Une journée de printemps, le 20 mai ; une ville, Paris ; le décor est planté. Nous allons suivre une femme, brisée par le harcèlement psychologique de son supérieur hiérarchique, et un homme qui vient de mettre fin à une liaison amoureuse et remet aussi en question ses choix professionnels : médecin urgentiste dans la capitale plutôt que généraliste à la campagne comme il s'y est essayé pendant quatre ans. Régulièrement dans la journée, ces deux solitudes vont se croiser, vont-elles pouvoir se rencontrer, et cela leur permettrait-il de combattre leur mal-être?
Mon avis : Il y a déjà longtemps que je me suis plongée dans ce roman, mais il reste très présent en moi. Les ressentis des personnages sont si bien décrits, la ville aussi et sa capacité à nous isoler, à nous noyer dans la foule, à nous imposer un rythme qui nous rend aveugles et sourds aux autres et parfois à nous même. On a envie d'accompagner les deux personnages, de les soutenir mais aussi de les guider l'un vers l'autre, parce qu'après tout, on ne sait jamais...
Public : roman pour les adultes.
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