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EAN : 9782290013380
124 pages
J'ai Lu (05/01/2009)
  Existe en édition audio
3.81/5   941 notes
Résumé :
"Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux.

Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir.

En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (150) Voir plus Ajouter une critique
3,81

sur 941 notes

LoloKiLi
  19 juillet 2012
«Jours sans faim»… délicat jeu de mots pour un texte intense abordant ce sujet à la fois médiatique et impénétrable qu'est l'anorexie mentale.
Premier roman de Delphine de Vigan publié en 2001 sous le pseudonyme de Lou Delvig, « Jours sans faim » s'impose comme un complément logique et opportun au «Rien ne s'oppose à la nuit» qui ne sera pourtant rédigé que dix ans plus tard. Ces deux oeuvres s'interpellent admirablement et se complètent l'une l'autre : la mère, la fille, toutes deux en proie à leur mal-être et à leur lutte inégale contre les blessures du passé et leurs fardeaux héréditaires.
Car Laure, héroïne de ce livre, c'est elle, Delphine de Vigan. Cette toute jeune femme de dix-neuf ans hospitalisée au dernier stade de son anorexie, c'était elle. Ce mal de vivre et ce saisissant combat livré contre et avec son propre corps ont été les siens.
D'un trait sobre et précis, force et vulnérabilité intensément mêlées, Delphine/Laure évoque sans concession sa maladie et ses symptômes, ne se refusant aucun sarcasme. Elle raconte également ses rencontres – attendrissantes ou fâcheuses – avec ceux qui auront partagé ses trois mois de quotidien hospitalier… visiteurs, malades, personnel soignant, dont le docteur Brunel, son « sauveur » comme elle aime à le nommer.
Traitée ici, selon l'auteur, comme un thème littéraire à part entière, l'anorexie mentale n'est pourtant pas une lubie d'adolescente inspirée par la mode, ce texte l'exprime brillamment si besoin en était. Jamais, en tout cas, parmi les titres que j'ai pu lire de Delphine de Vigan, son écriture ne m'aura semblé aussi sensible, musicale et percutante. Deux excellentes raisons, à mon avis, de découvrir ce livre essentiel et juste, que l'on soit touché par le sujet… ou pas.

Lien : HTTP://MINIMALYKS.TUMBLR.COM/
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marina53
  19 juillet 2012
Un récit poignant, d'une rare intensité et sobriété.
Malheureusement, je ne serai pas objective par rapport à ce témoignage.
Ayant atteint les limites que son corps pouvait supporter, Laure, jeune fille de 36 kilos, est hospitalisée pendant 3 mois, dans un service de nutrition. Alimentée grâce à une sonde naso-gastrique et aidée par toute une équipe médicale, elle va réapprendre, à son rythme, à écouter son corps et à s'alimenter.
Une fois passée cette euphorie et cette jouissance de la maîtrise de son corps, une fois diagnostiquée cette maladie, la voie vers la guérison reste un long combat. Et les séquelles, aussi bien physiques que psychologiques, n'en demeurent pas moins contraignantes.
Delphine de Vigan se met réellement à nu dans ce récit, comparable à un journal intime. Elle a mis des mots sur ses maux et a réussi à nous faire comprendre que l'anorexie mentale est bel et bien une maladie et non un caprice d'adolescentes qui veulent ressembler aux mannequins.
Un récit prégnant, bouleversant et thérapeutique...
Une belle leçon de courage...
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latina
  19 mars 2021
Je suis si triste, tellement triste de voir ces élèves, ces jeunes femmes toutes maigres, grelottantes dans leur habit osseux, l'air désenchanté, comme si elles s'abstrayaient du monde, déjà.
C'est pour cela que les romans sur l'anorexie m'interpellent, je voudrais savoir, je voudrais comprendre, je voudrais aider. Mais est-ce possible ?
Delphine de Vigan nous livre ici son histoire vraie. Elle nous parle d'elle à la 3e personne, Laure aux parents boiteux, à la mère « folle » comme elle dit, au père perpétuellement en colère. Cette Laure qui a tant besoin d'amour, qui se raccroche au médecin qui l'a sauvée, qui se lie avec les autres patients du service de gastro-entérologie où elle a échoué un « beau » jour, au seuil de la mort.
« Elle a l'air d'un trombone démantibulé, d'un cintre de pressing, d'une antenne télé après une tempête. Elle n'est qu'une épingle noyée dans ses vêtements, un ectoplasme, la tête pleine de honte et d'angoisse ».
Petit à petit, les kilos reviennent, elle est gavée avec une sonde entérale. Ce petit bout de plastique qui lui sort du nez devient son petit papillon, et quand après quelques mois, on lui retire, ça lui manque un peu, oui. Mais elle a peur, elle continue d'avoir peur. Car la vie n'est que lutte et elle avait trouvé le moyen de se construire une carapace de glace, qui malheureusement l'avait conduite à la frontière de la mort.
Je me suis sentie, par la magie des mots de cette auteure, pleine d'empathie pour ces jeunes filles. Je peux dire après cette lecture que je les comprends un peu mieux, mais que puis-je faire d'autre, à part écrire ce modeste billet qui espère sensibiliser à ce problème lancinant ?
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1967fleurs
  09 février 2016
Ce livre était pour moi indispensable à lire pour comprendre "la trajectoire" de Delphine de Vigan. Après avoir lu "Rien ne s'oppose à la nuit", je me demandais comment elle avait pu s'en sortir ado, avec une famille et une mère tellement dans la déviance, le tourment et la mort.
Auteur tellement plébiscitée, j'ai commencé par lire ses livres dans une forme de désordre :
1/ d'Après une histoire vraie,
2/ Les heures souterraines,
3/ Rien ne s'oppose à la nuit,
4/ Un jour sans faim.
5/ A lire : no et moi
mais qui finalement m'ont permis de comprendre dans une certaine logique, son histoire, en mettant chacun de ces livres bout à bout, l'auteur livrant d'un livre à l'autre quelques anecdotes que l'on pourraient appeler un fil conducteur. Cet auteure dérange, bouscule, tellement elle vous pousse dans les profondeurs de son âme, par des mots saisissants.
Au début de sa lecture, j'ai refermé le livre, j'étais un peu dans un jour sans fin... alors je n'arrivais pas à rentrer dans l'histoire et j'avais l'impression de sombrer avec Laure dans le vide.
Puis dernièrement, j'ai rouvert le livre en deux soirs j'avais terminé.
Cette lecture me tenait à coeur, car elle avait fait évocation de son anorexie dans "Rien ne s'oppose à la nuit". Comment avait elle pu vivre son adolescence, dans des repères tellement déplacés, où on lui avait donné des responsabilités parentales ?Comment pouvait elle adolescente traverser cette période si délicate, tellement à haut risque, où les parents restent dans la mesure où ils le peuvent, des garde fous. Et je fais le jeux de mot sans m'en apercevoir.... C'est elle qui a donc mené la garde autour de sa mère brassée par la bipolarité, mais pas sans dommages collatéraux car elle, Laure (Delphine) est tombée dans l'anorexie sévère. Il y avait aussi les humiliations et l'ivresse de son père et l'indifférence de sa belle-mère. Ce livre est donc une première délivrance par les mots pour l'auteur, dix ans après elle écrira "Rien en s'oppose à la nuit".
L'anorexie est un sujet difficile à aborder, à décrire, elle le fait admirablement bien. Je tenais aussi à lire ce livre car ma meilleure amie est boulimique et anorexique, je reconnais que c'est compliqué, douloureux pour elle et pour son entourage. Quand elle vient chez moi, elle va dans le placard, le frigo, je sais que c'est pour manger mais pas seulement cela, je sais toujours comment cela se termine et pour en être témoin quand elle s'éclipse avec sa cueillière à soupe, cela me fait mal et me violente aussi de la voir toujours avec cet instrument de torture dans son sac à main.
Je terminerai pas une citation du livre "elle ne voulait pas grandir, comment peut-on grandir avec ces blessures à l'intérieur de soi ? Elle voulait combler par le vide ce manque qu'ils avaient creusé en elle, leur faire payer ce dégoût qu'elle avait d'elle-même, cette culpabilité qui la reliait à eux."
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Amakir
  10 septembre 2019
"Sur son cahier elle a écrit je ne serai pas récidiviste, une incantation plutôt qu'une certitude. Elle voudrait y croire. de toute façon, c'est bien connu, il ne faut jamais recongeler un produit décongelé."
Je suis peu optimiste quant à la guérison d'une anorexie. Comme la protagoniste, Laure, j'aimerais y croire.
J'ai commencé ce roman pour un départ en voyage sac à dos, où mon livre broché n'a pas trouvé sa place géographique et m'a sagement attendue.
Un hasard ? Non, je connais l'autrice pour l'avoir souvent lue. Elle m'inspire. J'aime sa délicatesse et son humour. J'aime ses images toutes en couleur sur des sujets graves. Je voulais un livre de poche très petit format pour m'accompagner. J'ai l'esprit pratique.
Ce roman m'a suivie partout, dans les temples, les marchés, le bus, le métro mais aussi tous les restaurants. J'ai divinement mangé pendant mon périple. Avec le récit d'une jeune femme anorexique posé à côté de mon repas.
Les personnes atteintes de cette maladie aiment également les bons petits plats. Elles sont souvent de divines cuisinières et collectionnent les recettes. Pour les autres.
Nous avons souvent connu ou rencontré quelqu'un qui souffre d'anorexie ou qui se rapproche de ce déséquilibre. Des amis.es, des collègues, de la famille.
Je suis danseuse amatrice depuis l'âge de 30 ans. Des jeunes filles à la recherche d'un poids qui n'est idéal que dans leur tête, j'en ai vues et croisées.
Il y a 20 ans, j'ai reçu une copine chez moi deux jours, j'ai constaté sa façon de préparer la texture de ses aliments avant de les mettre en bouche. Tout est calculé. J'ai entendu, j'ai observé et senti. Je lui ai demandé gentiment "Pourquoi te fais-tu du mal ? Que t'est-il arrivé ?" Elle a fondu en larmes dans mes bras et m'a parlé plus de 6 mois après.
L'anorexie me semble être une façon détournée de rendre son corps culte. J'ai également le culte du corps. Par cette similitude, j'arrive à comprendre le déraillement.
Un corps que j'ai appris à écouter. Aujourd'hui.
Hier je le comprenais si mal. Par la danse notamment. Il y a ce moment où une discipline sportive prend le dessus sur l'entendement, quelque soit votre niveau. Comme une maladie addictive.
L'hormone du plaisir crée une dépendance. Toujours plus. Cette période où vous ajoutez d'autres activités afin de gagner en performance ou en souplesse. Tel un être qui décide peu à peu de ne plus s'alimenter.
Il y a 3 ans, je me suis blessée à la course. Rien de grave. Arrêt de la danse et de tous les autres sports pratiqués. Repos pendant plusieurs mois et reprise en douceur sur deux ans, avec une formule différente.
J'ai réappris à vivre. A l'écoute.
Mon meilleur souvenir de danse n'est pourtant pas le plus technique. le jour où j'ai fait pleurer une grande danseuse et amie qui assurait le cours. Par ma qualité de mouvement et ma générosité sur une improvisation en contact.
Pina Bausch aimait mettre en scène des amateurs pour cette raison.
Je reprends la danse lundi prochain. Sereine et confiante.
Laure reprendra-t-elle le chemin vers sa liberté ?
À partir de quel moment le cerveau n'est plus en connexion avec votre corps tout en croyant fortement l'être plus que jamais ?
L'anamorphologie.
La souffrance de Laure s'écoute en musique. Je l'entends notamment sur une partition de Vivaldi interprétée par le choeur Accentus et dirigée par Laurence Equilbey. (Concerto n°4 en F minor RV297, inverno)
La légèreté du début de l'hiver qui commence par petites touches survoltées, se contracte dans un ensemble de plus en plus enlevé, puis se déverse en explosion de flocons tourbillonnants, pour finir par l'inéluctable fin de saison... et laisser place à un renouveau. Ou la mort.
Tel est le sort de cette maladie.
Laure je l'entends chanter sa plainte dans la chorale. La chorale d'un hôpital avec toutes ses douleurs.
Lu en septembre 2019
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Citations et extraits (172) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   02 avril 2013
C'est l'histoire d'un caillou triste. C'est dur d'être triste quand on est un caillou et qu'on n'a même pas de mains pour essuyer ses larmes. Il roule sa vie, le petit caillou, tant bien que mal, au milieu des choux, des hiboux et des ornicars. Un jour le voila qu'il se coince dans la semelle d'une grosse chaussure qu'il n'avait pas vue venir, entre les rainures de caoutchouc.
Il éprouve soudain une peur immense, à voir s'éloigner ce petit bout de chemin, où il a toujours vécu. Aussi loin qu'il s'en souvienne.
Il part pour une nouvelle vie, amis il se sent si petit, si fatigué, si vulnérable.
Il pleure, mais qui a jamais entendu pleurer, un petit caillou blessé dans son âme, depuis si longtemps? Et la chaussure l"emporte, loin, si loin, si vite qu'il en a mal au cœur.
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LoloKiLiLoloKiLi   12 juillet 2012
Elle ne veut pas guérir parce qu’elle ne sait pas comment exister autrement qu’à travers cette maladie qui l’a choisie, cette maladie dont on parle dans les journaux et les colloques, une quête aveugle et obscure qu’elle partage avec d’autres, complices anonymes et titubantes d’un crime silencieux perpétré contre soi.
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LoloKiLiLoloKiLi   14 juillet 2012
Elle était comme une bouche énorme, avide, prête à tout engloutir, elle voulait vivre vite, fort, elle voulait qu’on l’aime à en mourir, elle voulait remplir cette plaie de l’enfance, cette béance en elle jamais comblée.

Parce qu’il faisait d’elle une proie offerte au monde, elle avait muré ce désir dans un corps desséché, elle avait bâillonné ce désir fou de vivre, cette quête absurde, affamée, elle se privait pour contrôler en elle ce trop-plein d’âme, elle vidait son corps de ce désir indécent qui la dévorait, qu’il fallait faire taire.

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marina53marina53   19 juillet 2012
Elle n'avait plus de place pour exister, dans le regard de ses parents, dans ce désir de leur plaire, dans cette quête de réussite, de perfection qu'elle avait faite sienne. Au début, elle voulait simplement rétrécir un peu, pour se soustraire à cette emprise, et puis un jour elle avait voulu disparaître.
Parce que c'était tellement facile.
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marina53marina53   18 juillet 2012
Dans le miroir, elle se regardait sans se voir, se félicitait des cernes, de la maigreur comme d'une victoire. (...) Elle n'avait besoin de rien, elle ne dépendait de rien, elle n'était qu'un concentré de particules, toujours en mouvement, quelques grains de poussière virevoltant dans un filet de lumière. (...) Petit à petit, le voile se lève et elle réalise ce qu'elle a fait d'elle. Elle voit cet être sans sexe et sans âge qui la regarde.
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Dans son dernier roman, Delphine de Vigan offre une plongée glaçante dans le monde des réseaux sociaux où tout s'achète et tout se vend, même le bonheur familial. "Les enfants sont rois" (Gallimard). Animé par Élise Lépine, journaliste
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