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ISBN : 2290013382
Éditeur : J'ai Lu (05/01/2009)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 528 notes)
Résumé :
"Cela s'était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu'elle s'en rende vraiment compte. Sans qu'elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux.

Elle se souvient de ce sentiment de puissance qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s'asseoir.

En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (100) Voir plus Ajouter une critique
Lolokili
19 juillet 2012
«Jours sans faim»… délicat jeu de mots pour un texte intense abordant ce sujet à la fois médiatique et impénétrable qu'est l'anorexie mentale.
Premier roman de Delphine de Vigan publié en 2001 sous le pseudonyme de Lou Delvig, « Jours sans faim » s'impose comme un complément logique et opportun au «Rien ne s'oppose à la nuit» qui ne sera pourtant rédigé que dix ans plus tard. Ces deux oeuvres s'interpellent admirablement et se complètent l'une l'autre : la mère, la fille, toutes deux en proie à leur mal-être et à leur lutte inégale contre les blessures du passé et leurs fardeaux héréditaires.
Car Laure, héroïne de ce livre, c'est elle, Delphine de Vigan. Cette toute jeune femme de dix-neuf ans hospitalisée au dernier stade de son anorexie, c'était elle. Ce mal de vivre et ce saisissant combat livré contre et avec son propre corps ont été les siens.
D'un trait sobre et précis, force et vulnérabilité intensément mêlées, Delphine/Laure évoque sans concession sa maladie et ses symptômes, ne se refusant aucun sarcasme. Elle raconte également ses rencontres – attendrissantes ou fâcheuses – avec ceux qui auront partagé ses trois mois de quotidien hospitalier… visiteurs, malades, personnel soignant, dont le docteur Brunel, «son sauveur» comme elle aime à le nommer.
Traitée ici, selon l'auteur, comme un thème littéraire à part entière, l'anorexie mentale n'est pourtant pas une lubie d'adolescente inspirée par la mode, ce texte l'exprime brillamment si besoin en était. Jamais, en tout cas, parmi les titres que j'ai pu lire de Delphine de Vigan, son écriture ne m'aura semblé aussi sensible, musicale et percutante. Deux excellentes raisons, à mon avis, de découvrir ce livre essentiel et juste, que l'on soit touché par le sujet… ou pas.

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marina53
19 juillet 2012
Un récit poignant, d'une rare intensité et sobriété.
Malheureusement, je ne serai pas objective par rapport à ce témoignage.
Ayant atteint les limites que son corps pouvait supporter, Laure, jeune fille de 36 kilos, est hospitalisée pendant 3 mois, dans un service de nutrition. Alimentée grâce à une sonde naso-gastrique et aidée par toute une équipe médicale, elle va réapprendre, à son rythme, à écouter son corps et à s'alimenter.
Une fois passée cette euphorie et cette jouissance de la maîtrise de son corps, une fois diagnostiquée cette maladie, la voie vers la guérison reste un long combat. Et les séquelles, aussi bien physiques que psychologiques, n'en demeurent pas moins contraignantes.
Delphine de Vigan se met réellement à nu dans ce récit, comparable à un journal intime. Elle a mis des mots sur ses maux et a réussi à nous faire comprendre que l'anorexie mentale est bel et bien une maladie et non un caprice d'adolescentes qui veulent ressembler aux mannequins.
Un récit prégnant, bouleversant et thérapeutique...
Une belle leçon de courage...
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fredho
08 mars 2013
Laure, 19 ans, 36 kg pour 1m75
Quand se nourrir devient une douleur,
Quand le ventre vous fait mal,
Quand votre apparence prend la forme d'un squelette,
Quand les autres vous regardent avec la peur,
Quand l'insomnie accompagne vos nuits,
Quand votre corps prend le contrôle,
Quand votre vie n'est plus qu'un vide !
Et quand une réflexion s'impose à vous : Vivre ou mourir !
Alors que reste-t-il ?
Le combat
« Vous n'avez pas besoin de mourir pour renaître ».
« Se battre contre soi pour comprendre un jour qu'on se bat pour soi ».
- Docteur Brunel -
Légère et délicate Laure qui ne cherche pas réellement à mourir mais à disparaître, à s'effacer et vider son corps pour s'envoler...
Delphine de Vigan se livre à une narration externe dans son roman autobiographique, « Elle » qui porte le prénom Laure, « Elle » hospitalisée, témoigne de sa maladie l'anorexie mentale, de son mal être, des liens affectifs créés à l'hôpital et rend hommage au médecin qui dit-elle lui a sauvé la vie.
Un récit poignant et plein d'espoir face à l'anorexie, Delphine de Vigan passe un message positif : l'anorexie peut se vaincre mais la guérison passe par le combat.
« Elle voudrait que ces kilos pris se transforment en armure »
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1967fleurs
09 février 2016
Ce livre était pour moi indispensable à lire pour comprendre "la trajectoire" de Delphine de Vigan. Après avoir lu "Rien ne s'oppose à la nuit", je me demandais comment elle avait pu s'en sortir ado, avec une famille et une mère tellement dans la déviance, le tourment et la mort.
Auteur tellement plébiscitée, j'ai commencé par lire ses livres dans une forme de désordre :
1/ d'Après une histoire vraie,
2/ Les heures souterraines,
3/ Rien ne s'oppose à la nuit,
4/ Un jour sans faim.
5/ A lire : no et moi
mais qui finalement m'ont permis de comprendre dans une certaine logique, son histoire, en mettant chacun de ces livres bout à bout, l'auteur livrant d'un livre à l'autre quelques anecdotes que l'on pourraient appeler un fil conducteur. Cet auteure dérange, bouscule, tellement elle vous pousse dans les profondeurs de son âme, par des mots saisissants.
Au début de sa lecture, j'ai refermé le livre, j'étais un peu dans un jour sans fin... alors je n'arrivais pas à rentrer dans l'histoire et j'avais l'impression de sombrer avec Laure dans le vide.
Puis dernièrement, j'ai rouvert le livre en deux soirs j'avais terminé.
Cette lecture me tenait à coeur, car elle avait fait évocation de son anorexie dans "Rien ne s'oppose à la nuit". Comment avait elle pu vivre son adolescence, dans des repères tellement déplacés, où on lui avait donné des responsabilités parentales ?Comment pouvait elle adolescente traverser cette période si délicate, tellement à haut risque, où les parents restent dans la mesure où ils le peuvent, des garde fous. Et je fais le jeux de mot sans m'en apercevoir.... C'est elle qui a donc mené la garde autour de sa mère brassée par la bipolarité, mais pas sans dommages collatéraux car elle, Laure (Delphine) est tombée dans l'anorexie sévère. Il y avait aussi les humiliations et l'ivresse de son père et l'indifférence de sa belle-mère. Ce livre est donc une première délivrance par les mots pour l'auteur, dix ans après elle écrira "Rien en s'oppose à la nuit".
L'anorexie est un sujet difficile à aborder, à décrire, elle le fait admirablement bien. Je tenais aussi à lire ce livre car ma meilleure amie est boulimique et anorexique, je reconnais que c'est compliqué, douloureux pour elle et pour son entourage. Quand elle vient chez moi, elle va dans le placard, le frigo, je sais que c'est pour manger mais pas seulement cela, je sais toujours comment cela se termine et pour en être témoin quand elle s'éclipse avec sa cueillière à soupe, cela me fait mal et me violente aussi de la voir toujours avec cet instrument de torture dans son sac à main.
Je terminerai pas une citation du livre "elle ne voulait pas grandir, comment peut-on grandir avec ces blessures à l'intérieur de soi ? Elle voulait combler par le vide ce manque qu'ils avaient creusé en elle, leur faire payer ce dégoût qu'elle avait d'elle-même, cette culpabilité qui la reliait à eux."
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Bonheur_Lecture
03 avril 2014
« Jours sans faim » : le titre annonce déjà un sujet difficile, une histoire qui risque d'être poignante et sur ce point, je suis loin d'être déçue !
Dans un premier temps, ce livre a été publié sous un pseudonyme qui était Lou Delvig et maintenant je peux comprendre pourquoi. Cela a dû être extrêmement difficile pour Delphine de Vigan de ce mettre à nue comme elle le fait ici, dans son premier roman, publié en 2001. Difficile de s'accepter, de se dire que l'on est malade, physiquement mais surtout psychologiquement.
Ici, l'histoire traite de l'anorexie mentale, un sujet que peu de personnes comprennent.
Effectivement, Laure, 19 ans, pèse alors 36 kg. Elle est à la limite de la mort. Son corps ne la tient plus, et Laure sait qu'elle va devoir faire la décision de sa vie : vivre ou mourir. Comme l'instinct de survie est plus forte chez cette jeune femme, elle décide donc de vivre et accepte l'hospitalisation, afin de reprendre quelques kilos et que son corps redevienne viable.
Elle nous raconte donc ses 3 longs mois d'hospitalisation, de doute, de peur, d'angoisse. Elle se met à nue complètement, nous racontant tout ce dont elle est capable pour faire croire que tout va bien, ses tricheries pour faire croire qu'elle mange malgré le pacte convenu avec les médecins pour qu'elle trouve le chemin de la guérison.
Avec des mots simples, Delphine de Vigan, qui est donc Laure dans « Jours sans faim » nous touche en plein coeur. Elle nous emmène totalement dans le monde de ce qu'elle appelle « Lanor » et nous fait comprendre que malgré tout ce que l'on peut penser, on ne choisit pas de devenir anorexique. Elle met des mots, des phrases, des romans sur le mal qui la ronge, elle et sa famille, parce que nous en apprenons beaucoup sur sa famille, sa soeur Louise mais aussi ses parents. Les raisons qu'ils l'ont conduite à devenir une « morte-vivante ».
J'ai beaucoup aimé ce roman, parce que malgré qu'il traite d'un sujet qui de nos jours est ô combien médiatique, avec des préjugés incroyable comme quoi les jeunes filles deviennent anorexique pour ressembler à tel ou tel mannequin ou encore telle ou telle star, le problème est bien plus profond. le Docteur Brunel lui, l'a bien compris et c'est aussi grâce à lui qu'elle a pu rédiger ce livre, parce que oui, elle s'en est sortie, avec volonté, force et courage !
Une chose aussi que j'ai apprécié, c'est qu'elle nous montre la réalité des choses. Effectivement, nous apprenons par d'autres personnages que tout n'est pas si simple. Fatia, par exemple, qui 30 ans et qui est anorexique aussi, et qui est hospitalisée avec Laure, n'arrive pas à s'en sortir et qu'elle rechute ou encore Anaïs, une jeune femme qui n'est pas prête à s'en sortir et qui décide de quitter l'hôpital.
Dans ce premier roman, Delphine de Vigan nous invite à partager son intimité. Des choses dont personne n'ose parler et qui pourtant, peuvent être d'une grande aide pour les personnes qui pensent que rien ne peut les sauver. J'ai l'habitude de dire que le mot « impossible » n'existe pas et ici, encore une fois, Delphine de Vigan me l'a démontré.
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Citations & extraits (133) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan02 avril 2013
C'est l'histoire d'un caillou triste. C'est dur d'être triste quand on est un caillou et qu'on n'a même pas de mains pour essuyer ses larmes. Il roule sa vie, le petit caillou, tant bien que mal, au milieu des choux, des hiboux et des ornicars. Un jour le voila qu'il se coince dans la semelle d'une grosse chaussure qu'il n'avait pas vue venir, entre les rainures de caoutchouc.
Il éprouve soudain une peur immense, à voir s'éloigner ce petit bout de chemin, où il a toujours vécu. Aussi loin qu'il s'en souvienne.
Il part pour une nouvelle vie, amis il se sent si petit, si fatigué, si vulnérable.
Il pleure, mais qui a jamais entendu pleurer, un petit caillou blessé dans son âme, depuis si longtemps? Et la chaussure l"emporte, loin, si loin, si vite qu'il en a mal au cœur.
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LolokiliLolokili12 juillet 2012
Elle ne veut pas guérir parce qu’elle ne sait pas comment exister autrement qu’à travers cette maladie qui l’a choisie, cette maladie dont on parle dans les journaux et les colloques, une quête aveugle et obscure qu’elle partage avec d’autres, complices anonymes et titubantes d’un crime silencieux perpétré contre soi.
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marina53marina5318 juillet 2012
Dans le miroir, elle se regardait sans se voir, se félicitait des cernes, de la maigreur comme d'une victoire. (...) Elle n'avait besoin de rien, elle ne dépendait de rien, elle n'était qu'un concentré de particules, toujours en mouvement, quelques grains de poussière virevoltant dans un filet de lumière. (...) Petit à petit, le voile se lève et elle réalise ce qu'elle a fait d'elle. Elle voit cet être sans sexe et sans âge qui la regarde.
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LolokiliLolokili14 juillet 2012
Elle était comme une bouche énorme, avide, prête à tout engloutir, elle voulait vivre vite, fort, elle voulait qu’on l’aime à en mourir, elle voulait remplir cette plaie de l’enfance, cette béance en elle jamais comblée.

Parce qu’il faisait d’elle une proie offerte au monde, elle avait muré ce désir dans un corps desséché, elle avait bâillonné ce désir fou de vivre, cette quête absurde, affamée, elle se privait pour contrôler en elle ce trop-plein d’âme, elle vidait son corps de ce désir indécent qui la dévorait, qu’il fallait faire taire.

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marina53marina5319 juillet 2012
Elle n'avait plus de place pour exister, dans le regard de ses parents, dans ce désir de leur plaire, dans cette quête de réussite, de perfection qu'elle avait faite sienne. Au début, elle voulait simplement rétrécir un peu, pour se soustraire à cette emprise, et puis un jour elle avait voulu disparaître.
Parce que c'était tellement facile.
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