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Patrick Marcel (Traducteur)
EAN : 9782207256961
608 pages
Éditeur : Denoël (14/06/2007)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Il s'appelle Kane. Certains racontent qu'il est invincible, voire immortel ; que la pierre de sang qu'il porte au doigt lui confère un pouvoir surhumain. Il en est même pour affirmer qu’il aurait Jhaniikest, la sorcière ailée, pour maîtresse. Il s’appelle Kane et ne se reconnaît ni dieu, ni maître. Seuls ses rêves de conquêtes et d’aventures le mènent de par le monde. Et aucun de ceux qui l’ont affronté en combat singulier n’est plus là pour s’en vanter. Il s’appell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Apophis
  13 janvier 2016
Antiheroic Fantasy
Au panthéon de la Sword & Sorcery (catégorie de romans de fantasy mettant en scène de puissants épéistes confrontés à des sorciers ou autres forces surnaturelles, tout ça avec un maître-mot : Aventure), quatre titans surpassent de leur altière stature toutes les autres divinités : le premier est le cycle de Conan, de Robert E. Howard ; le second est le cycle des Epées de Fritz Leiber (voir ma critique du tome 1 de l’intégrale), mettant en scène les deux antihéros Fafhrd et le Souricier Gris ; le troisième est la série de nouvelles se déroulant sur le continent de Zothique, écrite par Clark Ashton Smith ; et le dernier est le cycle de Kane, dont je vais à présent vous parler, et qui est probablement le moins connu des quatre.
Le cycle de Kane comprend 3 romans complets, des nouvelles, un poème et un fragment de quatrième roman resté inachevé. Ce premier volume de l'intégrale comprend les deux premiers romans, la Pierre de Sang et La Croisade des Ténèbres. « .
Je vous sens sceptiques, voire goguenards… Vous êtes des vétérans de la Fantasy, vous avez tout lu ou presque, donc vous pensez avoir tout vu en matière de personnage hors-norme, qu'il soit héroïque ou un salaud sans coeur ? Détrompez-vous. Comme le dirait Ygrid, « Tu ne sais rien, Jon Snow ». Et en voici la preuve : la caractéristique d'un héros, c'est qu'il possède quelque chose qui le démarque du commun des mortels. Cela peut être un physique imposant, une volonté inébranlable, une science des armes insurpassable, une intelligence hors-norme. La caractéristique d'un antihéros dans la littérature de fantasy, voire au cinéma, dans les comics ou à la TV, c'est que bien souvent, il finit par faire plus de bien que de mal, ou qu'il effectue de bonnes actions avec des méthodes abominables, car contraires à la loi ou la morale (de Dexter au Punisher, vous avez le choix…).
Imaginez maintenant un personnage qui aurait la puissance physique et la carrure de Conan, la soif de sang de Stormbringer, l'habileté martiale de n'importe quel Champion Éternel de Moorcock, qui serait un leader-né comme Aragorn, avec une connaissance du monde ancien égale à celle de Gandalf, l'intelligence démoniaque de Moriarty, la connaissance des pratiques occultes de Ged ou de Pug, le sens politique d'un Lannister, et pour couronner le tout, qui ne pourrait mourir qu'au combat, pas de vieillesse, comme Connor ou Duncan McLeod…
Imaginez maintenant que ce personnage soit pire qu'immoral, qu'il soit complètement amoral. Il n'a ni dieu, ni maître, ou plutôt si, il en a un, et c'est lui-même. Ce personnage ne fait pas le bien. Jamais. Ni par hasard, ni contre son gré, ni en dépit des circonstances. Ja-mais. Il joue avec le sort du monde ou avec celui de royaumes, voire de continents entiers comme d'autres jouent avec les pièces d'un échiquier. La mort de centaines de milliers de soldats, même les siens, ne le trouble pas. Car sa soif de pouvoir, d'or et de meurtre ne connaît aucune limite.
C'est bon, vous imaginez ? Eh bien ce personnage, c'est Kane.
J'en entends qui se posent des questions : « je n'aime pas les personnages qui sont des surhommes, ton Kane, là, il paraît tellement surpuissant que je me demande où est l'intérêt de suivre ses aventures… ». Il y en a un, pourtant. Kane est un des personnages les plus hors-normes qu'ait jamais produit la Fantasy, mais il n'est pas invincible pour autant. Par contre, son profil très particulier fait que l'auteur peut mettre sur la table des enjeux qu'aucun personnage « normal » ne pourrait affronter. A personnage hors-norme, intrigues hors-normes, donc. En cela, le cycle de Kane se trouve au carrefour de la Sword & Sorcery et de la Fantasy épique ou de la « Fantasy politique » style Trône de Fer. Mais le cycle a aussi une autre influence, extrêmement nette, surtout dans le roman La Pierre de Sang : l'influence lovecraftienne. Il se trouve donc aussi, d'un autre point de vue, au carrefour de la Sword & Sorcery et du Fantastique / de la Science-Fantasy.
Tout le cycle, en plus d'un hommage à Howard, Leiber et Lovecraft, est aussi pétri d'influences Moorcockiennes fort agréables, c'est à signaler.
Examinons brièvement les deux romans de ce volume 1 de l'intégrale :
La Pierre de Sang
Kane manipule deux royaumes ennemis, les représentants dégénérés d'une des races qui dominaient la Terre pré-humaine, ainsi qu'une terrifiante Intelligence Artificielle (il n'y a pas d'autre mot) venue d'au-delà des étoiles et aux énormes pouvoirs. C'est un excellent texte, au carrefour de la Sword & Sorcery et de la science-fantasy, avec une surpuissante influence lovecraftienne. A signaler une fin très réussie. Un roman à fortement conseiller, sauf si le mélange des genres vous insupporte. Par contre, c'est un des plus beaux affrontements magie contre technologie qu'il m'ait été donné de voir.
La Croisade des Ténèbres
Beaucoup plus classique (quasi-complètement Sword & Sorcery), avec une influence lovecraftienne bien plus modeste, ce second roman voit Kane se servir d'une croisade religieuse maléfique pour tenter de s'emparer de tout un supercontinent, provoquant des centaines de milliers de morts et la chute de dizaines de royaumes dans le processus. Une fantasy politique de très haute volée, malheureusement un peu gâchée par une fin qui ne résout pas une question capitale.
Dans les deux romans, particulièrement le premier, le rythme est excellent, l'écriture très riche et haletante. A signaler une traduction magistrale de Patrick Marcel, a ceci près que ce dernier a (très) occasionnellement tendance à utiliser des termes inusités que 99 % des gens ne connaîtront pas et qui pourraient avantageusement être remplacés par des synonymes bien plus courants (un exemple, et loin d'être le pire : aumônière à la place de bourse). Pour tout dire, dans ces passages (heureusement extrêmement rares sur les 740 pages du bouquin), on est dangereusement proche de… Jean Sola. Étonnant lorsqu'on sait la façon dont les carrières de ces deux là sont liées au niveau de la traduction du trône de fer. Mais bon, je le répète, dans l'ensemble, la traduction est admirable.
Un dernier mot sur l'édition Folio : elle est pitoyable, et je pèse mes mots. L'impression est déplorable (bavures d'encre et effet de flou sur les lettres du fait d'un déplacement microscopique des têtes d'impression, et ce pratiquement sur une page sur 3, voire 2…), la couverture grotesque (le visage est juste un flou rouge, la hache ridicule pour qui s'y connaît un minimum en matière d'armes blanches, etc). Ces problèmes d'impression sont, d'après ce que j'en sais, assez récurrents dans cette collection (j'en possède heureusement assez peu), et quant à la couverture, elle fait vraiment pâle figure face à celles de certaines éditions américaines.
EN RÉSUMÉ
Un des joyaux de la sword & sorcery, mais pas que. Au carrefour de la fantasy, de la science-fantasy et du fantastique lovecraftien, ces romans puissants sont à lire par tout amateur de littérature de genre. L'écriture, magistrale, la traduction, excellente, l'ampleur des intrigues, cyclopéenne, la stature de l'antihéros Kane, dépassant toutes les normes, concourent à en faire une oeuvre à lire impérativement par tout amateur sérieux de fantasy. Mais attention si vous détestez le mélange des genres, la mystique lovecraftienne, les antihéros ou les scènes brutales, ce n'est en aucun cas de la Fantasy pour vous, vous êtes prévenus.
Lien : https://lecultedapophis.word..
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Goupilpm
  20 février 2018
Ce premier opus de l'intégrale des oeuvres de Karl Edward Wagner comporte deux romans : La pierre de sang éditée en 1975 et La croisade des ténèbres qui est sortie en 1976.
Dans le premier roman, Kane, le héros joue un double jeu en dressant deux royaumes l'un contre l'autre dans le but de s'emparer des terres à son profit. Après avoir trouvé une bague ancienne qui lui permet de manipuler les représentants dégénérés d'une race ancienne qui dominait dans le passé une terre pré-humaine, mais aussi de contrôler apparemment une Intelligence Artificielle d'origine extra-terrestre il va s'attaquer aux deux royaumes après qu'ils aient eux même livrés bataille. Mais Kane ne se rend pas compte que c'est l'AI qui le contrôle mais non l'inverse.
Un premier récit au carrefour de la Sword and Sorcery et de la science fantasy où l'affrontement entre la magie et la technique n'est pas inintéressant malgré certaines longueurs qui ne sont pas toujours directement en relation avec l'intrigue elle-même.
Le deuxième roman de ce premier tome des aventures de Kane, hormis sa présence,est totalement indépendant du premier opus de l'intégrale.
Grâce aux sympathies de la population, un ancien pillard dirige la cité d'Ingoldi sous le nom d'Ortéde Ak-Ceddi prophète du culte démonique de Sataki une divinité maléfique qui fait régner la terreur dans le royaume. Kane suite à une intrigue de palais doit fuir Sandotnéri où il occupait le poste de général des armées. Pour se venger du nouveau général Jarvo, il propose à Ortéde ses services pour créer une véritable armée pour conquérir les terres du sud. Une proposition qui n'est pas totalement désintéressée car une fois de plus il voudrait s'emparer des terres conquises et renverser Ortéde, mais tout ne va pas se passer comme il le prévoyait.
Cette deuxième histoire est plus classique que la première et s'approche plus de l'héroïc-fantasy que de la Sword and Sorcery même si les démons sont bien présents dans ce récit matinée du touche lovecraftienne. Ici le rythme est plus rapide, les combats fort bien maîtrisés, les renversements de situation plus nombreux et les différents protagonistes de premier plan tous aussi fourbe que le héros. L'ambiance de cauchemar totalitaire du culte sataniste est fort bien rendue, pesante à souhait. Si tout comme dans le premier récit les trahisons et les coups de théâtre sont nombreux et spectaculaires, la galerie de personnages est moins fournie, le destin du général Jarvo et les démêlés de Kane avec le prophète de Sataki sont plus plaisants à suivre car il y a moins de longueurs. Ce récit plus direct et les nombreux combats de masse qui s'y déroule donnent une dynamique de lecture plus nerveuse.
Kane est un héros qui tranche considérablement avec les héros d'Howard et de Leiber qui combattent le mal. Il se rapproche à de nombreux détails près du personnage de Moorcock, totalement immoral il veut toujours être le meilleur n'hésitant pas à employer n'importe quels moyens et pactisant même avec le chaos pour y parvenir.
Dans ces deux premiers opus les personnages de premier plan se révèlent majoritairement tout aussi diaboliques que le héros. On est dans une fantasy vieillissante et hormis ceux ayant un rôle primordial dans le récit, les personnages secondaires sont peu développés au plan psychologique et ne sont là que pour mettre en valeur un héros, si l'on peut vraiment le considérer de cette manière.
L'écriture est très riche, utilisant des termes peu usités de nos jours tirés du moyen-âge, ce qui pourrait gêner certains lecteurs. le style de l'auteur s'avère très descriptif on n'échappe pas à quelques longueurs parfois légèrement indigestes dans les moments où l'action n'est pas présente.
Au final, à l'instar des grands noms des précurseurs de la fantasy, l'oeuvre de Karl Edward Wagner est magistrale : elle est à découvrir pour les plus mordus de la fantasy, mais pourra toutefois rebuter les lecteurs moins passionnés du mélange des genres.


Lien : http://imaginaire-chronique...
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Gonavon
  30 juin 2020
LE LIVRE :
Un bel objet, bien maniable, avec rabats. le texte est bien mis en page, aucune erreur sauf pour un l minuscule en début de phrase. Une traduction somme toute compétente et bien écrite. La couverture est prône aux marques, mais le noir les cache plutôt bien. le dos n'a aucun pli permanent après une lecture. Un livre qui en vaut le prix, je dirais.
LE TEXTE :
La Pierre de sang
Je ne suis pas sûr quoi penser de Wagner en tant qu'écrivain. En tant que personne, je dirais qu'il m'apparait fort intelligent et cultivé, mature. Mais en termes d'écrivain, sa plume apparait plutôt immature, et a des faiblesses majeures; son style se cherche encore. Il dit au lieu de montrer, il répète souvent les mêmes termes et adjectifs (coruscant), il manque de peaufinage et de consistance, le rythme n'est pas le meilleur. Et pourtant, il est capable de moments singuliers et absolument brillants (quand Kane active Pierre de sang, une des meilleures descriptions que j'aie lues de ma vie), de descriptions riches et texturées (si rarement utilisées, pourtant, laissant un syndrome de chambre blanche pour le reste des scènes), de tournures de phrases succinctes et sublimes, de verve pure et forte qui aveugle et laisse abasourdi.
Il a du talent, je ne le nierai pas, et il est meilleur raconteur et écrivain que beaucoup de gens dans le domaine. Mais il n'arrive pas à mes attentes, il manque un quelque chose. Pierre de sang n'est pas une mauvaise histoire, mais elle manque un hook, elle manque l'intérêt de la lire, la verve, la motivation, la force derrière le récit. Car Kane est un héros blasé, immortel, dans une vague quête pour se divertir pendant un temps. Les idées sont bonnes, mais l'exécution manque un peu souffle. Les conflits sont hauts, mais les raisons du conflit sont basses, et donc c'est dur de vraiment s'attacher. D'autant plus que les personnages sont assez banals et que les paysages sont peu nombreux et similaires.
J'aime l'idée de Pierre de sang; j'aime la mythologie de Kranor-Rill; j'aime l'idée des scènes de combats; j'aime le conflit de Kane vers la fin, mais je ne suis pas tombé amoureux des ingrédients tels qu'incorporés à la recette finale. Et c'est décevant, parce que j'avais beaucoup d'espoir en Wagner. Il est loin d'être un mauvais écrivain, mais ce premier roman m'a laissé un peu froid et ambivalent. À part quelques moments précis, ce n'était rien qui sorte de l'ordinaire, de la norme la plus normale qui soit. Kane n'était pas non plus très attachant comme personnage, et ceux secondaires, bien que pas horribles, n'ont pas pu le faire non plus pour moi.
La Croisade des ténèbres :
Je ne dirais pas que ce roman est meilleur que pierre de sang. Il a d'autres forces et faiblesses, mais je les coterais également. C'est une histoire plus militaire, cette fois, et les batailles, comme dans Pierre de sang, j'ai trouvées ennuyeuses et trop longues. Il n'y a pas la même verve et énergie que dans, disons, Conan, où les scènes d'action font vraiment pomper le sang. le reste du roman est assez standard, sans grandes fautes mais sans grandes qualités non plus. Et ça n'aide pas que la fin soit très abrupte et ne résolve que l'histoire de Kane, laissant en suspens tous les autres éléments de l'histoire. Et comme dans Pierre de sang, Kane n'était pas particulièrement attachant comme personnage. Tout était très gris et sans relief, sans hook, comme je l'ai dit, sans réelle raison de vouloir continuer à lire.
PLAISIR DE LECTURE :
Assez haut, mais je n'ai jamais été emballé ou vraiment accroché. La lecture a passé très vite, le style coule bien et c'est facile à lire. Mais je m'arrête après ce premier tome de la collection. J'ai entendu de bonnes choses quant aux deux autres, mais je n'ai pas la volonté de continuer, ni de me procurer ces livres plutôt rares qui me coûtent trop cher à faire importer. Je recommande les histoires de Kane à tout fan d'Épée et Sorcellerie classique, ça fait une bonne lecture.
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Philemont
  20 décembre 2012
Kane est un personnage complexe. du barbare il a la force physique, de l'érudit les connaissances empiriques, du sorcier les compétences techniques. Toutes ces qualités il les met au service de lui-même, et uniquement de lui-même, pour assouvir ses aspirations au pouvoir. Avec un tel personnage, on pense donc inévitablement à Conan, aussi bien qu'à Elric ou encore à Saroumane, voire à Sauron.
On sait peu de choses sur Kane, mais incidemment on apprend qu'il évolue depuis des siècles dans un vaste univers composé de trois grands continents sur lesquels sont disséminées des cités-états dont l'occupation principale est la surveillance de ses voisins, si ce n'est de leur faire la guerre. Il s'agit donc d'un terrain idéal pour un tel personnage qui emploie sa force et son intelligence dans le cadre de machinations politiques qui vireront inévitablement à l'affrontement brutal. Et quand il ne demeure pas dans les villes ou villages, il croise dans les forêts et autres marais de son monde des créatures peu recommandables qu'il n'a guère de mal à tuer, ou à utiliser à ses fins personnelles.
Quasi inconnu jusqu'alors en France (seule une nouvelle avait été traduite et publiée dans l'anthologie de Marc DUVEAU le monde des chimères, Presses Pocket, 1981), Kane c'est aujourd'hui une intégrale en trois tomes réunissant les trois romans, quinze nouvelles et deux poèmes où le singulier personnage est mis en scène. Les deux premiers romans sont au sommaire du premier volume.
La pierre de sang (Bloodstone, 1975)
Kane cherche à s'approprier la puissance d'une race disparue et oubliée dans un vaste marécage des Territoires du Sud. Pour cela il s'appuie sur la rivalité de deux cités-états de la région, jouant double jeu en proposant ses services à l'une et à l'autre des deux villes. Ce faisant il obtient la logistique nécessaire à la réalisation de ses projets mais compte bien utiliser le résultat de ses efforts contre ceux-là même qui l'ont aidé sans savoir ce qu'ils faisaient…
La croisade des ténèbres (Dark Crusade, 1976)
Au sud du Grand Continent septentrional, le Chapelli voit émerger un culte qui a la capacité de faire retourner les ombres contre leurs propriétaires. Kane, dont les machinations sont découvertes dans l'une des villes de la région, voit là l'occasion de fuir tout en ayant un nouvel objectif à atteindre : se rendre maître de cette sombre puissance…
Avec ces deux premiers romans, le lecteur trouve donc deux histoires simples à classer dans l'Heroic Fantasy dans ce qu'elle peut produire de plus classique. Kane occupe bien entendu le devant de la scène, en dépit de son statut de personnage machiavélique. On rencontre également de nombreux autres personnages, la plupart hauts en couleur, mais peu originaux dans ce genre littéraire. Notons toutefois la propension de Karl Edward WAGNER à opposer à Kane des personnages féminins aux caractères forts, ceux-ci semblant être les seuls capables de venir à bout du héros, tout du moins à freiner ses ambitions.
Il y a donc peu d'originalité à rechercher dans les deux romans. On peut aussi regretter un vocabulaire parfois alambiqué et répétitif, surtout dans La pierre de sang, et des images aussi fortes que caricaturales, surtout dans La croisade des ténèbres. Néanmoins, les histoires narrées sont bien construites et certaines des idées développées sont intéressantes, comme le parallèle qui est fait entre la science et la sorcellerie. C'est pourquoi les deux récits se lisent sans déplaisir et contenteront à coup sûr les adeptes d'une Heroic Fantasy traditionnelle, ainsi que ceux qui apprécient les personnages ambigus.
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mauriceandre
  27 janvier 2015
On l'appelle Kane, aucun de ceux qui l'ont affronté en combat singulier n'est encore la pour s'en vanter, certains racontent qu'il est Immortel mais personne ne connait ses secrets.
Il n'a ni Dieu ni Maître, seule sont ambition le mène mais c'est aussi un érudit qui cherche des artefacts aux pouvoirs immense pour conquérir le monde, aussi quand il s'empare de la Pierre de Sang croit-il avoir atteint son but.
Mais qui de la Pierre ou du Guerrier mène la danse ?
C'est en lisant le premier roman de cette intégrale que vous le saurez.
Bon roman, avec un héros qui oscille entre le bien et le mal et fini par tombés du coté obscurs mais qui parviendra à s'en affranchir après de nombreuses aventures.
Dans le deuxième roman il va s'associer avec un demi-dieu pour conquérir un empire mais leur but ultime ne sont pas les mêmes et c'est brisé et meurtris qu'il va se retrouver dans une autre dimension ou il devra essayer de survivre
Je ne connaissais pas cet auteur et son oeuvre et j'avoue que j'ai aimé certains passages et d'autre moins, son héros m'a tout de suite fait penser au héros de Robert E. Howard, Conan le Barbare, et c'est après que j'ai lu dans la préface qu'il revendiquait ces influences.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   28 décembre 2016
Ces lamies d'énergie torturée se précipitaient à travers les brumes grasses — des yeux nus, silencieux, aux regards en lacs de flammes. Ils se comptaient par myriades, mais ne portaient aucune arme, sinon leurs membres tendus qui flambaient d'un feu ondoyant. S'ébrouant de sa chape de peur, l'armée de Dribeck attendit cette nouvelle horreur ; mille visages résolus se préparèrent à découvrir si l'acier pourrait leur permettre de dominer ces spectres terribles d'un mal ancien.
En une vague soudaine, ils déferlèrent sur les hommes saisis de stupeur, grotesque écume d'ombres, émeraudes veinées d'écarlate. Les épées frappèrent et plongèrent dans leur macabre avant-garde. Les corps qui semblaient fantomatiques se révélèrent matériels. Les lames en quête rencontrèrent une résistance, bien que ce ne fût pas le contact de la chair. L'acier trancha les figures spectrales avec une écœurante impression de gelée collante — une substance répugnante, où les os ne semblaient que des tendons, une humeur dont la consistance suggérait la coagulation inimaginable d'une brume malsaine. Des fantômes exsangues, aux membres dotés d'une force caoutchouteuse, de crocs et de griffes pareils à de la corne aiguisée.
Les créatures d'ombre ne mouraient pas.
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OlivOliv   31 décembre 2016
— Mais pouvons-nous lui faire confiance ? protesta Alain.
— Nous pouvons lui faire confiance, pour la même raison qu'il doit nous faire confiance, répondit Kane. Parce que chacun de nous dépend de l'autre, s'il veut rester en vie.
Il s'arrêta, en se souvenant.
— Il fut un temps où je suis entré dans une taverne pour tuer un homme. Nous étions rivaux, ennemis de sang — ayant juré de tuer l'autre à vue. Il était habile ; je n'ai pas pu l'éliminer immédiatement. Pendant que nous nous battions, la taverne a été encerclée, la garde municipale a fait irruption. Ils avaient juré de nous tuer à vue, tous les deux. Et donc, nous avons lutté dos à dos, lui et moi — pendant que les gardes s'acharnaient contre nous deux. Aucun de nous ne redoutait une traîtrise de l'autre, car les gardes auraient abattu instantanément celui de nous deux qui se serait retrouvé seul. Nous en avons tué peut-être vingt, avant que la poignée qui restait rompe les rangs et s'enfuie.
— Et après ça ? insista Alain.
— Après, dit Kane en souriant à ce souvenir, je l'ai tué.
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ApophisApophis   14 janvier 2016
La nuit était sans nuages, les étoiles froides et brillantes. Cependant, il semblait à Erill qu'une légion d'ombres paradait en travers des cieux, se contorsionnait contre la lune blafarde. Descendant en spirale du gouffre de la nuit, venues de plus loin que les étoiles, les ombres dansaient et se coulaient, s'insinuaient derrière Erill comme une meute infernale, tandis qu'elle suivait les rues et les venelles tortueuses de Gilléra.
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OlivOliv   29 décembre 2016
Kane jeta l'or aux quatre vents, et de terres au-delà du Chapelli, des hommes répondirent à son appel.
— D'après ce que j'ai vu de votre armée, annonça Kane, je vais devoir m'appuyer fortement sur des troupes mercenaires, pour la cavalerie. Il y a des limites à ce que l'on peut obtenir, en termes de temps et d'entraînement. J'espère bien que certains pourront devenir des hallebardiers efficaces.
— Ce sont les Enfants de Sataki ! fulmina Ortède sur un ton dangereux.
— C'est de la racaille, répondit Kane. Je ne peux forger une épée à partir de boue et d'excréments.
— Vos mercenaires ne seront pas de vrais croyants ! tonna le Prophète.
— Ce seront des soldats ; cela suffit, répliqua Kane. Quant à leur religion, ils croiront tout ce que vous les paierez pour croire. Une épée n'a pas d'âme.
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OlivOliv   26 décembre 2016
— Le cristal serait donc resté en sommeil, jusqu'à ce que Kranor-Rill finisse d'engloutir ces ruines oubliées ! s'exclama Térès, ébahie. Quelle folie vous a poussé à réveiller cette relique maléfique du monde ancien ?
Kane répondit par un rire sarcastique.
— Vous parlez de mal ? Pierre-de-sang existe au-delà des concepts humains du Bien et du Mal. Le cristal d'ailleurs est un point focal de l'énergie cosmique ; en tant que tel, Pierre-de-sang est la clé d'une puissance qui dépasse l'entendement humain. J'ai l'intention de libérer cette puissance, de l'employer à mes propres fins. Dans cette ambition, je ne suis pas plus un "maître du mal" que n'importe quel autre conquérant — toujours diabolisé par ses ennemis et divinisés par ses fidèles.
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