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EAN : 9782845472136
302 pages
H & O Editions (20/05/2010)
4.07/5   7 notes
Résumé :
Avec plus de 50 milliards de dollars en titres, des réserves en or qui dépassent celles de nombreuses nations industrialisées, des biens immobiliers dont la surface totale est supérieure à celles de plusieurs pays et des palais contenant les plus grands trésors artistiques, les richesses de l'Eglise catholique sont immenses. Pourtant, en 1929, le Vatican est au bord de la ruine. C'est alors que le pape Pie XI décide de signer un Traité avec le dirigeant fasciste Ben... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Alors que tous les premiers évêques de Rome étaient morts en martyrs, le 32e, Miltiade se retrouve convoqué un jour par l'empereur Constantin. Alors qu'il s'attend à subir le même sort, le voilà au contraire reçu avec tous les honneurs. Pour remplacer ses guenilles, on le revêt de riches atours. On lui offre une première belle demeure puis une seconde. Il est même question de construire une basilique sur l'emplacement de la tombe de Simon Pierre. En effet, Constantin vient subitement de se convertir suite à un miracle sur le champ de bataille. Il veut faire du christianisme la nouvelle religion d'Etat, voilà pourquoi il comble d'honneurs ce pauvre Miltiade qui de « père » des chrétiens (« papa ») devient ainsi « Pontifex Maximus » (« Grand Pontife »), c'est-à-dire « Pape » avec toutes les nouvelles prérogatives et les nouveaux honneurs y afférant… Quelques siècles plus tard, au Moyen-Âge, le Vatican a accumulé une fortune considérable. Rien qu'en Sicile et en Calabre, ses revenus annuels s'élèvent à 35 000 florins d'or. La papauté possède ainsi d'immenses propriétés et même des villes qui doivent lui verser l'impôt. Mais en 1929, l'Eglise est complètement ruinée. Les révolutions sont passées par là (Garibaldi en Italie), plus de terres, plus d'impôts. Les caisses sont vides. le Palais du Latran tombe en ruines, les toitures prennent l'eau, des rats courent un peu partout. Pie XI, alors âgé de 71 ans, en est réduit à signer un Concordat avec Mussolini, sorte de nouveau pacte avec le diable. En compensation des pertes de territoires, il obtient une somme de 90 millions de dollars en espèces et en bons du Trésor ainsi que le versement du salaire des prêtres. Il en signera ensuite un second tout aussi avantageux avec Hitler…
« Les dossiers noirs du Vatican » sont une enquête historique et journalistique très sérieuse sur les aspects cachés et les compromissions du Vatican depuis Miltiade jusqu'à Jean-Paul II. Depuis l'instauration d'une religion d'Etat, donc une alliance permanente avec le pouvoir quel qu'il soit (« le sabre et le goupillon »), jusqu'à des dérives de plus en plus inquiétantes. le soutien des Etats devenant défaillant au sortir de la seconde guerre mondiale, le Vatican dut se reconvertir dans les « affaires » pas forcément très « catholiques » (Banque du Vatican), confier ses intérêts à des personnages de plus en plus douteux et finalement tomber entre les mains de la Mafia. Un seul exemple à titre d'illustration : la Banque du Vatican déclare un déficit de 78 millions de dollars alors que ses avoirs seraient de plus de 10 milliards de dollars (selon certaines estimations). le livre décortique bien toutes sortes d'affaires peu ragoûtantes comme celles de Licio Gelli, de la loge P2, de la banque Ambrosiano, mais également de la mort très suspecte de Jean-Paul Ier qui fut sans doute empoisonné alors qu'il voulait mettre fin avec la collaboration mafieuse, sans oublier tous les scandales de prêtres ou de prélats pédophiles. L'enquête s'arrête au pontificat de Jean-Paul II dont l'image de « saint » en est un brin écornée (affaire Marcinkus). Et la situation est loin de s'être amendée depuis ! L'auteur ne présente que des faits avérés. le lecteur pourra même lire en annexes les textes complets des deux Concordats. Aussi intéressant que désolant.
Lien : http://www.bernardviallet.fr
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
En 1977, avant sa mort, le pape Paul VI déclare : « La fumée de Satan a pénétré dans l’Eglise, elle se trouve autour de l’autel. » Quand exactement Satan est-il entré dans le sanctuaire sacré de l’Eglise catholique romaine ? Quand les portes du Paradis ont-elles cédé devant lui. Certains prétendent que cela s’est produit au moment de la signature des Accords du Latran, le 22 février 1929. D’autres évoquent une date bien antérieure – un matin ensoleillé d’octobre 312, le jour où Miltiade, archevêque de Rome, vieux et faible, s’agenouille devant l’empereur Constantin et reçoit le titre de Pontifex Maximus, assorti de la promesse de richesses infinies.
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Pie XI n’aime pas Mussolini et il ne lui fait pas confiance. Il voit clair dans toute cette mascarade de la piété, dans cette façon de jouer à l’enfant fidèle de l’Église. En privé, il traite souvent le dictateur de « fils du Diable ». Mais il cède pourtant à la troisième tentation, la plus terrible. Il doit céder à la volonté du Duce et bénir l’État fasciste pour le bien du monde et de toutes ses richesses. Le Christ pourrait rejeter une offre pareille mais pas lui, son vicaire. Refuser, ce serait aller à la ruine.
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Le Saint-Siège se retrouve à pratiquer l’usure, et l’usure représente l’un des péchés les plus graves dans la tradition catholique.
« L’usure », écrit Saint Ambroise, « c’est tout ce qui s’ajoute au capital ». Gratien se sert de cette définition dans son ébauche du droit canon de l’Église. Toucher des intérêts sur des prêts ou des investissements est une pratique que condamnent différents conciles, celui de Nicée (324), de Carthage (371), d’Orléans (538) et de Clichy (626). Le canon 36 du Concile d’Aix, en 789, confirme cette règle et le troisième Concile du Latran (1179) déclare que « les usuriers n’ont pas le droit de communier et s’ils meurent, ils n’ont pas droit à un enterrement chrétien ; les prêtres ne doivent pas accepter leurs aumônes ».
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« Dans toutes les banques, les portes des coffres s’ouvrent à droite », déclare un jour Licio Gelli. Il veut évoquer l’enthousiasme des biens nantis quand il s’agit de financer le genre d’activités de droite qu’il orchestre, lui, Gelli le Marionnettiste.
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Bien que l’encyclique maintienne l’hostilité traditionnelle des catholiques envers les Juifs en tant que peuple, aveuglés qu’ils sont par leur rêve de « conquête temporelle et de succès matériel », elle réclame que l’on porte attention à leur situation dramatique en disant : « On leur refuse la protection de la loi contre la violence et le vol, l’insulte et la honte les guettent, on va jusqu’à attacher la flétrissure du crime à des personnes jusqu’à ce jour scrupuleusement respectueuses de la Loi de leur pays. Ceux-là même qui ont combattu vaillamment pour la patrie sont traités comme des traîtres ; les enfants de ceux qui sont tombés sur le champ de bataille deviennent, par le seul fait de leur parenté, des hors-la-loi. »
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