AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782213699622
307 pages
Éditeur : Fayard (13/01/2016)

Note moyenne : 3.23/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Justine est née une deuxième fois à l’âge de cinq ans, au sortir d’un coma qui l’a laissée amnésique. Dans la poussière et le vacarme du Caire, pour l’aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Évangiles, pleurer des siècles plus tard la chute de l’empire chrétien d’Orient, et qui refuse, que ce soit en français ou en arabe, de prononcer certains mots, parmi lesquels « mère » et « Li... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nadiouchka
  16 janvier 2019
Justine est née une seconde fois à cinq ans au sortir d'un coma dans le livre de Hyam Yared « Tout est halluciné » : « J'ai ouvert les yeux à cinq ans sur une forme dans la plafond blanc de ma chambre : la tête de mon père. On aurait dit un bas-relief. (…) Pour le rassurer, je finis par le reconnaître. » (p.13)
Si elle s'appelle Justine, son père le lui explique ainsi : « Tu comprends mieux ton prénom ? C'est moi qui l'ai choisi, Justine pour Justinien, empereur mille fois saint à qui l'Empire byzantin doit beaucoup. » (p.29)
Le récit est plus qu' intéressant car vaste, étant donné le contexte, il s'agit surtout de mémoire, d'Histoire, de religion qui est quasi permanente.
Pour reconstituer ses souvenirs, Justine n'ayant plus de mère, ne peut plus compter que sur son père. Mais celui-ci lui interdit de prononcer certains mots comme « mère » ou « Liban » qui est pourtant leur pays d'origine. Elle va donc devoir combler elle-même tous les blancs des années effacées de sa mémoire.
L'auteure, au-delà de Justine, parle finalement surtout de la mémoire d'un peuple qui essaie de se frayer un chemin. le père de Justine, un chrétien grec, orthodoxe, mythomane et arabophobe, restaure des icônes et son désir est de ressusciter l'empire byzantin. Il ne va pas aider sa fille qui va être obligée de reconstituer elle-même tout le puzzle de son histoire familiale. Sa tante Mado, une veuve handicapée, l'aide avec tendresse et avec des livres – surtout des dictionnaires.
On rencontre Samar (victime de violences familiales) – Thierry le rouquin – Mehdi (amoureux en secret de Samar) – Dalal (Palestinienne du Liban, nostalgique de Nasser)…
Petit à petit, Justine va échapper à l'influence négative de son père et partir faire des études de lettres au Liban.
Comme écrit sur la quatrième de couverture : « Des rêves d'émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d'Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d'explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde. »
Avec cette lecture, mon avis devenait plutôt mitigé : touchée par Justine mais agacée par son père à la limite despote. Mais je n'ai pas voulu « lâcher » car j'étais certaine de trouver des indications très intéressantes. Bien m'en a pris. Ce qui ressort est la problématique des origines, toute l'Histoire du Moyen-Orient de l'empire byzantin, allant jusqu'au printemps arabe.
Et justement, chaque personnage contient un morceau de cette Histoire.
Pour ce roman très dense et très documenté, j'ai remarqué ces quelques mots de Dominique Baillon-Lalande : « Une fresque impressionnante, passionnante et émouvante à découvrir absolument. »
Par contre, là où j'ai été un peu gênée, c'est parce qu'il y a de nombreux mots compliqués (arabes) qui parsèment allègrement tout le texte. Pour la plupart du temps, ils sont traduits en bas de page mais pas tous, alors on devine ou on essaie.
Au final, de dois reconnaître que ce fut une agréable lecture par ses personnages touchants et par les événements historiques. Je ne résiste pas à la tentation de dire que la dernière partie : « La révélation », une lettre du père de Justine à sa fille, une lettre qu'elle avait oubliée dans une poche et ne voulait pas lire, nous offre une grande émotion, « une révélation » effectivement et on revoit sa copie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          412
Martin1972
  20 mars 2016
Je souhaite remercier Babelio et les Editions Fayard de m'avoir envoyé ce livre dans le cadre de l'opération Masse Critique.
Un magnifique livre sur l'émancipation.
J'ai passé un agréable moment avec ce livre.
Tout est halluciné, un très beau roman que je vous conseille.

Commenter  J’apprécie          130
TeaCup
  14 mars 2016
Un roman intéressant avec des thématiques fortes. Ce roman aborde une histoire familiale à trous qu'une petite fille essaie de compléter, de comprendre sans en avoir les clés. Son père un personnage étrange, assez trouble totalement en dehors de la réalité qui refuse d'expliquer, de l'aider à grandir quelque part en lui cachant tout en lui donnant une vision modifiée, tronquée de la réalité.
J'ai eu beaucoup de mal à me faire à l'ambiance du roman, à rentrer dans cette histoire particulière. Au départ voir une enfant de 5 ans parler de "bas relief" déjà j'ai complètement bloquée, j'ai hésité un moment : une adulte qui raconte son passé ? une petite fille très cultivée? le doute flotte un moment et ça ne m'a pas aidé à m'immerger dans le roman. le personnage du père assez mutique, un peu fou, buté et en dehors de la réalité. On ouvre de grands yeux, on se demande où on va ce qu'il cache, s'il est simplement fou si ??? Petit à petit les réponses arrivent et j'ai trouvé la thématique, les sujets et la culture qui révèlent assez fascinants.
Ma critique globale reste que j'ai quand même eu du mal à me sentir proche des personnages un moment a cause d'un livre un peu long et d'un démarrage assez lent, les infos sont un peu redondantes. C'est dommage, j'aurais aimé arriver à me situer plus vite et à embarquer plus loin même si le dévoilement est progressif. le style est très soigné, on a des éléments qui m'ont rappelé le Caire, je ne connais pas le Liban mais ce Liban qui reste longtemps en non dits est très intriguant.
Voilà un beau sujet, un livre intriguant avec une forte atmosphère (presque plombante) un sujet fort et difficile,peut-êtrepas une lecture facile à la portée de tous car il faut le temps d'apprivoiser ce roman, mais ça reste une expérience de lecture intéressante.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Birette
  28 mars 2016
A part quelques passages intéressants, j'ai trouvé ce livre long et ennuyeux.
Commenter  J’apprécie          00
Liloochat
  16 mars 2016
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   20 janvier 2019
Quel printemps ? C’est bien une idée de l’Occident , ça, de vulgariser un tournant de l’histoire par des appellations pour jardinières d’enfants. Houli houla le printemps arrive, blabli blabla le printemps est là… tu te souviens de cette comptine ? (…) Bref, printemps ne rime à rien. Ce n’est pas printemps qu’il faut dire, mais année 1 de notre calendrier révolutionnaire, année de toutes les années, cruciale, irréversible, inespérée. A côté, l’avènement du Christ n’est rien.
P.252
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          160
nadiouchkanadiouchka   14 juin 2019
Tout vaut mieux que cette notion d’Arabe à laquelle nous ont amalgamés ceux qui ont eu tout intérêt à nous homogénéiser. Et pourquoi pas nous ranger sous la bannière de barbares, tant qu’à faire ? Pfff, comme s’ils faisaient la différence. Nous sommes des Levantins, ma fille, des Levantins depuis la nuit des temps. Si tu penses que tous les pays de cette région ont été délimités au sortir de la Première Guerre Mondiale dans le respect des particularités de ce Levant-là, tu te trompes. Dis-toi que tout ce qui est survenu ensuite n’est que le fruit d’un colonialisme éhonté.
P.96
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
nadiouchkanadiouchka   16 janvier 2019
Il ne faut pas voir la réalité telle que je suis.
Paul Eluard

C’est vivre et mourir qui sont des solutions imaginaires
André Breton
Commenter  J’apprécie          90
eckmuhleckmuhl   20 avril 2016
"Justine Notaras ? Vous êtes Justine Notaras ?"
"Heu oui..."
"Votre roman, je l'ai lu...et..."
Il avait plongé son regard dans le mien pour enchaîner : "et je ne l'imaginais pas issu d'une aussi belle plante."
Belle plante toi-même. Je lui avais presque tourné le dos en guise de réponse. Mauvaise approche. Mauvaise pioche. "Belle plante" m'avait agacé. Qui a un jour imaginé Deleuze ou Sartre en roseau ? Camus en grimpant ? Pessoa en bouleau ? Leurs oeuvres issues d'un peuplier ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          11
SharonSharon   18 janvier 2016
Il faut des frontières à tout, même à la liberté, si tu ne veux pas sombrer dans la négation de ton identité, dans un non-lieu par lequel tu seras inévitablement agressée.
Commenter  J’apprécie          40

Video de Hyam Yared Schoucair (2) Voir plusAjouter une vidéo

Hyam Yared : L'armoire des ombres
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Hyam YARED pour son roman "L'armoire des ombres". L'auteure y aborde le poids des traditions, au-delà des apparences trompeuses de la femme « libérée » libanaise.
autres livres classés : libanVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Jésus qui est-il ?

Jésus était-il vraiment Juif ?

Oui
Non
Plutôt Zen
Catholique

10 questions
1344 lecteurs ont répondu
Thèmes : christianisme , religion , bibleCréer un quiz sur ce livre