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Babelio défie la rentrée littéraire


Avez-vous déjà lu... toute la rentrée littéraire ?

Impossible, dites-vous ? Pas si sûr...

Cette année encore, Babelio vous propose de mettre la main à la pâte pour participer à un grand défi collectif : critiquer l'intégralité de la rentrée littéraire.

Le principe est simple : vous trouverez sur cette page la liste de tous les livres qui paraissent à l'occasion de la rentrée 2018, classés par état : ceux déjà critiqués sur Babelio et ceux qui ne le sont pas encore. Ensuite, il s'agit simplement de vous faire plaisir en critiquant les ouvrages de votre choix, tout en essayant de vous concentrer sur ceux qui n'ont pas encore été critiqués.

Que vous en lisiez un, deux, ou trente, chaque critique compte. L’an dernier, nous avions critiqué 85% de la rentrée. Tous ensemble, nous parviendrons peut-être à faire mieux cette année !

Pour échanger sur vos choix d'ouvrages, partager vos avis et plus généralement parler ensemble du défi, n'hésitez pas à rejoindre le groupe de discussion dédié.

Parés pour l'aventure ?

NB : Certains de ces livres seront présents dans l’opération Masse Critique de rentrée, mais pour le reste, on compte sur vos lectures personnelles !


LES TITRES DE LA RENTREE DÉJÀ CHRONIQUÉS (325) Voir plus

ILS ATTENDENT LEUR PREMIERE CRITIQUE (239) Voir plus

Critiques et avis
Les jours de silence
  24 septembre 2018
Les jours de silence de Phillip Lewis
C'est l'histoire d'un fils fasciné par son père qui, lui, est fasciné par la littérature dans l'Amérique profonde, en Caroline du Nord. Les protagonistes sont des intellectuels qui vivent dans un environnement rural où les livres n'ont pas vraiment de place mais où l'emprise de la religion est très forte. L'amour de la lecture est au centre de ce récit mais il y a aussi la beauté des paysages, l'amour filial, la solitude et l'alcoolisme. Il n‘y a pas manque d'amour dans cette famille mais chaque personnage vit enfermé dans sa propre solitude. La chape de mélancolie qui les recouvre les empêche de communiquer.

C'est un livre sur la difficulté d'écrire. Que faire quand on a consacré toute sa vie à l'écriture d'un livre, que pour cela on a lu tous les plus grands auteurs et qu'on arrive jamais à les égaler? La littérature suffit-elle pour vivre?

C'est aussi un livre sur l'amour de son pays d'origine et aussi son rejet.

Sans rebondissements spectaculaires mais par une subtile alternance du passé et du présent, avec en accompagnement musical les grands classiques et beaucoup de références littéraires, ce beau roman initiatique m'a entraîné dans les magnifiques paysages sauvages et envoûtants des Appalaches. Un texte que je garderai longtemps en mémoire.

Comme c'est souvent le cas dans un premier roman, l'auteur a voulu en mettre un peu trop. L'histoire de Story aurait pu faire l'objet d'un autre récit, elle généralise le propos de l'auteur mais je trouve que ça l'alourdit sans raison.

A noter un bel hommage de l'auteur aux avocats, et particulièrement à ceux des modestes cabinets juridiques de campagne (Phillip Lewis est lui-même avocat).
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Pleurer des rivières
  24 septembre 2018
Pleurer des rivières de Alain Jaspard
Franck et Meriem sont des gens du voyage, en couple depuis très longtemps, ils sont très amoureux et ont déjà 7 enfants, le 8ème est en route.

Ils habitent dans un camp du côté d'Argenteuil, Franck est ferrailleur, il travaille avec son ami Sammy. Celui-ci lui propose une magouille pour gagner suffisamment d'argent pour acheter un nouveau camion. Franck finit par accepter, il s'agit de voler une grande quantité de cuivre sur le décor d'un tournage de film. Le casse tourne mal, les deux amis sont arrêtés et on leur commet un avocat d'office, c'est Julien.

Franck et Julien sympathisent et se racontent leur vie. Julien est en couple avec Séverine qui est dessinateur de BD et très malheureuse de ne pas pouvoir avoir d'enfant. Elle a 43 ans et ne fait que "pleurer des rivières".

Et si Julien et Séverine pouvaient "acheter" le 8ème enfant de Franck et Mériem qui ne pourront pas l'élever correctement ? Avec l'argent gagné, Franck rachèterait un camion et pourrait faire des déménagements en plus de ferrailleur... Mais Julien sait bien qu'il s'agit d'un délit très grave, de "trafic d'êtres humains" et que c'est passible de la cour d'assise. Le risque est très grand mais Séverine tellement malheureuse.

Il s'agit d'un roman étonnant, basé sur une histoire vraie.

Les personnages sont très bien décrits, on les croirait vrais, les dialogues sont réussis et très réalistes également. Le sujet est grave et très intéressant du point de vue de l'éthique. Ce qui m'a un peu gênée, c'est le ton employé par l'auteur, un peu désinvolte. Il traite comme une comédie une situation qui s'apparente davantage à une tragédie. De plus, on ne sait pas quelle est sa position, ce qu'il pense vraiment du sujet.
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L'Évangile selon Youri
  24 septembre 2018
L'Évangile selon Youri de Tobie Nathan
Je n'imaginais pas Tobie Nathan aussi doué pour la fiction. Un livre plein de suspens à l'intrigue rondement menée, mais plein de sentiments et d'émotions aussi, aux frontières du réel, du normal au paranormal, du sain(t ?) au fou...
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Ásta
  24 septembre 2018
Ásta de Jon Kalman Stefansson
Un jour, Sigvaldi tombe de son échelle.



Allongé sur le sol, sa vie se déplie en flashs de souvenirs depuis son enfance jusqu’à cet âge mûr qui l’a peut-être fait perdre l'équilibre. Une vie, ça se remplit d’amour, d’amitié, de regrets, de rancœur, même de haine. Elle peut aussi être source de culpabilité, pour lui, père incertain d’Ásta, à l’enfance cabossée par le désamour de ses parents.



Ásta aussi se raconte ou est racontée par d’autres voix. Car elle est la pierre angulaire de tous ces destins, ces êtres qu’on croise, dont on s’approprie si peu ou si vite l’intimité fragmentée, et que la mémoire collective perdra. Il y a tant de possibilités de rencontres, de choisir son chemin librement. Une existence de mortel passe si vite, déterminée par des choix judicieux ou malheureux.



Cet éphémère de destins multiples est-il le terreau de la création littéraire? Question essentielle de l’écrivain qui s’invite dans le récit, tel un biographe de tous ces anonymes qui vivent et seront oubliés irrémédiablement.



C’est un livre à tiroirs qui brouille l’espace-temps et les individus. Il faut tout remettre d’aplomb en établissant peu à peu une chronologie et des liens entre les personnages. On se prend aisement au jeu des indices placés au fil de la lecture, écoutant chacun apporter voix au chapitre par des lettres, des récits et des poèmes.



Un beau roman sur l’éphémère et le temps qui passe, singulier dans sa construction narrative, pétri d’humanité, illustré par l’identité islandaise, l’ambiance si particulière de ces paysages et de ce climat tourmenté.



(Mention spéciale pour la couverture qui se comprend au fil du récit et pour la qualité de la traduction).

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Sujet inconnu
  24 septembre 2018
Sujet inconnu de Loulou Robert
Waouh ! C’est à peu près le seul mot qui m’est venu à l’esprit à la fin de la page 248, autrement dit la dernière, du troisième roman de Loulou Robert, "Sujet inconnu". C’est un peu court, Madame, aurait clamé Cyrano. Oui je sais, on pourrait dire, Oh ! Dieu ! bien des choses en somme…



Certes, mais là, je l’avoue, je sors de cette lecture la gorge serrée, le cœur battant, comme essorée et coite. Loulou, je l’ai connue à la sortie de son premier roman "Bianca". Pour des raisons personnelles, sa lecture m’avait été difficile, pesante, douloureuse. Le suivant "Hope", commencé dans la librairie, poursuivi sur les escalators du centre commercial, puis dans le tram et terminé à la maison, m’avait en revanche complètement séduite par son écriture intense, vive, pertinente. Cette fois, c’est encore plus fort, plus mordant, plus claquant.



L’auteure nous raconte, à la première personne, une histoire d’amour folle, passionnée mais aussi – surtout ? – douloureuse, nocive, toxique. Je n’ai pas eu à subir ce genre de situation mais à la connaître par amie interposée. Et les mots choisis, répétés, empilés, le rythme toujours plus rapide, traduisent parfaitement le désir, la peur, l’amour, rester, partir, vivre, survivre et surtout ne pas mourir. Et pourtant la mort rôde autour de cette jeune fille sans nom, celle de sa mère, dite avec désespoir et pudeur. Loulou Robert exprime à merveille tous ces sentiments qui se chevauchent, se tressent, s’emmêlent : rester enfant, devenir adulte, obéir, vivre sa vie, changer de route, aimer.



Puis la narratrice va écrire, écrire, écrire. Et "… la passion prend une autre forme. Elle n’a pas ton visage." Ecrire va lui permettre de continuer, d’avancer. La romancière est prise dans l’engrenage de ses propos. Je l’imagine, les doigts courant sur les touches au rythme des pulsions de son cœur, bondissant, sautant. Au passage elle m’a happée, m’entraînant dans son sillage, me laissant à bout de souffle. Elle m'a emportée au fil de ses espoirs, ses craintes, ses renoncements, ses décisions sans que je sache trop s'il s'agissait de l'auteur ou de son personnage.



Alors, oui, on pourrait qualifier le propos de violent, gênant, je l’ai personnellement trouvé très fort. J’ai admiré le talent de l’auteure, capable de me tenir en haleine du début à la fin, à coup d’onomatopées, de termes juxtaposés, de phrases sèches, courtes, de bruits de combat, celui de la vie. J’ai aimé cette écriture hachée, loin des normes académiques, que pourtant j’affectionne, mais tellement appropriée au sujet traité, fût-il inconnu. De la première à la dernière page, non seulement la cadence est soutenue, mais elle monte en puissance jusqu’à la chute, celle du livre.



Comment dire ? J’ai tout simplement beaucoup, beaucoup, aimé ce roman et même plus que ça.


Lien : https://memo-emoi.fr
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Frère d’âme
  24 septembre 2018
Frère d’âme de David Diop (II)
Ce livre m'a été offert par mon chéri. Il ne m'offre jamais de fleurs mais des livres, c'est moi qui préfère, "Parce que les fleurs c'est périssable", "puis les" bouquins "c'est tellement" bien...



"Frère d'âme" est un roman sur la Guerre Mondiale, la première, celle des tranchées et des tirailleurs sénégalais, mais pas que...



Alfa Ndiaye vit dans une petite ville du Sénégal quand son ami Mademba Diop, son frère choisi, son "plus que frère", légèrement influencé par le bourrage de crâne de l'école française, décide de se porter volontaire pour rejoindre les tranchées et défendre la Patrie. Alfa le suit dans ce choix qui pour eux est un passeport pour la liberté : s'ils rentrent sains et saufs, l'argent gagné leur permettra de travailler et de vivre une vie décente.

Nous suivons donc les deux frères dans cette guerre infâme, où la boue et le sang se mélangent, où la peur s'insinue dans la moindre parcelle de l'être, où survivre devient le seul credo, où survivre signifie parfois devenir sauvage jusqu'aux limites même de la raison.



L'écriture est très belle et poétique. Entre les lignes paraissent quelques vérités cachées sur cette comédie qu'est la guerre, sur son hypocrisie dans l'utilisation des colonies, grandes pourvoyeuses de "chair à canon".

Plus qu'un roman de guerre c'est un roman de guerre et d'amour, l'amour d'un frère pour un autre. De l'amour à la mort, quand la guerre s'en mêle, il y a moins que la largeur d'une tranchée. Du désespoir à la folie, il y a moins que la portée d'un fusil.

Doux et subtil, ce roman dénonce très adroitement la folie démesurée de la Guerre.
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Rubiel e(s)t moi
  24 septembre 2018
Rubiel e(s)t moi de Vincent Lahouze
Ce roman n’en est pas vraiment un, il n’est pas non plus une autobiographie. Rubiel e(s)t moi se situe à mi-chemin, comme le dit si bien Vincent Lahouze, c’est une autobiographie fictive.

Qu’aurait été la vie du petit Rubiel si celui-ci était resté en Colombie, s’il n’avait pas été adopté ? Je pense que chaque enfant adopté se pose un jour la question de savoir ce qu’aurait été sa vie, ce qu’il ou elle serait devenu, aurait-il ou elle fini par être adopté par une autre famille ? Un enfant adopté peut se poser des tas de questions sur cette vie qui ne sera jamais la sienne, mais qui peut dire avec certitude comment elle aurait pu être ?

Alors oui, tout cela n’est forcément que fiction, mais pourquoi ne pas se servir de cette fiction pour tenter d’imaginer la personne que l’on aurait pu être. Mais si justement faire vivre cet enfant, lui inventer une vie, est-ce que quelque part ce n’est pas malsain ? Le petit Rubiel fait partie de l’homme qu’est devenu Vincent, pourquoi leur donner deux histoires tellement différentes ? Un exutoire ? Une manière d’exorciser cet enfant qui était peut-être voué à une vie de misère et confrontée à la mort ?

Au final, quelles que soient les raisons, le résultat est un livre très prenant à lire, émouvant. Le style est parfois un peu perturbant avec des phrases hyper longues et parfois sans ponctuation comme les virgules. Mais l’auteur a une plume qui claque, qui dit ce qu’elle a à dire, elle est incisive, elle peut se montrer poétique à certains moments, et tellement tranchante à d’autres.

J’ai découvert Vincent avec ce lire, et je sais que maintenant je vais suivre son actualité et ses écrits.
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Une journée d'automne
  24 septembre 2018
Une journée d'automne de Stegner Wallace
"Une journée d'automne" ou comment une vie paisible dans l'Iowa se transforme en rancœur. Comment un bonheur agréable vire dans un malheur silencieux.



Alec et Margaret accueillent dans leur immense ferme la sœur de cette dernière, Elspeth, qui vient d'Écosse. La jeune femme de 7 ans sa cadette découvre émerveillée la vie dans la campagne américaine. Elle s'éprend des animaux, des ouvriers de son beau-frère, aime rire à gorge déployée des idioties d'Alec, qui aime à raconter des histoires à dormir debout. Tous les trois vivent heureux et joyeux, dans une harmonie parfaite.



Mais une journée d'automne, tout bascule, et ce bonheur vire en cauchemar.



Le prologue annonce d'emblée l'issue du court roman. Et dès les premières lignes, on se sent comme happés par l'histoire et l'écriture de cet auteur qui m'était inconnu alors.

Les descriptions donnent à la perfection les petits détails qui nous plongent dans cette campagne américaine, peuplée de champs, de cours d'eaux, de forêt et d'animaux. L'auteur ne se fatigue pas à faire de longues descriptions, mais elles sont tellement belles et justes que l'on n'a pas besoin de plus pour y être. Pour sentir les effluves de la campagne, d'imaginer à quoi ressemblent ces personnages qui pourraient être nés de la plume de nombre d'auteurs classiques.



Les personnages sont attachants. Elspeth, dans sa jeunesse, nous touche avec son innocence et sa gaieté d'adulte au sortir de l'enfance. Alec et ses bêtises apporte une touche d'humour et de joyeuseté à l'histoire. Enfin, Margaret, bien que guindée, ne peut que toucher le lecteur par son esprit, sa façon d'être et de voir le monde.



L'histoire paraît réelle et c'est pour cela que ça nous touche. D'autant que l'épilogue nous indique que les personnages et l'histoire sont inspirés de véritables personnes de la famille de l'auteur.



Le malheur qui touche ces trois personnages liés par un amour profond a teinté mon dimanche pluvieux de peine. L'histoire n'est pas révolutionnaire et l'on sait déjà comment cela se déroulera. Mais l'auteur a le mérite de nous happer, de nous attirer inéluctablement vers son histoire par sa langue, sa verve, sa maîtrise du style. Rien n'est trop ou pas assez. Les mots chantent, la mélodie est sans fausse note.



C'était d'un œil curieux et nouveau que j'ai entamé l'histoire, intriguée par la couverture, par le nom. Ce n'est pas le genre de roman que je lis d'habitude.



Je suis extrêmement ravie d'avoir découvert ce roman (bien trop court !!) grâce à la masse critique et je vais de ce pas dévorer les autres romans de cet auteur.



Ce roman est inédit en France, mais j'ose espérer que les lecteurs seront au rendez-vous pour découvrir si ce n'est déjà fait la plume de cet auteur américain, né en 1909 et malheureusement décédé en 1993.



Une lecture qui m'a touchée et que je vous invite à dévorer.

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Fallait pas l'inviter !
  24 septembre 2018
Fallait pas l'inviter ! de Aloysius Chabossot
Agathe, célibataire endurcie, invente un jour, lasse des critiques de sa famille sur sa façon de vivre, un fiancé pour l'accompagner au mariage de son frère. Il lui reste donc à trouver le candidat idéal...

Un peu cousu de fil blanc, l'intrigue est digne d'un téléfilm d'après midi. Cependant, cela reste une lecture facile et bon enfant qui permet de passer un moment sympathique sans se prendre la tête.
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La rose et le bourreau
  24 septembre 2018
La rose et le bourreau de Patrick Pesnot
Plongeon au milieu du XVIIIème siècle avec une histoire bien particulière, telle que j’en ai peu lu.



Ce roman est pour moi avant tout un constat de la condition féminine au XVIIIème siècle. Julienne se voit dans l’obligation de se grimer en homme pour quitter une belle-mère acariâtre et un père effacé. Sans ce travestissement Julienne aurait inévitablement risqué sa vie, à cette époque la femme était totalement dépendante de son mari et avant cela de son père. Comment donc envisager une vie d’aventures solitaire sous l’image du sexe féminin?



Et des aventures Julienne devenue Henri va en vivre, mais je vous laisserais découvrir tout cela par vous-même...
Lien : https://livresque78.wordpres..
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