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Critiques de Cesare Pavese


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    • Livres 0.00/5
    Par PiertyM, le 13/11/2014


    Le Métier de vivre Le Métier de vivre de Cesare Pavese

    Un livre qui vous déchire et vous déstabilise comme si les aiguilles d'une montre avaient changé de sens, en fait on se dit pose une seule question en évoluant dans la lecture de ce livre: pourquoi la plupart des génies souffrent du mal de vivre? A travers des indices, les éléments que nous livre l'auteur sur son mal de vivre, malgré qu'on s'incruste dans sa perception des choses qui d'ailleurs va au delà de notre entendement, parfois on s'y retrouve soi-même, et on s'identifie dans lui, on ne cesse de se poser la même question. Il nous fait comprendre au même moment que toutes les souffrances ne se valent pas, et toutes ne se guérissent pas...il y a aussi certains succès qui ne garantissent pas le bonheur...

    Un livre qui ne se lit pas seulement avec un regard de lecture qui veut jouir avec les mots de l'auteur mais c'est un livre qui demande au lecteur de devenir ''un fabriquant de la vie''

    Critique de qualité ? (39 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 30/11/2012


    La Lune et les Feux. La plage La Lune et les Feux. La plage de Cesare Pavese

    Cesare Pavese nous offre, en guise de testament littéraire, ce texte (quelques mois plus tard, l'auteur allait se suicider), assez proche d'une autobiographie.
    Le narrateur, fils de rien à l'assistance publique, a grandi sans amour dans une famille paysanne très pauvre du Piémont Italien, qui s'est chargée de lui simplement pour toucher l'aide sociale.
    Après vingt ans passés hors de cette terre d'enfance, après avoir fait, en quelque sorte, fortune aux États-Unis et à Gênes, le narrateur revient, en quête d'un semblant d'identité.
    Plus rien n'est comme avant, la guerre et les tueries sont passées par là. Ne restent que ses sensations qu'il peut revivre en pointillé.
    Seul un ami, Nuto, demeure encore dans les environs et peut lui faire état de l'étendue et du déroulement des nombreux changements survenus depuis son départ. Presque tous les autres sont morts, d'une façon ou d'une autre.
    Par de fréquentes allées et venues dans le temps et dans l'espace (Italie, États-Unis, maison d'enfance, positions plus tardives), Pavese nous berce dans son jus afin de nous faire ressentir l'absence et le vide que peut éprouver celui qui revient et qui ne retrouve plus grand chose de ce qui lui a permis de se construire.
    Au total, La Lune Et Les Feux est un livre très nostalgique, qui peut parfois, par certains traits, faire penser à des romans de Milan Kundera (La Plaisanterie, surtout, mais aussi L'insoutenable Légèreté De L’Être, notamment par l'entremise du personnage de Nuto, musicien qui m'évoque l'orchestre morave de Kundera) ou bien alors à d'autres écrivains d'Italie du Nord sans fioriture, comme par exemple Mario Rigoni Stern, mais en plus désabusé encore.
    Donc, dépressifs s'abstenir, mais pour le reste, c'est du solide, du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    Critique de qualité ? (39 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 30/10/2012


    Avant que le coq chante Avant que le coq chante de Cesare Pavese

    Cesare Pavese possède tout le pessimisme et la désillusion d’une personne trop clairvoyante. C’est donc ce regard qu’il décline dans bon nombre de ses livres et celui-ci ne déroge pas à la règle. L’ouvrage est composé de trois nouvelles qui ont toutes pour dénominateur commun un épisode de vie « en suspens », dans un lieu inhabituel pour des raisons peu communes. Le titre fait référence à une descente des Allemands dans un repaire d’activistes politiques dans la troisième nouvelle :
    La première, « Par chez nous », raconte, dans un style qui pourrait faire penser à Erskine Caldwell, l’équipée de deux innocentés sortant de la prison de Turin : Berto, le narrateur, citadin combinard endurci à la gouaille caractéristique et Talino, l’air niais et débonnaire, fils de paysan piémontais. Berto, sans feu ni lieu, comprend vite que rien ne le retient à Turin, d’autant plus que Talino l’exhorte à le suivre dans sa campagne natale. Berto n’a aucune confiance en lui et réalise que Talino est bien plus fin qu’il n’en a l’air, ce qui ne l’engage guère à le suivre. Mais, faute de mieux, Berto s’y résout finalement, pour tâcher de gagner quelques sous tant ses poches sonnent le creux. Berto, mécano de formation, aidera la famille de Talino pour la moisson en faisant fonctionner la batteuse à blé. Arrivé sur place, Berto découvre les sœurs de Talino, dont la belle Gisèle, mais aussi et surtout, le mystère qui entoure l’étrange et imprévisible Talino… Je vous laisse bien évidemment découvrir la suite.
    La seconde, « La prison », raconte le vécu d’un relégué (c’est-à-dire d’un opposant politique à Mussolini), Stefano, originaire du nord de l’Italie, fraîchement libéré de prison et contraint de demeurer en résidence surveillée dans un village littoral rural du sud de la péninsule. L’auteur y décrit les murs invisibles que sont la mer d’un côté, le statut « d’étranger » et la méconnaissance des mœurs locales de l’autre. Mais aussi et surtout, le lourd travail psychique que continue d’effectuer la prison dans le comportement du libéré bien après le franchissement des murs de la prison. Cesare Pavese, comme à son habitude, nous livre une vision désabusée, sans issue, comme quoi, l’on ne sort jamais complètement de prison une fois y être entré.
    La troisième, « La maison sur les collines » est la plus longue, la plus consistante et probablement la plus crépusculaire des trois. Il faut reconnaître que le thème n’en est pas des plus gais puisqu’il s’agit d’une description et d’un recueil d’impression sur les années de guerre, d’angoisse et de traque, où l’on craint à chaque instant de voir débarquer « avant que le coq chante » une milice prête à vous expédier trois balles dans la carlingue parce que vous êtes un sympathisant de l’opposition politique. La maison sur les collines est donc le refuge, à quelques encablures de Turin, de ces activistes rouges au moment où les chemises noires de Mussolini vacillent au milieu de la guerre. Après les angoisses évidentes liées aux bombardements aveugles, où l’on ne sait jamais si l’on sera sur la liste des dommages collatéraux, Cesare Pavese s’attarde sur l’angoisse, plus vicieuse et plus sourde encore, celle qui ne fait pas de bruit et qui n’est pas annoncée par les alarmes ou les sirènes, celle des descentes punitives. Cette dernière nouvelle est vraiment glauque, sans issue et l’on comprend sans peine que l’auteur, hanté et tiraillé par les démons qu’il décrit si bien, ait choisi d’en finir quelques mois après la publication de ce livre. J’en veux pour preuve la toute dernière phrase du livre : « Il n’y a peut-être que les morts à le savoir, et il n’y a qu’eux pour qui la guerre soit finie pour de bon. » Ceci peut également nous rappeler le témoignage d’un autre vibrant témoin italien des heures sombres de la guerre, Primo Lévi, qui a lui aussi choisi d’en finir ainsi, n’ayant jamais totalement réussi à tourner la page des atrocités vécues. Je vous préviens donc que si vous attendez la gaieté dans les chaumières, ce livre ne vous conviendra peut-être pas, mais ceci dit, ce n’est là que mon avis, c’est à dire, pas grand chose.

    Critique de qualité ? (37 l'ont appréciée)


    • Livres 3.00/5
    Par araucaria, le 22/05/2014


    Le Métier de vivre Le Métier de vivre de Cesare Pavese

    Un livre dont j'espérais beaucoup, et puis j'ai été déçue. Je trouve le texte pénible à lire. En fait j'ai lu la première moitié du livre avec une grande conscience de lecteur, mot après mot, phrase après phrase... Puis devant la lourdeur et la complexité du texte, je me suis lassée et ai effectuée une lecture rapide. Je n'ai pas pris grand plaisir à découvrir cette oeuvre et cela en quelque sorte me désole. J'ai relevé cependant des citations qui m'auront interpelée. Pour moi, une oeuvre qui n'aura pas tenu ses promesses.


    Lien : http://araucaria20six.fr/

    Critique de qualité ? (31 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 30/01/2013


    Le Métier de vivre Le Métier de vivre de Cesare Pavese

    Quinze années d’une existence peuvent paraître longues. Si on demandait à chacun d’en résumer les évènements, les rencontres et les pensées afin d’en tirer l’analyse d’une évolution individuelle, on imagine facilement qu’il y aurait de quoi remplir un bon feuillet de pages. Quid alors de quinze années notifiées au jour le jour ? Pour Cesare Pavese, il n’est pas nécessaire de remplir une somme au volume extravagant. Quatre cent pages suffisent amplement à l’écrivain pour s’analyser au cours de cette période.


    Cesare Pavese s’engage pour le métier de vivre en 1935, à l’âge de 28 ans, et s’y tient jusqu’à sa mort –une démission par suicide- en 1950. Pas forcément régulier, faisant parfois preuve d’un absentéisme tenace lorsqu’il délaisse carrément son Métier de vivre pour de longs mois, sans justification ni explication, il nous permet de suivre l’évolution de sa carrière d’écrivain, du grand inconnu qu’il était encore en 1935, à l’homme de lettres reconnu qu’il devint au fil des ans, particulièrement au faîte dans les années 1948-1949. A croire que la gloire littéraire ne peut pas faire tout le bonheur d’un homme qui misait pourtant sur la reconnaissance de sa nature « poétique » lorsqu’il était encore jeune… Et de constater que plus Cesare Pavese trouvera confirmation de son talent, moins il s’évertuera à se proclamer poète, rêve naïf et halluciné d’un jeune homme qui croyait alors pouvoir trouver le bonheur de l’accomplissement à travers l’écriture. A cette époque, les poses se multiplient. Agaçantes, elles donnent à voir un jeune homme qui semble prétentieux –si nous ne poursuivions pas notre lecture au fil des années pour découvrir ce qui se cachait en réalité derrière ces velléités.


    « Un poète se plaît à s’enfoncer dans un état d’âme et il en jouit ; voilà la fuite devant le tragique. Mais un poète devrait ne jamais oublier qu’un état d’âme pour lui n’est encore rien, que ce qui compte pour lui c’est la poésie future. Cet effort de froideur utilitaire est son tragique »


    La reconnaissance littéraire venant, Cesare Pavese cessera de se complaire dans ces poses fantasmées. Son rêve s’est accompli, c’est-à-dire qu’il s’est détruit et qu’il lui accorde à peine la satisfaction nécessaire pour continuer à survivre. Tel est le malheur que Cesare Pavese nous révèle du bout de la plume à travers ses confessions.


    « Le problème n’est pas la dureté du sort, puisque l’on obtient tout ce que l’on veut avec une force suffisante. Le problème, c’est plutôt que ce que l’on obtient dégoûte. Et alors, on ne doit jamais s’en prendre au sort, mais à son propre désir. »


    Cette difficulté, Cesare Pavese la retrouve aussi –et surtout- dans sa vie sociale. Que les amis soient une source d’ennui passe encore : l’écrivain sait se donner toutes les apparences de la cordialité, et le bonheur qu’il dit éprouver lorsqu’il se retire enfin du cercle des mondanités compense tous les désagréments. Mais lorsqu’il s’agit des femmes… Cesare Pavese avoue aimer comme un éternel adolescent et se lamente, au fil des ans, de ne pas savoir apprendre de ses erreurs sentimentales et d’éprouver dans ce domaine les mêmes sentiments contradictoires que dans la reconnaissance littéraire. Il lui suffit d’obtenir une femme pour cesser de la désirer, et si celle-ci reste distante et lui livre un amour médiocre, alors seulement il croit éprouver des sentiments inaltérables qui le conduisent à chaque fois à la déception amoureuse. Sans doute pour ne pas sombrer dans l’écriture poisse du malheur, l’homme déçu se complaît dans la misogynie et nous livre des réflexions crues et désabusées sur le sentiment amoureux.


    « Tu es pour les femmes que tu aimes comme, pour toi, une de ces femmes qui te font débander. »


    Impossible pour cet homme de se débarrasser d’une souffrance qui semble s’être faite de plus en plus sincère au fil des ans. La faute à la littérature ? Alors que Cesare Pavese semblait chercher à la stimuler lors de ses jeunes années, croyant peut-être qu’il s’agissait là d’un matériau littéraire digne d’étude, celle-ci finit par faire partie intégrante de sa vie. Se révélant alors telle qu’il ne l’avait jamais imaginée, il se rend compte que la souffrance n’a rien de noble. Mais elle s’est installée. Ainsi, même si l’existence de Cesare Pavese est d’une lecture douloureuse –à condition d’y mettre de l’empathie-, elle ne fait pas l’apologie du sacrifice personnel au profit de convictions ou d’idéologies quelconques. Les pensées de Cesare Pavese seraient presque un avertissement lancé au lecteur qui croirait encore aux bénéfices réparateurs des souffrances mentale et morale :


    « On accepte de souffrir (résignation) et puis l’on s’aperçoit qu’on a souffert et voilà tout. Que la souffrance ne nous a pas servi et que les autres s’en fichent. Et alors on grince des dents et on devient misanthrope. Voilà. »


    Pour autant, Cesare Pavese ne délaisse pas un instant la littérature. Son Métier de vivre, lui-même, est littérature. Avertissant ses proches de son désir de le voir publier, il n’est pas rare que l’écrivain s’arrête parfois pour réfléchir aux bénéfices de cette conversation qu’il livre à lui-même. Peut-être désespéré par l’absence de fondations qui constitueraient sa vie personnelle, il espère trouver du sens et se donner de la consistance à travers le jus qu’il presse de ses idées :


    « Tu découvres aujourd’hui que le parcours que refait chacun de ses propres ornières t’a angoissé pendant un certain temps […], et puis […] ce parcours t’est apparu comme le prix joyeux de l’effort vital et, en fait, depuis lors, tu ne t’es plus plaint, mais […] tu as recherché avec plaisir comment ces ornières se creusent dans l’enfance. […] Tu as conclu […] par la découverte du mythe-unicité, qui fond ainsi toutes tes anciennes hantises et tes plus vifs intérêts mythico-créateurs.
    Il est prouvé que, pour toi, le besoin de construction naît sur cette loi du retour. Bravo. »


    Aucune trace en revanche –ou si peu- de ses convictions politiques, qui le rattachèrent d’abord au fascisme dans les années 1935 avant de le voir se tourner vers le communisme dix ans plus tard. Ces engagements constituaient-ils encore un apparat ? Une manière d’entrer activement dans la vie pour se défendre des tendances qui semblaient au contraire vouloir sans cesse retirer Cesare Pavese de l’existence sociale ? Où se trouvait l’homme véritable ? S’agissait-il de l’image publique qu’il cherchait à renvoyer, ou de l’image intime qu’il livre à travers son Métier de vivre ?


    « Ils parlent de gueuletons, de faire la fête, de se voir… Braves amis, amies, gens sains et braves. Toi, tu n’en éprouves même pas l’envie, le regret. Autre chose presse. »


    Sans doute lui-même ne le sut-il jamais. Mais à quoi bon chercher, lorsqu’on finit par comprendre que cette poursuite d’une identité, qui ne peut de toute façon jamais être assurée, conduisit Cesare Pavese au suicide ?


    Qu’on connaisse l’écrivain ou non, qu’on l’apprécie ou pas, son Métier de vivre est un livre qui trouvera écho en chacun. Parce qu’il traite de thèmes universels, à peine passés à travers le prisme de la subjectivité d’une existence singulière, il trouvera une résonnance devant laquelle on ne pourra pas rester insensible. Qu’on se reconnaisse dans les angoisses de l’écrivain, qu’on s’amuse de sa vision du monde désabusée, qu’on se passionne pour ses considérations éclairées sur la littérature et le théâtre, que l’évolution de son identité sur quinze années mouvementées nous donne l’impression d’être un scientifique se penchant sur le cas d’un rat de laboratoire –et peut-être pour tout ça à la fois- il est impossible de ne pas trouver son intérêt personnel au Métier de vivre de Cesare Pavese qui est, peut-être, un peu le métier de vivre de chacun…


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-metier-de-vivre-1952-de-cesare-pav...

    Critique de qualité ? (23 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par JacobBenayoune, le 16/07/2014


    Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées de Cesare Pavese

    "Travailler fatigue" regroupe des poèmes descriptifs et narratifs ou des récits-images. Pavese le villageois nostalgique et le citadin solitaire se croisent dans ces poèmes d’un style sobre. Les paysages de la colline piémontaise et le spectacle des rues et boulevards de Turin encadrent les scènes racontées ou peintes. Les personnages de ces poèmes-récits sont divers, le fils qui revient au village natal après une longue absence et retrouve tout un changement, le vieillard et la génération nouvelle, l’enfant jouant et curieux de découvrir, le veuf et ses enfants qui ressemblent à leur mère, le célibataire qui contemple les enfants jouer, la femme fatale et victime à la fois, qui nous rappelle une certaine Malena entourée d’hommes robustes et viriles (d’ailleurs la vision pavesienne de la femme est assez singulière). Pour Pavese, le travail est toujours inutile, fatigue et le rêve des hommes c’est de ne pas travailler ! Pavese choisit la méditation et l’écart plutôt que le labeur et le travail physique. Les poèmes de Travailler fatigue sont intelligibles lui qui a voulu s’écarter de l’hermétisme de ses compatriotes Ungaretti, Montale et Quasimodo.

    La seconde partie du livre comporte les deux recueils "La terre et la mort" et "La mort viendra et elle aura tes yeux". On est devant un Pavese tout à fait différent par la forme de ces poèmes ; des vers plus courts, un ton élégiaque et de la poésie sentimentale surtout pour les poèmes destinés à Constance Dowling, une relation douloureuse pour le poète.
    Ensuite, viennent des poèmes diverses (de jeunesse ou d’autres poèmes écartés par l’auteur).

    En lisant "Travailler fatigue" (le recueil le plus travaillé, le plus achevé, le préféré du poète) on a l’impression de lire des poèmes qui se ressemblent complètement comme des jours où "rien ne peut arriver". Or, c’est cette atmosphère pavesienne qui cause cette impression. Les mêmes figures reviennent sans cesse dans les mêmes paysages, une variation sur le même thème. Une tristesse douloureuse mais agréable émane de chaque poème, comme le sourire d’un enfant malade, comme un rire étouffé ; un rictus sournois. Pavese s’approche, par ce recueil de la poésie américaine notamment celle de Whitman ouvrant de nouvelle voie à la poésie italienne (et européenne). Certains y voient un symbolisme nouveau dans cette poésie écrite pendant la domination fasciste (des poèmes nous racontent des séjours en prison).

    Le livre contient aussi une préface de Fernandez qui touche les différents aspects de la poésie pavesienne.

    La lecture de ce recueil est agréable.

    Critique de qualité ? (12 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 24/01/2013


    Le bel été Le bel été de Cesare Pavese

    Turin, un été d'avant-guerre. Ginia, 16 ans, orpheline qui vit seule avec son frère ouvrier de nuit, cherche à se distraire après ses heures à l'atelier de couture où elle travaille. Elle est fascinée par Amelia, 20 ans, qui prétend servir de modèle à des peintres. Elle va se retrouver dans ces studios d'artistes plus ou moins désargentés, et comme un papillon attiré par la flamme, céder à la tentation de s'offrir à Guido, un jeune peintre dont elle est tombée amoureuse. Malgré l'ombre portée par la maladie vénérienne d'Amélia, elle continue à fréquenter ce milieu, tout en sachant n'avoir été qu'un jeu pour Guido.

    La première saison de la découverte du sexe, de la fascination trouble exercée par des jeunes adultes plus mûrs que l'héroïne, de l'amour qui n'ose pas dire son nom, de la nudité dont on a honte, de l'éveil des sens et de la culpabilité. Les hésitations, les doutes, les émotions à fleur de peau, et la sensation d'être trop jeune, de ne pas bien comprendre le jeu ni les manières blasées des aînés. Tout est dit simplement, en quelques notations et dialogues écrits dans la langue de tous les jours, mais lourds de sentiments contrastés et de fascination/répulsion devant le vertige de la vie adulte.
    Lu en V.O.

    Critique de qualité ? (11 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 14/03/2013


    Terre d'exil et autres nouvelles Terre d'exil et autres nouvelles de Cesare Pavese

    Ce petit opus destiné à offrir au lecteur une sorte d'introduction à l'œuvre de Pavese ne présente que trois nouvelles assez différentes.
    La première, Terre d'exil, est une reprise et un résumé de la longue nouvelle Carcere (La prison), où l'auteur évoquait sa relégation en Calabre. Plus courte, moins riche, moins dense, elle donne l'impression d'une redite, même si le caractère difficile et ombrageux du narrateur, son angoisse, transparaissent à travers les lignes.
    La seconde nouvelle, Voyages de noces, est une reprise du recueil Racconti, probablement raccourcie et dédramatisée, car elle se borne à l'évocation d'un couple désassorti, d'un narrateur insatisfait et sombre, que l'amour innocent de sa jeune épouse inculte agace et rend encore plus négatif et inquiet, voire désagréable ou odieux, lors de ce court voyage à Gènes qui devait les rapprocher et ne fait que renforcer les désirs de fuite du héros.
    La troisième nouvelle, L'idole, la plus réussie, traite de la passion désespérée du narrateur pour un amour de jeunesse, retrouvée dans une maison close où elle se prostitue, se refusant à lui et à ses offres de mariage, mais acceptant sa présence et le rendant littéralement fou de désir et de jalousie. À l'annonce de son mariage avec un client plus chanceux que le héros, ce dernier se laisse aller à un désespoir violent et autodestructeur, le même qui précédera le suicide de l'auteur en 1950.
    Il est toujours un peu frustrant de lire Pavese, ce grand prosateur et poète, en traduction. Mais par delà le texte. se dessine sa personnalité angoissée et tourmentée, son attirance pour les impasses amoureuses, et la destinée sombre qu'il s'est créée.

    Critique de qualité ? (9 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par Femi, le 29/03/2012


    Le Métier de vivre Le Métier de vivre de Cesare Pavese

    Un journal d'écrivain très touchant.

    Critique de qualité ? (7 l'ont appréciée)


    • Livres 2.00/5
    Par Corboland78, le 03/11/2014


    Le bel été: Trois romans Le bel été: Trois romans de Cesare Pavese

    Cesare Pavese, né en 1908 à Santo Stefano Belbo et mort en 1950 à Turin, est un écrivain et poète italien. Après avoir étudié la littérature anglaise à Turin et écrit une thèse sur le poète américain Walt Whitman en 1930, il traduit en italien des œuvres d'Herman Melville, John Dos Passos, William Faulkner, Daniel Defoe, James Joyce ou encore Charles Dickens. Il s'inscrit de 1932 à 1935 au Parti national fasciste, sous la pression selon lui des membres de sa famille. En conformité avec le régime, il est choisi en 1934 comme directeur de la revue Culture éditée par Einaudi et tribune de ses amis antifascistes, ce qui lui vaut d’être arrêté l’année suivante. Exclu du parti, il est exilé en Calabre pour huit mois. Après la Seconde Guerre mondiale, Cesare Pavese adhère au Parti communiste italien, s'établit finalement à Turin et continue de travailler pour les éditions Einaudi. Il ne cesse d'écrire durant ces années. Pavese se suicide le 27 août 1950 dans une chambre d'hôtel à Turin, laissant sur sa table un dernier texte, La mort viendra et elle aura tes yeux, qui se termine par « Assez de mots. Un acte ! ».
    Le Bel été, qui vient d’être réédité chez L’Imaginaire, et justement sous-titré Trois romans, est un recueil de trois textes, Le Bel été écrit en 1940, Le Diable sur la colline en 1948 et Entre femmes seules en 1949, date de parution de cet ouvrage.
    Le Bel été, le premier texte, c’est celui de Ginia une jeune fille de seize ans qui par l’intermédiaire de son amie plus délurée Amélia va faire connaissance avec le milieu des artistes peintres qui cherchent des modèles. La plus jeune perdra son innocence dans les bras de Guido et la seconde se fera soigner pour sa syphilis. Avec Le Diable sur la colline, ce sont les garçons qui sont à l’honneur. Trois adolescents vont se lier avec Poli, un jeune homme plus âgé qu’eux, conduisant une voiture, se droguant, connaissant les femmes et d’un milieu plus aisé, il les entraine dans des aventures et des excès dont ils finiront par se lasser. Enfin, Entre femmes seules, c’est une tranche de la vie de Clelia qui revient à Turin dix-sept ans après son départ, pour surveiller les travaux de construction d’une boutique de mode, pour le compte de ses patrons romains. Il y sera question d’époque du carnaval, de jeunes gens voulant monter une pièce et d’un suicide.
    Tout ceci est assez bien écrit, dans un style alerte et vif mais, désolé, je me suis légèrement ennuyé avec élégance tout du long. Ca papote beaucoup, ce n’est même que cela, des discussions sans fin et guère intéressantes, comme on en a quand on est jeune. On peut trouver du charme à ces émois et troubles, pudiquement évoqués. Parfois des réminiscences de films italiens en Noir&Blanc des années 50 ou 60 ont allumé quelques lumignons dans ma conscience, une voiture klaxon à deux tons chargée de jeunes hommes cigarette au bec filant sur une route, des jeunes filles bras dessus, bras dessous, bavardant en jetant des regards en coin quand elles croisent des garçons…
    « Trois romans urbains, trois romans de découverte de la ville et de la société, trois romans d’enthousiasme juvénile et de passion déçue » en disait son auteur. Certes, certes…

    Critique de qualité ? (5 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par Lilou_B, le 04/07/2013


    Le Métier de vivre Le Métier de vivre de Cesare Pavese

    D'une intensité redoutable et merveilleusement écrit, ce livre est un vrai et beau moment de réflexion sur "le métier de vivre"

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par mireille.lefustec, le 11/04/2012


    Le camarade Le camarade de Cesare Pavese

    Pavese nota,quelques années après sa sortie et juste deux ans avant sa mort:
    "8 octobre 1948. Relu en début de page,un passage du Compagno. Sensation de toucher un fil électrique.Il y a une tension supérieure à la normale,folle...Un élan continuellement bloqué. Un halètement..."
    traduit de la 4è de couverture italienne

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par mireille.lefustec, le 23/09/2011


    Le camarade Le camarade de Cesare Pavese

    L'aspiration à l'accomplissement d'une éducation humaine,la volonté de rompre le cercle de solitude et de tragédies qui ,depuis toujours avoisinent la vie.

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par liratouva2, le 31/05/2011


    Histoire secrète et autres nouvelles Histoire secrète et autres nouvelles de Cesare Pavese

    Dans «Le blouson de cuir», Ceresa est un patron d’auberge qui aime le Pô, les barques et ses clients. C’est pourquoi la jeunesse du coin afflue chez lui : on y joue, on y boit, on y rit et on y pèche aussi. L’ambiance est excellente : l’homme au blouson de cuir sait s’amuser et le jeune narrateur passe auprès de lui toutes ses grandes vacances.
    Un jour cependant une servante plus attirante et plus délurée que les autres arrive et rien ne sera plus pareil…

    Dans «Le blouson de cuir», Ceresa est un patron d’auberge qui aime le Pô, les barques et ses clients. C’est pourquoi la jeunesse du coin afflue chez lui : on y joue, on y boit, on y rit et on y pèche aussi. L’ambiance est excellente : l’homme au blouson de cuir sait s’amuser et le jeune narrateur passe auprès de lui toutes ses grandes vacances.
    Cette histoire ne m'a pas déçue, au contraire, j’y ai retrouvé tout ce que j’apprécie chez Pavese. Elle évoque une histoire d’adultes racontée par un enfant au seuil de l’adolescence qui a tout vu de cette aventure cruelle , tout deviné de ces solitudes et de cet amour mal vécu qu’il raconte pour y avoir participé comme témoin mais sans vraiment comprendre. A trop vouloir le protéger en raison de son âge, on l'a angoissé et c'est ce que l'on perçoit à travers tout le récit : la sensibilité exacerbée de celui qui devine la tragédie sans pouvoir l'éviter.




    Lien : http://liratouva2.blogspot.com/2011/05/lediteur-presente-ainsi-ce-petit-livre...

    Critique de qualité ? (2 l'ont appréciée)


    • Livres 4.00/5
    Par mireille.lefustec, le 23/09/2011


    Paesi Tuoi Paesi Tuoi de Cesare Pavese

    Evénements tragiques parmi les fatigues,les douleurs et les préjugés de la vie paysanne italienne, écrit en 1939.

    Critique de qualité ? (1 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par zizza, le 26/05/2014


    La luna e i falò La luna e i falò de Cesare Pavese

    Très belle histoire. Le style de l'auteur est déroutant en donnant une impression de naïveté, mais qui n'est qu'apparente et cache en fait une profonde noirceur...

    Critique de qualité ? (0 l'ont appréciée)


    • Livres 5.00/5
    Par patrickmaillocheau, le 21/05/2014


    Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées de Cesare Pavese

    c'est certain que travailler :ca fatigue

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    • Livres 0.00/5
    Par scream, le 09/03/2013


    Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées Travailler fatigue. La mort viendra et elle aura tes yeux. Poésies variées de Cesare Pavese

    Du grand Pavese

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    • Livres 5.00/5
    Par scream, le 18/02/2013


    Le bel été Le bel été de Cesare Pavese

    Du grand Cesare Pavese. Un immense auteur.

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    • Livres 5.00/5
    Par scream, le 18/02/2013


    Le bel été Le bel été de Cesare Pavese

    Du grand Cesare Pavese. Un immense auteur.

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