> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742780467
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 86 notes) Ajouter à mes livres
"Seul dans le Noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain."

Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la ret... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Melko, le 27 février 2009

    Melko
    Second volet, semble-t-il d'un diptyque sur l'écrivain finissant, vieillissant, avec Dans le scriptorium dont j'avais pensé beaucoup de bien, ce nouveau roman de Paul Auster a forcément encore beaucoup fait parler de lui. Mais que dire de ses qualités ? L'idée initiale est extrêmement séduisante : Owen Brick, la trentaine, se réveille dans un trou, aux parois lisses et insurmontables, dans une Amérique parallèle, où les deux tours ne se sont pas effondrées et où la guerre en Irak n'a pas eu lieu, mais où une guerre civile fait rage, avec dans le camp adverse les Etats chapeautés par Georges W. Bush. Sa mission ? Tuer, à son retour à la vie "normale", August Brill, un vieil homme critique littéraire qui a imaginé toute cette histoire d'une guerre sans fin. On suit donc en parallèle les mésaventures fantastiques d'Owen, heureux avant que le ciel (l'écrivain) ne lui tombe sur la tête, et la vie de trois âmes endeuillées : ce veuf se rappelant sa chère Sonia, vivant avec sa fille Miriam, que son mari a quittée, et sa petite-fille, Katya, anéantie depuis la mort de son fiancé Titus en Irak.
    Le plus jouissif, dans les romans de Paul Auster, c'est l'univers qu'il sait créer, ce suspens causé par les arcanes de l'écriture, par un autre personnage, double de l'écrivain lui-même, qui crée des vies, des personnages, un destin, pour d'un coup les laisser tomber sans crier gare. Mais on finit par se lasser de ce ressort romanesque, fréquemment utilisé. Et que reste-t-il alors ? Une écriture sobre et simple, mais pas du tout exceptionnelle, une mise en abime d'une histoire dans l'intrigue qui après nous avoir bien mis en haleine, finit en queue de poisson, nous laissant sur notre faim, un peu comme dans La nuit de l'oracle où le héros de l'écrivain se retrouvait enfermé, sans échappatoire. Ici, la solution offerte au personnage secondaire, quelle qu'elle soit, c'est la mort. Tout comme le peuple américain d'ailleurs, prisonnier de cette guerre meurtrière. Alors l'écrivain est-il un monstre ? Est-ce là le sentiment que nous livre Paul Auster ? Et à broder une histoire autour de cet autre monstre aux commandes du pays qui a engendré d'autres horreurs ? Evacuant son dégoût de la politique de Bush et l'horreur que lui inspirent ces films diffusés sur le net mettant en scène l'exécution de ses compatriotes. le nouveau Paul Auster ? Plus engagé, certes, que tout autre. Plus allégorique aussi, fiction et réalité nous rappelant la nôtre. Mais pas au summum de son talent, il faut bien l'avouer. le meilleur serait-il advenu ?
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 octobre 2011

    brigittelascombe
    "Combien de battements de coeur,combien de respirations,combien de mots prononcés et entendus? Touchez moi,quelqu'un.Posez la main sur mon visage et parlez moi..."
    Cette supplique lancée par August Brill, critique littéraire veuf, handicapé d'une jambe et déprimé, aurait pu l'être par sa fille Miriam biographe divorcée en mal d'amour ou par sa petite fille Katya, qui se culpabilise suite à la mort de son petit ami (qui a fui leur rupture) en Irak dans des conditions particulièrement horribles.
    Trois destins.Trois solitudes.Trois êtres qui cohabitent, s'épanchent,s'aident et s'aiment malgré tout.
    Quelle est leur part de responsabilité dans leurs échecs respectifs?
    Le divorce de Miriam était-il programmé suite à ses souvenirs de fille adolescente d'un père infidèle?
    August qui a aimé deux femmes à la fois, puis, largué, a sombré dans l'alcoolisme et s'est enfin accroché pour reconquérir la première, aurait-il pu agir sans trop de casse?
    Katya aurait-elle pu éviter le départ de Titus sur le front?
    August Brill, perdu dans le trou noir de ses insomnies, invente un monde parrallèle, celui d'Owen Brick, magicien amoureux de sa femme Flora, caporal épris de désir pour Virginia et chargé d'éliminer August Brill dans une autre dimension en pleine guerre civile mais où le 11 septembre n'a pas eu lieu et les tours jumelles sont toujours debout.
    Les méandres de l'inconscient sont tarabiscotés, c'est sûr!
    Etrange bonhomme émouvant, cet August, qui, de mots en mots, se maintient en vie, invente et tisse des liens de connivence avec sa fille dont il corrige la biographie en cours et sa petite fille avec laquelle il parle cinéma.
    C'est simple mais beau comme un chemin de vie qui s'éclaire enfin!
    "Tout est langage!" Tiens du Dolto!
    Seul dans le Noir, lui, est du pur Auster(écrivain américain contemporain connu et reconnu) et du bon!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 05 janvier 2012

    Aaliz
    Comme on dit « jamais deux sans trois » je m'attendais à un troisième coup de cœur. Eh bien non, c'est raté. Enfin je ne dis pas que je n'ai pas aimé mais j'ai été déçue.
    Pourtant ça partait très bien. J'ai retrouvé pour un temps le Paul Auster que j'ai aimé dans mes deux précédentes lectures, son talent de conteur, sa façon de surprendre le lecteur et de toujours trouver ce petit quelque chose d'original qui fait que je n'arrive plus à me séparer de mon livre. Tout ça je l'ai bien retrouvé à la lecture des deux premiers tiers du roman, c'est-à-dire la partie où August, seul dans sa chambre plongée dans l'obscurité, imagine une histoire, un monde parallèle au nôtre et un personnage qui fait la navette entre les deux mondes au point qu'on se demande si la fiction ne va pas prendre le dessus sur le réel et où, encore une fois, on laisse libre cours à son imagination. Voilà, c'est ça que j'aime chez Auster, sa capacité à nous faire participer à l'effort de création en même temps que lui (enfin là je parle pour moi notamment, je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde). Mais quand je le lis, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer une suite probable ou de nouvelles péripéties. Bref je construis ma propre histoire dans ma tête. Et ce qui m'a étonnée avec Seul dans le Noir, c'est que d'habitude, Auster laisse son récit en suspens or que là pas du tout. Ce qui fait que là où précédemment je pouvais rester avec mes suppositions, mes hypothèses et ma suite imaginaire, ici je n'ai pas pu car Auster nous sert une fin à cette histoire imaginée par Brill et une fin à laquelle je ne m'attendais absolument pas. J'ai été bluffée !
    Mais le soufflé n'a pas tenu car le tiers restant du livre m'a déçue.
    Cette partie est consacrée à August Brill et à sa vie, notamment les malheurs qui ont frappé ses proches. Il nous rapporte également trois petites histoires qui lui avaient été contées par des amis. On retrouve tout au long du livre et à travers ces petites histoires la guerre comme thème récurrent : d'abord la guerre civile dans l'histoire imaginée par August, les différentes guerres dans lesquelles sont intervenus les USA à travers la vie d'August (bien qu'il n'ait participé à aucune d'entre elles), la seconde guerre mondiale et la guerre froide à travers les petites histoires, et bien sûr la guerre en Irak. On sent également une certaine critique à l'égard de la politique belliciste de George W.Bush.
    Et puis on retrouve aussi de nombreux éléments biographiques de Paul Auster : le divorce, le séjour en France, le fait qu'Auster ait échappé à la guerre du Viêt-Nam comme Brill, le base-ball, le cinéma etc…
    De plus, August Brill est handicapé, victime d'un accident de voiture, il a perdu l'usage d'une de ses jambes. Si je me souviens bien, le personnage principal de La nuit de l'oracle aussi a été victime d'un accident. Pourtant je n'arrive pas à trouver dans la biographie d'Auster d'éléments se rapportant à un accident. Et je n'arrive pas à penser qu'il s'agisse d'une coïncidence.
    Pour conclure, ce fut une lecture agréable et enthousiasmante pour une partie, décevante pour l'autre car trop « banale » à mon goût. J'aime quand Auster me surprend et m'envoie dans des directions toujours plus inventives et originales. Alors quand il fait dans le « classique » et qu'il met de côté cette recette qui me fait tant saliver, forcément je suis déçue.
    J'ai d'ailleurs cru comprendre, en lisant certaines critiques, que Brooklyn Follies était justement un livre plus « traditionnel » , ce qui me fait hésiter à le lire.
    Mais la question ne se pose pas pour l'instant car le prochain Auster sur la liste est le voyage d'Anna Blume. En espérant y retrouver le Auster que j'aime …


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-seul-dans-le-noir-paul-a..
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 13 juin 2011

    Malaura
    Depuis que sa femme est morte et qu'un accident de la route l'a contraint à l'immobilité, l'ancien critique littéraire August Brill vit avec sa fille Miriam et sa petite-fille Katya dans une maison où règnent tristesse et deuil.
    Miriam ne se remet pas d'un divorce vieux de 5 ans, Katya se sent responsable de la mort en Irak de son ex-fiancé, tandis que le vieil homme tente de pallier ses insomnies et les douleurs du souvenir en s'inventant des histoires.
    C'est ainsi qu'une nuit il crée Owen Brick, personnage projeté dans un monde parallèle...

    Fidèle à son habitude, Paul Auster balade son lecteur au gré de ses envies, de ses désirs, de ses caprices.
    Qu'il nous entraîne dans une fiction créée de toute pièce par son personnage, qu'il nous abreuve de théories sur le cinéma ou bien qu'il nous raconte la biographie d'une poétesse méconnue, le lecteur est immanquablement conquis, laissant réflexions, digressions, mises en abyme ou souvenirs s'interpénétrer et cédant au charme d'une longue nuit au terme de laquelle "ce monde étrange continue de tourner".

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    • Livres 4.00/5
    Par julien_le_naufrage, le 28 janvier 2011

    julien_le_naufrage
    C'est donc avec plaisir que je me suis replongé et noyé dans l'écriture de Paul Auster. Et ce avec d'autant plus d'intérêt que ce livre était un bouquin qui m'attirait bien lors de sa sortie en 2009 chez Actes Sud et qui profitait d'une très belle couverture d'un beau rouge flash. Un titre qui devrait être sorti en format poche dans la collection Babel du même éditeur. Enfin, cela ne saurait tarder je pense.
    Livre étrange d'aventures croisées. Récit onirique d'un coté qui nous conte l'aventure de Brick dans une Amérique uchronique (le mot est lâché! voir ce billet pour une définition) où le 11 septembre n'a jamais eu lieu et où les USA ne sont pas en guerre contre l'Irak mais contre elle-même. Une guerre civile a éclaté en raison de la prise d'indépendance d'une partie de cet amas d'états que l'on nomme grossière l'Amérique. Et Brick se retrouve un jour dans un trou, il ne sait d'ailleurs pas comment il est arrivé là. Mais à peine l'a-t-on aidé à sortir de ce lieu, qu'on lui confie la mission de tuer un personnage : un type qui quelque part rêve tout ce qu'il se passe et qui s'il est éliminé stopperait sans doute toute cette guerre étrange et injuste.
    En parallèle, on suit August Brill, critique littéraire retraité et coincé dans son lit à cause d'une jambe hors d'usage. Il vit avec sa fille, qui essaye de digéré son divorce, et sa petite fille, qui essaye de digéré le meurtre de son ex-petit ami, et lui ressasse son passé, l'amour de sa vie et bien d'autres choses encore. Et durant cette nuit étrange, cette nuit noire et insomniaque, Brill va rêver le personnage et l'aventure de Brick. Il va repenser à sa propre vie, se questionner, repenser à sa famille, discuter avec sa petite fille, et d'autres choses encore.
    Une fois de plus, je me suis laissé emporter par la plume, faussement simple, de Paul Auster. Cet auteur américain arrive à créer des personnage toujours attachant avec ce petit quelque chose de hors du commun qui fait que l'on veut tout savoir. De son uchronie onirique glissée dans l'histoire de cette famille, Paul Auster nous offre une fiction dans la fiction qui n'est pas sans rapeller les délires littéraires de Philip K. Dick. Il nous offre ici une ambiance qui n'est pas sans rapeller non plus son livre "Dans le scriptorium". Mais cependant, même si j'ai lu le livre rapidement et avec un réel plaisir, dégustant son écriture avec un bonheur retrouvé , celui-ci ne restera peut-être pas son meilleur roman. Celà dit, si le livre sort en format poche chez Babel, n'hésitez tout de même pas à (re)découvrir Paul Auster.


    Lien : http://naufragesvolontaires.blogspot.com/2010/12/seul-dans-le-noir-d..
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Citations et extraits

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  • Par Kro, le 21 novembre 2010

    Je ne comprends toujours pas pourquoi nous avons ressenti, tous les trois, la nécessité de regarder cette vidéo-comme si c'était une obligation sacré. Nous savions tous les trois qu'elle continuerait à nous hanter pour le restant de nos jours, et pourtant nous avions je ne sais comment l'impression que nous devions être là avec Titus, que pour l'amour de lui nous devions garder les yeux face à l'horreur, l'aspirer en nous et l'y garder - en nous, cette mort solitaire et misérable, en nous, la cruauté qui lui fut infligée en ces derniers instants, en nous et en nul autre, afin de ne pas l'abandonner à la nuit impitoyable qui l'avait avalé.
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  • Par Corboland78, le 05 octobre 2011

    Et c’est ainsi que naviguent Brick et Flora dans leur rien conjugal, cette petite vie qu’elle l’a persuadé de reprendre avec le bon sens d’une femme qui ne croit pas en d’autres mondes, qui sait que seul existe ce monde-ci, dont les routines abrutissantes, les brèves chamailleries et les soucis financiers sont un élément essentiel, et qu’en dépit des maux, de l’ennui et des déceptions, jamais nous ne serons plus près de voir le paradis qu’en vivant dans ce monde.
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  • Par LoulouRaspoutine, le 28 avril 2010

    Hier enfant, aujourd'hui vieillard, et d'alors à maintenant, combien de battements de coeur, combien de respirations, combien de mots prononcés et entendus ? Touchez-moi, quelqu'un. Posez la main sur mon visage et parlez-moi...
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  • Par brigittelascombe, le 03 octobre 2011

    Comme tout celà va vite.Hier enfant,aujourd'hui vieillard,et d'alors à maintenant,combien de respirations,combien de mots prononcés et entendus? Touchez moi,quelqu'un.Posez la main sur mon visage et parlez moi...
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par chardonette, le 31 juillet 2011

    Betty était morte d'un cœur brisé. Il y a des gens qui rient en entendant cette expression, mais c'est seulement parce qu'ils ignorent tout de la vie. On meurt d'un cœur brisé. Ça arrive tous les jours, et ça continuera d'arriver jusqu'à la fin des temps.
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