> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742780467
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres
"Seul dans le Noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête tout en m'efforçant de venir à bout d'une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain."

Ainsi commence le récit d'August Brill, critique littéraire à la ret... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 14 février 2012

    le_Bison
    Owen Brik vit dans un monde où le 11 septembre n'a pas eu lieu. Les tours jumelles du World Trade Center se dressent toujours aussi majestueusement et fièrement dans le ciel de New York, la guerre en Irak n'existe pas et George W. Bush est malgré tout président des États-unis d'Amérique. Brik porte le grade de caporal, du moins ce sont les insignes portés sur sa jaquette, et se réveille un matin au fond d'un trou, dans un endroit inconnu, en lieu et place de sa couche auprès de sa femme.
    August Brill est un critique littéraire à la retraite, contraint à l'immobilité d'une chaise roulante. Il vit dans le Vermont chez sa fille Miriam, qui ne s'est toujours pas remise d'un divorce vieux de 5 ans. Sa petite-fille Katia est venue les rejoindre, suite au décès traumatisant de son ex-boy-friend parti à Bagdad, une mort atroce sous les caméras de terroristes irakiens. le jour, August et Katia passent leur temps à visionner de vieux films en noir et blanc, pour voir le temps défiler, pour éviter de penser à leur malheureuse destinée. Souffrant d'insomnies chroniques, August Brill passe ses nuits, Seul dans le Noir, à se conter des histoires. Il s'invente de petits scénarios, imagine de nouvelles vies, crée des personnages en mêlant fiction et réalité.
    Owen Brik, notre jeune caporal, se demande ce qu'il vient faire dans cette histoire. Il ne comprend pas ce qu'on lui demande, ni pourquoi certains états ont fait sécession et que la guerre civile à éclater entre certains États. Il avance dans cette terre devenue inconnue, sans repère, se demandant à qui faire confiance. Il est perdu dans ce nouveau monde dévasté. Il s'interroge sur son existence. Il a beau cherché des solutions, il n'arrive toujours pas à déchiffrer les attentes de gens qu'il croise, et parmi ces derniers il fait même la connaissance de son premier amour de jeunesse, une idylle d'adolescent.
    Cette nuit, August Brill n'arrive toujours pas à s'endormir. Il sait que sa fille ne dort pas non plus, fatiguée de l'existence, elle qui ne fait que vivoter à ses côtés. Il entend sa petite fille, elle aussi réveillée, qui a « cessé » de vivre pleinement depuis la mort de son ami. Ces trois générations, meurtries par des blessures irréversibles, se retrouvent ensemble pour s'entraider ; leurs liens se resserrent afin de continuer à survivre, l'amour entre les générations est le seul état rationnel de ce monde-ci pour subsister, continuer à espérer et petit à petit sortir de cet état moribond. August se retourne dans son lit, mais le sommeil ne vient pas. Il ne faut surtout pas qu'il pense à la vie, sous peine de perdre totalement l'envie de dormir, de passer une énième nuit blanche, dans le noir. Alors, il a imaginé une nouvelle vie, l'histoire d'un caporal du nom d'Owen Brik perdu dans un monde parallèle.
    Les fictions de Paul Auster sont, pour moi, toujours d'un excellent cru. Bien entendu, j'ai mes préférés, celles que j'ai lues à plusieurs reprises, celles que je sais qu'elles subiront une nouvelle relecture, celles que je garde précautionneusement sur une étagère de ma bibliothèque, à l'abri de la poussière, celles dont je suis tenté de caresser la couverture et de sentir l'odeur du souvenir. Rarement déçu, de temps en temps légèrement désappointé, mais le plus souvent enthousiasmé. Ce dernier Auster ne déroge pas à ma règle : une lecture plaisante, deux histoires qui s'entremêlent et s'entrechoquent dans la cruauté d'un monde actuel et fictif. Aucune raison, en somme, de le bouder. J'ai même subitement l'envie de visionner moi-même quelques vieux films de Yasujiro Ozu...
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par meyeleb, le 02 mai 2012

    meyeleb
    Séduite par l'écriture de Paul Auster dans Tombouctou, j'ai enchaîné au hasard des disponibilités de la bibliothèque avec Seul dans le noir. Je m'attendais à lire avec la même délectation ce roman dont l'accroche est intéressante. En tout cas, elle nous déstabilise, jusqu'à ce que l'on comprenne que deux mondes parallèles sont dévoilés : la vie d'August Brill, écrivain vieillissant en mal d'inspiration pour faire progresser son dernier roman; et la vie des personnages de son histoire, projetés dans une Amérique en pleine guerre civile. Une fois passée la difficulté de se situer dans l'une ou l'autre de ces narrations, on attend que se croisent fiction et réalité. Et quoi de plus étrange qu'un auteur qui désire être assassiné par son propre personnage ? J'avoue n'avoir guère adhéré à cette alternance narrative, qui finit par ennuyer, faute de réelle progression. Lorsque l'auteur décide d'en finir avec son héros comme on tourne une page (toute puissance de la création ? critique de cette toute-puissance à mettre en parallèle avec le pouvoir politique et la guerre...), on reste sur sa faim. Vient se substituer au récit mis en abyme une focalisation sur August Brill lui-même, dont on comprend un peu mieux les souffrances existentielles, celles de sa fille et de sa petite-fille, sur fond d'Amérique impliquée en Irak et de maladie. J'ai beau essayer de saisir l'unité de ce roman, il me semble opter pour des ficelles un peu grossières. Nonobstant le regard acéré de Paul Auster sur la société américaine, le récit en lui-même ne m'a pas vraiment fait vibrer. Je ne garderai donc pas un souvenir particulier de cette lecture. Mais alors, sur quel autre titre d'Auster dois-je jeter mon dévolu ? A vous de me le dire, chers amis babeliens !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 03 octobre 2011

    brigittelascombe
    "Combien de battements de coeur,combien de respirations,combien de mots prononcés et entendus? Touchez moi,quelqu'un.Posez la main sur mon visage et parlez moi..."
    Cette supplique lancée par August Brill, critique littéraire veuf, handicapé d'une jambe et déprimé, aurait pu l'être par sa fille Miriam biographe divorcée en mal d'amour ou par sa petite fille Katya, qui se culpabilise suite à la mort de son petit ami (qui a fui leur rupture) en Irak dans des conditions particulièrement horribles.
    Trois destins.Trois solitudes.Trois êtres qui cohabitent, s'épanchent,s'aident et s'aiment malgré tout.
    Quelle est leur part de responsabilité dans leurs échecs respectifs?
    Le divorce de Miriam était-il programmé suite à ses souvenirs de fille adolescente d'un père infidèle?
    August qui a aimé deux femmes à la fois, puis, largué, a sombré dans l'alcoolisme et s'est enfin accroché pour reconquérir la première, aurait-il pu agir sans trop de casse?
    Katya aurait-elle pu éviter le départ de Titus sur le front?
    August Brill, perdu dans le trou noir de ses insomnies, invente un monde parrallèle, celui d'Owen Brick, magicien amoureux de sa femme Flora, caporal épris de désir pour Virginia et chargé d'éliminer August Brill dans une autre dimension en pleine guerre civile mais où le 11 septembre n'a pas eu lieu et les tours jumelles sont toujours debout.
    Les méandres de l'inconscient sont tarabiscotés, c'est sûr!
    Etrange bonhomme émouvant, cet August, qui, de mots en mots, se maintient en vie, invente et tisse des liens de connivence avec sa fille dont il corrige la biographie en cours et sa petite fille avec laquelle il parle cinéma.
    C'est simple mais beau comme un chemin de vie qui s'éclaire enfin!
    "Tout est langage!" Tiens du Dolto!
    Seul dans le Noir, lui, est du pur Auster(écrivain américain contemporain connu et reconnu) et du bon!
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 05 janvier 2012

    Aaliz
    Comme on dit « jamais deux sans trois » je m'attendais à un troisième coup de cœur. Eh bien non, c'est raté. Enfin je ne dis pas que je n'ai pas aimé mais j'ai été déçue.
    Pourtant ça partait très bien. J'ai retrouvé pour un temps le Paul Auster que j'ai aimé dans mes deux précédentes lectures, son talent de conteur, sa façon de surprendre le lecteur et de toujours trouver ce petit quelque chose d'original qui fait que je n'arrive plus à me séparer de mon livre. Tout ça je l'ai bien retrouvé à la lecture des deux premiers tiers du roman, c'est-à-dire la partie où August, seul dans sa chambre plongée dans l'obscurité, imagine une histoire, un monde parallèle au nôtre et un personnage qui fait la navette entre les deux mondes au point qu'on se demande si la fiction ne va pas prendre le dessus sur le réel et où, encore une fois, on laisse libre cours à son imagination. Voilà, c'est ça que j'aime chez Auster, sa capacité à nous faire participer à l'effort de création en même temps que lui (enfin là je parle pour moi notamment, je ne sais pas si c'est le cas pour tout le monde). Mais quand je le lis, je ne peux pas m'empêcher d'imaginer une suite probable ou de nouvelles péripéties. Bref je construis ma propre histoire dans ma tête. Et ce qui m'a étonnée avec Seul dans le Noir, c'est que d'habitude, Auster laisse son récit en suspens or que là pas du tout. Ce qui fait que là où précédemment je pouvais rester avec mes suppositions, mes hypothèses et ma suite imaginaire, ici je n'ai pas pu car Auster nous sert une fin à cette histoire imaginée par Brill et une fin à laquelle je ne m'attendais absolument pas. J'ai été bluffée !
    Mais le soufflé n'a pas tenu car le tiers restant du livre m'a déçue.
    Cette partie est consacrée à August Brill et à sa vie, notamment les malheurs qui ont frappé ses proches. Il nous rapporte également trois petites histoires qui lui avaient été contées par des amis. On retrouve tout au long du livre et à travers ces petites histoires la guerre comme thème récurrent : d'abord la guerre civile dans l'histoire imaginée par August, les différentes guerres dans lesquelles sont intervenus les USA à travers la vie d'August (bien qu'il n'ait participé à aucune d'entre elles), la seconde guerre mondiale et la guerre froide à travers les petites histoires, et bien sûr la guerre en Irak. On sent également une certaine critique à l'égard de la politique belliciste de George W.Bush.
    Et puis on retrouve aussi de nombreux éléments biographiques de Paul Auster : le divorce, le séjour en France, le fait qu'Auster ait échappé à la guerre du Viêt-Nam comme Brill, le base-ball, le cinéma etc…
    De plus, August Brill est handicapé, victime d'un accident de voiture, il a perdu l'usage d'une de ses jambes. Si je me souviens bien, le personnage principal de La nuit de l'oracle aussi a été victime d'un accident. Pourtant je n'arrive pas à trouver dans la biographie d'Auster d'éléments se rapportant à un accident. Et je n'arrive pas à penser qu'il s'agisse d'une coïncidence.
    Pour conclure, ce fut une lecture agréable et enthousiasmante pour une partie, décevante pour l'autre car trop « banale » à mon goût. J'aime quand Auster me surprend et m'envoie dans des directions toujours plus inventives et originales. Alors quand il fait dans le « classique » et qu'il met de côté cette recette qui me fait tant saliver, forcément je suis déçue.
    J'ai d'ailleurs cru comprendre, en lisant certaines critiques, que Brooklyn Follies était justement un livre plus « traditionnel » , ce qui me fait hésiter à le lire.
    Mais la question ne se pose pas pour l'instant car le prochain Auster sur la liste est le voyage d'Anna Blume. En espérant y retrouver le Auster que j'aime …


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-seul-dans-le-noir-paul-a..
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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 13 juin 2011

    Malaura
    Depuis que sa femme est morte et qu'un accident de la route l'a contraint à l'immobilité, l'ancien critique littéraire August Brill vit avec sa fille Miriam et sa petite-fille Katya dans une maison où règnent tristesse et deuil.
    Miriam ne se remet pas d'un divorce vieux de 5 ans, Katya se sent responsable de la mort en Irak de son ex-fiancé, tandis que le vieil homme tente de pallier ses insomnies et les douleurs du souvenir en s'inventant des histoires.
    C'est ainsi qu'une nuit il crée Owen Brick, personnage projeté dans un monde parallèle...

    Fidèle à son habitude, Paul Auster balade son lecteur au gré de ses envies, de ses désirs, de ses caprices.
    Qu'il nous entraîne dans une fiction créée de toute pièce par son personnage, qu'il nous abreuve de théories sur le cinéma ou bien qu'il nous raconte la biographie d'une poétesse méconnue, le lecteur est immanquablement conquis, laissant réflexions, digressions, mises en abyme ou souvenirs s'interpénétrer et cédant au charme d'une longue nuit au terme de laquelle "ce monde étrange continue de tourner".

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Citations et extraits

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  • Par Kro, le 21 novembre 2010

    Je ne comprends toujours pas pourquoi nous avons ressenti, tous les trois, la nécessité de regarder cette vidéo-comme si c'était une obligation sacré. Nous savions tous les trois qu'elle continuerait à nous hanter pour le restant de nos jours, et pourtant nous avions je ne sais comment l'impression que nous devions être là avec Titus, que pour l'amour de lui nous devions garder les yeux face à l'horreur, l'aspirer en nous et l'y garder - en nous, cette mort solitaire et misérable, en nous, la cruauté qui lui fut infligée en ces derniers instants, en nous et en nul autre, afin de ne pas l'abandonner à la nuit impitoyable qui l'avait avalé.
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  • Par Corboland78, le 05 octobre 2011

    Et c’est ainsi que naviguent Brick et Flora dans leur rien conjugal, cette petite vie qu’elle l’a persuadé de reprendre avec le bon sens d’une femme qui ne croit pas en d’autres mondes, qui sait que seul existe ce monde-ci, dont les routines abrutissantes, les brèves chamailleries et les soucis financiers sont un élément essentiel, et qu’en dépit des maux, de l’ennui et des déceptions, jamais nous ne serons plus près de voir le paradis qu’en vivant dans ce monde.
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  • Par le_Bison, le 14 février 2012

    Seul dans le noir, je tourne et retourne le monde dans ma tête en m’efforçant de venir à bout d’une insomnie, une de plus, une nuit blanche de plus dans le grand désert américain.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par LoulouRaspoutine, le 28 avril 2010

    Hier enfant, aujourd'hui vieillard, et d'alors à maintenant, combien de battements de coeur, combien de respirations, combien de mots prononcés et entendus ? Touchez-moi, quelqu'un. Posez la main sur mon visage et parlez-moi...
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 03 octobre 2011

    Comme tout celà va vite.Hier enfant,aujourd'hui vieillard,et d'alors à maintenant,combien de respirations,combien de mots prononcés et entendus? Touchez moi,quelqu'un.Posez la main sur mon visage et parlez moi...
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