> Chloé Radiguet (Auteur de la postface, du colophon, etc.)
> Marion Bataille (Illustrateur)

ISBN : 2842053702
Éditeur : 1001 Nuits


Note moyenne : 3.89/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Après Ferragus et La Duchesse de Langeais, La Fille aux yeux d'or clôt en 1834 la trilogie de l'Histoire des Treize, où Balzac invente une sorte de communauté consacrée au service du diable.
Niché au coeur de Paris, l'hôtel particulier des San-Réal est une enclav... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par ballad, le 10 décembre 2011

    ballad
    Ce court récit De Balzac, entre roman et nouvelle, fait partie des Scènes de la vie parisiennes, Etudes de Mœurs. Il est d'une densité et d'une richesse épouvantables, et est largement bâti sur ce que l'on peut nommer une étude sociale de l'auteur. Balzac commence d'ailleurs son livre par un tableau stupéfiant de Paris au travers de toutes ses différentes classes sociales, tous ses corps de métiers, la corruption sociale régnante, etc. Dans ce début de texte, il s'annonce déjà un parfum de souffre et de diableries dont on sentira l'odeur tout au long du livre. Autant dire que les cogitations de l'auteur au sujet de ses semblables sont d'une noirceur à faire fuir. « Qui donc domine en ce pays sans mœurs, sans croyance, sans aucun sentiment ; mais d'où partent et où aboutissent tous les sentiments, toutes les croyances et toutes les mœurs ? L'or et le plaisir. »
    Après ce long préambule sur Paris, l'histoire proprement dite commence avec l'arrivée, un peu tardive il faut l'avouer, du personnage principal, Mr. de Marsay, un dandy un peu british qui entreprendra de démontrer son pouvoir en réussissant là où tout le monde a échoué. Il va séduire celle que tous appellent La Fille aux yeux d'or, Paquita Valdès, jeune femme d'origine cubaine jalousement gardée par son entourage dans un hôtel particulier…
    Ce fut une lecture agréable, bien que j'aie eu besoin d'un petit temps avant de m'adapter à la plume baroque De Balzac. Je trouve en plus que les personnages sont restés obscurs derrière les élucubrations de l'auteur, et trop de mystère a chargé la lecture, même si quelque chose d'important a été dévoilé à la fin du livre.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    La fille aux yeux d'or est une longue nouvelle écrite dans ce style toujours aussi plaisant pour ceux qui affectionnent la prose De Balzac. En revanche, sa construction n'est peut-être pas un modèle du genre à montrer dans les écoles d'architecture littéraire. Je la qualifierais de "romantique", au sens le moins attrayant du terme, à savoir, une histoire d'amour, d'amour impossible cela va sans dire, où l'auteur semblait tellement pressé de faire en sorte que ça finisse mal que j'avoue ne pas avoir pleinement compris d'où venait l'impossibilité. Les protagonistes, autre poncif, sont beaux comme des statues grecques, intelligents comme pas deux, riches, etc. Bref du romantique comme j'ai peine à lire et une nouvelle qui n'aurait en soi pas grand intérêt si elle n'était ourdie par la toujours précieuse analyse sociale De Balzac. En particulier, le tout début de la nouvelle (qui n'a pas grand chose à voir avec la suite) où notre sacré Honoré nous peint un portrait aux petits oignons de la société parisienne, chose quasi incroyable, qui pourrait presque être encore d'actualité de nos jours (bien sûr c'est une provinciale qui s'est fait rabrouer plusieurs fois par l'amabilité parisienne qui vous parle). Évidemment qu'il y a un peu de caricature là-dessous, mais peut-être pas autant qu'on voudrait bien nous le faire croire dans les guides touristiques. Pour conclure, l'homme, Henri de Marsay, une vieille connaissance des adeptes de La comédie humaine, fils illégitime d'un lord anglais, beau, fort, riche, intelligent; la femme, Paquita Valdès, géorgio-cubano-hispano-je-ne-sais-trop-quoi (même Balzac semble ignorer au juste le pedigree de son héroïne), belle au point que Monica Bellucci c'est pas grand chose à côté, évidemment ils s'adorent, ils sont prêts à mourir l'un pour l'autre (Henri un peu moins peut-être, c'est du Balzac quand même, il y a bien la petite gousse de cynisme attendue). Vous dire pourquoi leur amour n'est pas réalisable, je ne sais trop, j'ai dû rater un passage bien que je n'en ai pas l'impression, en somme, fallait que ça capote à la fin par tous les moyens possibles (et Balzac n'est jamais à court de moyens impossibles).
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par ahez, le 20 mai 2012

    ahez
    Je vous présente ici La fille aux yeux d'or.
    Le comte Henri de Marsay, un dandy membre des Treize, rencontre Paquita, La fille aux yeux d'or. Tombé amoureux, il partage avec elle des plaisirs voluptueux mais toujours entouré par un certain mystère et sous le regard d'une vieille et d'un mulâtre. Paquita ne peut lui appartenir totalement parce qu'elle est déjà la propriété de quelqu'un d'autre.
    Nouvelle de Balzac qui s'inscrit dans les scènes de la vie parisienne et qui est aussi un volet de l'Histoire de Treize, cette histoire traite d'"une passion terrible, devant laquelle a reculé notre littérature". Il est en effet question d'une sorte de triangle amoureux où des passions violentes et cruelles entrent en conflit. Mais le plus choquant dans l'esprit De Balzac est sans doute d'aborder l'amour saphique et sa violence passionnelle. L'ensemble du récit est de toute façon marqué par l'intensité et le rocambolesque. On pourrait presque dire qu'il s'agit d'un récit romantique marqué par un esprit gothique et extrême.
    Les trois romans qui constituent L Histoire des Treize (Ferragus, La Duchesse de langeais, La fille aux yeux d'or) mettent en scènes des personnages exceptionnels et qui ont entre les mains un pouvoir important mais qui nous reste inconnu. Il s'agit ici du dédaigneux Henri de Marsay, personnage central du récit. Il ne semble pas que Balzac apprécie vraiment son personnage. le début de la nouvelle est d'ailleurs l'occasion d'un brillant tableau de la société parisienne selon les catégories sociales: les ouvriers, les petits-bourgeois, la haute-bourgeoisie, l'aristocratie. Cette description réaliste est saisissante par son côté ironique. Balzac m'a semblé refuser le monde ambitieux, affairé et capitaliste de son époque. C'est mordant et pourtant on reconnaît encore un peu notre propre vie parisienne contemporaine.
    En bref, c'est une lecture que je recommande pour aborder Balzac. J'ai adoré!

    Lien : http://ahezcess.canalblog.com/archives/2010/07/02/18487505.html
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par sbrodj, le 18 juin 2011

    sbrodj
    L'ouverture de ce petit roman est un morceau d'anthologie.
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Citations et extraits

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  • Par LSH, le 20 juin 2009

    Quelle que fût la puissance de ce jeune homme, et son insouciance en fait de plaisirs, malgré sa satiété de la veille, il trouva dans la Fille aux yeux d’or ce sérail que sait créer la femme aimante et à laquelle un homme ne renonce jamais. Paquita répondait à cette passion que sentent tous les hommes vraiment grands pour l’infini, passion mystérieuse si dramatiquement exprimée dans Faust, si poétiquement traduite dans Manfred, et qui poussait Don Juan à fouiller le cœur des femmes, en espérant y trouver cette pensée sans bornes à la recherche de laquelle se mettent tant de chasseurs de spectres, que les savants croient entrevoir dans la science, et que les mystiques trouvent en Dieu seul. L’espérance d’avoir enfin l’Être idéal avec lequel la lutte pouvait être constante sans fatigue, ravit de Marsay qui, pour la première fois, depuis longtemps, ouvrit son cœur. Ses nerfs se détendirent, sa froideur se fondit dans l’atmosphère de cette âme brûlante, ses doctrines tranchantes s’envolèrent, et le bonheur lui colora son existence, comme l’était ce boudoir blanc et rose. En sentant l’aiguillon d’une volupté supérieure, il fut entraîné par delà les limites dans lesquelles il avait jusqu’alors enfermé la passion. Il ne voulut pas être dépassé par cette fille qu’un amour en quelque sorte artificiel avait formée par avance aux besoins de son âme, et alors il trouva, dans cette vanité qui pousse l’homme à rester en tout vainqueur, des forces pour dompter cette fille ; mais aussi, jeté par delà cette ligne où l’âme est maîtresse d’elle-même, il se perdit dans ces limbes délicieuses que le vulgaire nomme si niaisement les espaces imaginaires. Il fut tendre, bon et communicatif. Il rendit Paquita presque folle.
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  • Par LSH, le 20 juin 2009

    Chercher le plaisir, n’est-ce pas trouver l’ennui ? Les gens du monde ont de bonne heure fourbu leur nature. N’étant occupés qu’à se fabriquer de la joie, ils ont promptement abusé de leurs sens, comme l’ouvrier abuse de l’eau-de-vie. Le plaisir est comme certaines substances médicales : pour obtenir constamment les mêmes effets, il faut doubler les doses, et la mort ou l’abrutissement est contenu dans la dernière.
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  • Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    La vie est une singulière comédie. Je suis effrayé, je ris de l'inconséquence de notre ordre social. Le gouvernement fait trancher la tête à de pauvres diables qui ont tué un homme, et il patente des créatures qui expédient, médicalement parlant, une douzaine de jeunes gens par hiver. La morale est sans force contre une douzaine de vices qui détruisent la société, et que rien ne peut punir. Ma parole d'honneur! l'homme est un bouffon qui danse sur un précipice. (...) il existe un livre horrible, sale, épouvantable, corrupteur, toujours ouvert, qu'on ne fermera jamais, le grand livre du monde, sans compter un autre livre mille fois plus dangereux, qui se compose de tout ce qui se dit à l'oreille, entre hommes, ou sous l'éventail entre femmes, le soir, au bal.
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  • Par ballad, le 10 décembre 2011

    « En Orient seulement, la race humaine offre un buste magnifique ; mais il est un effet du calme constant affecté par ces profonds philosophes à longue pipe, à petite jambes, à torses carrés, qui méprisent le mouvement et l’ont en horreur, tandis qu’à Paris, Petits, Moyens et Grands courent sautent et cabriolent, fouettés par une impitoyable déesse, la Nécessité : nécessité d’argent, de gloire ou d’amusement. »
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  • Par ballad, le 10 décembre 2011

    « Si le désir donne de la hardiesse à l’homme et le dispose à ne rien ménager ; sous peine de ne pas être femme, la maîtresse, quelque extrême que soit son amour, est effrayée de se trouver si promptement arrivée au but et face à face avec la nécessité de se donner, qui pour beaucoup de femmes équivaut à une chute dans un abîme, au fond duquel elles ne savent pas ce qu’elles trouveront. »
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