ISBN : 2253001457
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1972)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 383 notes) Ajouter à mes livres
Jean et ses frères retrouvent leurs parents, après une séparation liée au métier de leur père, professeur en Indochine. Mais la joie des retrouvailles est rapidement ternie : ils doivent faire face à une mère autoritaire et violente, dans un cadre familial strict et austère. Si la faim et le froid deviennent le quotidien des enfants, l’absence de toute tendresse et la violence physique sont plus pénibles encore. Leur marâtre Folcoche, ainsi que la surnomment les frères, les couvre de coups de fouets et d’humiliations. Rien ne semble pouvoir arrêter cet enfer, pas même le père, trop effacé, trop lâche peut-être. Jean ne pourra compter que sur sa ruse pour échapper à sa mère et quitter cette enfance, bien plus douloureuse qu’une morsure de vipère.
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 02 octobre 2010

    mimipinson
    Pour tout un chacun, la mère, est la femme protectrice, aimante, bienveillante à l'égard de sa couvée. Les conflits mère –enfants ne sont pas rares. Mais peut-il exister un sentiment de haine à l'égard d'une mère, aussi revêche soit-elle ?
    Hélas oui, ce livre, qui livre en grande partie les de souvenirs d'enfance de l'auteur en est la preuve.
    Comment peut-on être odieuse, machiavélique, vicieuse avec ses enfants ? Comment un père normalement constitué peut-il être à ce point lâche et résigné, bien que de temps en temps il ait quelques sursauts de bon sens et d'autorité ?
    Brasse-Bouillon vit au milieu de ses frères, dans une propriété familiale, à la campagne, à l'abri de leurs petits camarades. Leurs parents, pour de sombres raisons financières préfère assurer leur éducation à la maison à l'aide d'un abbé.Folcoche, puisque c'est ainsi que les enfants la surnomme tente par tous les moyens d'asseoir son emprise sur sa famille. le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ambiance n'y est pas de meilleures.
    "Un an après la prise de pouvoir par notre mère, nous n'avions plus aucune foi dans la justice des nôtres."
    "Toi, je ne te demande rien, mon garçon ! Je me doute bien que vous avez tout fait pour détourner l'attention de votre père. Tu n'iras pas à la chasse la prochaine fois."
    Les brimades se suivent, et vont croissant. Seulement, les garçons, animés d'une telle haine pour cette mère qui n'a de nom que le nom, vont lui faire endurer les pires avaries. Des coups pendables, qui me feront rire, rire jaune, cependant, tellement la situation de ces enfants, et de Brasse –Bouillon, en particulier, est triste.
    Voilà un écrit paradoxal, puisque qu'il m'a autant fait rire qu'il m'a fendu le cœur. J'ai sauté de joie à l'idée de voir Folcoche se retrouver à l'eau, et je n'avais pas envie de lui tendre la perche pour la sortir de là…..
    Peu à peu Jean s'éloigne de cette mère, et défie le père pour tenter de lui ouvrir un tant soit peu les yeux :
    "Excusez-moi d'être franc, papa. Mais vous vous montrez bien jaloux d'une autorité que vous n'exercez guère."
    Jean qui commencera un peu un comprendre ce qu'est sa mère, lorsqu'injustement puni il s'enfuira chez les parents de cette dernière pensant y trouver réconfort et attention.
    On ne peut être un bon parent que lorsqu'on a guérit de son enfance.


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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 22 novembre 2011

    lecassin
    « Vipère au poing » est le premier roman d'Hervé Bazin ; et celui qui l'a rendu immédiatement célèbre. Publié en 1948, c'est le premier volet d'une trilogie (« Vipère au poing », « La mort du petit cheval », « Le cri de la chouette ») qui raconte successivement l'enfance de Jean Rezeau (dit Brasse-Bouillon), sa vie de jeune adulte puis celle d'homme d'âge mûr, jusqu'à la mort de sa mère, Paule Pluvinec, dite Folcoche.
    Ce premier roman, très largement autobiographique, est l'histoire d'une famille de la petite bourgeoisie provinciale, les Rezeau : 3 fils, un père effacé et rêveur, une mère autoritaire et méchante... Mais c'est surtout l'histoire de la haine qui lie le narrateur, benjamin des fils à sa mère.
    Certains considèrent Hervé Bazin comme un « sous Mauriac »… Il n'en reste pas moins que ce « Vipère au poing », véritable cri de haine à l'égard de la famille est un roman d'une très grande force.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par kathy, le 06 août 2011

    kathy
    Hervé Bazin dans ce roman autobiographique nous restitue son enfance au contact d'une mère maltraitante et dans un contexte social et religieux particulier. Il nous confie ses ressentis, sa souffrance, sa révolte et sa haine.
    Histoire poignante et terriblement vraie (la peur engendre la peur, la haine engendre la haine) quand on sait que les supplices vécus durant l'enfance sont parfois répétés à l'âge adulte par les parents sur leurs propres enfants. Ce roman nous permet de nous interroger sur la maltraitance faite aux enfants et l'on ne peut qu'éprouver de l'empathie pour Brasse-Bouillon et ses frères.
    Cependant, H. Bazin ne nous donne pas d'explication objective quant au comportement de sa mère vis-à-vis de ses enfants ; ainsi on est conduits à la juger sans autre forme de procès. Or je pense que Falcoche est une femme qui a été profondément meurtrie elle aussi dans son enfance. L'auteur élude (sciemment ?) cet aspect là du roman qui, sans excuser l'attitude de Folcoche, nous aurait permis, peut être, en partie, de l'expliquer.
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    • Livres 4.00/5
    Par marie-bib, le 18 mai 2010

    marie-bib
    C'est l'histoire de la famille Rezeau, petite bourgeoisie provinciale : 3 fils, un père effacé et une mère autoritaire et méchante. Mais c'est surtout l'histoire de la haine qui lie le narrateur, benjamin des fils, et sa mère, surnommée Folcoche.
    Bien écrit, personnages hauts en couleurs. Un très bon roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 04 juin 2011

    brigittelascombe
    Un livre rempli de fiel et de venin. La haine au coeur,la rageaux tripes, le diable au corps d'une vie d'enfant saccagée par sa mère qu'au début l'auteur tue de ses propres mains. Enfin un simulacre de meurtre puisqu'il s'agit d'une vipère sur laquelle il passe sa vengeance.
    Un livre dur, mais ne s'endurcit on pas lorsque la maltraitance remplace l'amour maternel? Brasse bouillon face à Folcoche, un duo de choc dans cette "Belle Angerie" demeure de petits démons diabolisés par une démoniaque.
    Un récit cruel et douloureux comme la morsure d'une fourchette sur le plat d'une main, celle de la "Folcoche" bien sûr!
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Citations et extraits

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  • Par Scriba, le 20 décembre 2009

    J'entre à peine dans la vie et, grâce à toi, je ne crois plus à rien, ni à personne. [...]Celui qui n'a pas cru en sa mère, celui-là n'entrera pas dans le royaume de la terre. Toute foi me semble une duperie, toute autorité un fléau, toute tendresse un calcul. Les plus sincères amitiés, les bonnes volontés, les tendresses à venir, je les soupçonnerai, je les découragerai, je les renierai. L'homme doit vivre seul. Aimer, c'est s'abdiquer. Haïr, c'est s'affirmer. Je suis, je vis, j'attaque, je détruis.
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  • Par Scriba, le 20 décembre 2009

    Cette vipère, ma vipère, dûment étranglée, mais surtout renaissante, je la brandis encore et je la brandirai toujours, quel que soit le nom qu'il te plaise de lui donner : haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur ! Cette vipère, ta vipère, je la brandis, je la secoue, je m'avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public, faisant le vide autour de moi. Merci ma mère ! Je suis celui qui marche, une vipère au poing.
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  • Par Aela, le 03 juillet 2011

    Tais-toi, Folcoche. J'arriverai volontairement en retard et tu ne diras rien, parce que tu as peur, parce que je veux que tu aies peur. Je suis plus fort que toi. Tu déclines et je monte. Je monte comme un épouvantail, dont l'ombre s'allonge immensément sur les champs au moment où le soleil se couche. Je suis la justice immanente de ton crime, unique dans l'histoire des mères. Je suis ton vivant châtiment, qui te promet, qui te fera une vieillesse unique dans l'histoire de la piété filiale.
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  • Par kathy, le 02 août 2011

    Certes, nous étions satisfaits du départ de Folcoche. Heureux, non. On ne construit pas un bonheur sur les ruines d'une longue misère. Notre joie n'avait pas de boussole. Nous étions désorientés. J'imagine assez le désarroi des adorateurs de Molock et Kali, soudain privés de leurs vilains dieux. Nous n'avions rien à mettre à la place du nôtre. La haine, beaucoup plus encore que l'amour, ça occupe.
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  • Par Spilett, le 18 décembre 2009

    Fichtre ! c'est grave. Nous sommes tous très intéressés, très mouches du coche. Folcoche se tord toujours, inconsciente, les deux mains sur le foie. Sa respiration siffle. Dois-je le dire ? mais nous respirons mieux depuis qu'elle étouffe.
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