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> Lydia Chweitzer (Traducteur)

ISBN : 2742701583
Éditeur : Actes Sud (1994)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 66 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Octobre 1917.
Des milliers de Russes vont s'éparpiller sur tous les continents. Heureux d'avoir pu échapper au massacre, désespérés par un interminable exil. A quoi rêve Tania pendant que le monde s'écroule ? Au bonheur. Alors Tanioucha, que tous les hommes court... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par seblac, le 21 décembre 2014

    seblac
    Dans ce second roman, paru en France en 1986, Nina Berberova annonce la couleur dès le titre : noir. Noire comme la misère matérielle dans laquelle va sombrer peu à peu l'héroïne Tatiana Arkadievna, dite Tania ...Plus noire encore les abîmes sentimentaux dans laquelle cette même femme va finir par se perdre corps et âme...Le point de départ de cette descente inexorable aux enfer ? La jalousie, l'envie de ce que les autres ont...ce sentiment de se croire supérieure aux autres, cette assurance quant à sa beauté et son charme sur les hommes.
    De Saint-Pétersbourg à Paris en passant par le Japon ou Shanghai, Nina Berberova nous livre en quelques pages seulement l'itinéraire d'une femme dont on serait tenté de dire qu'elle n'en valait pas plus...Des pages dans lesquelles la misérable vie de cette Tania nous est livrée de manière brute, rapide, comme s'il ne fallait pas trop s'attarder dessus. Un livre extrêmement court mais percutant dans les impressions qu'il laisse.
    Un livre témoignage aussi sur une partie de ces exilés russes qui découvrent, sans jamais vraiment la comprendre, ce qu'est la vraie vie : celle où il faut trimer pour gagner péniblement sa vie, celle où il ne faut compter que sur soi-même pour se sortir du pétrin et de la gêne, une vie où vous n'êtes pas, ou plus, le centre du monde. Tania a beau se persuader qu'elle est belle, qu'elle a du charme et que les hommes n'ont finalement pour fonction que d'assurer ses besoins matériels et nourrir son égo surdimensionné...au final elle n'échappe pas à son misérable destin de petite grue.
    Ce roman est un peu inhabituel dans la bibliographie de Nina Berberova notamment par sa noirceur et ce style finalement lapidaire. Une histoire aussi terrible que belle.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ambages, le 01 juillet 2015

    Ambages
    Cette petite écervelée -Tania- est laide, dans son coeur dans son corps.
    Nous la suivons. A chaque étape de sa vie. Et elle ne grandit pas.
    L'écriture de Berberova est tranchante, percutante.
    La juxtaposition de phrase longues et courtes donne le ton et révèle autant les caractères des protagonistes que le sens des mots.
    Je remarque qu'une fois encore (La souveraine), la mère est absente (décédée alors que Tania avait 15 ans).Tania n'aura pas d'enfant. Je ne chercherais pas d'explication ni même d'excuse à son comportement (il doit bien y en avoir en cherchant du côté de son "moi" ou de son "sur-moi" -je n'y connais rien et je dirais peu importe) car cela ne me correspond pas. Et c'est la magie de Berberova, nous laisser libres. Libres de voir la noirceur ici. Elle pose le constat. Et chacun avec sa pensée lira ce roman selon ses ressentis, sa propre histoire et sa sensibilité. Je vous recommande ces 120 pages de pure délectation.
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  • Par PiertyM, le 07 décembre 2014

    PiertyM
    Un petit bijou, ce petit roman. On parcourt toute une vie, celle de Tania et on arrive à la question qu'est-ce qu'une ambition? et qu'est-ce qu'une illusion?

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 27 juillet 2012

    canel
    A Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle, la famille de Tania était plutôt aisée. Mais ils durent fuir au Japon après la Révolution Russe. Devenue veuve, Tania émigre pour la France. Las ! la jeune femme découvre que la vie n'est pas rose à Paris. Elle y retrouve de temps en temps deux-trois amies, reste sans le sou, survit de petits ouvrages manuels tout en cherchant des hommes à peine moins pauvres qu'elle, susceptibles de lui assurer le gîte et le couvert - alors qu'elle rêve de beaucoup plus...

    Comme ce court roman est sombre ! On pense à Zola pour le désespoir, la misère des petits logements crasseux, les trois sous gagnés en se brûlant les yeux sur des broderies. La plume, l'art de raconter un destin à la fois vide et tragique rappellent Maupassant - deux fois évoqué dans l'ouvrage, d'ailleurs.

    Jalousie, convoitise, déchéance, pauvreté, dépression, folie... soixante-dix pages suffisent largement pour imprégner le lecteur de cette ambiance sordide…

    Bof, si le reste de l'oeuvre est aussi gris-noir, j'attendrai sans peine pour découvrir d'autres écrits.
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 18 avril 2012

    Nina
    Le laquais et la putain raconte à travers l'histoire de Tania, l'existence des femmes immigrées qui se retrouvent seules dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni les coutumes. Au début du XXème siècle, en Russie, comme dans la plupart des pays, les femmes à part dans les milieux intellectuels, ont été éduquées selon le schéma de l'époque : se marier et avoir des enfants. Alors, être une femme dans un pays étranger, sans mari et sans famille pour vous soutenir, était une situation difficilement envisageable.
    Ce livre raconte la lente dégradation sociale de Tania qui arrive en France après avoir vécu 9 ans au Japon avec son mari. Elle est veuve, sans aucun revenu et n'a pas envie de faire des petits métiers comme ses amies russes : brodeuse, femme de ménage...
    L'objectif de Tania, c'est de se trouver un mari. Mais le temps passe et l'argent manque. Tania va être obligée d'accepter que les hommes lui offrent de quoi manger et la suite est facile à deviner.
    Quand elle rencontre Bologovski, l'immigré russe qui faisait partie du corps de cavalerie du tsar, lui pense avoir trouvé enfin une femme qui va combler sa solitude. Il est certain que la vie sera plus douce à deux. Il va comprendre peu à peu qu'il ne représente pas ce que Tania désire. Tania a des rêves de jeune fille. Bologovski n'est qu'un pauvre exilé qui souffre loin de son pays. La fin sera tragique.

    Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/article-le-laquais-et-la-putain..
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Citations et extraits

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  • Par Ambages, le 30 juin 2015

    Elle boit aussi. Et vers minuit, il dit qu'il a faim, elle commande comme lui de la vodka et quelque chose à manger, simplement pour accompagner ses trois verres de vodka. Autour des yeux elle a deux cercles larges et noirs et à cause de la vodka sa bouche est devenue molle et profonde. A quoi donc joue-t-il ? se demande-t-elle, engourdie, éméchée. A l'époux légitime ? A l'amant de cœur ou au maquereau ? Et si je le lui demandais sans façon ?

    Cette pensée la fait rire aux larmes et elle glapit, sa tête se penche, de ses deux mains elle se tient le visage pour qu'il ne tombe pas sur la table.

    Sa soudaine incapacité de se contrôler suscite chez lui passion et tendresse. Elle larmoie pesamment, saisit son verre et le broie avec bruit entre ses doigts blancs et réguliers.

    - Pour l'amour du ciel, Tatiana Arkadievna, crie-t-il, le visage en sueur, on peut se blesser comme ça.

    Ses doigts et sa robe sont couverts d'éclats de verre, mais lui ne dit plus rien et, les poings serrés sous la table, du bruit dans la tête et du feu au cœur, il reste là, regarde et nage dans le bonheur dont elle est la cause, il ne se rappelle plus rien, il essaie de ne pas respirer, de ne pas ciller, et dans la brume de sa béatitude tout est ivre et net, gai et triste à la fois.

    Mais elle s'ennuyait.
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  • Par Ambages, le 01 juillet 2015

    - Comprends-tu, Tassenka, ma petite, ma douce, dit-il tout à coup, je me sens si bien que je ne sais comment le dire. Et la tristesse, je ne sais pourquoi... Je me demande sans cesse : comment ai-je mérité cela ? Et tu sais, auparavant je m'interrogeais souvent - qui suis-je ? pourquoi ? Maintenant j'ai laissé tomber, je n'y pense même plus.
    - Tu philosophais.
    - Tu parles. Philosopher avec une gueule pareille. Maintenant, je n'en ai même plus envie.
    - Dieu soit loué !
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  • Par natlitou, le 01 avril 2014

    Pendant toutes ces années, rien n'était arrivé qui méritait d'être regretté, aimé, il lui semblait que tout aurait pu être mieux, que chez les autres cétait plus riche, plus gai, plus complet, que c'était là ce qu'on appelle le bonheur.

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  • Par Ambages, le 30 juin 2015

    - Aujourd'hui larbin, demain fichu à la porte et raide comme un passe-lacet. S'installera au chômage. Il faut exiger.
    - Il est jaloux du premier chien venu.
    - D'un côté; il n'a pas tort. Tu ne refuserais pas le dernier des chiens.
    Tania éclate d'un rire modulé : cela veut dire que Goulia la considère comme une "grande amoureuse". Elles en avaient parlé un jour, se disant que Nadia et Tata n'étaient pas de "grandes amoureuses". Tania se trouve flattée.
    - Il n'a pas d'argent, il philosophe beaucoup. Et puis il est un peu vieux pour moi. Tu comprends ?
    - Déjà ? Ah, le fils de chien ! Et il se permet encore d'être jaloux...
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  • Par Piatka, le 27 juillet 2013

    Les femmes aiment les compliments, vous êtes un homme, vous devriez le savoir.

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Chronique de Laurence Goullieux - Nina Berberova - La Vie des Livres - 12 2013
Laurence Goullieux, directrice de la Bibliothèque Municipale de Liévin, évoque la vie et l'oeuvre de l'auteure Nina Berberova. Une brochure sur Nina Berberova a été réalisé par les...











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