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> Lydia Chweitzer (Traducteur)

ISBN : 2742701583
Éditeur : Actes Sud (1994)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Octobre 1917.
Des milliers de Russes vont s'éparpiller sur tous les continents. Heureux d'avoir pu échapper au massacre, désespérés par un interminable exil. A quoi rêve Tania pendant que le monde s'écroule ? Au bonheur. Alors Tanioucha, que tous les hommes court... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 27 juillet 2012

    canel
    A Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle, la famille de Tania était plutôt aisée. Mais ils durent fuir au Japon après la Révolution Russe. Devenue veuve, Tania émigre pour la France. Las ! la jeune femme découvre que la vie n'est pas rose à Paris. Elle y retrouve de temps en temps deux-trois amies, reste sans le sou, survit de petits ouvrages manuels tout en cherchant des hommes à peine moins pauvres qu'elle, susceptibles de lui assurer le gîte et le couvert - alors qu'elLe Rêve de beaucoup plus...

    Comme ce court roman est sombre ! On pense à Zola pour le désespoir, la misère des petits logements crasseux, les trois sous gagnés en se brûlant les yeux sur des broderies. La plume, l'art de raconter un destin à la fois vide et tragique rappellent Maupassant - deux fois évoqué dans l'ouvrage, d'ailleurs.

    Jalousie, convoitise, déchéance, pauvreté, dépression, folie... soixante-dix pages suffisent largement pour imprégner le lecteur de cette ambiance sordide…

    Bof, si le reste de l'œuvre est aussi gris-noir, j'attendrai sans peine pour découvrir d'autres écrits.
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    • Livres 3.00/5
    Par MissG, le 23 novembre 2014

    MissG
    Tania est une jeune fille lorsqu'elle fuit la Russie et la Révolution d'Octobre 1917 pour gagner avec sa famille le Japon.
    Elle s'y épanouit comme une fleur sensuelle attirant à elle tous les hommes, les séduisant, jouant la sotte ingénue et rêvant au prince qui l'épousera pour lui faire mener une vie de luxe et de bonheur telle que se l'imagine une Tania se posant mille questions : "Que devenir ? La vraie vie était sur le point de commencer, il fallait s'y préparer, ne pas rater l'occasion, ne pas faire de faux pas. Se marier le plus tôt possible ? Devenir diva d'opérette ? Ou écrivain, raconter l'histoire de son âme ?".
    Mais un homme lui résiste, c'est pour l'une de ses sœurs que son cœur bat, et ça, c'est trop pour Tania à qui il faut tout, tout le monde, et tout de suite : "Et la pensée qu'un homme l'avait négligée, que sa vie commençait par un échec, lui fut insupportable.".
    Tania va donc tout mettre en oeuvre pour l'épouser, commence alors sa vie de femme mariée, au Japon, à Shanghai puis à Paris, où elle se retrouve veuve au bout de neuf ans.
    Tania ne le pleure pas, mais commence pour elle une période de misère, de déchéance, où tous les jours se succèdent et se ressemblent : "Une journée commençait, grise comme l'existence.", et où Tania cherche tant bien que mal à s'en sortir : "Elle ne savait pas ce qu'était la vie, mais sentait que ce n'était pas ça, pas ça. Et les années passaient, et maintenant, avec ces pensées pénibles, cet ennui au cœur, avec cette poitrine vieillie et ce regard méchant - où aller ?".
    Alors Tania sort, prend un amant, un autre amant, passe d'un homme à un autre en attendant le généreux qui l'entretiendra jusqu'à la fin de ses jours et la fera, enfin, vivre dans le bonheur.
    Quel portrait cruel que dresse Nina Berberova de cette Tania, une grue sotte aux ambitions médiocres qui passera sa vie dans ses rêves et dans son imagination.
    Tania se marie, s'ennuie dans son mariage, est libérée par la mort de son mari mais ne sait que faire de cette liberté du fait de son dénuement matériel et de sa pauvreté.
    Alors Tania devient une sorte de putain, proposant ses charmes au plus offrant dans l'espoir d'accéder à l'image qu'elle se fait du bonheur.
    Encore une jeune femme qui s'est laissée éblouir par les lumières de Paris, le strass et les paillettes dans ces Années Folles.
    Que d'ironie également contenue dans ce court roman, à travers la relation entre Tania et son Bologovski, serveur dans un restaurant et faisant également figure du laquais énoncé dans le titre du livre.
    Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, cela s'applique à merveille à Tania, et je dirai qu'il n'y a pas également plus sot que le sot.
    Tania est une femme impossible, je l'imagine très bien dans ses jupes à froufrou piquer sa colère ou marcher de long en large à travers la pièce de sa chambre de bonne à ressasser son prochain plan pour attraper dans ses filets un homme jeune, beau, riche, qui cédera à tous ses caprices.
    Une nouvelle fois, j'ai également pu apprécier le style de Nina Berberova qui manie l'art de l'ellipse avec talent.
    De plus, elle réussit à croquer avec justesse le quotidien de cette femme dans le Paris des Années Folles, redonnant vie à cette époque avec une certaine forme de magie tout en y démontrant l'envers du décors.
    Nina Berberova réussit à écrire, en un peu plus des cent pages qui composent "Le Laquais et la putain", une histoire qui claque avec sa plume si particulière, trempée dans l'ironie et la cruauté pour dresser le portrait de cette infecte Tania, qui répugne le lecteur autant qu'elle le séduit.
    Une auteur de grand talent à redécouvrir absolument !

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2014/11/le-laquais-et-la-putain-de..
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    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 18 avril 2012

    Nina
    Le Laquais et la Putain raconte à travers l'histoire de Tania, l'existence des femmes immigrées qui se retrouvent seules dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni les coutumes. Au début du XXème siècle, en Russie, comme dans la plupart des pays, les femmes à part dans les milieux intellectuels, ont été éduquées selon le schéma de l'époque : se marier et avoir des enfants. Alors, être une femme dans un pays étranger, sans mari et sans famille pour vous soutenir, était une situation difficilement envisageable.
    Ce livre raconte la lente dégradation sociale de Tania qui arrive en France après avoir vécu 9 ans au Japon avec son mari. Elle est veuve, sans aucun revenu et n'a pas envie de faire des petits métiers comme ses amies russes : brodeuse, femme de ménage...
    L'objectif de Tania, c'est de se trouver un mari. Mais le temps passe et l'argent manque. Tania va être obligée d'accepter que les hommes lui offrent de quoi manger et la suite est facile à deviner.
    Quand elle rencontre Bologovski, l'immigré russe qui faisait partie du corps de cavalerie du tsar, lui pense avoir trouvé enfin une femme qui va combler sa solitude. Il est certain que la vie sera plus douce à deux. Il va comprendre peu à peu qu'il ne représente pas ce que Tania désire. Tania a des rêves de jeune fille. Bologovski n'est qu'un pauvre exilé qui souffre loin de son pays. La fin sera tragique.

    Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/article-le-laquais-et-la-putain..
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    • Livres 3.00/5
    Par floyd2408, le 02 avril 2014

    floyd2408
    C 'est un court roman au accent d'une nouvelle relatant la vie d'une jeune femme russe fuyant la révolution d'Octobre pour subir la cruauté de son destin ...
    C 'est un concentré de sentiments débordant dans ce petit récit .minimaliste dans les descriptions superflus ...on a l 'essence même de l 'intrigue ...
    On découvre les difficultés des immigrants russes de vivre dans un autre pays et de s'intégrer dans les us et coutume de celui-ci...
    Tania au comble de son malheur fini son existence comme ses choix de vie dans la sauvagerie indélébile de la société de cette époque ...
    Un roman acide ....
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    • Livres 2.00/5
    Par JasmineKaci, le 06 août 2014

    JasmineKaci
    Très court roman, Le Laquais et la putain manque de l'intensité de L'Accompagnatrice. Histoire d'une femme puis moins jeune passant tristement dans l'existence, ou plutôt à côté, incapable d'agir, de se prendre en main. Elle ne peut que voler les plus démunis de leurs restes d'amour, de chance, d'argent, d'espoirs et d'idées, sans posséder aucune qualité ni même de sentiments particuliers. Un personnage trop vide pour être intéressant.
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Citations et extraits

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  • Par MissG, le 23 novembre 2014

    Une journée commençait, grise comme l'existence.", et où Tania cherche tant bien que mal à s'en sortir : "Elle ne savait pas ce qu'était la vie, mais sentait que ce n'était pas ça, pas ça. Et les années passaient, et maintenant, avec ces pensées pénibles, cet ennui au cœur, avec cette poitrine vieillie et ce regard méchant - où aller ?

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  • Par MissG, le 23 novembre 2014

    Que devenir ? La vraie vie était sur le point de commencer, il fallait s'y préparer, ne pas rater l'occasion, ne pas faire de faux pas. Se marier le plus tôt possible ? Devenir diva d'opérette ? Ou écrivain, raconter l'histoire de son âme ?

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  • Par MissG, le 23 novembre 2014

    Et la pensée qu'un homme l'avait négligée, que sa vie commençait par un échec, lui fut insupportable.

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  • Par natlitou, le 01 avril 2014

    Pendant toutes ces années, rien n'était arrivé qui méritait d'être regretté, aimé, il lui semblait que tout aurait pu être mieux, que chez les autres cétait plus riche, plus gai, plus complet, que c'était là ce qu'on appelle le bonheur.

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  • Par Piatka, le 27 juillet 2013

    Les femmes aiment les compliments, vous êtes un homme, vous devriez le savoir.

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Chronique de Laurence Goullieux - Nina Berberova - La Vie des Livres - 12 2013
Laurence Goullieux, directrice de la Bibliothèque Municipale de Liévin, évoque la vie et l'oeuvre de l'auteure Nina Berberova. Une brochure sur Nina Berberova a été réalisé par les...











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