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Lydia Chweitzer (Traducteur)
ISBN : 2742701583
Éditeur : Actes Sud (1994)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 69 notes)
Résumé :
Octobre 1917.
Des milliers de Russes vont s'éparpiller sur tous les continents. Heureux d'avoir pu échapper au massacre, désespérés par un interminable exil. A quoi rêve Tania pendant que le monde s'écroule ? Au bonheur. Alors Tanioucha, que tous les hommes courtisent, décide de séduire et d'épouser celui qui a demandé sa soeur en mariage... Que deviennent ensuite ces neuf années au Japon et à Shanghai, avec Alexei Ivanovitch ? Tania ne sait plus.
L'en... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Ambages
Ambages01 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Cette petite écervelée -Tania- est laide, dans son coeur dans son corps.
Nous la suivons. A chaque étape de sa vie. Et elle ne grandit pas.
L'écriture de Berberova est tranchante, percutante.
La juxtaposition de phrase longues et courtes donne le ton et révèle autant les caractères des protagonistes que le sens des mots.
Je remarque qu'une fois encore (La souveraine), la mère est absente (décédée alors que Tania avait 15 ans).Tania n'aura pas d'enfant. Je ne chercherais pas d'explication ni même d'excuse à son comportement (il doit bien y en avoir en cherchant du côté de son "moi" ou de son "sur-moi" -je n'y connais rien et je dirais peu importe) car cela ne me correspond pas. Et c'est la magie de Berberova, nous laisser libres. Libres de voir la noirceur ici. Elle pose le constat. Et chacun avec sa pensée lira ce roman selon ses ressentis, sa propre histoire et sa sensibilité. Je vous recommande ces 120 pages de pure délectation.
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PiertyM
PiertyM07 décembre 2014
  • Livres 0/5
Un petit bijou, ce petit roman. On parcourt toute une vie, celle de Tania et on arrive à la question qu'est-ce qu'une ambition? et qu'est-ce qu'une illusion?
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canel
canel27 juillet 2012
  • Livres 3.00/5
A Saint-Pétersbourg au début du XXe siècle, la famille de Tania était plutôt aisée. Mais ils durent fuir au Japon après la Révolution Russe. Devenue veuve, Tania émigre pour la France. Las ! la jeune femme découvre que la vie n'est pas rose à Paris. Elle y retrouve de temps en temps deux-trois amies, reste sans le sou, survit de petits ouvrages manuels tout en cherchant des hommes à peine moins pauvres qu'elle, susceptibles de lui assurer le gîte et le couvert - alors qu'elle rêve de beaucoup plus...

Comme ce court roman est sombre ! On pense à Zola pour le désespoir, la misère des petits logements crasseux, les trois sous gagnés en se brûlant les yeux sur des broderies. La plume, l'art de raconter un destin à la fois vide et tragique rappellent Maupassant - deux fois évoqué dans l'ouvrage, d'ailleurs.

Jalousie, convoitise, déchéance, pauvreté, dépression, folie... soixante-dix pages suffisent largement pour imprégner le lecteur de cette ambiance sordide…

Bof, si le reste de l'oeuvre est aussi gris-noir, j'attendrai sans peine pour découvrir d'autres écrits.
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Nina
Nina18 avril 2012
  • Livres 5.00/5
Le laquais et la putain raconte à travers l'histoire de Tania, l'existence des femmes immigrées qui se retrouvent seules dans un pays dont elles ne connaissent ni la langue ni les coutumes. Au début du XXème siècle, en Russie, comme dans la plupart des pays, les femmes à part dans les milieux intellectuels, ont été éduquées selon le schéma de l'époque : se marier et avoir des enfants. Alors, être une femme dans un pays étranger, sans mari et sans famille pour vous soutenir, était une situation difficilement envisageable.
Ce livre raconte la lente dégradation sociale de Tania qui arrive en France après avoir vécu 9 ans au Japon avec son mari. Elle est veuve, sans aucun revenu et n'a pas envie de faire des petits métiers comme ses amies russes : brodeuse, femme de ménage...
L'objectif de Tania, c'est de se trouver un mari. Mais le temps passe et l'argent manque. Tania va être obligée d'accepter que les hommes lui offrent de quoi manger et la suite est facile à deviner.
Quand elle rencontre Bologovski, l'immigré russe qui faisait partie du corps de cavalerie du tsar, lui pense avoir trouvé enfin une femme qui va combler sa solitude. Il est certain que la vie sera plus douce à deux. Il va comprendre peu à peu qu'il ne représente pas ce que Tania désire. Tania a des rêves de jeune fille. Bologovski n'est qu'un pauvre exilé qui souffre loin de son pays. La fin sera tragique.
Lien : http://de-page-en-page.over-blog.com/article-le-..
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MissG
MissG23 novembre 2014
  • Livres 4.00/5
Tania est une jeune fille lorsqu'elle fuit la Russie et la Révolution d'Octobre 1917 pour gagner avec sa famille le Japon.
Elle s'y épanouit comme une fleur sensuelle attirant à elle tous les hommes, les séduisant, jouant la sotte ingénue et rêvant au prince qui l'épousera pour lui faire mener une vie de luxe et de bonheur telle que se l'imagine une Tania se posant mille questions : "Que devenir ? La vraie vie était sur le point de commencer, il fallait s'y préparer, ne pas rater l'occasion, ne pas faire de faux pas. Se marier le plus tôt possible ? Devenir diva d'opérette ? Ou écrivain, raconter l'histoire de son âme ?".
Mais un homme lui résiste, c'est pour l'une de ses soeurs que son coeur bat, et ça, c'est trop pour Tania à qui il faut tout, tout le monde, et tout de suite : "Et la pensée qu'un homme l'avait négligée, que sa vie commençait par un échec, lui fut insupportable.".
Tania va donc tout mettre en oeuvre pour l'épouser, commence alors sa vie de femme mariée, au Japon, à Shanghai puis à Paris, où elle se retrouve veuve au bout de neuf ans.
Tania ne le pleure pas, mais commence pour elle une période de misère, de déchéance, où tous les jours se succèdent et se ressemblent : "Une journée commençait, grise comme l'existence.", et où Tania cherche tant bien que mal à s'en sortir : "Elle ne savait pas ce qu'était la vie, mais sentait que ce n'était pas ça, pas ça. Et les années passaient, et maintenant, avec ces pensées pénibles, cet ennui au coeur, avec cette poitrine vieillie et ce regard méchant - où aller ?".
Alors Tania sort, prend un amant, un autre amant, passe d'un homme à un autre en attendant le généreux qui l'entretiendra jusqu'à la fin de ses jours et la fera, enfin, vivre dans le bonheur.
Quel portrait cruel que dresse Nina Berberova de cette Tania, une grue sotte aux ambitions médiocres qui passera sa vie dans ses rêves et dans son imagination.
Tania se marie, s'ennuie dans son mariage, est libérée par la mort de son mari mais ne sait que faire de cette liberté du fait de son dénuement matériel et de sa pauvreté.
Alors Tania devient une sorte de putain, proposant ses charmes au plus offrant dans l'espoir d'accéder à l'image qu'elle se fait du bonheur.
Encore une jeune femme qui s'est laissée éblouir par les lumières de Paris, le strass et les paillettes dans ces Années Folles.
Que d'ironie également contenue dans ce court roman, à travers la relation entre Tania et son Bologovski, serveur dans un restaurant et faisant également figure du laquais énoncé dans le titre du livre.
Il n'y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, cela s'applique à merveille à Tania, et je dirai qu'il n'y a pas également plus sot que le sot.
Tania est une femme impossible, je l'imagine très bien dans ses jupes à froufrou piquer sa colère ou marcher de long en large à travers la pièce de sa chambre de bonne à ressasser son prochain plan pour attraper dans ses filets un homme jeune, beau, riche, qui cédera à tous ses caprices.
Une nouvelle fois, j'ai également pu apprécier le style de Nina Berberova qui manie l'art de l'ellipse avec talent.
De plus, elle réussit à croquer avec justesse le quotidien de cette femme dans le Paris des Années Folles, redonnant vie à cette époque avec une certaine forme de magie tout en y démontrant l'envers du décors.
Nina Berberova réussit à écrire, en un peu plus des cent pages qui composent "Le laquais et la putain", une histoire qui claque avec sa plume si particulière, trempée dans l'ironie et la cruauté pour dresser le portrait de cette infecte Tania, qui répugne le lecteur autant qu'elle le séduit.
Une auteur de grand talent à redécouvrir absolument !
Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2014/11/le-laq..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages30 juin 2015
Elle boit aussi. Et vers minuit, il dit qu'il a faim, elle commande comme lui de la vodka et quelque chose à manger, simplement pour accompagner ses trois verres de vodka. Autour des yeux elle a deux cercles larges et noirs et à cause de la vodka sa bouche est devenue molle et profonde. A quoi donc joue-t-il ? se demande-t-elle, engourdie, éméchée. A l'époux légitime ? A l'amant de cœur ou au maquereau ? Et si je le lui demandais sans façon ?



Cette pensée la fait rire aux larmes et elle glapit, sa tête se penche, de ses deux mains elle se tient le visage pour qu'il ne tombe pas sur la table.



Sa soudaine incapacité de se contrôler suscite chez lui passion et tendresse. Elle larmoie pesamment, saisit son verre et le broie avec bruit entre ses doigts blancs et réguliers.



- Pour l'amour du ciel, Tatiana Arkadievna, crie-t-il, le visage en sueur, on peut se blesser comme ça.



Ses doigts et sa robe sont couverts d'éclats de verre, mais lui ne dit plus rien et, les poings serrés sous la table, du bruit dans la tête et du feu au cœur, il reste là, regarde et nage dans le bonheur dont elle est la cause, il ne se rappelle plus rien, il essaie de ne pas respirer, de ne pas ciller, et dans la brume de sa béatitude tout est ivre et net, gai et triste à la fois.



Mais elle s'ennuyait.
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AmbagesAmbages01 juillet 2015
- Comprends-tu, Tassenka, ma petite, ma douce, dit-il tout à coup, je me sens si bien que je ne sais comment le dire. Et la tristesse, je ne sais pourquoi... Je me demande sans cesse : comment ai-je mérité cela ? Et tu sais, auparavant je m'interrogeais souvent - qui suis-je ? pourquoi ? Maintenant j'ai laissé tomber, je n'y pense même plus.

- Tu philosophais.

- Tu parles. Philosopher avec une gueule pareille. Maintenant, je n'en ai même plus envie.

- Dieu soit loué !
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natlitounatlitou01 avril 2014
Pendant toutes ces années, rien n'était arrivé qui méritait d'être regretté, aimé, il lui semblait que tout aurait pu être mieux, que chez les autres cétait plus riche, plus gai, plus complet, que c'était là ce qu'on appelle le bonheur.
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AmbagesAmbages30 juin 2015
- Aujourd'hui larbin, demain fichu à la porte et raide comme un passe-lacet. S'installera au chômage. Il faut exiger.

- Il est jaloux du premier chien venu.

- D'un côté; il n'a pas tort. Tu ne refuserais pas le dernier des chiens.

Tania éclate d'un rire modulé : cela veut dire que Goulia la considère comme une "grande amoureuse". Elles en avaient parlé un jour, se disant que Nadia et Tata n'étaient pas de "grandes amoureuses". Tania se trouve flattée.

- Il n'a pas d'argent, il philosophe beaucoup. Et puis il est un peu vieux pour moi. Tu comprends ?

- Déjà ? Ah, le fils de chien ! Et il se permet encore d'être jaloux...
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AmbagesAmbages01 juillet 2015
Tania allume une cigarette.

- Hier il m'a dit : te tuer ou t'épouser ?

- Et pourquoi ça ?

- Comme ça. De l'hystérie.

Goulia bouge ses pieds.

- Pour quoi, demande-t-il, nous vivons, toi et moi, et tous les gens ?

- Mais pour qui se prend-il, pour Tolstoï, ou quoi ? Dis-lui qu'il vit pour recevoir des pourboires.

Une fois encore, Tania éclate de rire.
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Vidéo de Nina Nikolaevna Berberova

Chronique de Laurence Goullieux - Nina Berberova - La Vie des Livres - 12 2013
Laurence Goullieux, directrice de la Bibliothèque Municipale de Liévin, évoque la vie et l'oeuvre de l'auteure Nina Berberova. Une brochure sur Nina Berberova a été réalisé par les...
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Quelles sont les dates de naissance et mort de Nina Berberova?

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1925 - elle est toujours vivante (en 2012)
1818-1875

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