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Ronald Blunden (Traducteur)
EAN : 9782070416141
336 pages
Gallimard (15/11/2000)
3.82/5   305 notes
Résumé :
A trente-six ans, il n'a plus que quelques mois à vivre. Que peut-il faire face à son désespoir?
Le voici échouant dans un vieil hôtel au bord de la mer, où il trouve la photographie d'une jeune femme ravissante, qui fut actrice à la fin du XIXème siècle.
Il tombe amoureux du portrait et cherche à découvrir la vie de cette actrice qui, comme lui, ne s'est jamais mariée.
Et, peu à peu, cette curiosité passionnée devient un véritable lien, un vér... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (53) Voir plus Ajouter une critique
3,82

sur 305 notes
Quel crève-coeur, quel arrache-coeur, j'ai arrêté ma lecture plus d'une fois, traumatisé, et j'ai pleuré en le refermant... Vous connaissez la méthode Matheson? Mais si, déjà éprouvée dans Je suis une légende : développer un personnage auquel on s'attache, solitaire, exclu et ostracisé, qui survit malgré le danger... et lorsqu'on est plongé dans la béatitude des rares instants de bonheur qui lui sont offerts, Matheson n'attend qu'une chose, nous les arracher en plein vol quand on s'y attend le moins, les tripes et le coeur avec, par un rebondissement inattendu qui nous rend fou et nous attriste au plus profond comme s'il nous arrivait personnellement.

Point de vampires et très peu de folklore science-fictionnel : Richard Collier, condamné par une tumeur au cerveau, erre dans un hôtel tout droit sorti du XIXème et tombe amoureux fou de l'actrice Elise McKenna, qui a vécu en ce temps. Il cherche alors à remonter dans le temps, y arrive par la seule force de sa volonté, et le couple vit alors la plus belle et la plus déchirante des idylles, qui restera pour chacun d'eux, leur seul, unique et plus grand amour. le voyage dans le temps, toujours casse-gueule, est très bien géré : tout ce qu'avait lu Richard sur la vie d'Elise est causé par sa venue, il ne peut rien changer, et l'on connaît déjà la fin abrupte du 21 novembre 1896 annoncée par la biographie d'Elise. Même si Richard veut la changer, il ne peut pas, il l'a lu, c'est déjà arrivé, et on ne peut s'y résoudre. C'est vraiment un roman d'amour bien plus qu'un roman de science-fiction. L'évolution de l'histoire entre Richard et Elise passe du romantisme le plus onirique au réalisme des échanges sur l'oreiller et des projets d'avenir, avant d'être violemment sabordée... Et Dieu, pourquoi, POURQUOI Richard est-il aussi naïf, lent à la détente, et surtout scrupuleux de se débarrasser de son rival Robinson, fieffé salopard qui nous cause de terribles frayeurs traumatisantes dans les dernières parties du roman, et qui finit par participer à la fin tragique du couple??? Parce que Richard a lu qu'il mourrait dans le naufrage du Lusitania?? Parce qu'il est aussi amoureux d'Elise et qu'il souffre?? Mais Richard, pas de pitié pour les... Y a pas de mots. Cela faisait longtemps que je n'avais pas détesté à ce point, viscéralement, un antagoniste, Matheson a réussi un coup de maître.

J'ai fait la grimace sur le post-scriptum du frère de Richard Robert, mettant en doute, grâce à l'ambiguité de la narration, l'authenticité des évènements, mais trop d'éléments plaident en faveur de l'histoire de Richard et la dernière phrase dit tout. Magnifique.

Deux petits reproches bien mineurs par rapport au déferlement émotionnel qui m'a envahi, mais qui m'ont quand même presque fait retirer une étoile en cours de route : la traduction. Gallimard ferait mieux de le ressortir avec une nouvelle traduction aussi soignée que celle de Je suis une légende. Ici, l'écriture en était plus inégale, avec des figures de style un peu ratées, des erreurs dans les dates, les phrases, à l'occasion, mais qui pouvaient parfois davantage relever de la faute de frappe... Également, toute la partie où Richard essaie par sa volonté de reculer dans le temps était laborieuse et maladroite. Il eut été plus poétique qu'il y arrive d'un seul coup, même s'il fallait créer la menace constante de son possible retour en 1971. Les passages sur ses suppositions quant aux voyages temporels n'étaient pas non plus des plus passionnants.

Mais bon, par rapport à tout le reste, l'histoire, les scènes d'anthologie, l'affection énorme du lecteur pour Elise et Richard, nouveaux Héloïse et Abélard, c'est bien peu de choses. Matheson m'a complètement déprimé, pour de vrai, à chaque fois que Richard et son amour étaient mis en péril!! Voilà ce que c'est, les écrivains diaboliques, qui travaillent les effets psychologiques sur leurs lecteurs... Et je le redis, mais qu'est-ce que je HAIS Robinson... Et la pièce d'1 cent...

En ces temps gris, matérialistes, cherchez votre Elise McKenna, et mesdemoiselles, votre Richard Collier. L'amour, divinisé par ce roman, est le plus grand mystère de la vie, cliché, poncif, mais tellement vrai. Je termine par ceci, comme Elise, "Et l'amour, plein de douceur".
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Un jeune homme, Richard Collier, n'a plus que quelques mois à vivre. Il décide de voyager et d'écrire sur cette expérience. Assis dans le bar d'un hôtel luxueux, il tombe amoureux d'un visage. Problème : il s'agit d'une actrice décédée vingt ans plus tôt. Qu'à cela ne tienne, il développe une méthode pour remonter dans le temps et… il réussit.
À la fois histoire d'amour et histoire de voyages dans le temps, une oeuvre plus romanesque que les autres oeuvres de Richard Matheson.
Un livre pour rêver.
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Bon. Comme dit mon mari, j'dois pas être "une fille". Je viens de l'abandonner parce que franchement, je ne ressens rien à cette lecture. Je trouve Richard agaçant, et c'est tout.
J'ai pas de compassion pour lui, je le trouve pas attachant. Il parle de photo de vieilles stars des années 1920 (et encore moins), bah voilà, c'est un peu l'effet que ça m'a fait, regarder une photo de star en noir et blanc papier glacé, et c'est tout quoi, rien de rien de plus.

Rien ne m'a accroché dans cette histoire, que je trouve incohérente, de mon point de vue c'est pas très bien écrit, et avoir les pensées de Richard par le menu, mais quel ennui, quel ENNUI ! (Je précise que j'ai quand même lu jusqu'à la page 200 ou alentours, la chance que je lui ai donnée était donc relativement importante (vu qu'il n'y a que 330 pages)).

Même quand il arrive enfin là où il veut aller, ça continue à être ennuyeux. Il n'y a rien pour moi dans ce bouquin. Et les répétitions de "elle émit un son", elle produisit un son", "il fit un son" (un toutes les deux pages à peu près) bon dieu, que ça m'a énervée.
Trop de "sons" inutiles, en plus, dans ce livre, le tout dernier m'a donné envie de le balancer contre le mur, bref, c'est sans regret que je le lâche en cours, m'en fiche.

Il ira pourtant dans le multi-défi, même si je l'ai pas du tout aimé.
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Cette critique peut heurter la sensibilité de certains lecteurs.

Bon alors je ne suis pas romantique pour un cul, pour deux tu peux commencer à penser aux fleurs, si je peux toucher tes nichons, on pourrait envisager des petits bisous qui chatouillent au clair de lune… Mais non définitivement je ne suis pas un romantique… enfin un peu quand même mais je ne vais pas te réciter de la poésie, au pire je peux payer le macdo, enfin si il me reste des tickets resto…

Choupette : putain mes les conneries que tu racontes quoi…

Moi : eh mais ferme te gueule, c'est pas tes potes sur babelio

Choupette : le Mytho, même ta virilité s'est barrée après Twilight

Moi : Eh mais bordel de cul, ils y en a qui avaient pas fait gaffe…

Choupette : le mec, dès que Rose plaque sa main tout moite sur la vitre, tu fais des coeurs avec ta bouche…

Hugo : Mais je ne sais même pas pourquoi je traine avec toi…

Choupette : Bonnet E…

Moi : Oh yeahhhhhhhhhhh

Bon alors je suis peut-être un poil de cul romantique, mais pour le plaisir de faire plaisir… et c'est vrai que j'aime bien les histoires d'amour, bien cul cul, bien pourrave, ça me fout la mélancolie dans les yeux, un côté femme complètement non assumé, enfin bref…

Pour ce bouquin, je n'ai absolument pas accroché, complètement hermétique et insensible au romantisme du XIX siècle : bonjour les relous, ça parle beaucoup, avec politesse et poésie, avec délicatesse et timidité… Rien à faire, impossible de me tirer une larme…

A plus les copains….
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Comment prendre pour son roman un sujet fantastique sympa — le voyage dans le temps à des fins d'amour— et en faire un texte moyen. Cette appréciation n'est pas nouvelle, ça arrive fréquemment, mais ma fibre romantique et mon goût des romans dynamiques ont ici été un peu trop frustrés.

En novembre 1971, Richard Collier entreprend le dernier voyage de sa vie. Ce scénariste télé renommé est atteint d'une tumeur incurable au cerveau, alors qu'il n'a que 36 ans, et plutôt que d'imposer son agonie à ses proches, il préfère s'éloigner. C'est ainsi qu'il aboutit dans un hôtel de San Diego, attiré par cette bâtisse chargée d'histoire qui accueillit 80 ans plus tôt la pièce donnée par la célèbre actrice dramatique de l'époque, Elise McKenna. Désoeuvré, Richard visite le musée dédié à cet événement, et dès qu'il voit la photo de l'actrice, Richard s'en éprend immédiatement, lui qui ne fut jamais amoureux de sa vie. Après des recherches sur la vie de cette dernière, il apprend qu'un événement survenu précisément à l'hôtel développa son jeu mais en contrepartie, la fit se retirer du monde en dehors de ses prestations théâtrales. Que s'est-il passé ce fameux jour de novembre 1896 ? Pourquoi cela évoque-t-il des souvenirs à Richard ? Aurait-il été là ?
Après avoir trouvé un traité scientifique sur la décomposition du temps en strates, ouvrant la possibilité de voyager dans le temps, Richard réussit à revenir en 1896. Arrivera-t-il à séduire Elise McKenna ? Ne risque-t-il pas plutôt de bouleverser le cours du temps ?

Toutes ces questions sont traitées dans ce roman maladroit, qui malgré ses quelques 300 pages, m'a fait penser à une longue novella en ce que les thèmes sont nombreux (le voyage dans le temps, l'adaptation d'un personnage à une époque qui n'est pas la sienne, un féminisme assez étonnant dans son avant-gardisme) mais traités de manière assez superficielle (et on n'a pas ici l'excuse du format) : les personnages, à l'exception de Richard Collier, ne sont pas assez consistants pour être crédibles. Il faut dire aussi qu'ils n'ont pas le temps de l'être, l'intrigue se déroulant au final sur quelques jours seulement. Ce qui entre paradoxalement en discordance avec le rythme du roman : mais que c'est long pour entrer dans le vif du sujet ! Il faut en effet supporter pendant plus de 100 pages les pensées de Richard, ses interrogations, ses hésitations, avant que l'action ne prenne réellement place.
Le roman d'amour, qui prend une place dérisoire dans le roman, est assez naïf, et le manque de considération de Richard pour les convenances de l'époque, créant souvent un malaise en Elise qu'il bouscule quelque peu, ne serait-ce que par l'intensité brutale de ses sentiments qu'il lui impose, a provoqué en moi un certain malaise. Et la facilité avec laquelle celle-ci en fait fi, en si peu de temps, face à un homme qui refuse d'expliquer le mystère qui l'entoure, est assez surprenante et n'aide pas à pallier la crédibilité qui fait cruellement défaut au roman.

Essai donc manqué pour ce roman de science-fiction déséquilibré et, pour moi, de mauvaise facture. Dommage !
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
Quand je me suis rendu à la Bank of America vendredi et que j'ai fait la queue devant le guichet, j'ai commencé à m'impatienter. Et puis je me suis repris. Plus la peine de ronger mon frein. J'ai regardé les gens autour de moi, presque avec commisération. Ils étaient encore asservis à l'horloge et au calendrier. Libéré de ces contraintes, j'ai retrouvé mon calme.
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Une autre solution me vient à l'esprit !
Je vais laisser de côté le nouvel enregistrement. Puisque le son de ma voix me gêne, je vais l'éliminer. Je vais conditionner mon subconscient par écrit - en écrivant vingt-cinq, cinquante, cent fois chaque phrase. Ce faisant, j'écouterai la Neuvième Symphonie de Mahler sur mon casque stéréo - elle sera ma flamme de bougie, mon pendule tandis que je dirai par écrit à mon subconscient qu'aujourd'hui on est le 19 novembre 1896.

Rectificatif. Je n'écouterai que le dernier mouvement de la symphonie.
Le mouvement dans lequel, comme l'écrit Bruno Walter, "Malher dit sereinement adieu au monde".
Je m'en servirai moi aussi, pour adieu à ce monde-ce, celui de 1971.

Moi, Richard Collier, suis dans l'hôtel del Coronado en ce jeudi 19 novembre 1896.
Moi, Richard Collier, suis dans l'hôtel del Coronado en ce jeudi 19 novembre 1896.
Moi, Richard Collier, suis dans l'hôtel del Coronado en ce jeudi 19 novembre 1896.
(Ecrit cinquante fois par Richard.)

Aujourd'hui, nous sommes le jeudi 19 novembre 1896.
Aujourd'hui, nous sommes le jeudi 19 novembre 1896.
(Ecrit cent fois.)

Elise McKenna est dans l'hôtel en ce moment.
(Cent fois.)

Chaque moment qui passe me rapproche d'Elise.
(Cent fois.)

Nous sommes le 19 novembre 1896.
(Soixante et une fois.)

Vingt et une heures quarante-sept. C'est arrivé.
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Le Premier Temps est celui dans lequel on naît, on vieillit et on meurt ; c’est le temps pratique et économique, celui du cerveau et du corps.
Le Deuxième temps s’écarte de cette définition simple. Il comprend, simultanément, le passé, le présent et l’avenir. Aucune horloge, aucun calendrier ne détermine son existence. En y entrant, on sort du temps chronologique et on le considère comme quelque chose de fixe, d’unique, plutôt que comme un front mouvant de moments.
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Je ne repose sur rien. Comme un personnage de dessin animé qui dépasse le bord d'une falaise mais continue à courir quelques temps dans le vide sans avoir rien remarqué.
J'ai remarqué.
Maintenant commence la chute.
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C'est tout moi, ça. Trente-six ans, de passades en feux de pailles, une vie semée de liaisons imitant l'amour. Mais rien de vrai, rien de solide.
Et voilà qu'ayant attendu d'être atteint d'une maladie incurable, je me mets en devoir de tomber enfin amoureux d'une femme qui est morte depuis une bonne vingtaine d'années.
Qui dit mieux ?
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