> Françoise Rosset (Autre)

ISBN : 2070374610
Éditeur : Gallimard (1983)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 85 notes) Ajouter à mes livres
Ce livre comporte treize nouvelles. Ce nombre est le fruit du hasard ou de la fatalité - ici les deux mots sont strictement synonymes - et n'a rien de magique. Si de tous ces écrits je ne devais en conserver qu'un seul, je crois que je conserverais " Le congrès ", qui e... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 01 novembre 2011

    Malaura
    Jim Morrison disait : « il y a le connu et il y a l'inconnu, entre les deux, il y a les Doors »…
    On pourrait bien appliquer cette belle phrase de Morrison à Jorge Luis Borges, tant il est vrai que son œuvre est comme une porte entre deux mondes, entre le rationnel et l'irrationnel, entre le rêve et le réel, entre le fantastique et le concret, entre le vrai et le faux.
    Passerelle étrange que l'on emprunte à pas prudent - du moins au départ - presque inquiet de passer à côté de quelque chose d'essentiel que l'on aurait omis d'appréhender. L'érudition, la culture encyclopédique, le savoir du maître sont tels qu'ils peuvent faire craindre au lecteur de ne pas saisir toutes les variations esthétiques, les symboles, les recherches et les perspectives disséminés au détour d'ouvrages singuliers et troublants tels « L'Aleph » ou « Fictions ».
    Le lecteur qui pénètre l'univers original de Borges, doit finalement se résoudre à comprendre que, justement, il ne comprendra peut-être pas tout à l'œuvre insolite, curieuse, magique de l'écrivain argentin.
    Ce fait entendu, il ne reste plus qu'à se laisser aller, à franchir ce pont entre deux rives bâti savamment par l'auteur et menant à une réalité détournée, une fenêtre ouverte sur l'absolu.
    Ouverture vers un ailleurs que le lecteur peut alors expliciter à l'envie tant l'auteur laisse le champ libre à toutes les interprétations, toutes les interrogations, toutes les observations.
    Un jeu de l'esprit où Borges laisse le lecteur percevoir avant tout sa propre réalité, lui laisse inaugurer son propre imaginaire et élaborer sa propre part de rêve.
    L'écrivain est là pour semer des indices, nous mettre sur la voie pour mieux se retirer, laissant alors au lecteur le pouvoir d'apposer son propre mot de la fin sur des Histoires qui s'entrelacent à l'infini.
    Avec une joie presque enfantine Borges s'amuse à nous perdre dans des Histoires où la réalité repose toujours sur un terreau bien ferme, sur des faits tangibles, sur des évènements souvent autobiographiques ; une réalité stable qui sensiblement glisse et glisse encore, devient malléable, volatile, changeante puis si inconsistante qu'à l'instar d'Alice au travers du miroir, l'on bascule alors vers un autre univers, fantastique, démesuré, hyperbolique…borgésien.
    Les treize contes fantastiques qui composent le « Livre de sable » sont des portes ouvertes sur cet ailleurs.
    Ecrits entre 1970 et 1975, ils abordent des thèmes variés, puisent dans les anecdotes historiques ou la mythologie, s'inscrivent également dans la référence et dans l'hommage à de grands noms de la littérature :
    Thème du double cher à Stevenson dans la nouvelle « L'Autre » ; récit fantasmagorique et sombre comme chez Edgar Allan Poe ou Lovecraft dans « There are more things »…
    C'est une bibliothèque aux nombre infini d'ouvrages, c'est un livre sans fin, c'est un poème comportant un seul mot, un amour vécu de façon étrange ou bien un disque qui ne comporte qu'une seule face…
    C'est un recueil nuancé et extravagant dans lequel, comme dans un labyrinthe, l'on déambule au gré de nouvelles souvent brèves et condensées à l'extrême.
    L'écriture y est sobre, mûrie, maîtrisée, sans emphase ni effet de style, dans un dessein de brièveté soulignant l'aspect étrange et l'instabilité du réel.
    Comme Le livre de sable, les contes de Borges s'écoulent à l'infini avec cette farouche volonté que « les rêves qu'ils contiennent continuent à se propager dans l'hospitalière imagination de ceux qui, en cet instant les referment ».
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (27 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par argali, le 25 décembre 2010

    argali
    « Le livre de sable » est un recueil de treize nouvelles écrites entre 1970 et 1975, où l'on retrouve les thèmes essentiels de l'œuvre de Jorge Luis Borges, comme la thématique du double, le fantastique, le doute, la reconstruction du monde à partir des valeurs de Borges...
    Le livre de sable' est un conte ironique et assez pessimiste sur l'espère humaine. Un colporteur vient frapper chez monsieur Borges et lui propose quelques livres anciens. Parmi ceux-ci, un étrange volume écrit en caractères illisibles, le livre sacré, explique-t-il, d'un lointain peuple d'Asie. On l'appelle Le livre de sable parce que, comme le sable, il n'a pas de fin. Piqué par la curiosité, Borges accepte de céder une Bible ancienne en échange du livre, qu'il se met en devoir d'étudier. Comme il sent que cette étude l'entraîne peu à peu vers la folie, il décide de se débarrasser du volume en allant le poser sur un obscur rayon de la bibliothèque de Buenos Aires où, pense-t-il, il ne pourra jamais le retrouver.
    L'écriture est fine, riche et agréable.
    A lire pour se faire une idée personnelle.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (15)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nadael, le 19 décembre 2010

    Il me dit que son livre s'appelait le livre de sable, parce que ni ce livre ni le sable n'ont de commencement ni de fin.
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par Nadael, le 19 décembre 2010

    Si l'espace est infini, nous sommes dans n'importe quel point de l'espace. Si le temps est infini, nous sommes dans n'importe quel point du temps.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par joedi, le 24 septembre 2011

    Cela n'est pas possible et pourtant cela est. Le nombre de pages de ce livre est exactement infini. Aucune n'est la première, aucune n'est la dernière. Je ne sais pourquoi elles sont numérotées de cette façon arbitraire. Peut-être pour laisser entendre que les composants d'une série infinie peuvent être numérotés de façon absolument quelconque.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Nadael, le 19 décembre 2010

    On discutait du problème de la connaissance. L'un de nous évoqua la thèse platonicienne selon laquelle nous avons déjà tout connu dans un monde antérieur, de sorte que connaître c'est reconnaître ; mon père - je crois bien que c'est lui - dit que Bacon prétendait que si apprendre c'est se souvenir, ignorer n'est en fait qu'avoir oublié.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par joedi, le 24 septembre 2011

    Vous n'avez jamais été à Lobos ? Peu importe ; il n'y a pas un village de la province qui ne soit identique aux autres, jusque dans le fait de vouloir être différent. Mêmes rues de terre battue, mêmes ornières, mêmes maisons basses, comme pour donner plus d'importance à un homme à cheval.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (20)

Videos de Jorge Luis Borges

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jorge Luis Borges

Gilles Pellerin, conseiller littéraire pour le nouveau festival Québec en toutes lettres, parle de Jorge Luis Borges, auteur choisi pour la première thématique du festival du 14 au 24 octobre 2010 dans la ville de Québec.











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le livre de sable par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (197)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz