ISBN : 2843350662
Éditeur : Verticales-Phase deux (1999)


Note moyenne : 2.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Je plie la lettre et médite l'énigmatique mensonge que je m'apprête à adresser à ma mère, Une chose est sûre.
Il faudra bien que, d'une manière ou d'une autre, mon père prenne vie.
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par moustafette, le 11 mars 2011

    moustafette
    Rafael, vingt cinq ans, traverse la frontière en direction de l'Espagne pour retrouver Goyo Lasagual. le père qu'il n'a pas connu et qui est en train de mourir. Il voyage avec sa tante qu'il rencontre aussi pour la première fois. Arrivé trop tard, il ne peut que constater les dégâts. Personne ne veut lui dire de quoi est mort son père. Il hérite d'une maison incendiée. le lieu a été fouillé en bonne et due forme, mais il retrouve des photos et des lettres, et surtout une lettre que lui-même, enfant, a envoyée à Goyo. L' accueil des villageois à l'égard de Rafael est franchement hostile, à l'exception de Marco, un jeune gitan. Goyo l'avait pris d'amitié et protégé de la vindicte populaire. Une étrange relation va se nouer entre les deux jeunes hommes.
    En toile de fond, un petit village moribond plombé par la chaleur estivale. L'unique entreprise va fermer, la verrerie qui permettait encore un semblant de vie aux habitants. Comme des fantômes, ils quitteront les uns après les autres ce lieu hanté par les souvenirs et les rancoeurs de la Guerre Civile. La mort de Goya et l'arrivée de Rafael vont faire remonter les boues de ce passé.
    Car ce récit est aussi celui de toute l'ambivalence d'un fils à connaître et à accepter la vérité de ses origines. C'est ce qui le pousse à réinventer l'histoire paternelle, à falsifier aux yeux de sa mère, l'épouse abandonnée, les retrouvailles avec un père malade mais toujours vivant.
    Mais la vérité s'imposera coûte que coûte. Après, et seulement après, Rafael pourra s'enfoncer plus avant en cette terre ibérique et paternelle. Voyage qui n'aura sans doute pour seul but que celui de lui permettre de s'approprier la part manquante de l'histoire de ce père inconnu.
    Un bel exemple de la difficulté à être le fils de son père. Et un beau texte qui hésite entre violence et regret, affabulation et vérité, rejet et acceptation. Pour toujours et encore, pouvoir grandir et vivre.


    Lien : http://moustafette.canalblog.com/archives/2007/06/01/index.html
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    • Livres 4.00/5
    Par zazimuth, le 23 novembre 2011

    zazimuth
    « L'invention du père » est la quête d'un fils qui n'a jamais connu son père et part à sa rencontre en route pour l'Espagne. Mais les intentions du fils sont floues. Il va là-bas, emmenant au passage une tante, sœur de son père, qu'il ne connaissait pas auparavant, mais refuse qu'on lui parle de cet homme, qu'on l'explique, qu'on le décrive. Lorsqu'ils arrivent dans le petit village de destination, Goyo Lasagual vient de mourir. Rafael, son fils, ne s'en émeut pas plus que ça mais décide de rester quelques temps au village pour régler les dernières affaires de son père. Bien qu'il refuse toujours d'entendre ce qu'on a à lui dire sur son père, il découvre les relations troubles qui le liaient à ce village (notamment pendant la guerre d'Espagne) et celles bienveillantes qui l'avaient fait s'attacher au jeune Marco, le gitan qui va mettre Rafael en garde. Cette quête est entrecoupée des lettres que Rafael envoie à sa mère dans lesquelles il « invente » son père et leurs retrouvailles. C'est donc aussi un livre sur l'écriture et la vérité.
    Un livre dont on sort avec une sensation étrange mais dont j'ai bien aimé l'ambiance un peu « western ».

    Lien : http://toutzazimuth.over-blog.com/article-l-invention-du-pere-d-arna..
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Citations et extraits

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  • Par zazimuth, le 23 novembre 2011

     Mais tu sais bien que l'on n'écrit pas sans raison de nos jours, je veux dire qu'une lettre digne de ce nom n'est plus supposée apaiser les affres de la distance. Non, on écrit pour dire ce que l'on ne saurait formuler de vive voix. On se débarrasse dans une relative indécence, de vérités que la pudeur nous interdit de transmettre autrement.  (p.33)
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  • Par zazimuth, le 23 novembre 2011

    Je crains que l'erreur du jugement ne soit, par conséquent, autant proportionnelle à notre prolixité qu'à notre discrétion. Parle et l'on te trahira. Tais-toi et l'on t'inventera. Tout est question de langage, cette prison.  (p.98)
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Vidéo de Arnaud Cathrine

A l'occasion de la sortie de son livre, Nos vies romancées le 14 septembre, Arnaud Cathrine (http://www.myboox.fr/auteur/arnaud-cathrine-52173.html) a répondu aux questions des lecteurs du site d'actualité littéraire MyBOOX (http://www.myboox.fr/).
Que pense-t-il du livre numérique ? Quels livres l'ont marqué ? A-t-il une vie privée ? C'est à un véritable interrogatoire que le romancier s'est livré.








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