> Sophie Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2757807188
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Au plus noir de la nuit, la maison devrait être silencieuse.
Pourtant, l'oreille collée à la cloison, Magda perçoit des halètements presque inhumains. Elle attend le moment propice. Dans une minute, elle se lèvera et se dirigera vers la chambre de son père, un fu... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (7)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 16 février 2012

    le_Bison
    Au milieu de nulle part, une ferme isolée dans le veld.
    Dans ce désert où la terre est brûlée par un soleil rougeoyant, elle se sent seule, enfermée dans une solitude exacerbée, entourée d'une poussière ocre et chaude. Elle n'est pas vraiment belle, elle ne s'aime guère et elle s'enferme dans un monde fait de rêveries et de fantasmes. Une vie vide.
    Elle, c'est la fille du maître, vieille fille acariâtre, vierge et frustrée.
    Elle se raconte dans un long et unique monologue, composé de courts chapitres (pour être précis, 266 extraits d'une vie). Elle ouvre son cœur et son âme au lecteur de ce « journal intime », mélange de réalité et de fantasmagorie. Elle se met en scène, s'illusionne tout en dévoilant son propre déchirement à vivre seule dans cette Afrique du Sud, encore sous le signe de l'Apartheid. Seule, parce que personne ne veut la comprendre, surtout pas son père, cet homme autoritaire qui semble totalement l'ignorer et la mépriser, ni même ses serviteurs noir(e)s, esclaves sans chaînes et humiliés. D'ailleurs, ne serait-ce pas elle l'esclave de ce veld sud-africain, abandonnée dans la poussière virevoltante au pied de sa ferme ?
    Le jour où elle vit l'impensable, où elle découvrit le pire, la folie s'empara d‘elle. Malaise, désespoir, le réel n'existe plus, les rêves non plus ; seules ces fantasmes survivent et s'interchangent avec de rares moments de lucidité. Cette infamie, cette ignominie qui la plongea dans un univers hallucinant est simplement d'avoir découvert un jour son père nu enlacé autour de cette jeune et magnifique servante noire.
    Un récit dur et noir qui vous ouvre le cœur et les tripes. Un long monologue humain et perdu dans un veld sud-africain ocre de poussière. Violence physique, barbarie mentale. La réalité n'a plus de prise sur votre esprit. Vous êtes happé par la chaleur et la moiteur de ce pays. Vous sentez l'odeur de la sueur et de la sècheresse. Vous respirez cet air chaud et étouffant qui étreint votre souffle. Bref, vous êtes « Au cœur de ce pays » avec John Maxwell Coetzee... et vous avez besoin d'étancher cette terrible soif avec un Rooïbos, couleur rouge sang, couleur de cette terre, couleur de cette passion et de cette déchirure. Ce veld, j'y retournerai, sans aucun doute...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par Aela, le 12 mars 2011

    Aela
    Avec Nadine Gordimer et André Brink, J.M. Coetzee (prix Nobel de littérature 2003) est un des plus grands romanciers sud-africains blancs à avoir dénoncé, dans ses oeuvres, la politique de l'apartheid qui existait en Afrique du Sud entre 1948 et 1991. le livre "Au coeur de ce pays" a été écrit après les événements de Soweto en 1976 quand la police sud-africaine a tiré sur une manifestation des écoliers noirs qui protestaient contre la décision gouvernementale d'imposer l'afrikaans comme langue d'instruction obligatoire à l'école. Dans ce contexte de violence, J.M. Coetzee a écrit ses premiers romans.
    Ici il s'agit d'un monologue intérieur, présenté sous la forme d'un journal intime comosé de plusieurs parties. La narratrice est une "vieille blanche" qui vit avec son père et leurs deux serviteurs métis, Heinrick et Klein-Anna, dans une ferme isolée dans le veldt en Afrique du Sud. le roman commence par le retour à la ferme du père de Magda avec sa nouvelle jeune épouse. Se sentant abandonnée, Magda tue son père. On apprend plus tard que le père n'est en fait pas mort et qu'il va ensuite séduire la domestique. Magda, furieuse que son père entretienne des relations avec une domestique de couleur, va à nouveau tirer sur lui et cette fois-ci le tuer pour de bon... Elle devra ensuite assurer la gestion du domaine agricole avec l'aide du serviteur Hendrick avec qui va se créer un tissu de relations d'amour-haine.
    On peut voir ce récit comme une allégorie : Magda a perdu sa mère très jeune, tout comme la population blanche de l'Afrique du Sud est coupée de la mère patrie (l'Angleterre) et isolée du reste du monde à l'époque en raison de la politique de l'apartheid.
    Un beau récit, un tableau intéressant d'une situation difficile: une femme qui tente de survivre dans un milieu hostile.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 20 août 2008

    annie
    Second roman du grand écrivain sud-africain, J.-M. Coetzee, Au coeur de ce pays est l'histoire hallucinée d'un drame en huis-clos. Une histoire de haine implacable.
    Du très bon roman.
    *
    Dans une ferme isolée du veldt, quatre personnages ouvrent le récit.
    Magda, fille du maître, nourrie de solitude et de rêveries stériles, murée dans sa virginité.
    Son père, Baas, le maître, homme autoritaire et sanguin.
    Hendrik, le contremaître noir au service de la famille.
    Enfin Anna, sa jeune épouse que vient d'amener Hendrik lorsque débute cette histoire.
    Le père séduit Anna. C'est la dernière humiliation.
    Entre eux tous, et parce que les choses ne pouvaient pas se passer autrement, les offenses se répondent alors dans une violence extrême.
    Roman de l'oppression, de la haine et de la revanche Au coeur de ce pays est la métaphore bouleversante de la société sud-africaine contemporaine.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lostinmypal, le 22 mars 2012

    Lostinmypal
    Il y a quelquechose de fascinant dans le style de Coetzee que j'ai du mal à m'expliquer. Il nous fait réfléchir à mille et une choses à travers le monologue hagard d'une femme qui ne connaît rien d'autre que ce veld désert. Ce discours mêle fantasmes et autres délires avec des remarques d'une très grande justesse. le lecteur se laisse hypnotisé par Magda dont le caractère semble à la fois déterminé et complètement instable. Sa solitude écrasante, au cœur de ce pays sans âme, la froideur de son père à son égard la conduisent à un état proche de la folie. Les trente dernières pages m'ont semblé, en revanche, trop délirantes et obscures. Cette lecture déstabilisante marque au fer rouge.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Kroustik, le 26 janvier 2012

    Kroustik
    Difficile de mettre des mots sur cette lecture. Dense, pas facile à approcher, il met en scène une jeune femme dérangée qui va devenir folle en fin de livre. Autour d'elle, en huis-clos, son père, des serviteurs Noirs, le tout dans le désert sud-africain. Un drame va nouer tous les protagonistes. Le style est fait de courts chapitres représentant des instants ou des pensées, qui donne un rythme trépidant. Il ne se passe réellement quelque chose qu'après plus de cent pages. Comme toute l'histoire est résumée en 4e de couv, j'ai fini le livre en lecture rapide, m'arrêtant plus longuement sur certains passages. l'écriture est recherchée mais le thème est si noir voire angoissant que je n'ai pas accroché, cependant je ne peux pas dire non plus que le livre me laisse indifférente. Les inconditionnels de Coetzee ne passeront pas à côté ;).
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par le_Bison, le 16 février 2012

    26. Mon père gît sur le dos, nu ; sa main droite et la main gauche de sa compagne sont entrelacées. Sa mâchoire est relâchée. Les paupières cachent la foudre des yeux sombres. Un crépitement liquide monte de sa gorge. Le poisson aveugle, cause de tous mes malheurs, repose mollement entre ses jambes. [...] La hache monte au-dessus de mon épaule. Ce geste, nombreux sont ceux qui l’ont accompli avant moi : épouses, fils, amants, héritiers, rivaux. Je ne suis pas seule. Entraînée par son poids, l’arme descend au bout de mon bras comme une boule au bout d’une ficelle, s’enfonce dans cette gorge qui s’offre à moi. Soudain tout est tumulte. La femme se dresse dans le lit, les yeux écarquillés, inondée de sang, affolée par les crachements et les halètements furieux de son compagnon. Il est heureux qu’en de telles circonstances, l’action trouve d’elle-même toute son ampleur, et que l’individu qui l’orchestre n’ait besoin que de présence d’esprit. Pudiquement, elle fait glisser sa chemise de nuit le long de ses hanches. Je me penche et j’agrippe au hasard - je tombe, me semble-t-il, sur un genou. Forte de cette prise, j’enfonce ma hache dans le crâne de la femme. Elle s’abat vers l’avant et bascule sur la gauche, roulée en boule, mon tomahawk tragique plongé dans sa chair. (Qui m’aurait prêté une telle force ?)
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Alice5, le 05 février 2012

    La femme que je vois dans la glace et qui me regarde, coiffée d’un bonnet de nuit, cette femme qui est moi, dans un sens, dépérira ici, au cœur de ce pays, si elle ne trouve pas la portion d’événements indispensable à sa survie. Je n’ai pas envie de faire partie de cette catégorie de gens qui ne voient personne lorsqu’ils regardent une glace, qui ne projettent pas d’ombre lorsqu’ils marchent au soleil, cela dépend de moi.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Aela, le 12 mars 2011

    Penses-tu vraiment que je suis trop molle pour reconnaître ma culpabilité? Si oui, tu ne me connais pas Hendrik. Tu es si amer que tu es complètement aveuglé. Je ne suis pas simplement un des Blancs. Je suis je. Je suis je, pas un peuple. Pourquoi Moi dois-je payer pour les péchés des autres?
    Do you really think I am too spineless to acknowledge my guilt? If so, you do not know me Hendrick. You are so bitter that you are completely blinded. I am not simply one of the whites, I am I! I am I, not a people. Why have I to pay for other people's sins?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Soundandfury, le 26 décembre 2010

    Nous ne sommes qu'un tissu de caprices: un caprice succède à l'autre. Pourquoi ne reconnaissons-nous pas que nos vies sont vides, aussi vides que le désertque nous habitons, acceptant dès lors de les passer à compter des moutons ou à laver des tasses, le coeur joyeux. Je ne vois pas pourquoi il faudrait que l'histoire de nos vies soit intéressante.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Myrinna, le 19 octobre 2010

    Ce n'est pas la parole qui fait de l'homme un homme, mais la parole des autres.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (5)

Videos de J. M. Coetzee

>Ajouter une vidéo
Vidéo de J. M. Coetzee

Bande annonce du film Disgrâce adapté du roman de JM Coetzee








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Au coeur de ce pays par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (40)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz