> Sophie Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2020404567
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 4/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Dans un désert sans nom, dans un temps incertain, un homme juste et bon, le Magistrat, veille sur une cité paisible. Mais le pouvoir central s’inquiète d’une invasion barbare et dépêche sur les lieux un tortionnaire de la pire espèce. Parmi les prisonniers, une jeune fe... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par hexagone, le 24 mai 2011

    hexagone
    Sommes-nous tous des Barbares ?
    Aux portes d'un désert que l'on suppose vaste et hostile, se trouve une ville, un avant poste, le dernier avant l'immensité.
    Le magistrat de cette ville, gérant les affaires courantes en bon père de famille est confronté à l'arrivé du Colonel Joll et de son armée.
    Car un danger plane, les Barbares devraient attaquer.
    Les Barbares ce sont les autres, les différents, les nomades hostiles et dangereux, ceux que l'on a rejeté aux confins des montagnes. Etrangers sur leur propre terre.
    S'installe un climat oppressant malgré une collaboration de principe entre les deux hommes.
    Puis vient le temps des rapts, des tortures, de l'abandon de l'humanité. Cette humanité que certains ont décidé de ne pas voir dans le regard de l'autre. D'ailleurs Joll porte des lunettes de soleil noires, est ce pour ce préserver de l'éclat scintillant de la vérité ?
    La scène où les captifs sont présentés dans la cour avec les mains transpercées d'un fil de fer puis passé dans les joues, les obligeant à garder les mains collées au visage est particulièrement atroce et évoque l'impuissance, la parole confisquée, l'homme placé au rang d'animal.
    Le livre est imprégné d'un climat de tension palpable et corrosif, les rapports entre les deux hommes symbolisent deux visions du monde. D'un côté l'incompréhension et l'administration de consignes hiérarchique ( l'armée) de l'autre l'interrogation au travers des yeux de l'administrateur civil.
    Un livre dont il est difficile de rendre compte, Coetzee évoque la raison d'état et la force de l'administration, son aveuglement. Seul un homme s'oppose à cette force destructrice un homme seul, le magistrat de la ville,essayant de comprendre l'incompréhensible.
    Difficile de ne pas penser à la guerre en Irak.
    C'est l'une des forces du livre, grâce à la métaphore illustrée par cette bourgade, Coetzee évoque aussi bien l'apartheid, que la colonisation, les conquêtes amérindiennes. Couronné par le talent de l'auteur que je ne connaissais pas auparavant.
    Un livre court mais dense, un trou noir littéraire. Combien sont-ils ces livres qui ont la capacité d'absorber la réalité, de la transfigurer et dans faire un pamphlet intemporel ( le livre fut écrit en 1980 mais garde toute sa fraîcheur) .
    Un grand livre que ce court roman dont l'auteur a absorbé la réalité d'une humanité désolante pour en faire un chef d'oeuvre.
    Adepte du page-turner passez votre chemin, c'est court mais dense, il faut reprendre sont souffle entre les chapitres, savoir se séparer de cette histoire pour ne pas finir absorbé.
    Je suis le premier à dire que je connaissais pas cet écrivain auparavant, comment se fait-il qu'il ne soit pas davantage connu en France ?
    A la lecture, difficile de ne pas prenser " Au désert des Tartares ", certains passages de désolation me font penser à" La route", d'autres à " Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée ".
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    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 20 août 2008

    annie
    J'ai découvert Coetzee, il y a quelques années déjà grace a ce roman.
    Très impressionnant et passionnant.
    *
    Dans un désert sans nom et un temps incertain, un Magistrat gère un fort qui marque la frontière de l'Empire.
    Le pouvoir central s'inquiète d'une invasion barbare et dépêche sur les lieux le colonel Joll, un tortionnaire de la pire espèce.
    Parmi les hommes et les femmes ramenés au fort et torturés, une jeune fille blessée attire l'attention du Magistrat qui finit par partir avec elle.
    Mais, rejeté par le peuple nomade dont elle est originaire, le Magistrat s'en retourne auprès des siens. Accusé de trahison, il va à son tour passer par les mains du bourreau...
    J.M. Coetzee, jouant ici sur la peur de l'autre et de l'inconnu qui mène parfois à la plus grande des cruautés, questionne les notions de liberté et de pouvoir au sein d'un Etat imaginaire qui n'est pas sans rappeler l'Afrique du Sud de l'apartheid.
    *
    Extrait :
    Une oasis dans le désert, aux confins de l'Empire. Sur une cité paisible veille un homme juste et bon, le Magistrat.
    Seule marque de l'écoulement du temps : le cycle des saisons. Au-delà des frontières, une terra incognita parcourue par des nomades chasseurs.
    Pour la ville, une vague menace.
    Afin de prévenir les incursions des barbares, le pouvoir central organise des expéditions punitives.
    Les soldats rentrent avec leurs prisonniers qui sont ensuite affreusement torturés.
    Le Magistrat s'éprend d'une jeune prisonnière aux chevilles brisées.
    Il lui fait partager son lit, puis décide de la raccompagner chez les siens à la tête d'une expédition qui sera soumise à tous les périls : climat, espace qui se dérobe sans cesse, incompréhension des nomades.
    Convaincu d'intelligence avec l'ennemi, il devient lui aussi victime des tortionnaires, cependant que s'est déclenchée l'escalade des représailles.
    Les hostilités ont peu à peu vidé la ville de ses forces vives.
    Pillée par les soldats, désertée par sa garnison, elle attend terrorisée, l'assaut définitif des barbares.
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  • Par Desmaze, le 25 août 2010

    Desmaze
    une réflexion sombre et violente sur la nécessité, pour tout pouvoir contraignant, d'inventer des ennemis (les "barbares") pour mieux imposer son joug.
    Le seul homme de bien, un magistrat, n'a que ses faiblesses et ses doutes à opposer à la froide détermination du pouvoir.
    Echo atemporel et universel à l'Afrique du Sud de l'auteur et triste certitude de n'avoir comme issue, face au malheur qui s'abat toujours automatiquement, que l'aptitude de l'homme à se libérer.
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    • Livres 3.00/5
    Par JAsensio, le 05 mai 2011

    JAsensio
    En attendant les barbares de J. M. Coetzee se rattache à cette poignée de livres singuliers, difficiles à caractériser tant ils paraissent flotter dans nos bibliothèques plutôt que d'y être dûment rangés, comme déliés de leurs amarres, que sont Sur les falaises de marbre, le Désert des Tartares, le rivage des Syrtes et, moins connu que ces titres fort célèbres, un peu trop célèbres même, Les Jardins du désert de Charles Bertin, publié d'ailleurs à la même époque que le roman de Coetzee, au tout début des années 80. Dans chacun de ces ouvrages, la thématique du temps est à l'évidence obsédante. Passionnante serait la lecture comparée qui nous préciserait, entre ces œuvres et sur cette question, les points d'accord et de dissemblance. Nous verrons que le roman de Coetzee s'inscrit lui-même dans cette dimension même si, à la différence des Falaises de marbre de Jünger, non seulement le bien n'y triomphe point des puissances mauvaises mais le temps demeure une puissance impénétrable, inhumaine, qui jamais n'offre la halte rassurante de la contemplation, voire l'immersion quasi mystique en son flot. le livre de Coetzee est trouble, oppressant, énigmatique. Les espaces décrits lors de l'expédition du Magistrat sont grandioses et pourtant la lecture de ces pages provoque l'angoisse, l'angustia ancienne qui évoque un resserrement de la poitrine, la marche tout en bas du défilé depuis les hauteurs duquel le danger, inconnu et foudroyant, peut subitement tomber.

    Lien : http://stalker.hautetfort.com/archive/2010/04/16/en-attendant-les-ba..
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Citations et extraits

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  • Par Outis, le 15 juin 2008

    Hier soir, je suis monté jusqu’à la chambre, mais la porte était fermée. J’ai fait comme si cela m’était égal. Elle a beaucoup d’amis, je n’ai pas cru que j’étais le seul... Mais qu’est-ce que je voulais ? Un endroit où dormir, c’est certain ; mais plus encore. Pourquoi nous le masquer ? Ce que les vieillards cherchent, nous le savons tous, c’est à recouvrer leur jeunesse dans les bras de jeunes femmes.
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  • Par Outis, le 18 septembre 2007

    Quand j’étais jeune, l’odeur d’une femme suffisait à me stimuler ; il est évident que, maintenant, seules les plus suaves, les plus jeunes, les plus fraîches ont ce pouvoir. Un de ces jours, il me faudra des petits garçons.
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  • Par Outis, le 15 juin 2008

    Mon sexe me semblait parfois être un organisme distinct de moi, un animal stupide menant à mes dépens une vie parasitaire, s’enflant et s’amenuisant selon des appétits autonomes, ancré à ma chair par des griffes que je ne pouvais détacher.
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  • Par Matt85, le 23 juillet 2010

    Pourquoi n'avons-nous pas pu vivre dans le temps comme des oiseaux dans l'air, comme des enfants? C'est la faute de l'Empire! L'Empire a créé le temps de l'Histoire. L'Empire n'a pas situé son existence dans le temps uni, récurrent, tournant, du cycle des saisons, mais dans le temps déchiqueté de l'ascension et de la chute, du commencement et de la fin, de la catastrophe. L'Empire se condamne à vivre dans l'Histoire et à conspirer contre l'Histoire
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  • Par Matt85, le 23 juillet 2010

    Quand le gardien m'apporte à manger , je lui demande : "Quel est ce bruit?". Ils démolissent les maisons bâties contre le mur sud de la caserne, m'explique-t-il ; ils vont aggrandir la caserne et faire de vraies cellules. "Bien sûr, dis-je, il est temps que s'épanouisse la fleur noire de la civilisation". Il ne comprend pas.
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Vidéo de J. M. Coetzee

Bande annonce du film Disgrâce adapté du roman de JM Coetzee








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