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> Catherine Lauga du Plessis (Traducteur)

ISBN : 2020562332
Éditeur : Seuil (2002)


Note moyenne : 3.96/5 (sur 77 notes) Ajouter à mes livres
David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolu... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par sandrine57, le 23 décembre 2011

    sandrine57
    David Lurie, 52 ans, est professeur à l'université du Cap. Plutôt blasé, il enseigne sans réelle conviction et trouve son plaisir une fois par semaine dans les bras d'une prostituée. Mais quand la belle Soraya cesse ses activités, David s'intéresse de plus près à Mélanie Isaacs, une de ses étudiantes. S'ensuit une liaison plus ou moins consentie jusqu'au moment où la jeune fille dépose une plainte pour harcèlement. Sûr de son bon droit, David refuse de se défendre et préfère démissionner. Il quitte le Cap et part à la campagne rejoindre sa fille Linda qui vit dans une ferme où elle tient un chenil et cultive des légumes et des fleurs. Après quelques temps d'une cohabitation difficile le drame survient: trois jeunes noirs s'introduisent dans la maison, agressent David et violent Linda. Révolté, David réclame vengeance alors que Linda semble accepter les évènements avec résignation.
    Je sors de cette lecture avec un avis plus que mitigé. A priori l'histoire est intéressante même si le personnage principal est peu attachant, voire insupportable. Vieux Don Juan libidineux, il ne se remet pas en question, n'est même pas conscient du mal qu'il fait. le roman vaut surtout par le constat qu'il fait de l'après-apartheid. La société sud-africaine semble régie par la violence aussi bien dans les villes qu'à la campagne. David sait que les choses ont changé mais il n'a pas conscience de l'ampleur du problème. Les noirs, bien décidés à rattraper le temps perdu, réclament justice et vengeance et les blancs doivent abandonner leur position de dominant. C'est ce qu'a compris Linda qui accepte la nouvelle donne. Elle sait que pour survivre dans sa ferme elle doit se mettre sous la protection de son voisin noir et elle accepte ce nouvel ordre des choses. Quelque part, elle se sent coupable des erreurs du passé et son viol est pour elle un moyen de payer pour ces erreurs.
    Le problème, pour moi, est que j'ai eu du mal à adhérer au style de COETZEE. Trop de distance, pas de sentiments, c'est froid et impersonnel. J'ai donc lu le roman avec intérêt mais sans passion. Finalement, malgré une histoire et un contexte de choix, le roman n'a pas la puissance qui fait les grands livres et c'est bien dommage.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Altervorace, le 01 février 2012

    Altervorace
    Dés l'incipit, j'ai compris que je ne pourrais pas être insensible à cette lecture, le style m'a fracassée. Je savais que j'aimerais, que je détesterais mais assurément que je ne serai pas indifférente : Pour un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il, résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. David Lurie est un personnage fascinant de décrépitude et sa déchéance inexorable devient presque lyrique sous la plume de monsieur Coetzee. La société que ce dernier nous dépeint est d'une cruauté et d'une violence crue et sombre. J'ai été dérangée, malmenée à presque chaque ligne du récit. Ce n'est pas vraiment un livre qui nous parle de l'Afrique du Sud bien que l'auteur aborde l'après apartheid et le sujet des scories qui ravagent les campagnes. Non, ce roman est bien au-delà d'un pays et de son Histoire, c'est quelque chose sur l'humanité peinte à la fois avec ironie et une tendresse un peu cruelle. Pour preuve, l'auteur ne mentionne pas la couleur de peau de ses personnages, nous laissant à nous autres lecteurs la possibilité de replacé la trame dans son contexte.
    Disgrâce est une œuvre vibrante qui parle de sexe, de mort, de beauté et d'art. Un chef d'œuvre subtil qui laisse place à de multiple niveaux de lecture, à de multiple interprétations. Il y a bien longtemps que je n'avais pas lu un roman qui me laisse avec un peu de dégoût et beaucoup d'admiration, un roman que l'on referme avec l'impression fugace et merveilleuse d'avoir le temps d'une lecture toucher un peu de la Vérité.

    Lien : http://altervorace.canalblog.com/archives/2012/02/01/23174523.html
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par MIOP, le 09 février 2012

    MIOP
    Agé de 52 ans et deux fois divorcé, David Lurie enseigne à l'université du Cap.
    Encore jeune de corps et de c?ur, ce Don Juan du campus se laisse aller à un dernier élan de désir, d'amour peut-être, avec une jeune étudiante. Mais l'aventure tourne mal. Convaincu de harcèlement sexuel, David Lurie démissionne. Réfugié auprès de sa fille Lucy, dans une ferme isolée, il tente de retrouver un sens au seul lien qui compte encore à ses yeux. Mais les temps ont changé. La fracture sociale est arrivée jusqu'au c?ur de ce pays et la violence n'épargne pas les campagnes.
    L'idylle pastorale tourne au cauchemar. Aussi sombre que magnifique, l'élégie cynique de J. M. Coetzee jette une lumière glacée et crépusculaire sur la nation arc-en-ciel et consigne l'avènement d'un nouvel âge de fer.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par keisha, le 25 juin 2011

    keisha
    David Lurie (le "il" du texte par qui seul le lecteur connaîtra l'histoire) est un enseignant blasé et sans enthousiasme qui rêve d'écrire un opéra sur un amour de Byron en Italie. Divorcé deux fois, il a derrière lui une belle carrière de Don Juan et, après une période de "bonheur modéré", démarre une liaison avec une de ses étudiantes. Cela se sait, bien sûr. Il refuse de se défendre devant la commission qui le convoque et accepte sa démission.
    Il trouve refuge dans la ferme de sa fille Lucy, se retrouve à aider Petrus, le fermier voisin et Bev, dans son refuge pour animaux.
    Environ à la moitié du roman, survient le drame, l'agression contre Lucy, et ses conséquences pour tous.

    Dans cette Afrique du Sud post apartheid,aucun endroit n'est à l'abri, semble-t'il. Après quelques mois d'absence, David Lurie retrouve sa maison cambriolée et vidée, bien qu'elle soit "fortifiée selon les normes en vigueur".
    "C'est toute une bande de pillards qui ont investi les lieux, qui ont fait place nette et se sont retirés chargés de sacs, de cartons, de valises, un butin : réparations de guerre, un épisode de plus dans la grande redistribution des biens."

    Après l'agression chez Lucy:
    "Il y a des risques à posséder quoi que ce soit : une voiture, une paire de chaussures, un paquet de cigarettes. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, pas assez de chaussures, pas assez de voitures, pas assez de cigarettes. Trop de gens, pas assez de choses. Et ce qu'il y a doit circuler pour que tout un chacun ait l'occasion de connaître le bonheur le temps d'une journée. C'est la théorie. Tiens-t'en à la théorie et à ce qu'elle a de réconfortant. Il ne s'agit pas de méchanceté humaine, mais d'un grand système de circulation des biens, avec lequel la pitié et la terreur n'ont rien à voir. C'est ainsi qu'il faut voir la vie dans ce pays: sous son aspect schématique. Sinon on pourrait devenir fou. Les voitures, les chaussures, les femmes aussi. le système doit bien prévoir une place pour les femmes et ce qui leur arrive."

    Coetzee ne précise jamais d'ailleurs la couleur des personnages (juste le mot Africain à un moment), il laisse deviner le basculement des rapports entre noirs et blancs, Petrus et Lucy par exemple.

    Au début du roman, à cause de la froideur du style et de l'histoire assez sordide, j'ai eu du mal à ne pas lâcher la lecture. Lurie n'est pas spécialement sympathique dans son amour de la chair fraîche. "Ce que j'ai à dire pour ma défense repose sur les droits du désir [explique-t'il plus tard à sa fille]. Sur le dieu qui fait trembler même les petits oiseaux." Il semble ensuite carrément tirer un trait sur cet aspect des choses, radicalement. Sa visite chez les parents de l'étudiante laisse perplexe...

    Dès son arrivée chez Lucy (assez tôt dans le roman), j'ai mieux accroché, il faut dire que Bev et ses relations avec les animaux y ont aidé... Lucy, magnifique personnage, forte et faible à la fois, qui fait des choix étonnants semble-t'il mais les assume, devient quasiment le centre du roman.
    "David [elle nomme ainsi son père], je ne peux pas mener ma vie en tenat compte de ce qui te plaît ou pas. C'est fini. Tu te comportes comme si tous mes faits et gestes étaient ma vie à toi. (...) je ne suis pas un personnage secondaire. J'ai ma vie à moi, comme tu as la tienne. Et pour ce qui est de ma vie, c'est moi qui prends les décisions à prendre."

    Encore signaler que les pages où l'opéra sur Byron s'impose quasiment à lui, comment il voit les personnages prendre vie, comment la musique se crée, les instruments interviennent, sont magnifiques.

    En conclusion : un roman fort, dérangeant, sans conclusion, l'histoire va continuer... A découvrir.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-disgrace-7411655..
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    • Livres 2.00/5
    Par petitegenisse, le 03 mars 2010

    petitegenisse
    Disgrâce est souvent considéré comme le meilleur roman de son auteur, prix nobel de littérature en 2003. Je n'ai rien lu d'autres de lui, mais si celui-ci est le meilleur je n'ai pas vraiment envie découvrir les autres.
    L'histoire est toute simple et se passe en Afrique du Sud : un professeur d'université, David Lurie, est accusé de harcèlement sexuel sur une de ses étudiantes. Il décide de se retirer à la campagne quelques temps, auprès de sa fille unique, qui tient une ferme où elle cultive des fleurs et gardent des chiens.
    Roman des relations humaines tendues, entre hommes et femmes, père et fille, Blancs et Noirs, Disgrâce est un feu qui couve et qui n'éclate jamais vraiment. Au contraire, les personnages ne cherchent qu'à étouffer les étincelles. Histoire simple, narration simple. Ce n'est pas cette simplicité qui m'a gênée, mais la sensation désagréable de rester en surface. le début m'a profondément agacée par sa convenance et la suite n'a pas réussie à m'accrocher. Ce roman m'a juste laissée indifférente, avec cette impression étrange d'être passée à côté de quelque chose, qui était là, qui couvait, mais qui ne m'est jamais apparu clairement. Impossible d'avoir de l'empathie pour les personnages. J'avais à peine envie de les secouer de leur mollesse. Tout m'a été indifférent. Sauf peut-être les pages sur Byron (Lurie écrit un opéra sur sa vie) qui m'ont ennuyée et dont je n'ai pas perçu la pertinence. Rien ne m'a emportée, émue ou je ne sais quoi, pas même l'écriture de Coetzee, que j'ai trouvée comme l'histoire, comme les personnages, molles et sans conséquence.
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Citations et extraits

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  • Par ignatus-reilly, le 04 août 2010

    Il y a des risques à posséder quoi que ce soit : une voiture, une paire de chaussures, un paquet de cigarettes. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, pas assez de chaussures, pas assez de voitures, pas assez de cigarettes. Trop de gens, pas assez de choses. Et ce qu'il y a doit circuler pour que tout un chacun ait l'occasion de connaître le bonheur le temps d'une journée. C'est la théorie. Tiens-t'en à la théorie et à ce qu'elle a de réconfortant. Il ne s'agit pas de méchanceté humaine, mais d'un grand système de circulation des biens, avec lequel la pitié et la terreur n'ont rien à voir.
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  • Par keisha, le 25 juin 2011

    Il y a des risques à posséder quoi que ce soit : une voiture, une paire de chaussures, un paquet de cigarettes. Il n'y en a pas assez pour tout le monde, pas assez de chaussures, pas assez de voitures, pas assez de cigarettes. Trop de gens, pas assez de choses. Et ce qu'il y a doit circuler pour que tout un chacun ait l'occasion de connaître le bonheur le temps d'une journée. C'est la théorie. Tiens-t'en à la théorie et à ce qu'elle a de réconfortant. Il ne s'agit pas de méchanceté humaine, mais d'un grand système de circulation des biens, avec lequel la pitié et la terreur n'ont rien à voir. C'est ainsi qu'il faut voir la vie dans ce pays: sous son aspect schématique. Sinon on pourrait devenir fou. Les voitures, les chaussures, les femmes aussi. Le système doit bien prévoir une place pour les femmes et ce qui leur arrive
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ignatus-reilly, le 01 août 2010

    C'est une affaire de tempérament. Il est trop vieux, il ne va pas changer : le tempérament à son âge est bien établi, solidement figé. D'abord le crâne, ensuite le tempérament : les deux parties du corps les plus dures.
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  • Par Aela, le 14 mars 2011

    Il continue à enseigner parce que cela lui donne de quoi vivre; et aussi parce que c'est une leçon d'humilité, cela lui fait comprendre la place qui est la sienne dans le monde. Ce qu'il y a là d'ironique ne lui échappe pas: c'est celui qui enseigne qui apprend la plus âpre des leçons, alors que ceux qui sont là pour apprendre quelque chose n'apprennent rien du tout.
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  • Par wiggybis, le 23 août 2011

    Les moutons ne s'appartiennent pas, leur vie ne leur appartient pas. Ils n'existent que pour être utilisés, totalement, jusqu'au dernier gramme, la chair pour être mangée, les os mis en poudre et donnés en pâtée à la volaille. Tout y passe, sauf peut-être la vésicule biliaire que personne ne mange. Descartes aurait du penser à ça: l'âme en suspens dans le noir, fiel amer, qui se cache.
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Vidéo de J. M. Coetzee

Bande-annonce de l'adapatation cinéma de Disgrâce, avec John Malkovitch








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