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> Catherine Lauga du Plessis (Traducteur)

ISBN : 2020562332
Éditeur : Editions du Seuil (2002)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 291 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
David Lurie est enseignant au Cap, en Afrique du Sud, passionné par les œuvres de Byron et de Wordsworth. Il a 52 ans, il est père et a deux fois divorcé. Dans son genre, c'est un Casanova. La question de sa vie sexuelle est facilement résolu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine, le 24 mars 2015

    Erveine
    Je découvre Coetzee et j’aime. Beaucoup de vraisemblance dans ce livre. David Lurie enseigne à l’Université du Cap. Il lui arrive bien de succomber à la tentation pour s’accoupler avec quelque élève qui lui confère une certaine suprématie et il en use. Est-ce mal ? Est-ce bien ? Des escapades qui durent peu jusque là, c’est-à-dire, jusqu’à la dernière. Celle-ci, il ne sait pas comment la conclure, il n’en a plus la maîtrise et il se perd. C’est la passion qui l’emporte, le désir qui commande à la raison. Puis, sans qu’il sache bien pourquoi Mélanie l’accuse. Elle porte plainte contre lui. Un conseil d’administration se charge de recueillir son témoignage en exigeant de lui qu’il se soumette, qu’il fasse des excuses publiques, et même qu’il exprime son repentir... Mais David refuse. Fierté ? Roublardise ? Dignité ? Il s’accuse ! Oui ! il est coupable et le revendique haut et fort mais il ne veut pas s’excuser. Non ! Il ne se livrera pas à cet exercice d’exprimer ses regrets publiquement et de se confondre en excuses, même s’il perd son poste, même s’il perd ses droits, son salaire... David estime que ses agissements relèvent de la sphère privée, même si Mélanie a 20 ans et lui 52. Il revendique son droit au plaisir, au désir, même s’il est vieux, même s’il n’est plus un prétendant au renouvellement de l’espèce, à moins que d’être châtré comme il dit et que la force d’attraction s’éteigne et le libère, enfin !
    C’est après, tout ce désordre administratif qu’il part chez sa fille, Lucy, pour se ressourcer, se réfugier dans une ferme isolée, une petite exploitation qu’elle partage avec Pétrus, l’Africain. Le désordre et le désert affectif qui l’habite le poussent à se surpasser dans son rôle de père tandis que Lucy est une femme émancipée, forte et fort différente de l’image que son père a construite inconsciemment pour elle, sur son devenir de femme et quand elle est à la campagne ce qu’il est à la ville. Puis, c’est l’agression. Trois hommes s’introduisent dans la ferme et contre toute attente Lucy reste passive. Elle refuse de porter les faits réels à la connaissance de la police. Il se creuse alors un fossé entre le père et la fille. Lucy n’entend pas ses recommandations. Non ! Elle ne quittera pas la ferme, même si une blanche européenne n’a pas en ces lieux d’après la colonisation, un régime de faveur. Elle, ce qu’elle veut, c’est se fondre dans le paysage, avec ses productions de légumes, ses fleurs et ses chiens. C’est ici qu’elle veut vivre. David est déconcerté. Pourtant, sans y trouver d’explication plausible, il se découvre peu à peu une sensibilité envers les animaux. Et même auprès de Bev, une femme de sa génération qui gère une sorte de S.P.A, du moins ce qu’il en reste après un passé florissant. Une femme que tout d’abord il trouve moche et que la compassion exaspère, envers ces animaux, ceux-là même qu’elle est amenée à euthanasier, parce qu’ils sont trop nombreux, parce qu’il faut bien que quelqu’un le fasse. Puis, il y a ces deux moutons, des moutons qu’il voudrait voir paître au loin, bien plus loin, les deux caraculs que Pétrus destinent au festin lors d’une fête prochaine. Des moutons qu’il mangerait bien à condition qu’ils soient anonymes et dont il boudera l’assiettée. Une fête à laquelle se rend un des agresseurs. Un agresseur que Lucy se résoudra à ne pas poursuivre cependant puisqu’il fait partie de la famille de Pétrus. Pétrus qui se propose de la prendre sous son aile et même plus, de la marier, tandis qu’il a déjà deux femmes. Et Lucy qui confie à son père son intention d’accepter sa protection. Et son père, sidéré ! Et David qui se libère du dernier lien, ce chien qu’il aime, un chien qui l’aime aussi et qui le suit partout, celui au postérieur atrophié et que personne ne voudra adopter, le mélomane, celui qui l’entend jouer et soliloquer avec Byron.
    – « Tu ne veux pas lui donner encore une semaine » lui dit Bev.
    – « Non ! » Il doit se libérer pour demain. Demain qui renaît de ses cendres, demain qui le porte vers sa descendance....
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    • Livres 4.00/5
    Par Marple, le 14 décembre 2014

    Marple
    Désespérée, un peu désespérante, mais assurément juste et intéressante... voilà comment j'ai trouvé la Disgrâce de JM Coetzee.
    L'histoire commence comme l'histoire universelle d'un homme vieillissant et vaguement paumé, avant de devenir l'histoire spécifique de l'Afrique du Sud post-apartheid, celle des remords, des vengeances et surtout des souffrances. Mais, au-delà des tribulations de David Lurie avec son étudiante sexy, sa fille New-Age traumatisée, les voyous noirs ou les paysans ploucs blancs, ce livre m'a plu par ses thèmes et son écriture.
    Car ce livre parle des désillusions, des injustices, des problèmes de société, des animaux, de la mauvaise conscience, du racisme, de Byron, de l'hypocrisie, du sexe, de l'amitié, des relations familiales, de la rédemption. Tout ça en posant des questions plutôt qu'en donnant des réponses, et avec un style désabusé et poussif correspondant parfaitement à l'état d'esprit du héros.
    Je n'ai pas forcément tout compris au roman, je n'ai assurément pas compris le mode de pensée de David Lurie, mais j'ai compris avec ce roman pourquoi Coetzee avait obtenu le prix Nobel. Challenge Nobel 15/15.
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    • Livres 5.00/5
    Par petch, le 19 janvier 2013

    petch
    « du musst dein Leben ändern : il te faut changer de vie. Eh bien il est trop vieux pour entendre ce message, trop vieux pour changer ». Constat amer et désabusé vers la fin du roman de David Lurie face à sa déchéance sociale. Universitaire (blanc), amateur de femmes (jeunes). Mélanie, une de ses étudiantes, porte plainte suite à une relation consécutive à un harcèlement. Après avoir démissionné, Lurie est contraint de s'exiler loin du Cap. Il se rend chez sa fille Lucy, gérante d'une propriété agricole. Il constate alors impuissant la désolation de sa vie sur fond de mutation de la société sud-africaine, de violences urbaines et de ségrégation. Reste le Bancal (Driepoot en afrikaans), ce chien dont se prend d'affection David Lurie. Bancale comme sa vie.
    Relations Père/Fille, Citadins/Ruraux, Blancs/Noirs : plusieurs oppositions s'entrecroisent au fil de ce récit. J.M. Coetzee nous captive autour de ces conflits à différentes échelles en maîtrisant son récit par la cohérence et la précision de son style narratif. Un magnifique roman doublé d'un superbe témoignage à-propos des conséquences de la fin de l'Apartheid sur la population des riches fermiers blancs, devant faire face à la revanche violente des populations noires pauvres.
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    • Livres 4.00/5
    Par Titania, le 20 mars 2015

    Titania
    David Lurie est un professeur déchu dans l'Afrique du Sud post-apartheid dans laquelle les blancs portent le poids de la faute collective de la pire ségrégation raciale de l'après guerre. Il vient d'être exclu de l'université pour avoir harcelé sexuellement une étudiante.
    Il part vers l'intérieur du pays, dans une zone délaissée par les populations blanches, plutôt concentrées dans la région de Capetown, dans laquelle sa fille Lucy tente de collaborer avec un régisseur noir ambitieux pour réussir une exploitation agricole. David est renvoyé à sa propre ignominie par la douleur de sa fille qui vit la tragédie d'un viol. Ses certitudes s'effondrent d'un coup.
    Ce roman complexe, très sombre et pessimiste sur la nature humaine nous parle de la culpabilité d'un peuple au travers du destin particulier de David Lurie, qui évolue vers la rédemption, à partir des épreuves traversées.
    Il nous dit la violence d'une époque et le caractère indélébile de certaines fractures, qui ont perdu une génération entière.
    Il nous dit que la "Nation Arc en Ciel" relève du mythe et que le rêve de Nelson Mandela est tellement fragile dans un monde si dur, où les communautés qui viennent de se livrer comme une guerre civile, semblent irréconciliables.
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    • Livres 5.00/5
    Par sylvaine, le 02 septembre 2012

    sylvaine
    Le personnage principal , David Lurie, 52 ans, divorcé, enseigne à l'Université au Cap.Il va se laisser entraîner à fréquenter une des étudiantes de son cours sur les poètes romantiques , il rêve d'ailleurs d'écrire un opéra sur Byron.Il va se retrouver broyé dans un gigantesque scandale.Jugé par ses pairs il sera condamné pour harcèlement sexuel et exclus de l'Université perdant ainsi tous ses droits à la retraite.
    Bref il est en Disgrâce
    Il part se réfugier chez Lucy sa fille, propriétaire d'une ferme non loin de Graham Storen dans le Cap oriental.
    Il aime sa fille mais beaucoup de choses les séparent, leur façon de voir l'évolution de ce pays, le changement des mentalités.Le blanc doit apprendre à respecter le noir.Le noir tire parfois, voir souvent sur le blanc.Lucy et son père vont avoir à subir l'agression de 3 hommes dont un jeune ,neveu d'un voisin.Petrus.
    Lucy veut rester sur place quitte à céder sa terre à Pétrus pour obtenir sa protection...
    L'écriture de Coetze pour limpide et facile qu'elle soit,dégage puissance et force.L'histoire , au début , pourrait se dérouler n'importe où, aucune indication ne nous permet de savoir qui est blanc qui est noir, seuls quelques détails le suggèrent.
    Ce texte m'a beaucoup touchée, beaucoup appris.L'Afrique du Sud y est décrite avec amour mais Coetze n'essaye an aucun cas d'enjoliver les situations
    Du temps a passé et ce texte est toujours aussi présent dans ma mémoire!!
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Citations et extraits

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  • Par Cioran, le 22 mars 2015

    - Le même que quoi ? demande la femme de l'école de commerce, sur un ton prudent.
    - Je n'étais plus moi-même. Je n'étais plus un divorcé de cinquante ans qui ne sait plus où il en est. Je suis devenu le serviteur d’Éros.

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  • Par Cioran, le 22 mars 2015

    Et pourtant nous ne pouvons pas vivre nos vies quotidiennes dans le monde des idées pures, dans un cocon qui nous protégerait de l'expérience des sens. La question n'est pas : Comment préserver la pureté de l'imagination, à l'abri des assauts de la réalité. La question qu'il faut se poser, c'est : Pouvons-nous trouver le moyen de les faire coexister ?

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  • Par Cioran, le 20 mars 2015

    Il est surpris de voir qu'il lui suffit d'une heure et demie par semaine en compagnie d'une femme pour être heureux, lui qui croyait qu'il lui fallait une épouse, un foyer, le mariage. Ses besoins s'avèrent assez modestes, tout compte fait, modestes et éphémères, comme les besoins d'un papillon.

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  • Par Cioran, le 22 mars 2015

    Il y a une semaine, c'était un joli minois dans la classe. Maintenant, c'est une présence dans sa vie, une présence qui respire.

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  • Par Cioran, le 19 mars 2015

    Bien qu'il consacre chaque jour des heures à sa nouvelle discipline, il trouve que le principe sur lequel elle repose, tel qu'il est exprimé dans la brochure de Communication 1O1, est ridicule : "La société humaine a créé le langage pour nous permettre de communiquer nos pensées, nos sentiments et nos intentions les uns aux autres." A son avis, qu'il se garde bien d'exprimer en public, la parole trouve son origine dans le chant, et le chant est né du besoin de remplir de sons l'âme humaine, trop vaste et plutôt vide.
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Vidéo de J. M. Coetzee

Bande annonce du film Disgrâce adapté du roman de JM Coetzee








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