> Sophie Mayoux (Traducteur)

ISBN : 2020404559
Éditeur : Editions du Seuil (2000)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Michael K, dont la couleur de peau n'est jamais mentionnée, homme frustre et solitaire, quitte Le Cap accompagné de sa mère et se lance sur les routes. Contrôles, interdictions, combats ne l'empêcheront pas d'accomplir son périple, remontant toujours plus loin au nord, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 18 mai 2012

    mimipinson
    « Les nuits passée parmi les mourants dans les couloirs de l'hôpital Somerset lui avaient fait comprendre à quel point le monde pouvait être insensible au sort d'une vieille femme atteinte d'une maladie dégradante, en temps de guerre. Incapable de travailler, elle voyait bien qu'entre elle et le caniveau il n'y avait que la bienveillance précaire des Buhrmann, le sens du devoir d'un fils à l'esprit lent, et en dernier secours les économies qu'elle concernait sous son lit. » p16
    Ces quelques lignes, au début du livre, donnent un aperçu de l'ambiance du pays dans lequel se situe ce roman, et de ses inégalités : l'Afrique du sud.
    Michael K, est un homme un peu simplet, que la vie n'a pas gâté, jardinier à la ville du Cap ; il vit seul avec sa mère, malade, et domestique dans une riche famille. D'un naturel dévoué, et n'écoutant que son cœur, il entreprend, faisant fi de tous les périls, de ramener sa mère dans sa province natale où elle souhaite vivre ses derniers instants.
    Dans un pays en guerre, il va vivre une vie spartiate, dans un profond dénouement. Rien n'y fera, il ne se pliera pas aux lois des hommes malgré l'emprisonnement, la cruauté, et la précarité. « Maintenant, dans sa caverne, il nouait parfois ses doigts derrière la tête, fermait les yeux et vidait son esprit, ne désirant rien, n'espérant rien. » p91
    L'ambiance générale de roman est noire, reflet d'un pays plongé dans le chaos. Mais le plus déroutant, a été pour moi le caractère spartiate de l'écriture ; elle est sans fioriture, presque brute, rêche .Le texte est compact, sans aération. Trois parties le composent, mais la première, consacrée à sa vie avant son internement au camp de Kenilworth, occupe les 2/3 du roman, sans aucun chapitre, ni paragraphe clairement distincts. Cela a rendu ma lecture longue et laborieuse, parfois oppressante. Les deux autres parties, sont beaucoup plus courtes et, bien que compactes, m'ont paru plus faciles d'accès. L'auteur, change de narrateur entre les deux parties, pour revenir au premier dans la dernière………
    Dans cet océan de malheur, de pessimisme, d'inhumanité, il y a tout de même une lueur de bonté, sous les traits d'un pharmacien devenu médecin militaire d'occasion qui va comprendre qui se cache derrière Michael.
    Au final pour aussi déroutante que fut cette lecture, je ne regrette pas de l'avoir menée à son terme. Je ne connaissant pas son auteur, et puisque parait-il, il « n'applique jamais la même recette à deux ouvrages, ce qui contribue à la grande variété de son œuvre. », selon les termes du jury Nobel, je tenterai à nouveau une incursion dans son univers des mots.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2010/10/michael-k-sa-vie-son-t..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par lilicrapota, le 29 octobre 2011

    lilicrapota
    Mickael est un homme de 32 ans qui vit en Afrique du Sud en temps de guerre. Il s'occupe de sa mère et travaille comme jardinier. Affublé d'un bec de lièvre depuis sa naissance, il n'a ni ami ni petite amie. le jour où sa mère tombe malade, il décide de l'emmener là où elle a vécu toute sa jeunesse. Commence alors un long périple, mais sa mère meurt en route et ce sont finalement ses cendres qu'il déposera dans la terre de son origine.

    L'histoire est construite en 3 parties : la première, sous les yeux de Mickael, nous fait partager son quotidien : la route, les camps, les hôpitaux, la découverte de la ferme, ses espoirs, ses premières plantations, sa fuite dans la montagne, les camps à nouveau, son retour à la ferme, son retour dans un camp. On constate que malgré ses apparences de simplet, Mickael est un homme comme aime à les décrire Vesaas : un homme à l'écoute de la nature, qui ne fait qu'un avec les éléments mais ne comprend rien au langage, aux stratégies des hommes, à la guerre tissée en toile de fond dans le roman. Ce qui lui donne du bonheur, ce sont les graines de courge qu'il a semées et qui sortent peu à peu; ce qui le rend triste, ce sont les chèvres qui viennent les brouter. Sa seule aspiration, alors même qu'il ignore comment la nommer, c'est sa liberté. A chaque fois, il s'échappe des camps où règne l'oppression pour retrouver son champ.

    La deuxième partie est écrite sous la plume du médecin qui le receuille à la fin du roman, et qui se prend d'affection pour lui, ou plutôt d'une sorte d'attirance : Mickael déjoue ses repères habituels, le surprend, l' "incompréhensionn" si j'ose dire. Il finit même par bouleverser sa vision du monde avec son entetement à ne pas manger et à doucement se laisser mourir de faim. Cette deuxième partie a une écriture tout à fait difrférente de la première. La première est plutôt sobre, austère; la deuxième plus lyrique, poétique, très touchante parfois, ceci causé par le "je" du médecin qui tranche tellement avec le "mickael" de la première et dernière partie.

    Donc la troisième partie, retour au "il" et à la vie de Michael, qui retourne d'où il était parti : la chambre de bonne où il avait vécu avec sa mère, en pleine ville. Là il se reprend à rêver et on le pressent déjà sur le départ pour aller rejoindre son champ...
    Cette littérature me change, je n'avais jamais lu je crois un roman de ce type-là, d'habitude ce genre d'écriture me gonfle assez vite et c'est vrai que je n'ai pas "dévoré" le livre, néanmoins je l'ai lu avec intérêt et beaucoup de plaisir (à partir de la 2ème partie). Je crois quand même que quelque chose m'a échappé, une clé me manque pour comprendre l'ampleur de l'oeuvre, il y a un truc que je n'ai pas saisi, en voilà pour preuve une phrase dont je n'ai pas saisi le sens "Cette allégorie révélait jusqu'à quel point de scandale et d'outrage une signifaication peut s'établir au sein d'un système sans en devenir un terme"...??? Il faudr'a peut-être que je le relise plus tard, quand j'aurai un peu muri, un peu vieilli...
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    • Livres 5.00/5
    Par annie, le 20 août 2008

    annie
    Parmi les livres de cet auteur, voilà mon préféré...
    D'une grande beauté, plein de sensibilité...
    Et l'on verse une larme sur le destin de Michael.
    *
    Michael K, dont la couleur de peau n'est jamais mentionnée, homme frustre et solitaire, quitte le Cap accompagné de sa mère et se lance sur les routes.
    Contrôles, interdictions, combats ne l'empêcheront pas d'accomplir son périple, remontant toujours plus loin au nord, en quête d'une ferme-refuge originelle où il espère vivre paisiblement.
    Il parvient seul en ce lieu reculé, sa mère n'ayant pas supporté le voyage.

    A partir de quelques graines retrouvées par hasard, il cultive son champ et crée son petit paradis.
    Mais la guerre ne s'arrête pas, elle, et bien vite le rattrape. Pourtant, malgré les emprisonnements, la cruauté et le dénuement, Michael K ne se pliera pas aux lois des hommes...
    Avec ce roman, J. M. Coetzee nous donne à lire une superbe parabole, à la fois sombre et éblouissante, sur la dignité humaine.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Chouchane, le 10 mars 2011

    Chouchane
    La vie de Mickael.K est celle du vent, de la pluie, de la nature. Elle ne cherche rien d'autre qu'à être elle-même. Mickael K vit dans une Afrique du Sud en guerre. On peut supposer qu'il est noir mais cela n'est dit nulle part. Il est né avec un bec de lièvre et on le suppose un peu idiot mais son rapport au monde est d'une simplicité et d'une évidence qui va nous illuminer. Refusant de se laisser dicter sa vie, il va vivre à ras de terre au plus près de sa nature. Il croisera des hommes qui chaque fois voudront le rééduquer, le réadapter. Et cela nous dit l'aveuglement, l'indifférence de ceux qui veulent soumettre et qui avilissent les autres. Mais MK comme l'eau, trouvera toujours son chemin. Sans projet, ni rebelle, ni hostile aux autres, il est juste lui-même. Un peu comme dans la Fable de La Fontaine : "gueux mais libre". Au fil des rencontres, il va croiser et profondément marquer un médecin qui dit les mots que nous aimerions nous même dire à Mickael. Mais ni la compassion, ni la curiosité, ni même la nécessité de se nourrir ne peuvent contraindre Mickael K.
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    • Livres 5.00/5
    Par schabrieres, le 26 mai 2009

    schabrieres
    L'histoire se passe en Afrique du Sud dans les années 1970. Michael K est un noir inadapté, un peu simplet, un outsider, un désaxé, un anti-héros, un “suicidé de la société” qui refuse de vivre comme les hommes lui imposent de vivre. Dès sa naissance, il a dû être confronté au regard des gens, à cause de son bec de lièvre qui défigure son visage, et qui en fait une espèce de “monstre”. Mais ce n'est pas tant un monstre de par son apparence qu'un “monstre social”.
    Après la mort de sa mère, il fuit à travers le pays du Cap jusqu'à Prince Albert, la terre natale de celle-ci, où il souhaite enterrer ses cendres.
    Pendant une bonne partie du livre, il se retire du monde, dans une ferme, où il cultive un champ de potirons et survit grâce à sa récolte. Car son seul rêve est de pouvoir cultiver son jardin (au sens propre comme au figuré), comme Candide dans le conte de Voltaire.
    Il refuse de travailler, et tous les diktats de la société. A ce titre, il m'a fait énormément penser au Bartleby de Herman Melville.
    C'est lui aussi un être mutique, vivant dans un pays en pleine guerre civile et en plein apartheid, et qui ne se sent pas concerné par tout ça. Il vit hors du temps et hors de l'histoire.
    Ce refus de vivre dans la société des hommes est symbolisé à la fin du roman, par son internement dans un camp de travail (car on l'a pris pour un terroriste), et par son refus de se nourrir, tel un “artiste du jeûne” comme dirait Kafka.
    Voici une lecture que je vous recommande.

    Lien : http://schabrieres.wordpress.com/2008/12/03/jm-coetzee-michael-k-sa-..
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Citations et extraits

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  • Par mimipinson, le 18 mai 2012

    « Les nuits passée parmi les mourants dans les couloirs de l’hôpital Somerset lui avaient fait comprendre à quel point le monde pouvait être insensible au sort d’une vieille femme atteinte d’une maladie dégradante, en temps de guerre. Incapable de travailler, elle voyait bien qu’entre elle et le caniveau il n’y avait que la bienveillance précaire des Buhrmann, le sens du devoir d’un fils à l’esprit lent, et en dernier secours les économies qu’elle concernait sous son lit. »
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  • Par Chouchane, le 10 mars 2011

    Quand je regardais Michaels, il me semblait toujours que quelqu'un avait rassemblé une poignée de poussière, avait craché dessus, et lui avait donné la forme d'un bonhomme rudimentaire, en faisant une ou deux erreurs, en oubliant un ou deux détails, mais en obtenant quand même au bout du compte un vrai petit bonhomme en terre, comme les petits bons-hommes qu'on voit émerger entre les larges cuisses d'une mère-chrysalide, les doigts déjà crochus, le dos déjà courbé en prévision d'une vie qui sera passée à fuir ; un être qui , à l'état de veille, est toujours penché sur la terre, qui,lorsque son heure sonne enfin, creuse sa propre tombe, s'y glisse paisiblement, et tire la lourde terre par-dessus sa tête comme une couverture, le visage fendu d'un dernier sourire, après quoi il se tourne et sombre dans le sommeil
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  • Par Chouchane, le 10 mars 2011

    Tandis qu'il s'occupait des graines et surveillait, attendant que la terre porte des fruits nourrissants, son propre besoin de nourriture s'amenuisait de plus en plus. La faim était une sensation qu'il n'éprouvait pas et dont il se souvenait à peine. S'il se nourrissait, mangeant ce qu'il pouvait trouver c'est qu'il n'avait pas encore rejeté la croyance que les organismes qui ne s'alimentent pas meurent. Ce qu'il mangeait ne signifiait rien pour lui et n'avait pas de goût, ou bien un goût de poussière. Quand il sortira de la nourriture de cette terre, se dit-il, je retrouverai l'appétit, car elle aura de la saveur.
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