ISBN : 2290332879
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Philip K. Dick
Il a obtenu en 1962 le Prix Hugo. Jusqu'à sa mort en 1982, il est resté au premier rang des auteurs de S-F avec Ubik, Dr Bloodmoney, Blade runner, etc.

Sur cette Terre de l'avenir, le jeu décide du sort des hommes. Tel qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par LVI, le 26 avril 2012

    LVI
    Un champ de cendres et de détritus !

    Philip K. Dick (1928-1982), un jumeau qui a perdu sa jumelle et ce faisant une partie de lui-même dans les semaines qui suivirent leur naissance, grand angoissé devant l'éternel (il a aussi perdu son père à l'âge de 4 ans -après divorce, celui-ci est parti et n'a jamais plus donné signe de vie-), lecteur, enfant, d'Edgar Allan Poe comme de Howard Phillips Lovecraft, est devenu écrivain de métier en 1952 et après avoir signé un certain nombre de nouvelles, il fit paraître son tout premier roman ‘Loterie solaire' en 1955. Paranoïaque, drogué, dépressif, divorcé de sa première épouse en 1958, puis de la seconde en 1964 (la troisième l'abandonnera dans les années 70), K. Dick, qui ne connaîtra le succès qu'à partir de 1962, après la publication du ‘Maître du Haut-Château', tentera de se faire interner en hôpital psychiatrique et également de se suicider, tout en continuant d'écrire. Passionné d'ésotérisme, il s'intéressa à la scientologie, prétendit avoir eu des révélations divines et aussi être en contact avec des extraterrestres. Persuadé que notre monde n'était qu'une apparence derrière laquelle il y avait d'autres réalités, il fut littéralement obsédé par le Mal (qu'il vit notamment en la personne de Richard Nixon ; ce qui n'était pas si mal vu somme toute) et mourut quelques jours avant la sortie du film ‘Blade Runner' qui allait le rendre véritablement célèbre, mais de manière posthume. Depuis, ses nouvelles et romans ne cessent d'inspirer -souvent plutôt heureusement- les cinéastes.

    Loterie solaire', qui ne fut traduit et publié en France qu'en 1968 seulement, nous emmène sur la Terre et la Lune et dans l'espace en 2.203 au temps de la Fédération des 9 planètes. le Meneur de jeu, qui dirige la Fédération, est tiré au sort -ce peut être un citoyen lambda aussi bien qu'une personnalité éminente-, mais ne peut se maintenir au pouvoir que s'il réussit à échapper aux tueurs lancés à ses trousses dès sa prise de fonction et dont le protègent des gardes du corps télépathes. Mais cette fois-ci, c'est une créature de synthèse, mue par différents esprits et à la solde de l'ancien Meneur de jeu, qui est chargée d'éliminer le nouveau Meneur de jeu. Tout le système solaire est en haleine ; le tueur est encouragé ; on l'applaudit ; on espère qu'il sera le champion du sport national par excellence dans cette société fondée sur le jeu et l'assassinat…

    Placé sous le signe de la suspicion, ‘Loterie solaire' est le type même de roman paranoïaque dont K. Dick se fit ensuite une spécialité : dans ce récit, chacun est traqué, a peur, ne peut faire confiance à personne, et surtout pas aux femmes. Les apparences sont trompeuses, la réalité est autre, tout ne cesse d'être remis en cause d'un instant à l'autre. Si vous avez du goût pour les ambiances kafkaïennes, vous trouverez probablement un certain intérêt à ce vieux livre de psychose-fiction qui n'a pas fini de faire parler de lui !

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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Niklos, le 12 mai 2012

    Niklos

    À l'époque où il publie Loterie solaire, Philip K. Dick, qui n'est alors âgé que de 26 ans, n'a rien d'un écrivain débutant : il est en effet l'auteur de plus de 70 nouvelles et d'une poignée de romans de littérature générale qui n'ont pas trouvé acquéreur. On peut cependant considérer qu'il s'agit là de son premier vrai roman de science-fiction publié puisque le manuscrit des Pantins cosmiques, écrit antérieurement, dort encore dans ses tiroirs. Ce premier opus a souvent été assimilé — et Dick lui-même, loin de s'en cacher, l'a revendiqué en diverses occasions — à un exercice de style vanvogtien, tant l'ombre de l'auteur du Monde des à (paru six ans plus tôt) plane sur le récit. Influence flagrante des maîtres (Van Vogt, mais aussi Bester ou Sheckley) d'ailleurs clairement perçue par la critique qui accueillit plutôt bien le roman.
    Dans le futur qu'imagine Dick, le pouvoir absolu sur le système solaire est attribué aléatoirement à un citoyen quelconque (le Meneur de Jeu), élu par une roue de la fortune atomique, le Minimax (ou bouteille). Mais le système a aussi son pendant : conjointement à la désignation du Meneur, le Minimax désigne un assassin légal, chargé d'éliminer le Meneur par tous les moyens. Il revient à ce dernier de démontrer ses capacités de chef en survivant au Défi durant les 13 années de son mandat, à la condition que les aléas du Minimax ne décident pas de son remplacement dans l'intervalle. Comme le remarque l'un des personnages avec une logique déconcertante, si le principe du Minimax débarrasse la société des intrigues politiciennes, le Défi préserve dans le même temps la charge suprême des incompétents que le hasard pourrait y installer.
    Après avoir disposé ses pièces sur l'échiquier, Dick les lance avec virtuosité dans un chassé-croisé dont l'enjeu n'est rien de moins que l'équilibre du monde. D'un côté, Reese Verrick, Meneur de Jeu depuis dix ans, évincé par une saute brutale de la bouteille, entouré de ses vassaux (parmi lesquels l'infortuné et idéaliste Ted Benteley, qui lui a prêté allégeance alors qu'il le croyait encore Meneur). de l'autre, Leon Cartwright, son successeur, un humble technicien adepte de l'utopie prestonite (qui professe l'existence d'une dixième planète, le mythique Disque de flammes), protégé par une garde personnelle de télépathes. Entre les deux, Keith Pellig, le régicide officiel, téléguidé par un Verrick prêt à tout pour éliminer le nouveau Meneur. Et quelque part dans l'espace, au delà des colonies du Directoire, le vaisseau des prestonites qui fonce à la recherche d'une hypothétique planète...
    S'il n'est pas toujours évident de déceler derrière l'académisme juvénile de cette Loterie solaire les germes des futures thématiques qu'abordera Dick, il n'en demeure pas moins que l'auteur fait déjà preuve d'une maîtrise indiscutable des ficelles de son récit, acquise par son expérience de nouvelliste, tout en paravents et en subtils doubles-fonds. Car ce meilleur des mondes que les mathématiques ont créé et dont Dick dépeint les rouages avec application, est un idéal sophistique qui a tôt fait de partir en morceaux sous sa plume corrosive : cette société tellement moderne vit dans les faits selon une hiérarchie qui ressuscite un lien féodal médiéval et une ribambelle de superstitions archaïques (interprétation des augures, monomanie des amulettes). La corruption et le clientélisme rongent le système, et il apparaît bientôt évident que le monde de joueurs dépeint par Dick se résume essentiellement à un monde de tricheurs.
    Philip K. Dick, souvent acide dans l'autocritique, n'a jamais renié cette oeuvre de jeunesse, avec tout ce qu'elle comporte d'emprunts aux maîtres du genre. Sans être l'unique pierre sur laquelle s'édifiera l'une des plus complexes et des plus fluctuantes œuvres personnelles de la science-fiction, Loterie solaire n'en est pas moins le résultat d'une réelle réflexion d'auteur, et la preuve d'une incontestable maturité de conteur.
    Julien RAYMOND
    dans Bifrost 18
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par finitysend, le 08 février 2012

    finitysend

    Mouvementé ....
    Assez étonnant ...
    Ce roman a paru en 1968 ...
    C'est le premier roman de P. K. Dick ( un auteur que je connais mal ) ...
    Ce qui m'a frappé c'est qu'il est ultra lisible aujourd'hui encore car P.K. DICK a imaginé un futur tout à fait convaincant ..
    Perso j'ai peu lu cet écrivain car je craignais du vieillot ..
    L'auteur fait montre de beaucoup de talent du point de vue création d'univers ...
    Des images fortes ... des personnages solides .. du rythme ...
    L'idée de lier hasard et vie politique ne sort pas de nul part ... CF : hasard et vie politique dans le monde hellénique ..
    Le système solaire est gouverné par un magistrat suprême sélectionné par le hasard ...
    Mais nommé en même temps que lui : un assassin légal mandaté pour l'assassiner ...
    Voici donc un contexte de Darwinisme politique ( sourires ) ...
    Pour cette mandature un grain de sable dans les rouages .. :
    L'ancien président en titre ne digère pas son éviction anticipée et également décidé par loterie ...
    L'auteur nous décris une véritable parodie de cette société et de sa vie politique ...
    Un texte mouvementé ... assez drôle et ironique qui est à classer avec : le meilleur des mondes et avec les autres textes de SF politique ..
    Franchement sympa ..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Vance, le 10 avril 2010

    Vance
    Loterie solaire est un de ses premiers romans. Par son traitement et ses implications, il m'a vaguement rappelé Les Marteaux de Vulcain, un écrit mineur qui fut le premier texte de Dick que je lus. Néanmoins, il va plus loin dans sa réflexion et semble mieux construit, malgré un curieux déséquilibre dans son déroulement. Après une citation en exergue du premier chapitre tirée d'un texte célèbre de John McDonald (Strategy in Poker, Business & War, p.68 de l'édition Paperback chez Norton & Co que vous pouvez trouver chez Amazon), Philip K. Dick pose son univers avec méthode et réalisme. Il dépeint une Terre future assez désespérante, régie par la « Bouteille », machine complexe fondée sur l'aléatoire et qui désigne de temps en temps les heureux élus/promus parmi les citoyens. Pour « équilibrer » cette « roulette du destin », on pratique l'assassinat légal au cours de Conventions hautes en couleurs dans lesquelles les candidats font valoir leurs droits. On y sent un arrière-goût provocateur à la Prix du danger, primaire mais percutant.
    Ce qui est particulier dans cette description peu originale, c'est la façon dont Dick introduit ses personnages. On sent immédiatement qu'il n'a pas vraiment de sympathie pour les héros forts en gueule de ses collègues, les costauds ou les débrouillards qui se jouent des pièges cosmiques et des malédictions divines. [...]
    L'intérêt est ailleurs, dans l'examen des implications d'une société entièrement fondée sur le hasard, avec ces justifications minables qui ont permis la mise en place de systèmes autoritaires (rappelez-vous par exemple les discours d'introduction à Equilibrium).
    Toutefois, Dick rectifie le tir et rentre assez tôt dans le rang. Dès la fin du premier tiers, l'histoire s'emballe et les règlements de compte prennent le pas sur les questionnements de fond. Cartwright est donc Numero Uno et semble l'avoir prévu – ce qui est apparemment impossible, de nombreux spécialistes ayant tenté de truquer la Bouteille sans jamais y parvenir. Verrick veut sa peau et a engagé des moyens considérables pour mettre au point une stratégie imparable (car comment pouvoir assassiner un Maître du Jeu lorsque ses gardes du corps sont capables de lire vos pensées ?). Et Benteley rumine sa rancœur. le grand finale aura lieu sur la Lune et tout ce beau monde s'affrontera, tandis qu'un vaisseau franchit les limites du Système solaire à la recherche d'un astre prédit par un illuminé…
    Agréable à lire, de facture étonnamment classique malgré quelques éclairs de cette lucidité désabusée qui s'imprimera davantage avec les années, le roman souffre d'une traduction parfois approximative et de quelques coquilles malencontreuses. On sourira devant l'évocation d'un « pistolet-de-poing » comme de ce sport nommé « balle molle » - alors que le soft ball n'a rien d'exotique.

    Lien : http://journal-de-vance.over-blog.com/article-dans-la-tete-de-dick-0..
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    • Livres 3.00/5
    Par den, le 04 janvier 2011

    den
    Un Dick plus facile que d'autre et toujours notre monde absurde en toile de fond... un monde imaginé pas si loin du nôtre dans le fond
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Citations et extraits

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  • Par Vance, le 10 avril 2010

    Le système de la Bouteille existe pour nous protéger ; il élève et abaisse au hasard, choisissant au hasard des individus, à des intervalles imprévisibles. Nul ne peut s’emparer du pouvoir, puis s’y maintenir ; nul ne sait quel sera son statut dans un an, dans une semaine. Nul ne peut intriguer pour devenir dictateur : tout obéit aux mouvements imprévisibles de particules subatomiques. Le Défi nous protège d’autre chose : des incompétents, des imbéciles et des fous. Notre sécurité est totale : ni despotes ni déments.
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  • Par Vance, le 10 avril 2010

    Ces gens-là savaient faire des choses avec leurs mains, non avec leur tête. Leurs capacités avaient été acquises au cours d’années de travail, de pratique, de contact direct avec les choses. Ils savaient faire pousser des plantes, couler des fondations, réparer les tuyaux qui fuient, entretenir des machines, tisser des vêtements, faire la cuisine. Selon le système de Classification, ils étaient autant de ratés.
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    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Vance, le 10 avril 2010

    - Tu es… un psychopathe. Tu n’es pas normal.

    - Je sais, admit Benteley sans se troubler. Je suis un homme malade. Et plus j’en vois, plus je suis malade. Je suis malade au point de penser que tous les autres sont malades et que moi seul suis sain..
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  • Par LVI, le 26 avril 2012

    Je veux bien être respectueux de la loi, mais pour cela il faut qu’elle soit respectable !
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  • Par Vance, le 10 avril 2010

    Que peut-on faire dans une société qui est entièrement corrompue ? Obéir à des lois corrompues ? Est-ce un crime que de désobéir à une loi infâme ou à un serment vicié ?

    - C’est un crime, dit Cartwright lentement. Mais il est peut-être bon de le commettre.

    - Dans une société de criminels, avança Shaeffer, les innocents vont en prison.
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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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