ISBN : 2290302481
Éditeur : J'ai Lu (2001)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 187 notes) Ajouter à mes livres
En 1947 avait eu lieu la capitulation des alliés devant les forces de l'axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des Etats-Unis, l'ouest avait été attribué aux japonais.
Quelques années plus tard la vie avait repris son cours normal dans l... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par Niklos, le 12 mai 2012

    Niklos
    « Lorsqu'on referme un roman de Dick, les quelques secondes d'hébétude qui s'ensuivent sont encore de Dick », pourrait-on dire, en paraphrasant un poncif célèbre. Et jamais ça n'a été plus vrai que pour ce Maître du Haut-Château, qui dispute à Ubik le titre de chef-d'œuvre absolu de l'auteur dans le cœur de ses admirateurs. Écrit en 1961, alors que Dick sort d'une grave dépression causée par la dégradation de son couple et le refus systématique des éditeurs de publier ses romans de littérature générale, ce roman coup de poing sera son premier gros succès commercial, couronné par le prix Hugo en 1963.
    L'idée de départ du roman semble tenir en une phrase : les puissances de l'Axe ont gagné la deuxième guerre mondiale, et occupent les États-Unis (les Japonais à l'ouest, les nazis à l'est). Cet axiome pourrait donc naturellement rattacher le roman au concept d'uchronie, mais il va en réalité bien au-delà. Il ne s'agit pas pour Dick d'imaginer simplement le monde tel qu'il aurait été si... Dick, tel qu'en lui-même, préfère brosser les humbles, les faibles qui subissent le système. Les passages où il disserte ponctuellement sur la géopolitique de l'ordre nouveau font figure d'exposés scolaires où l'auteur démontre (avec un soupçon de pédantisme laborieux) l'étendue de ses connaissances sur les rouages des dictatures de la première moitié du siècle. Car le Maître du Haut-Château touche à des thèmes très personnels à l'auteur. Ses biographes ont maintes fois souligné le traumatisme enduré par le jeune Dick à la vue d'un soldat japonais brûlé vif, pendant les actualités cinématographiques, alors que l'ensemble de la salle s'esclaffait bruyamment. Deux ans plus tard, c'est à nouveau au sujet des Japonais qu'il s'opposera de manière violente et définitive à son père, en prenant ouvertement parti contre la bombe d'Hiroshima. Dick ne s'est en outre jamais caché d'une certaine curiosité mêlée de répulsion à l'égard du IIIème Reich, et d'une certaine tendresse vis-à-vis des Japonais.
    L'action du roman se déroule sur la côte pacifique, sous une férule nippone sensiblement plus souple que celle des nazis. Les orientaux ont apporté avec eux le Yi-King, ouvrage de divination chinois, auquel occupés et occupants se réfèrent souvent pour résoudre leurs problèmes importants. Dans ce monde dominé, un auteur, Hawthorne Abendsen, reclus dans un château fortifié, a pourtant écrit un récit audacieux, « La Sauterelle pèse lourd », où il raconte comment les Alliés ont défait nazis et japonais et remporté la guerre... en suivant alternativement plusieurs personnages dont les destins s'entrecroisent (Robert Childan, vendeur d'antiquités folkloriques américaines ; Tagomi, un fonctionnaire japonais ; Frank Frink, un artisan juif qui se lance dans la joaillerie d'art ; et Juliana, l'ex-femme de ce dernier partie à la rencontre d'Abendsen après avoir lu son livre), Dick va amener le lecteur à se poser une unique question : en quoi notre monde est-il plus réel et vraisemblable que celui du roman, et que celui du roman dans le roman, « La Sauterelle pèse lourd » ? Cette réflexion s'appuie sur l'utilisation judicieuse et visionnaire des philosophies orientales, qui préfigure leur popularisation durant une décennie qui se nourrira jusqu'à l'excès de Yi-King et autres Livre des morts tibétain.
    On peut supposer avec un brin d'amertume que ce récit a triomphé en son temps grâce à son premier degré (uchronie intelligente, avec une touche de patriotisme qui n'a pas dû être sans flatter le lectorat américain). Il ne s'intègre pourtant pas moins à l'œuvre de Dick et annonce sans aucun doute ses réflexions sur la réalité et ses leurres (notamment Le Dieu venu du Centaure et Ubik). Cependant, ces thèmes sont explorés ici d'une façon plus allusive que dans ses romans à venir, et il sera demandé au lecteur un effort de réflexion supplémentaire, subtilement dickien : percer les apparences et mettre à jour une vérité déconcertante, que l'on n'est d'ailleurs pas sûr de jamais comprendre.
    Julien RAYMOND
    dans Bifrost 18
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 12 décembre 2011

    Luniver
    Dans "Le maître du haut château", le Japon et les nazis ont remporté la seconde guerre mondiale. le monde est partagé entre ces deux puissances : le Japon règne sur l'Asie et une bonne partie de l'Amérique, les nazis sur l'Europe et l'Afrique. Les nettoyages ethniques continuent. Les nazis ont remporté la course à l'espace. Une sorte de guerre froide s'est installée entre les deux blocs.
    On suit l'histoire de plusieurs personnages aux Etats-Unis : un antiquaire américain qui revend la culture américaine aux japonais vainqueurs, des artisans qui tentent de ressusciter l'art méricain, un espion qui tente d'avertir le Japon d'une attaque imminente... Tous ces personnages sont reliés par "La sauterelle pèse lourd", une uchronie qui décrit un monde où les japonais et les nazis ont perdu la guerre.
    L'immersion dans l'histoire est facile, Dick rend tous les évènements qu'il décrit crédible. Toutefois, l'absence d'une histoire principale m'a un peu dérangé, j'ai eu de temps en temps l'impression de tourner en rond entre les différents personnages.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 01 mai 2012

    BVIALLET
    Et si la deuxième guerre mondiale avait vu la victoire des forces de l'Axe ? Nous sommes en 1947, les Alliés ont capitulé. Nazis et Japonais se sont partagé l'occupation du territoire des Etats-Unis d'Amérique. A l'est, la tyrannie hitlérienne, à l'ouest la japonaise. Une paix un peu étrange avec des rapports de force bouleversés s'est établie dans ces territoires. Les Nippons ont amené avec eux la pratique du Yi King, livre des transformations du célèbre oracle chinois datant de 5000 ans sans lequel ils ne prennent aucune décision. Et voilà qu'un étrange livre, interdit en Europe, « La sauterelle pèse lourd », œuvre d'un auteur de science-fiction un peu sulfureux, rencontre un immense succès. Il raconte que les Alliés ont gagné la guerre en 1945…
    Livre culte et référence de l'uchronie, ce style qui réécrit l'Histoire, « Le maître du haut château » surfe sur un thème a priori extrêmement porteur, mais ne l'exploite que partiellement. On découvre que les nazis ont réglé la question juive et les problèmes africains sans qu'on nous dise comment, même si on redoute de le deviner. Bien entendu la science nazie a une avance totale dans le domaine de la technique et de la conquête spatiale puisque le Reich explore des planètes aussi lointaines que Mars ou Vénus, mais là encore, on ne l'apprend que par une brève allusion. Plus décevante est la tournure des évènements, on ne peut plus convenue : partage du monde entre les vainqueurs et rumeur de guerre probable entre le Japon et l'Allemagne. Dick s'est contenté de s'inspirer des évènements de la période de la guerre froide sans aller plus loin… Quant aux héros, Childan, l'antiquaire, Frink, le bijoutier juif, Baynes, l'espion nazi ou Tagomi, l'attaché d'ambassade japonais, ils sont sans grande consistance et l'on peine à s'intéresser à leurs histoires de complots ou de petits objets de collection…
    Ecrit dans les années 60, ce livre semble avoir assez mal vieilli (naïveté du propos, manque de suspense et d'action…) à moins que ce soit notre regard qui ait changé après toutes ces années de littérature coup de poing…

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 2.00/5
    Par FrancoisGe, le 22 avril 2012

    FrancoisGe
    Je viens de terminer la lecture de ce livre.
    J'ai adoré les cent cinquante premières pages, ensuite, j'ai trouvé que l'histoire s'essoufflait, se compliquait inutilement.
    Finalement, ce sont les chapitres consacrés à l'uchronie - la véritable histoire du livre - qui m'ont le moins plu. Même si je reconnais le talent de l'auteur.
    J'ai bien aimé le chapitre dans lequel le client Japonais de l'antiquaire Robert Childan tente de le persuader de se lancer dans la production à grande échelle des bijoux produits par Frank Frink et son acolyte, avec tous les sous-entendus que cela suppose (et que l'auteur nous révèle dans un sursaut d'orgueil de son personnage).
    J'ai beaucoup aimé tous les chapitres "annexes" à l'histoire de l'uchronie. Notamment, lorsque Frank Frink et son acolyte fabriquent les bijoux puis tentent de les vendre. Ces chapitres m'ont un peu rappelé le style de John Fante et je les ai trouvés très agréables.
    J'ai aimé aussi la façon de décrire la folie de Juliana Frink, à la fin lorsqu'elle laisse son compagnon se vider de son sang dans la chambre d'hôtel.
    En ce qui concerne le chapitre où Tagomi ne voit plus de vélos taxi et demande à des enfants d'aller voir s'ils en trouvent, je m'attendais à d'autres développements, m'attendant à une progression à la H.G. Wells ou à la Christopher Priest, mais tout rentre dans l'ordre et on se demande alors ce qu'a voulu dire l'auteur.
    J'ai aussi été un peu déçu par la rencontre Juliana Frink/Abendsen, l'auteur du livre La sauterelle. Je m'attendais à d'autres développements, plus imprévisibles.
    En conclusion, tant que l'histoire reste terre à terre, j'ai goûté avec délice à l'écriture de l'auteur, mais dès que Philip K Dick prend de la hauteur et poursuit son uchronie, j'aime moins...
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    • Livres 4.00/5
    Par gill, le 05 avril 2012

    gill
    En 1947, les forces de l'axe ont triomphé des alliés.
    Ils ont divisé les USA en deux zones : une partie Est où Hitler a imposé la tyrannie nazie et un partie ouest attribué aux japonais.
    La vie reprend son cours mais une étrange rumeur vient à circuler.
    Un homme vivant dans un haut chateau, un écrivain de SF aurait écrit un ouvrage racontant la victoire des alliés en 1945...
    Malgré quelques longueurs et une certaine confusion, due pour une part dans quelques éditions à la traduction, ce roman est un excellent récit de SF mais qui peut se révéler d'accès un peu difficile.
    Il décrit très bien l'univers schizophrène de l'auteur et marque un tournant dans son œuvre..
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Critiques presse (1)


  • SciFiUniverse , le 20 février 2012
    Il y a aurait beaucoup à dire sur ce roman pour peu que l'on s'y intéresse de manière moins superficielle. Le maître du Haut Château est en fait un bijou de construction.
    Lire la critique sur le site : SciFiUniverse

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Citations et extraits

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  • Par Vance, le 11 avril 2010

    - C’est sur ce point, dit Joe, que le système anglais dame le pion aux Américains. Tous les huit ans les Etats-Unis chassent leurs dirigeants, sans s’occuper de savoir s’ils sont qualifiés – mais Churchill reste, simplement. […] Chruchill était le seul grand chef que les Anglais aient eu pendant la guerre. S’ils n’avaient pas su le conserver, ils auraient aussi bien fait de renoncer à la lutte. Je te le dis : un Etat ne vaut que ce que vaut son chef. Führerprinzip – le principe du chef, comme disent les Nazis.
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  • Par Vance, le 11 avril 2010

    Sa théorie, c’est qu’au lieu d’un isolationniste comme Bricker, en 1940, après Roosevelt, c’est Rexford Tugwell qui aurait été élu président. […] Et il aurait poursuivi avec beaucoup d’énergie la politique antinazie de Roosevelt. Si bien que l’Allemagne aurait eu peur de se porter au secours du Japon en 1941. Elle n’aurait pas honoré leur traité. Tu vois ? […] Et ainsi l’Allemagne et le Japon auraient perdu la guerre !
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  • Par Vance, le 11 avril 2010

    Ils veulent être les moteurs de l’Histoire et non pas les victimes. Ils s’identifient à la puissance de Dieu et se croient ses égaux. C’est le fondement même de leur folie. Ils sont dominés par un archétype ; leur ego s’est développé d’une manière psychopathologique si bien qu’ils ne peuvent dire où il commence et où la divinité s’arrête. Ce n’est pas de l’orgueil ; c’est une hypertrophie de l’ego jusqu’à un point extrême – jusqu’à la confusion entre celui qui adore et celui qui est adoré. L’homme n’a pas mangé Dieu ; Dieu a mangé l’homme.
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  • Par Vance, le 11 avril 2010

    Mais il y avait l’Afrique. […] Là, les Nazis avaient fait preuve de génie ; l’artiste s’était vraiment montré. La Méditerranée close de toutes parts, asséchée, transformée en terres cultivables grâce à l’utilisation de l’énergie atomique, quelle audace ! […] Il avait fallu 200 ans pour régler la question des populations autochtones américaines et l’Allemagne était parvenue au même résultat en Afrique en 15 ans. Il n’y avait aucune raison valable pour critiquer.
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  • Par FranckL, le 06 avril 2012

    Assis sur son lit, une tasse de thé tiède à portée de la main, Frink s'empara de son exemplaire du Yi King puis tira de leur étui de cuir les quarante-neuf tiges d'achillée.
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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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