Depuis ma découverte de l'auteur il y a 13 ans et mes lectures éparses de ses romans depuis (une moyenne d'un livre par an, jusqu'à ce que je lance le défi autour de l'auteur en août dernier),
Ubik est resté un de mes livres préférés de Dick. du coup, je dois dire que même si l'envie de le lire était forte, j'ai eu peur qu'il ne perde de sa saveur à la relecture (j'ai eu quelques très mauvaises expériences de secondes lectures, comme avec La nuit des enfants rois par exemple). Que nenni, au contraire même.
Ubik est ressorti grandi dans mon estime suite à cela (si si, c'est possible).
Autant le dire tout de suite, je suis la première à reconnaître que l'auteur a parfois quelques difficultés à écrire une histoire de manière claire et limpide (voir par exemple
Loterie solaire), ce qui peut rebuter d'ailleurs les gens qui tentent de le découvrir (j'ai déjà eu des échos à ce sujet).
Ubik est le parfait contre-exemple de cela. Ici, Dick mène avec brio une histoire compréhensible et pourtant complexe, très lisible et pourtant fouillée et recherchée. Une histoire d'une intelligence rare et d'une richesse incroyable. J'arrête là, je crois que vous avez saisi le concept.
Quand on lit le résumé, difficile de comprendre de quoi il s'agit. Et pourtant, une fois dans le récit, il nous semble logique, inévitable presque, et pourtant surprenant. Dans un univers « futuriste » (nous sommes en 1992, mais le livre a été écrit en 1969), les télépathes et autres précogs (personnes qui peuvent voir l'avenir) existent bel et bien et sont recherchés pour leur pouvoir. Dans cet univers, un homme, Joe Chip, est réputé pour sa capacité à mesurer lesdits pouvoirs de ces êtres. Il va se retrouver face à Pat, une jeune fille espiègle (la « femme fatale et manipulatrice de l'histoire », personnage dickien dans toute sa « splendeur » ici)(petit clin d'œil à qui saura le voir ^_^) qui peut modifier le passé à sa guise. Joe ne peut que s'incliner devant ce qu'elle peut réaliser et propose sa candidature à son patron, en émettant toutefois des réserves à son sujet. C'est comme ça que Joe et Pat vont se retrouver embarqués dans une mission sur la Lune qui va mal tourner...
Encore une fois, Dick parsème son livre de petites trouvailles qui font pétiller les yeux et l'esprit tellement elles sont bien senties. Ainsi, dans l'univers de Joe, il faut payer les appareils électroménagers ou les portes pour pouvoir les utiliser (pas de monnaie? Vous ne pouvez pas sortir alors... et c'est dans le contrat de location!). Ce petit détail qui peut sembler insignifiant est pourtant représentatif des traits de génie dont Dick parsème ses livres. On vogue donc de pages en pages entre étonnement devant la fluidité de la langue (pour une fois)(pardon) et émerveillement devant les trouvailles dickiennes.
Mais attention, comme souvent chez l'auteur, l'ambiance est lourde, oppressante. le danger est au coin de la rue et l'étrange toujours au rendez-vous. Et, sincèrement, c'est aussi (et surtout même) pour ça qu'on l'aime, le monsieur.
Je pourrais continuer pendant des heures mais je pense que vous avez saisi l'idée générale de ce billet: ce livre est magistral, un vrai chef d'œuvre, d'une intelligence et d'une puissance incroyables (parfois même effroyables) et d'une efficacité redoutable. A lire absolument, cela va sans dire.
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