Avec ce roman, on se retrouve plongés dans un tout autre univers. Certains lecteurs considèrent ce roman comme dépassé. Effectivement, l'action se situe initialement en 1992. Pour nous il s'agit bien sûr du passé mais lors de l'écriture, 1992 était le futur et c'est amusant de voir comment Dick l'imaginait. On y voit des voitures volantes, des portes et des frigos qui parlent et réclament de l'argent pour fonctionner, on y voit l'homme ayant colonisé
La lune et Mars…et puis, suite à une étrange mission sur
La lune qui tourne mal, voilà Joe Chip et ses acolytes témoins d'étranges phénomènes de régression dans le temps. Peu à peu, 1992 et son décor moderne et futuriste laissent la place à celui de 1939. Plus gênant encore, les collègues de Joe meurent un par un transformés en momies.
Joe et ses compagnons seraient apparemment morts mais maintenus en semi-vie, un état transitoire entre la vie et la mort qui permet de continuer à communiquer avec les vivants tout en évoluant dans un autre monde.
Tout m'a plu dans ce roman : une histoire originale avec un univers bien particulier, du suspense et ces curieux messages publicitaires en tête de chaque chapitre ventant les mérites d'
Ubik.
Je me suis vraiment demandée où Dick voulait m'emmener et peu à peu les éléments se mettent en place et on commence à comprendre ce qui se passe. Enfin … c'est ce que l'on croit …
J'ai été bluffée par ce roman, par son étrangeté, sa richesse et sa cohérence, par son côté absurde qui m'a rappelé l'univers de
Boris Vian. D'ailleurs, le style aussi et la liberté de ton m'ont rappelé
Boris Vian également.
Je me doutais bien que ma chronique ne serait pas à la hauteur de mon enthousiasme. A vrai dire, je ne sais pas comment parler de ce livre qui, pour moi, sort des sentiers battus. Même après avoir lu
Asimov, Silverberg et un autre Dick, il y a quelque chose de spécial dans
Ubik que je ne parviens pas à expliquer. Et d'un autre côté, j'ai peur de trop en dire et de gâcher le plaisir de la découverte à d'éventuels futurs lecteurs.
En tous cas, une chose est sûre, le dépaysement est garanti et cette sensation ressort d'autant plus que Dick emploie un vocabulaire inventé de toutes pièces pour les besoins du récit. Eh non, désolée, il n'existe pas, à ma connaissance, de dictionnaire français-
Ubikois. Il faudra compter sur votre sens de la déduction pour deviner le sens des mots utilisés.
J'ai retrouvé ici, comme dans
Substance mort mais en moins présent, le côté hippie de Dick avec la dénonciation d'un système basé sur l'argent et la consommation à travers le personnage de Joe toujours fauché.
Et puis le clou du spectacle : cette fin à la Dick absolument géniale ! Bref, j'ai adoré !
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