> Alain Dorémieux (Traducteur)

ISBN : 2264028815
Éditeur : 10-18 (1999)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 279 notes) Ajouter à mes livres
"Une pulvérisation invisible d'Ubik et vous bannirez la crainte obsédante, irrésistible, de voir le monde entier se transformer en lait tourné". Qu'est-ce qu'Ubik ? Une marque de bière ? Une sauce salade ? Une variété d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par milado, le 17 mai 2012

    milado
    Quelle claque ! Un univers et un scénario d'une richesse incroyable et quelle cohérence ! Il faut juste changer la date de 1992 et ce roman n'a pas pris une ride. P.K. Dick nous entraîne dans un monde que seul l'argent semble gouverner, sans politiques où tout est payant : la douche, l'ouverture du frigo, jusqu'à la porte d'entrée qui est prête à vous assigner en justice si vous tenter de passer en force. Ensuite de quoi finir complètement schizophrène, le héros marié? Célibataire ? Pat? Wendy ? Vivant? Mort? 1992? 1939? Dick nous ballade à son gré multipliant les fausses pistes, lorsqu'il est sur le point de nous perdre apparaît une personnage avec une hypothèse convenable, du moins pour un temps. Je ne vois pas comment aller plus loin sans faire de révélations.
    Sachez juste qu' Ubik est la solution universelle à tous les problèmes, pour vous en convaincre lisez l'introduction à chaque chapitre, mais dans quel monde se le procurer ?
    Ubik le premier P.K. DIck pour moi (en dehors des adaptations cinématographiques) mais certainement pas le dernier.

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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Vance, le 02 juin 2010

    Vance
    Si Ubik est surprenant, c'est qu'il détonne par rapport aux œuvres précédentes, tout en restant plutôt éloigné de son Maître du Haut-château. D'abord, le monde dans lequel évoluent ces personnages atypiques (au milieu des télépathes et autres précogs) est longuement décrit, en tous cas, plus exhaustivement que dans Loterie solaire où il ne servait que de toile de fond enrichissant les dialogues. On s'y sent à l'aise. D'autant que Dick ne dédaigne pas l'humour et la poésie dans les descriptions pittoresques de personnages.
    Mais s'il prend tant de soin pour nous présenter l'univers qu'il a créé, c'est sans doute pour mieux le détruire devant nos yeux (ah, cette manie qu'ont les grands auteurs à démolir leur œuvre ! Je ne me remettrai sans doute jamais de la Chute d'Hypérion !).
    Deuxièmement, si on retrouve comme dans Le Dieu venu du Centaure cette tendance à faire (lentement) avancer l'histoire au travers des réflexions des protagonistes, Ubik n'est pas du tout dénué d'action. C'est même, parfois, haletant. Il y a un côté léger, un peu dégingandé, à dépeindre cette fuite en avant de Joe. Dès le second cadavre, on sait qu'il est condamné. On commence à alors à ressentir un peu d'empathie pour ce bonhomme qui, malgré son apathie, sa lourdeur, ses maladresses et ses hésitations, revêt le statut de sauveur, de héros et de messager divin. le tout pour ses frêles épaules. A travers ses doutes, transparaît un peu de cet aspect Investigateur lovecraftien, qui use de sa culture et de son savoir pour analyser la situation et tente d'anticiper malgré l'improbable et le surnaturel. On le souhaiterait plus vif, plus dynamique : ses errances et ses souffrances n'en deviennent que plus christiques (après tout, ses initiales n'ont sans doute pas été choisies par hasard, comme celles de Jerry Cornélius pour Moorcock !).
    Comme l'affirmaient certains spécialistes de la SF français (tous forcément admirateurs de l'œuvre du maître), on trouve de tout dans Ubik, véritable condensé des mondes de l'Imaginaire de l'âge d'or : des mutations aux voyages dans le temps, des conquêtes spatiales au développement massif des technologies. Et puis, transparaît, dans quelques constats lancinants mais non dénués d'une certaine poésie, un peu de cette nostalgie de ce qui aurait pu être dans ce qui n'est pas encore. Ainsi Joe se met-il malgré lui à apprécier la conduite de cette voiture polluante, bringuebalante et bruyante à laquelle il trouve un charme exempt des transports rapides et silencieux de son époque. Et un de ses acolytes n'émet-il pas un jugement ravi sur la saveur d'un met authentique que n'ont pas les aliments synthétiques de 1990 ? C'est là, et là seulement qu'apparaissent des bribes des préoccupations qu'il développera dans son (autre) chef-d'œuvre : le Maître du Haut-château.
    Un roman d'une densité et d'une richesse inouïes, prenant et palpitant, qui vous laisse pantois, en proie à d'inévitables questions sur le réel et la vie elle-même : ne sommes-nous pas, comme l'affirmaient depuis longtemps les Egyptiens (ou les Tibétains), de simples passagers d'un monde transitoire, impuissants rêveurs en attente d'un passage vers un autre niveau ?
    Indispensable.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par akahama, le 22 février 2012

    akahama
    Ubik, que je souhaitais lire depuis un moment, est un véritable coup de cœur. Roman complexe, impossible à résumer, on y retrouve toutes les thématiques chères à Philip K. Dick, et à la SF en général, univers parallèles, pouvoirs parapsychologiques, mais aussi mysticisme, hyper-capitalisme et invasion de la vie privée par le progrès sous ses formes les plus extrêmes. Cet enchevêtrement de thématique, à l'image de l'histoire où les réalités s'imbriquent en permanence les unes dans les autres, n'entrave pas du tout la fluidité du récit, le talent de conteur de l'auteur nous rattrapant de justesse chaque fois que nous pensons perdre pied. le récit est parsemé de touches d'un humour grinçant, satyrique : la porte d'entrée refuse de s'ouvrir si on ne la paie pas et menace de poursuivre celui qui voudrait la forcer. Les dialogues sont nombreux et intelligents, ils dynamisent en permanence la narration, qui ne s'embourbe pas, même si on ne sait jamais vraiment où on en est.
    C'est tout le talent de l'auteur que de parvenir à ne pas nous perdre, à nous donner la main jusqu'à la fin, dans ce monde où le temps marche parfois à l'envers, et où on ne sait plus très bien à qui on est marié.
    J'ai A-DO-RÉ ce livre extrêmement riche et subtil, que l'on ne referme jamais tout à fait, qui continue à trotter dans notre esprit, toujours à la recherche des clés qui se dérobent devant nous. Sitôt terminé, je le relis, et je redécouvre déjà des choses…
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
  • Par petitepom, le 29 novembre 2011

    petitepom
    Ouf ! J'aime toujours autant la SF, mais je dois dire que j'aime ceux des années 50/60/70, les livres que j'ai lu, plus récents, ne m'ont pas autant plus, je pense notamment à La Horde du Contrevent de Damasio, il n'a pas la même richesse ( mais ce n'est que mon avis) ; en lisant celui-ci et ayant lu il y a peu, Ravage de Barjavel, je constate que je m'y retrouve plus dans cette Sf classique que dans les modernes.
    Ubik a pourtant un sujet complexe, le voyage dans le temps qui cache un autre phénomène que je ne dévoilerais pas. Joe Chip, son patron Rucinter et 10 autres personnes vont en mission sur la lune où une bombe va exploser, suite à cela c'est la confusion.
    Les personnages sont des humains qui lisent dans les pensées, autres empêchent toute intrusion, il y a aussi ceux qui lisent l'avenir, tout cela n'est pas trop clair mais on s'aperçoit vite que ce n'est pas le sujet principal, il faut se laisser porter par l'histoire et accepter de ne pas tout saisir.
    J'aime beaucoup ce genre de Sf, le coté voyage temporel m'attire, j'ai donc trouver mon compte dans ce roman.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Aaliz, le 29 avril 2012

    Aaliz
    Avec ce roman, on se retrouve plongés dans un tout autre univers. Certains lecteurs considèrent ce roman comme dépassé. Effectivement, l'action se situe initialement en 1992. Pour nous il s'agit bien sûr du passé mais lors de l'écriture, 1992 était le futur et c'est amusant de voir comment Dick l'imaginait. On y voit des voitures volantes, des portes et des frigos qui parlent et réclament de l'argent pour fonctionner, on y voit l'homme ayant colonisé La lune et Mars…et puis, suite à une étrange mission sur La lune qui tourne mal, voilà Joe Chip et ses acolytes témoins d'étranges phénomènes de régression dans le temps. Peu à peu, 1992 et son décor moderne et futuriste laissent la place à celui de 1939. Plus gênant encore, les collègues de Joe meurent un par un transformés en momies.
    Joe et ses compagnons seraient apparemment morts mais maintenus en semi-vie, un état transitoire entre la vie et la mort qui permet de continuer à communiquer avec les vivants tout en évoluant dans un autre monde.
    Tout m'a plu dans ce roman : une histoire originale avec un univers bien particulier, du suspense et ces curieux messages publicitaires en tête de chaque chapitre ventant les mérites d' Ubik.
    Je me suis vraiment demandée où Dick voulait m'emmener et peu à peu les éléments se mettent en place et on commence à comprendre ce qui se passe. Enfin … c'est ce que l'on croit …
    J'ai été bluffée par ce roman, par son étrangeté, sa richesse et sa cohérence, par son côté absurde qui m'a rappelé l'univers de Boris Vian. D'ailleurs, le style aussi et la liberté de ton m'ont rappelé Boris Vian également.
    Je me doutais bien que ma chronique ne serait pas à la hauteur de mon enthousiasme. A vrai dire, je ne sais pas comment parler de ce livre qui, pour moi, sort des sentiers battus. Même après avoir lu Asimov, Silverberg et un autre Dick, il y a quelque chose de spécial dans Ubik que je ne parviens pas à expliquer. Et d'un autre côté, j'ai peur de trop en dire et de gâcher le plaisir de la découverte à d'éventuels futurs lecteurs.
    En tous cas, une chose est sûre, le dépaysement est garanti et cette sensation ressort d'autant plus que Dick emploie un vocabulaire inventé de toutes pièces pour les besoins du récit. Eh non, désolée, il n'existe pas, à ma connaissance, de dictionnaire français-Ubikois. Il faudra compter sur votre sens de la déduction pour deviner le sens des mots utilisés.
    J'ai retrouvé ici, comme dans Substance mort mais en moins présent, le côté hippie de Dick avec la dénonciation d'un système basé sur l'argent et la consommation à travers le personnage de Joe toujours fauché.
    Et puis le clou du spectacle : cette fin à la Dick absolument géniale ! Bref, j'ai adoré !


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-ubik-philip-k-dick-99853..
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Citations et extraits

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  • Par milado, le 16 mai 2012

    Les Nations unies devraient abolir la semi-vie, dit Joe. C'est une entrave au cycle naturel de la naissance et de la mort.
    Ironiquement, Al Hammond dit :
    - Si Dieu approuvait la semi-vie, nous naîtrions tous dans un cercueil glacé.
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  • Par milado, le 15 mai 2012

    - Je n'aime pas qu'on me soit hostile. Mais je suppose qu'on ne peut pas vivre longtemps sans éveiller d'hostilité ; on ne peut pas plaire à tout le monde, puisque les gens ne veulent pas tous la même chose. Si on fait plaisir à l'un, on déplaît à l'autre.
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  • Par milado, le 15 mai 2012

    Ella, jolie et le teint clair ; ses yeux, au temps où ils s'ouvraient, étaient brillants et d'un bleu lumineux. Jamais cela ne reviendrait ; il pouvait lui parler et entendre sa réponse ; il pouvait communiquer avec elle ... mais jamais plus il ne la reverrait les yeux ouverts ; et sa bouche ne remuerait plus. Elle ne sourirait pas en le retrouvant. À son départ elle n'aurait pas de pleurs. Est-ce que ça vaut la peine ? se demanda-t-il. Est-ce vraiment mieux qu'autrefois, quand on allait directement de l'existence au cimetière ?
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  • Par TwiTwi, le 09 mai 2009

    La porte refusa de s'ouvrir et déclara:
    - Cinq cents, s'il vous plaît.
    A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
    - Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
    - Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
    Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif.
    - Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
    Joe Chip sortir un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l'évier; il s'en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
    - Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
    - Je n'ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j'en mourrai.
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  • Par jovidalens, le 16 janvier 2012

    Mr Chip, les services comptables de la société de vente à crédit Ferris & Brockman ont diffusé à votre sujet un rapport particulier. [...] Depuis le mois de juillet, votre cote de fiabilité en matière de crédit est tombée d'un triple G à un quadruple G. Notre service - ainsi d'ailleurs que l'immeuble tout entier - est désormais programmé pour que tout crédit soit refusé à des gens aussi pathétiquement anormaux que vous, monsieur.
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Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








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