> Alain Dorémieux (Traducteur)

ISBN : 2264028815
Éditeur : Éditions 10/18 (1999)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 241 notes) Ajouter à mes livres
"Une pulvérisation invisible d'Ubik et vous bannirez la crainte obsédante, irrésistible, de voir le monde entier se transformer en lait tourné". Qu'est-ce qu'Ubik ? Une marque de bière ? Une sauce salade ? Une variété d... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (22)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Vance, le 02 juin 2010

    Vance
    Si Ubik est surprenant, c'est qu'il détonne par rapport aux œuvres précédentes, tout en restant plutôt éloigné de son Maître du Haut-château. D'abord, le monde dans lequel évoluent ces personnages atypiques (au milieu des télépathes et autres précogs) est longuement décrit, en tous cas, plus exhaustivement que dans Loterie solaire où il ne servait que de toile de fond enrichissant les dialogues. On s'y sent à l'aise. D'autant que Dick ne dédaigne pas l'humour et la poésie dans les descriptions pittoresques de personnages.
    Mais s'il prend tant de soin pour nous présenter l'univers qu'il a créé, c'est sans doute pour mieux le détruire devant nos yeux (ah, cette manie qu'ont les grands auteurs à démolir leur œuvre ! Je ne me remettrai sans doute jamais de la Chute d'Hypérion !).
    Deuxièmement, si on retrouve comme dans Le Dieu venu du Centaure cette tendance à faire (lentement) avancer l'histoire au travers des réflexions des protagonistes, Ubik n'est pas du tout dénué d'action. C'est même, parfois, haletant. Il y a un côté léger, un peu dégingandé, à dépeindre cette fuite en avant de Joe. Dès le second cadavre, on sait qu'il est condamné. On commence à alors à ressentir un peu d'empathie pour ce bonhomme qui, malgré son apathie, sa lourdeur, ses maladresses et ses hésitations, revêt le statut de sauveur, de héros et de messager divin. le tout pour ses frêles épaules. A travers ses doutes, transparaît un peu de cet aspect Investigateur lovecraftien, qui use de sa culture et de son savoir pour analyser la situation et tente d'anticiper malgré l'improbable et le surnaturel. On le souhaiterait plus vif, plus dynamique : ses errances et ses souffrances n'en deviennent que plus christiques (après tout, ses initiales n'ont sans doute pas été choisies par hasard, comme celles de Jerry Cornélius pour Moorcock !).
    Comme l'affirmaient certains spécialistes de la SF français (tous forcément admirateurs de l'œuvre du maître), on trouve de tout dans Ubik, véritable condensé des mondes de l'Imaginaire de l'âge d'or : des mutations aux voyages dans le temps, des conquêtes spatiales au développement massif des technologies. Et puis, transparaît, dans quelques constats lancinants mais non dénués d'une certaine poésie, un peu de cette nostalgie de ce qui aurait pu être dans ce qui n'est pas encore. Ainsi Joe se met-il malgré lui à apprécier la conduite de cette voiture polluante, bringuebalante et bruyante à laquelle il trouve un charme exempt des transports rapides et silencieux de son époque. Et un de ses acolytes n'émet-il pas un jugement ravi sur la saveur d'un met authentique que n'ont pas les aliments synthétiques de 1990 ? C'est là, et là seulement qu'apparaissent des bribes des préoccupations qu'il développera dans son (autre) chef-d'œuvre : le Maître du Haut-château.
    Un roman d'une densité et d'une richesse inouïes, prenant et palpitant, qui vous laisse pantois, en proie à d'inévitables questions sur le réel et la vie elle-même : ne sommes-nous pas, comme l'affirmaient depuis longtemps les Egyptiens (ou les Tibétains), de simples passagers d'un monde transitoire, impuissants rêveurs en attente d'un passage vers un autre niveau ?
    Indispensable.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par petitepom, le 29 novembre 2011

    petitepom
    Ouf ! J'aime toujours autant la SF, mais je dois dire que j'aime ceux des années 50/60/70, les livres que j'ai lu, plus récents, ne m'ont pas autant plus, je pense notamment à La Horde du Contrevent de Damasio, il n'a pas la même richesse ( mais ce n'est que mon avis) ; en lisant celui-ci et ayant lu il y a peu, Ravage de Barjavel, je constate que je m'y retrouve plus dans cette Sf classique que dans les modernes.
    Ubik a pourtant un sujet complexe, le voyage dans le temps qui cache un autre phénomène que je ne dévoilerais pas. Joe Chip, son patron Rucinter et 10 autres personnes vont en mission sur la lune où une bombe va exploser, suite à cela c'est la confusion.
    Les personnages sont des humains qui lisent dans les pensées, autres empêchent toute intrusion, il y a aussi ceux qui lisent l'avenir, tout cela n'est pas trop clair mais on s'aperçoit vite que ce n'est pas le sujet principal, il faut se laisser porter par l'histoire et accepter de ne pas tout saisir.
    J'aime beaucoup ce genre de Sf, le coté voyage temporel m'attire, j'ai donc trouver mon compte dans ce roman.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Les-lectures-de-Cachou, le 04 octobre 2010

    Les-lectures-de-Cachou
    Depuis ma découverte de l'auteur il y a 13 ans et mes lectures éparses de ses romans depuis (une moyenne d'un livre par an, jusqu'à ce que je lance le défi autour de l'auteur en août dernier), Ubik est resté un de mes livres préférés de Dick. du coup, je dois dire que même si l'envie de le lire était forte, j'ai eu peur qu'il ne perde de sa saveur à la relecture (j'ai eu quelques très mauvaises expériences de secondes lectures, comme avec La nuit des enfants rois par exemple). Que nenni, au contraire même. Ubik est ressorti grandi dans mon estime suite à cela (si si, c'est possible).
    Autant le dire tout de suite, je suis la première à reconnaître que l'auteur a parfois quelques difficultés à écrire une histoire de manière claire et limpide (voir par exemple Loterie solaire), ce qui peut rebuter d'ailleurs les gens qui tentent de le découvrir (j'ai déjà eu des échos à ce sujet). Ubik est le parfait contre-exemple de cela. Ici, Dick mène avec brio une histoire compréhensible et pourtant complexe, très lisible et pourtant fouillée et recherchée. Une histoire d'une intelligence rare et d'une richesse incroyable. J'arrête là, je crois que vous avez saisi le concept.
    Quand on lit le résumé, difficile de comprendre de quoi il s'agit. Et pourtant, une fois dans le récit, il nous semble logique, inévitable presque, et pourtant surprenant. Dans un univers « futuriste » (nous sommes en 1992, mais le livre a été écrit en 1969), les télépathes et autres précogs (personnes qui peuvent voir l'avenir) existent bel et bien et sont recherchés pour leur pouvoir. Dans cet univers, un homme, Joe Chip, est réputé pour sa capacité à mesurer lesdits pouvoirs de ces êtres. Il va se retrouver face à Pat, une jeune fille espiègle (la « femme fatale et manipulatrice de l'histoire », personnage dickien dans toute sa « splendeur » ici)(petit clin d'œil à qui saura le voir ^_^) qui peut modifier le passé à sa guise. Joe ne peut que s'incliner devant ce qu'elle peut réaliser et propose sa candidature à son patron, en émettant toutefois des réserves à son sujet. C'est comme ça que Joe et Pat vont se retrouver embarqués dans une mission sur la Lune qui va mal tourner...
    Encore une fois, Dick parsème son livre de petites trouvailles qui font pétiller les yeux et l'esprit tellement elles sont bien senties. Ainsi, dans l'univers de Joe, il faut payer les appareils électroménagers ou les portes pour pouvoir les utiliser (pas de monnaie? Vous ne pouvez pas sortir alors... et c'est dans le contrat de location!). Ce petit détail qui peut sembler insignifiant est pourtant représentatif des traits de génie dont Dick parsème ses livres. On vogue donc de pages en pages entre étonnement devant la fluidité de la langue (pour une fois)(pardon) et émerveillement devant les trouvailles dickiennes.
    Mais attention, comme souvent chez l'auteur, l'ambiance est lourde, oppressante. le danger est au coin de la rue et l'étrange toujours au rendez-vous. Et, sincèrement, c'est aussi (et surtout même) pour ça qu'on l'aime, le monsieur.
    Je pourrais continuer pendant des heures mais je pense que vous avez saisi l'idée générale de ce billet: ce livre est magistral, un vrai chef d'œuvre, d'une intelligence et d'une puissance incroyables (parfois même effroyables) et d'une efficacité redoutable. A lire absolument, cela va sans dire.

    Lien : http://leslecturesdecachou.over-blog.com/article-ubik-philip-k-dick-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par sroul, le 06 août 2008

    sroul
    Pirouette métaphorique rudimentaire : Ubik est un livre qui ouvre la réalité. Non seulement on voit le monde d'un autre oeil, mais on a l'imaginaire qui mijote, on fabrique à notre tour des mondes parallèles... C'est un livre que j'ai trouvé magistral, dans lequel le lecteur n'a absolument aucun repère, un peu comme s'il était sur un escalier en mouvement, que les marches parcourues s'effaçaient au fur et à mesure, et que les marches à venir n'étaient pas encore visibles : il faut avoir confiance en l'auteur, qui donne finalement la clé de son roman. J'ai appris en écoutant une émission de radio que c'était un livre-culte : sa réputation ne me semble pas usurpée.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Luniver, le 18 août 2011

    Luniver
    J'ai beaucoup attendu avant d'acheter ce livre. Pourtant, je voyais qu'on en disait beaucoup de bien, et les sites de vente en ligne le citait régulièrement dans les recommandations, mais le titre et la couverture ne me plaisaient pas, sans que je sache vraiment pourquoi.
    Au final, j'ai fini par céder, et je m'en réjouis ! Une fois le livre ouvert, il m'a été impossible de le lâcher avant de connaître la fin. L'univers créé est très riche, mais je n'ai eu aucune difficulté à rentrer dedans. L'impression d'univers qui se dégrade et le fait d'être incapable de savoir quel personnage connait la "vraie réalité" est vraiment déroutant.
    Ce livre est une vraie perle ! Je regrette d'avoir attendu aussi longtemps pour découvrir le monde de Philip K. Dick
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (25)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par TwiTwi, le 09 mai 2009

    La porte refusa de s'ouvrir et déclara:
    - Cinq cents, s'il vous plaît.
    A nouveau, il chercha dans ses poches. Plus de pièces; plus rien.
    - Je vous paierai demain, dit-il à la porte. (Il essaya une fois de plus d'actionner le verrou, mais celui-ci demeura fermé.). Les pièces que je vous donne constitue un pourboire, je ne suis pas obligé de vous payer.
    - Je ne suis pas de cet avis, dit la porte. Regardez dans le contrat que vous avez signé en emménageant dans ce conapt.
    Il trouva le contrat dans le tiroir de son bureau: depuis que le document avait été établi, il avait eu besoin maintes et maintes fois de s'y référer. La porte avait raison; le paiement pour son ouverture et sa fermeture faisait partie des charges et n'avait rien de facultatif.
    - Vous avez pu voir que je ne me trompais pas, dit la porte avec une certaine suffisance.
    Joe Chip sortir un couteau en acier inoxydable du tiroir à côté de l'évier; il s'en munit et entreprit systématiquement de démonter le verrou de sa porte insatiable.
    - Je vous poursuivrai en justice, dit la porte tandis que tombait la première vis.
    - Je n'ai jamais été poursuivi en justice par une porte. Mais je ne pense pas que j'en mourrai.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (12 votes positifs)
  • Par jovidalens, le 16 janvier 2012

    Mr Chip, les services comptables de la société de vente à crédit Ferris & Brockman ont diffusé à votre sujet un rapport particulier. [...] Depuis le mois de juillet, votre cote de fiabilité en matière de crédit est tombée d'un triple G à un quadruple G. Notre service - ainsi d'ailleurs que l'immeuble tout entier - est désormais programmé pour que tout crédit soit refusé à des gens aussi pathétiquement anormaux que vous, monsieur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par TwiTwi, le 21 octobre 2009

    Le rasage que nous offrons est sans précédent.
    N'est-il pas temps que le visage d'un homme ait lui aussi cette incomparable douceur ?
    Avec la lame Ubik en acier chromé de fabrication suisse, finis les jours des joues qui grattent.
    Essayez Ubik, messieurs, et faites-vous désirer.
    Attention : à utiliser exclusivement selon le mode d'emploi.
    Et avec précaution.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par TwiTwi, le 21 octobre 2009

    Absorbé conformément au mode d'emploi, Ubik procure un sommeil interrompu garanti sans torpeur matinale.
    Vous vous réveillerez frais et dispos, prêt à affronter tous vos problèmes.
    Ne pas dépasser la dose prescrite.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par TwiTwi, le 21 octobre 2009

    Mes cheveux sont secs et cassants, ils sont incoiffables.
    En pareil cas, que peut faire une femme ?
    C'est très simple : appliquez-leur la crème Ubik revitalisante.
    En cinq jours votre chevelure redeviendra soyeuse et robuste.
    Et pour vous coiffer la laque Ubik, utilisée selon le mode d'emploi, est absolument sans danger.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (15)

Videos de Philip K. Dick

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Philip K. Dick

Petite conférence de Jérémy Zucchi (www.jeremy-zucchi.com), futur auteur d'un essai sur l'esthétique des œuvres de l'écrivain de science-fiction Philip K. Dick. Avec Joris Mathieu, metteur en scène de la compagnie Haut et Court qui travaille sur une pièce qui évoque son œuvre. Les personnages, tels ceux du Maître du Haut-château, savent que leur monde doit s'écrouler, doit disparaître. Il sont dans l'attente d'une Apocalypse qui mènera à une Révélation divine qui ne vient pas, qui doit les mener vers l'authentique monde réel. J'évoque le délire mystique de Philip K. Dick dans les huit dernières années de sa vie. Je parle les trois types d'humains, tous malades psychologiquement, qui composent les univers de l'écrivain : schizoïdes, autistes et schizophrènes capables de percevoir la réalité et l'autre monde, ignorant celui qui est réel. Je conclue en parlant de la vision divine, l'épiphanie, et de l'espoir en une révélation du réel par la caméra. Filmé au théâtre de Vénissieux, le 15 avril 2011 4e partie








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Ubik par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (448)

> voir plus

Quiz

    Test Voight-Kampff

    Un collègue de travail vous apprend qu'il a malencontreusement écrasé un petit insecte. Quelle est votre réaction ?

    •   Vous êtes infiniment triste
    •   Bof,ce n'était qu'un insecte
    •   Vous compatissez, mais au fond, vous vous en fichez un peu
    •   Tant mieux ! Vous detestez ces petites bêtes

    6 questions - 98 lecteurs ont répondu
    Thème : Blade Runner de Philip K. Dick

    Créer un quiz sur ce livre.