ISBN : 2283021693
Éditeur : Buchet-Chastel (2008)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Avec un visage très commun, on court toujours le risque d'être confondu avec quelqu'un d'autre.
En général, la méprise apparaît rapidement et chacun s'excuse, penaud, de son erreur. Mais ce n'est pas le cas de cet homme qui finit par se laisser aller, résigné, à ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 01 octobre 2009

    LiliGalipette
    Sans cesse dans la rue, on le prend pour quelqu'un d'autre. Fatigué de démentir tous ceux qui croient reconnaître en lui un proche, il assume les identités qu'on lui prête. Il est le mari adultère qui rentre chez lui, il est le camarade de galère, il est le pensionnaire de la maison de retraite, il est la tête de turc d'une bande de brutes. le courrier qu'il reçoit ne lui est jamais adressé. Son existence lui échappe et il ne fait rien pour la retenir.
    C'est avec délice que j'ai plongé dans cet univers absurde. le personnage, sans nom, perd les contours de lui-même. "Je passe de longs moments face au miroir à essayer de comprendre d'où me vient ce sentiment. Je me dévisage, je me tâte du bout des doigts. Je tourne la tête, d'un côté et de l'autre, je m'observe du coin de l'oeil. Et plus, je me regarde, moins je me reconnais." (p. 51) Solitaire dans un monde qui lui refuse une place définitive, il ne maîtrise pas le développement paranoïaque de ses pensées. Tout est prétexte au délire de persécution. Dans sa solitude désabusée, il développe aussi des idées farfelues, absolument hilarantes. "J'ai pensé qu'en mettant bout à bout tous les lacets de son existence, que l'on nouerait ensemble de la première paire à la dernière, on devrait pouvoir mesurer la longueur de sa vie avec une certaine exactitude, en mètres, plutôt qu'en années, ce qui me semblait plus approprié. Et l'on serait sans doute bien étonné de voir combien ce long lacet, ainsi obtenu, serait court. Combien de mètres au juste pouvait-on espérer? En y réfléchissant davantage, j'ai bien été forcé d'admettre pourtant, que cette méthode avait ses limites et ne pouvait pas s'appliquer à tout le monde, et notamment à certains privilégiés qui possédaient, au cours de la même période, plusieurs paires de chaussures qu'ils portaient en alternance, selon les jours ou les saisonss, au gré de leurs envies. En mettant bout à bout toutes leurs paires de lacets, cela donnerait à croire, du coup, qu'ils ont vécu bien plus longtemps que ceux qui ne possédaient qu'une seule paire de chaussures à la fois, ce qui évidemment est absurde. [...] Tout au contraire, on pourrait déduire à tort, en examinant à la fin de ses jours le chapelet de lacets d'un unijambiste, que sa vie a été deux fois plus courte que celle de quelqu'un qui était en possession de ses deux jambes. Et l'on aurait vite fait de conclure que l'on vit deux fois moins longtemps avec une seule jambe qu'avec deux. Ce qui n'est évidemment pas le cas. Quoique... Je ne sais pas. Cela devient très compliqué. On ne s'en sort plus. Que penser alors du cas d'un unijambiste qui ne serait toujours chaussé que d'une pantoufle? Cela conduirait à croire qu'il n'a pas vécu, ce qui n'est pas défendable non plus. Sans parler du problème des femmes qui ne mettent que rarement des chaussures à lacets. Pourrait-on en déduire, pour autant, que les escarpins nuisent gravement à la santé?" (p. 35 et 36)
    Bémol tout de même, la chute est trop précipitée. Ca finit en eau-de-boudin... Dix pages de plus n'auraient pas desservi l'intrigue. le roman reste tout de même bien mené, à un bon rythme. Les chapitres s'enchaînent aisément, et les hiatus entre chacun sont des développement à eux seuls: cela témoigne bien du côté caméléon du personnage.
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    • Livres 3.00/5
    Par antigoneCH, le 08 novembre 2009

    antigoneCH
    Voici un titre qui était dans mes intentions de lecture (LAL pour les initiés) depuis fort longtemps. Je ne savais plus très bien où, ni pourquoi, je l'avais noté. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais y trouver.
    Il y a du Kafka dans le récit de Joël Egloff, ou le sentiment de croiser un personnage à la Sartre, errant dans les rues, les escaliers, vivant dans un monde un peu flou, proche de La nausée. Mais cette histoire de méprise, répétitive à l'excès, est à prendre largement au second degré, au risque d'être terriblement déçu par l'intrigue. L'homme que l'on prenait pour un autre est en fait une fable, au lecteur je suppose d'en comprendre la morale.
    Je me suis surprise à sourire à plusieurs reprises aux trouvailles verbales de l'auteur, aux quipropos rocambolesques des situations. A un moment seulement, j'ai eu le sentiment de retrouver les paroles d'un scketche de Bigard (celui qui parle d'une chauve souris intelligente, vous voyez), alors j'ai un peu tiqué, mais sans plus.
    Joël Egloff a un talent d'écriture certain. Cet exercice de style particulier qu'est ce roman en est la preuve. Il possède également un goût de l'ironie et de la loufoquerie assez délectable. Cette lecture est plaisante mais pas inoubliable, comme un goût de déjà-vu, ou de déjà lu.
    En fait, j'aimerais beaucoup lire "autre chose" de cet auteur...pour voir.

    Lien : http://antigonehc.canalblog.com/archives/2009/10/05/15296075.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Reka, le 30 septembre 2009

    Reka
    Le style de Joël Egloff est désopilant, absurde, fantasque, imprévisible. Ce roman est écrit sans fioritures, d'un trait spontané et inspiré. La plume de l'auteur m'a de temps en temps fait penser aux prises de parole du petit Oskar dans Extrêmement fort et incroyablement près de J. Safran Foer. Bref, vaguement rapproché de ce roman qui demeure jusqu'alors mon livre de chevet, L'homme que l'on prenait pour un autre avait de grandes chances de me plaire… Et c'est ce qui est arrivé.
    Ce roman est surprenant en ce sens qu'il développe un sujet plutôt triste et que rarement s'est effacé de mes lèvres ce sourire que j'ai esquissé dès les premières pages. A vrai dire, l'homme extériorise d'extravagantes divagations en continu, et c'est un vrai régal de lire autant de truismes qui sont lancés d'un air tellement naïf et farfelu. Ce livre est original et insolite. J'ai vraiment apprécié de suivre cet homme qui, bien que presque démuni d'identité, est truffé de singularités : l'étourderie, l'excentricité, le pacifisme et la docilité me l'ont rendu vraiment attachant.
    En bref, un roman absurde, désopilant, insolite et original.
    J'ai beaucoup aimé !

    Lien : http://marecages.be/?p=1385
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    • Livres 4.00/5
    Par Matavem, le 29 juin 2010

    Matavem
    Voici l'histoire d'un homme que l'on prenait sans cesse pour un autre et auquel il n'arrive que ce qui devrait arriver aux autres : les coups, les potes, l'amour, les enfants, le désamour, des problèmes de toutes sortes... le complexe de l'identité quasi refusée et la question de la responsabilité individuelle qui l'accompagne sont dans ce livre mis en scène de manière judicieuse et prégnante. Un très bon roman sur fond d'angoisse existentielle...
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 13 novembre 2010

    ChezLo
    Avec Joël Egloff on est vite conduit dans l'absurde, dans l'humour cynique, en compagnie de personnages improbables, qui portent en eux des symboles de solitude, de médiocrité, de néant... mais également de réalisme.
    Et puis ici, c'est assez dérangeant, il y a comme qui dirait une critique sous-jacente de la perte de nos identités, de l'inutilité de nos noms, patronymes, dans notre société, que personne n'est irremplaçable (comme on le répète souvent dans le monde professionnel surtout....), que l'un peut très bien être l'autre s'il accepte de remplir la fonction...
    J'avais beaucoup aimé L'étourdissement, j'ai moins aimé lire L'homme que l'on prenait pour un autre, ce n'est pas aussi emballant, peut-être par l'absence d'empathie que le personnage principal suscite chez le lecteur.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2010/09/lhomme-que-lon-prenait-pour..
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 13 novembre 2010

    Quelquefois, celui pour qui l'on me prend n'a pas l'air inintéressant, bien au contraire. J'aimerais mieux le connaître. J'y gagnerais peut-être même au change à être lui plutôt que moi, ne serait-ce qu'un instant. Et comme je n'ai pas le coeur à décevoir quelqu'un qui m'aborde avec tant de sympathie, que je ne me sens pas le droit de le priver du plaisir rare des retrouvailles, nous finissons ensemble, accoudés au bar du café le plus proche à nous raconter en détail ce que nous sommes devenus depuis que nous nous sommes soi-disant perdus de vue.
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  • Par liliba, le 23 octobre 2009

    « Il m'arrive de plus en plus souvent d'être pris pour un autre. Que des gens qui me croisent aient l'impression de m'avoir déjà vu quelque part, sans parvenir toujours à se souvenir dans quelle circonstance, à quelle occasion [...] Au bout d'un moment [...] je m'excuse platement de ne pas être la personne que l'on pensait que j'étais. »

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Video de Joël Egloff

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Vidéo de Joël Egloff

Entretien réalisé en décembre 2007 – Source : Auteurs TV








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