> Dany Filion (Traducteur)

ISBN : 287730227X
Éditeur : Editions Philippe Picquier (1998)


Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

De sa petite boîte en bois enterrée sous la fenêtre, Huitième Frère - mort prématurément à seize jours - observe et raconte les heurts et malheurs de sa famille. Et quelle famille ! Entassés à onze dans une mi... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 3.00/5
    Par Melopee, le 11 juin 2011

    Melopee
    Huitième Frère est le narrateur de ce récit original et dépaysant. En effet, notre petit héros est enterré sous le fenêtre car il est décédé à seize jours. C'est donc de son point de vue qui lui permet d'avoir "Une vue splendide" que nous suivons l'histoire de famille. Et ce n'est pas une famille ordinaire en comparaison des familles actuelles suivant la politique de l'enfant unique.
    Entassés à onze dans une toute petite cabane frémissant au rythme des trains qui passent à proximité, Tous les membres grandissent dans la misère et l'insécurité. le père, colosse docker et ivrogne fait régner la tyrannie, inculquant l'inculture, le vol et Tous ces préceptes honnis d'un autre temps. Nous nous immisçons dans les heurs et malheurs familiaux et sommes atterrés de constater que Septième Frère a été pris comme bouc émissaire. Paria du cercle, il vit sous le lit parental et se traine comme un chien nauséabond.
    Plus généralement, Tous les enfants - neuf au total - semblent pousser comme des mauvaises herbes et traversent la Révolution culturelle avec pour seul espoir de s'élever de cette si basse condition à laquelle ils sont réduits.
    Ce qui m'a profondément ému c'est cette vision de l'histoire par le petit dernier de la famille qui a traversé la vie comme une comète. On le sent compatissant et paisible, tout près, cloitré dans sa petite boîte. C'est ce franc-parler qui a fait sensation en Chine lors de la parution du livre en 1987 car, comme on dit, "la vérité sort de la bouche d'un enfant" et ce tout-petit qui n'a pas eu le temps d'apprendre les convenances et les jugements de valeur livre tout à trac.
    Qualifié comme le petit bout de fantôme, très présent pour le père qui ne s'est jamais remis de sa parte, le regard ingénu sur cette famille du Wuhan n'est pas sans nous rappeler Zola ou les Pieds Nickelés, car nous oscillons entre rire et larmes. Parce que le livre est d'une belle poésie et il semble plus s'apparenter à un joli conte qu'à un récit morbide sur la misère humaine.
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    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 10 février 2011

    chocobogirl
    Le petit Huitième, mort à 16 jours, a été enterré sous la fenêtre de la maison. Maison est un bien grand mot car il s'agit plus exactement d'une unique pièce de 13m², où s'entassent une famille chinoise de 11 personnes, frôlé toutes les 7 minutes par le train !
    C'est Petit Huitième qui nous raconte le quotidien de ses parents, frères et soeurs.
    Loin d'allier amour et protection, cette famille plongée dans la misère ne jure que par le chacun pour soi.
    Le père, docker bagarreur et alcoolique bat sa femme et s'acharne sur Septième frère, dernier né traité comme un chien et qui dort sous le lit parental, faute de place. La mère aguiche les voisins et considère qu'être battue est une soupape nécessaire pour son mari. Grand frère travaille la nuit pour pouvoir dormir le jour, toujours faute de place. Bref les enfants ne souhaiteront qu'une chose : quitter au plus vite ce lieu sordide.
    Vue par par l'innocence du regard du Petit Huitième, le portrait de cette famille est encore plus choquant. Aucun jugement de valeur n'est donné, au lecteur de se faire la sienne. Mais il n'est pas difficile de comprendre la cruauté des uns et des autres dans le luxe de détails offerts par l'auteur. La famille n'est qu'un cercle aléatoire de personnes. L'échec et le malheur leur ont fait oublier le sens des mots amour et famille. Fang Fang y dénonce aussi les conséquences du libéralisme : Il n'est pas anodin que le seul membre ayant "réussi" sa vie est celui qui aura écrasé tout le monde par rancoeur et qui aura su jouer de ses relations pour gagner de l'argent et un statut qu'il ne mérite pas.
    Fang Fang, auteur du courant réaliste chinois, nous donne ici un véritable documentaire sur la vie d'une famille ouvrière pauvre des années 60-70 par l'intermédiaire du regard d'un enfant nous rapportant les choses les plus crues, comme les plus violentes avec la candeur et l'inconséquence de son age.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-35594103.html
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Citations et extraits

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  • Par Melopee, le 11 juin 2011

    Un jour, il a planté quelques fleurs rouges dans la terre au-dessus de mon corps enseveli. Il a dit à Mère : c'est comme si le ptit Huitième avait des cheveux.
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  • Par Melopee, le 11 juin 2011

    Qui ont saisi les cinquante années qu'il lui restait, les ont transformées en volutes de fumée et, devant les yeux de sa bien-aimée, les ont laissées partir à la dérive, sans un bruit sans un souffle.
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  • Par Melopee, le 11 juin 2011

    Qu'est-ce que vous avez tous à rester pétrifiés sur place? N'ai-je pas une tête avec sept orifices comme la vôtre?" a dit Septième Frère.
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