Quête historique de l'origine d'une religion? Quête intérieure d'un sens à la croyance? Ce livre ouvre des hypothèses incertaines et des analogies sans doute partielles, qui interpellent. Première affirmation : Moïse était égyptien, et il a imposé à des étrangers, les Juifs, une religion alors interdite en Egypte, celle d'Akhenaton, première manifestation du monothéisme. Bien sûr, l'historien est perplexe. Admettons. Qu'est-ce que ça change? Ensuite, les Juifs se révoltent et ils tuent Moïse. L'évènement, ainsi que la religion du chef assassiné, sont refoulés pendant un certain temps pour réapparaître, modifiés, sous l'identité de Yahvé, un autre dieu, cruel, qui devient le protecteur et le punisseur du peuple juif.
Freud, pour expliquer tout cela, invoque bien sûr la psychanalyse, faisant sans cesse le va-et-vient discutable entre l'individu et la masse, et voit dans la vénération et la crainte d'un dieu unique le retour de celles du père primitif, pourtant assassiné, comme Moïse. Il voit aussi dans le Christianisme le sacrifice du fils assassin qui prend la place du père. Convainquant ? Impression de flottement, comme si tout cela pouvait en effet avoir quelque vraisemblance, mais comme si aussi tout cela errait dans le flou, théorie, à l'instar de la psychanalyse à la fois difficile à comprendre et sans autre base que les sables mouvants de l'inconscient, de l'histoire ancienne et des croyances religieuses.