> Claudine Gothot-Mersch (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070322092
Éditeur : Gallimard (1981)


Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Ce recueil de poèmes est une tentative de 'traiter sous forme restreinte de petits sujets'. La virtuosité de la langue et la recherche formelle, caractéristique du tenant de la doctrine de l'Art pour l'art, inspireront les Parnassiens. Ceux-ci feront du poème l'Art leur... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 29 février 2012

    A une robe rose.

    Que tu me plais dans cette robe
    Qui te déshabille si bien,
    Faisant jaillir ta gorge en globe,
    Montrant tout nu ton bras païen !

    Frêle comme une aile d'abeille,
    Frais comme un cœur de rose-thé,
    Son tissu, caresse vermeille,
    Voltige autour de ta beauté.

    De l'épiderme sur la soie
    Glissent des frissons argentés,
    Et l'étoffe à la chair renvoie
    Ses éclairs roses reflétés.

    D'où te vient cette robe étrange
    Qui semble faite de ta chair,
    Trame vivante qui mélange
    Avec ta peau son rose clair ?

    Est-ce à la rougeur de l'aurore,
    A la coquille de Vénus,
    Au bouton de sein près d'éclore,
    Que sont pris ces tons inconnus ?

    Ou bien l'étoffe est-elle teinte
    Dans les roses de ta pudeur ?
    Non ; vingt fois modelée et peinte,
    Ta forme connaît sa splendeur.

    Jetant le voile qui te pèse,
    Réalité que l'art rêva,
    Comme la princesse Borghèse
    Tu poserais pour Canova.

    Et ces plis roses sont les lèvres
    De mes désirs inapaisés,
    Mettant au corps dont tu les sèvres
    Une tunique de baisers.
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  • Par mandarine43, le 27 février 2012

    La rose-thé

    La plus délicate des roses
    Est, à coup sûr, la rose-thé.
    Son bouton aux feuilles mi-closes
    De carmin à peine est teinté.

    On dirait une rose blanche
    Qu'aurait fait rougir de pudeur,
    En la lutinant sur la branche,
    Un papillon trop plein d'ardeur.

    Son tissu rose et diaphane
    De la chair a le velouté ;
    Auprès, tout incarnat se fane
    Ou prend de la vulgarité.

    Comme un teint aristocratique
    Noircit les fronts bruns de soleil,
    De ses sœurs elle rend rustique
    Le coloris chaud et vermeil.

    Mais, si votre main qui s'en joue,
    A quelque bal, pour son parfum,
    La rapproche de votre joue,
    Son frais éclat devient commun.

    Il n'est pas de rose assez tendre
    Sur la palette du printemps,
    Madame, pour oser prétendre
    Lutter contre vos dix-sept ans.

    La peau vaut mieux que le pétale,
    Et le sang pur d'un noble cœur
    Qui sur la jeunesse s'étale,
    De tous les roses est vainqueur !
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  • Par Orphea, le 11 juillet 2010

    Dernier Vœu

    Voilà longtemps que je vous aime :
    — L’aveu remonte à dix-huit ans ! —
    Vous êtes rose, je suis blême ;
    J’ai les hivers, vous les printemps.

    Des lilas blancs de cimetière
    Près de mes tempes ont fleuri ;
    J’aurai bientôt la touffe entière
    Pour ombrager mon front flétri.

    Mon soleil pâli qui décline
    Va disparaître à l’horizon,
    Et sur la funèbre colline
    Je vois ma dernière maison.

    Oh ! que de votre lèvre il tombe
    Sur ma lèvre un tardif baiser,
    Pour que je puisse dans ma tombe,
    Le cœur tranquille, reposer !


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  • Par mandarine43, le 16 septembre 2011

    Premier sourire du printemps.

    Tandis qu’à leur oeuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.

    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    Il repasse des collerettes
    Et ciselle des boutons d’or.

    Dans le verger et dans la vigne,
    Il s’en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l’amandier.

    La nature au lit se repose ;
    Lui, descend au jardin désert
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.

    Tout en composant des solfèges,
    Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
    Il sème aux prés les perce-neiges
    Et les violettes aux bois.

    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l’oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d’argent du muguet.

    Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
    Il met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.

    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d’avril tournant la tête,
    Il dit : " Printemps, tu peux venir ! "
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  • Par mandarine43, le 28 février 2012

    Lied

    Au mois d'avril, la terre est rose
    Comme la jeunesse et l'amour ;
    Pucelle encore, à peine elle ose
    Payer le Printemps de retour.

    Au mois de juin, déjà plus pâle
    Et le cœur de désir troublé,
    Avec l’Été tout brun de hâle
    Elle se cache dans le blé.

    Au mois d'août, bacchante enivrée,
    Elle offre à l'Automne son sein,
    Et, roulant sur la peau tigrée,
    Fait jaillir le sang du raisin.

    En décembre, petite vieille,
    Par les frimas poudrée à blanc,
    Dans ses rêves elle réveille
    L’Hiver auprès d'elle ronflant.
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