ISBN : 2226193987
Éditeur : Albin Michel (2009)


Note moyenne : 3.22/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
En une semaine, Aurélien, un homme ordinaire, va progressivement disparaître. Il est de plus en plus hors champ, perdant jusqu'à sa voix, son odeur et son ombre. Au fur et à mesure de cette genèse à rebours, il sort aussi de la pensée et de la mémoire des autres, même d... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par LiliGalipette, le 26 février 2010

    LiliGalipette
    Roman de Sylvie Germain. Lettre G de mon Challenge ABC 2010.
    Une semaine suffit pour qu'Aurélien Szczyszczaj s'estompe et s'efface. Tout commence par "une légère impression d'estompage de sa silhouette, de ses traits" (p. 124), mais rapidement ses collègues, ses amis, sa mère, sa petite amie Clotilde, les passants, plus personne ne le voit, ne le sent ni ne se rappelle de lui. Progressivement, il échappe au monde, aux perceptions, il échappe à lui-même. Son reflet, son odeur et son ombre, les dernières traces de lui s'évanouissent. La panique s'empare de lui: "J'ai l'impression de m'effacer à leurs yeux, vais-je aussi m'effacer aux miens?" (p. 149), mais rien n'y fait, il disparaît dans l'indifférence générale. Subsiste de lui une légère sensation de malaise, à peine plus consistante qu'un courant d'air.
    "Hors champ" est un terme utilisé par le septième art pour désigner tout ce qui ne figure pas à l'écran, tout ce qui se trouve en dehors du cadre filmé par la caméra. Et c'est exactement le terme qui s'applique au roman de Sylvie Germain. Que ce soit Aurélien qui sort progressivement de l'image ou Aurélien qui semble surgir dans le cadre comme un diable hors de sa boîte, le Hors champ guette le lecteur à chaque page, notamment avec les références artistiques qui entraînent ailleurs le regard et l'attention. L'espace d'un instant, nous aussi lecteurs, nous oublions Aurélien pour regarder L'origine du monde de Gustave Courbet, lire quelques lignes de Robert Grenier, saisir quelques images de La vie de belle de Frank Capra ou quelques notes polyphonique du Harry Lime Theme dans le film le troisième homme. Les yeux remplis d'ailleurs, nous retrouvons alors Aurélien, un peu plus flou que la minute d'avant.
    Hors champ, c'est comme ça que commence l'histoire personnelle d'Aurélien. D'un père qui n'a jamais croisé son chemin, il ne connaît que le récit fantasmé d'une rencontre fulgurante dans un buisson parfumé avec celle qui est devenue sa mère. Son patronyme imprononçable, bien que très rapidement remplacé par celui de son père adoptif, le place dans le monde de l'indicible, du non formulé. Avant même de venir au monde, il en était déjà retranché. le début du texte m'a fait penser aux premières lignes de La métamorphose de Franz Kafka. Dès l'ouverture, le personnage sait qu'il a changé, sent que la transformation, en plus d'être inopportune, est inhabituelle.
    J'ai été touchée par une réflexion sur la place du lecteur: "Un lecteur, si vraiment il s'engage dans sa lecture, devient un personnage lié au roman qu'il lit puisqu'il entre à son tour dans l'histoire et refait, à sa façon, tout le parcours du texte. Mais ce personnage échappe totalement au pouvoir, à la volonté, à l'imagination de l'auteur du livre dont il n'est pas une "création", mais un invité. Un drôle d'invité, anonyme, venu on ne sait d'où, qui arrive à l'improviste et sort quand ça lui chante de l'espace du livre, sans souci de ponctualité, de la moindre convenance, qui s'y attarde ou le traverse à toute allure, riant, bâillant d'ennui, râlant, applaudissant ou se moquant, selon son humeur, sa sensibilité, ses intérêts. Les grands romans grouillent ainsi d'hôtes anonymes qui fouillent dans les coins, dérobent par-ci par-là une poignée de mots, une ou deux idées quelques images qu'ils utilisent ensuite dans leur vie. [...] Je suis un personnage composite, de plus en plus arlequiné au fur et à mesure que je lis, arpente, explore de nouveaux livres (ou vois de nouveaux films), et qu'au passage je chaparde tel ou tel élément, aussi minime soit-il. Misère qu'un roman où l'on ne trouve rien à voler. [...] Je suis un personnage inconnu, inachevé, en évolution, ou plutôt en altération constante: métamorphose, anamorphose, paramorphose, tératomorphose, hagiomorphose, patamorphose ... un arlequin en expansion et vibrations contenues, un transmutant incognito. Un simple lecteur." (p. 25 et 26) Ne cherchez pas la définition des quatre mots formés autour du terme [morphose], c'est du pur Sylvie Germain!
    Le roman dans son ensemble me laisse une impression mitigée. le malaise d'Aurélien est palpable, mais intelligemment rendu inintelligible par l'usage d'une narration à la troisième personne. le texte se lit vite et se fait rapidement captivant, mais je n'y ai pas retrouvé le souffle puissant et envoûtant qui m'avait saisie à la lecture du Livre des nuits, de la même auteure. le texte flirte avec le fantastique et l'allégorique: si Aurélien disparaît physiquement, si son corps perd sa substance, il est clair que cela a avant tout un sens plus profond. Malheureusement, il me semble qu'il manque une marche ou une étape pour accéder pleinement au contenu allégorique. Je n'ai pas réussi à dépasser la surface des choses. Je sors de cette lecture plutôt frustrée, comme si l'essentiel m'avait été soustrait malgré mes efforts pour l'attraper, comme quand on cherche à retrouver un rêve qui persiste à nous échapper.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2010/02/25/17004502.html
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    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 08 novembre 2011

    meyeleb
    Moins poétique que d'autres de ses romans, Hors champ nous invite à réfléchir à la place que nous occupons dans la société. le personnage d'Aurélien prend peu à peu conscience qu'il s'efface : dans les yeux, les sens, la mémoire des autres. Terrible solitude que la sienne, lorsqu'il ne capte plus l'attention de celle qu'il aime, quand sa mère va jusqu'à l'ignorer, quand son chien même ne lui fait plus de joie. Il entre dans l'oubli, une sorte de mort progressive et consciente qui le confronte à sa finitude.
    La réflexion que soulève ce récit m'interpelle. Qui sommes-nous, en effet, aux yeux des autres ? En retour, quelle attention apportons-nous à notre entourage ? Savons-nous donner de vrais regards, consacrer du "vrai" temps aux autres ? Ou bien sommes-nous dans ce flou constant des apparences sociales qui font qu'on joue à regarder l'autre plus qu'on ne le regarde vraiment ? Au fond ne sommes-nous pas des "personnages" qui vivent le temps d'une lecture, puis entrent dans l'oubli ? Autant de réflexions qui m'animent et me font apprécier Hors-champ.
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    • Livres 3.00/5
    Par migo, le 10 mars 2011

    migo
    Tout est symbole chez Sylvie Germain. Ses livres précédents m'ont habituée à ce mélange de réalisme poétique et d'allégories puisées souvent dans l'inconscient.
    Celui-ci ne déroge pas à la règle mais je n'y ai pas ressenti cette plénitude du"Livre des nuits" ou de "L'enfant méduse"
    Question angoissante chez le héros du livre : Suis je encore au domaine des vivants ? Petit à petit, son environnement (même son amie ou sa mère) le tient éloigné de leurs préoccupations.
    Il n'a plus sa "place" et ceci au sens figuré comme au sens propre, parmi eux.
    Cela comence par un léger floutage de sa personne, puis petit à petit il disparait..
    Je n'ai pas été passionnée, à peine touchée par ce personnage qui ressent la solitude de + en + pesante, mais j'ai trouvé dans ce thème, une asses bonne réalité puisée dans notre société qui passe à côté des gens sans les voir.
    Livre à lire - sans plus
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    • Livres 3.00/5
    Par AnisLitterama, le 23 janvier 2011

    AnisLitterama
    Un homme ordinaire, Aurélien, va peu à peu disparaître de la vie des autres et de la sienne. Il devient « Hors champ », comme si de cette comédie qu'est la vie, il était exclu à tout jamais. C'est d'abord par d'imperceptibles détails qu'il prend conscience de ce phénomène : on lui marche sur les pieds, on le bouscule, on ne lui répond pas lorsqu'il pose une question. Mais jusqu'où ira cet effacement progressif de tout son être ?
    Cette histoire en rappelle une autre : tirée du roman de Richard Matheson, et adaptée au cinéma par Jack Arnold, « L'homme qui rétrécit », à cause d'une irradiation, se met à rapetisser chaque jour davantage. La question qui tient en haleine le spectateur est de savoir jusqu'où ira ce processus, s'il est réversible et si le héros va retrouver une vie normale .
    Il en va de même avec le personnage de Sylvie germain, on se demande ...(cliquez sur le lien)


    Lien : http://www.litterama.fr/article-hors-champ-de-sylvie-germain-6005684..
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  • Par charlottelit, le 22 septembre 2011

    charlottelit
    aucun intérêt. ennui profond. effort pour lire jusqu'à la page 50
    mais non vraiment : écriture banale, pas d'histoire, une horreur.
    albin michel s'est fourvoyé.
    où est l'onglet : NE PAS LIRE ??
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Citations et extraits

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  • Par migo, le 10 mars 2011

    Il appuie sur la sonnette de tout son poids. Aucun son. Il frappe à coups redoublés contre la porte, en vain. Il n'a plus d'emprises sur les choses. Si encore, dans son malheur, il avait acquis la fluidité d'un passe muraille; il n'en est rien, son corps, bien qu'invisible, reste une masse. Il crie, il hurle son nom. ses tempes lui cuisent, mais sa voix reste inaudible à tout autre que lui. A nouveau, il s'inspecte, se palpe. Il se pince jusqu'à se faire mal. son corps est d'une sensiblilité accrue. "Non, se dit-il, je vais me réveiller..ou bien, ce sont les autres peut-être qui ont perdu le contact avec le réel? Qui donc s'est altéré à son insu, eux ou moi?
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  • Par Persepolis, le 21 octobre 2011

    Le lecteur, si vraiment il s'engage dans sa lecture, devient un personnage lié au roman qu'il lit puisqu'il entre à son tour dans l'histoire et refait, à sa façon, tout le parcours du texte. Mais ce personnage échappe totalement au pouvoir, à la volonté, à l'imagination de l'auteur du livre dont il n'est pas une "création", mais un invité. Un drôle d'invité, anonyme, venu on ne sait d'où, qui arrive à l'improviste et sort quand ça lui chante de l'espace du livre, sans souci de ponctualité, de la moindre convenance, qui s'y attarde ou le traverse à toute allure, riant, bâillant d'ennui, râlant, applaudissant ou se moquant, selon son humeur, sa sensibilité, ses intérêts.
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  • Par Persepolis, le 21 octobre 2011

    Je suis un personnage inconnu, inachevé, en évolution, ou plutôt en altération constante: métamorphose, anamorphose, paramorphose, tératomorphose, hagiomorphose, patamorphose... un arlequin en expansion et vibration continues, un transmutant incognito. Un simple lecteur.
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Vidéo de Sylvie Germain

Rendez-vous nomades de Sylvie Germain .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/rendez-vous-nomades-de-sylvie-germain-368.htmlComment et pourquoi devient-on ce que l'on est ? Croyant ou non, quelle est la place de Dieu dans nos vies ? Et quel rôle peut jouer le livre, l'écrit dans nos existences. Autant de réflexions que nous livre Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades ».Après « Le livre des nuits », « Magnus » ou « L'inaperçu », retrouvez la poésie d'écriture de Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades », un essai publié chez Albin Michel.Sylvie Germain est sur WTC.








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