> Jerzy Lisowski (Traducteur)

ISBN : 2070393895
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.75/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
« Encore une remarque, même si elle me fait soupçonner de mégalomanie. Et si La pornographie était une tentative pour renouveler l'érotisme polonais ?... Une tentative pour retrouver un érotisme qui correspondrait davantage à notre sort et à notre histoire récente - fai... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par lethee, le 04 mars 2009

    lethee
    Witold Gombrowicz fait partie de ces auteurs Galonnés que la plupart d'entre nous connaît de nom sans avoir véritablement approché sa littérature. Avec Faulkner, Dostoïevski, Cioran, Musil, il fait partie de ces monuments de la littérature qui font référence mais que nous hésitons à lire parce que justement, la référence fait peur. Il y a une connotation « Classique », un à priori lié certainement parfois au manque de confiance qui nous habite, mais aussi un aspect « sacré » dont nous avons beaucoup de mal à nous emparer.
    Witold Gombrowicz a inspiré bon nombre d'auteurs bien connus, et parmi eux, Milan Kundera. Ce dernier citait bien volontiers et pêle-mêle Tandis que j'agonise, de Faulkner, Ferdydurke de Gombrowicz et L'homme sans qualités de Musil comme ses trois ouvrages fondateurs. Tout un programme à priori apparenté à l'Ulysse de Joyce, La recherche de Proust… J'ai pour ma part tenté un jour de lire celui de Joyce, j'ai cru que j'allais m'évanouir tellement mon cerveau avait de mal à établir des connections entre ce que je lisais et ce que cela signifiait. Hum. Je n'étais peut-être pas dans de bonnes conditions. Proust, pour le moment, je n'ai lu que le premier tome. Les autres m'attendent… mais ils ne sont pas perdus, ils ne sont jamais loin de moi. Lol.
    Revenons à ce cher Witold. Je viens d'achever la lecture de La Pornographie. Un collègue assez porté sur les allusions sexuelles me faisait remarquer, en lisant le titre de l'ouvrage, que je n'avais pas une tête à lire des cochonneries. Pfff… Mais il ne s'agit pas d'un ouvrage pornographique !!! ou…. Ou alors il s'agit d'une pornographie autrement plus intellectuelle que ces vilains jeux de quilles que nous téléchargeons par erreur lorsque nous recherchons le bon vieux Blanche neige de Walt Disney.
    Witold Gombrowicz est né en 1904 en Pologne. Il était donc Polonais, mais aimait bien notre pays, où il est mort (à Nice) en 1969. Hum. Il publie en France Mémoires du temps de l'immaturité et Ferdydurke. La Pornographie est publié en 1960. Gombrowicz s'intéresse à la Philosophie (L'existentialisme), les rapports entre les personnes (qu'il développe et étudie dans ses œuvres) et cultive l'anti-nationalisme. Hum. Mais parlons du roman :
    Witold, le personnage (l'auteur joue ici son rôle) fait la connaissance de Frédéric. Ensemble, ils vont faire la connaissance de deux jeunes gens : la fille d'un ami, Hénia, qui est déjà promise à un avocat mature, Albert. Puis il y a l'aide du père d'Hénia, Karol. Ces deux jeunes gens sont environ du même âge, et dès que Frédéric et Witold les rencontrent (précisons que Witold et Frédéric, deux hommes d'âge mûr, ne se connaissent pas plus que ça), ils éveillent chez leurs ainés un curieux désir : celui de les voir s'accoupler. Bon. Expliquons.
    Nous avons deux nuques aussi juvéniles et lisses l'une que l'autre. Deux jeunes gens, auxquelles elles appartiennent, qui sont aussi espiègles l'un que l'autre. Et à côté, nous avons deux pervers intellectuels qui s'ennuient visiblement et sont habités par la même obsession. Les deux jeunes gens finissent par se rendre compte de l'excitation des deux matures (le sont-ils vraiment, matures, ces deux-la ?) et entrent dans le jeu : ainsi, ils flirtent volontiers avec eux en se prêtant à des mises en scène somme toute très chastes (écraser un ver de terre unique en même temps, avec leurs deux pieds réunis sur le ver de terre…, se vautrer dans l'herbe, sans se toucher, mais en prenant soin de dénuder chacun une jambe…), des mises en scène donc auxquelles les deux hommes assistent mi-voyeurs, mi-falsificateurs.
    Mais ces quatre personnages ne sont pas seuls, et bientôt, ils vont se retrouver dans un théâtre plus… sanglant, bien malgré eux au départ. Cependant, Frédéric est là pour veiller à la maîtrise de l'œuvre !
    L'écriture de Gombrowicz rappelle le burlesque de Diderot, dans Jacques le Fataliste, l'absurde de Kafka, et la précision des auteurs du XIXème siècle. Witold (le narrateur) semble aussi perdu que K dans Le Procès. Frédéric est aussi hilarant que le Jacques de Diderot. Certaines scènes familiales sont dignes d'un Balzac.
    Enfin, si vous vous attendez à lire un livre ennuyeux, trop intello, difficile à lire : vous vous trompez. Il se lit remarquablement vite et bien. L'auteur offre une aisance de lecture parfaite étant donné les relations plutôt… complexes qui sont établies entre les personnages. Ma scène préférée ?....
    … celle du ver de terre bien sûr !


    Lien : http://lethee.over-blog.com/article-27276791.html
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    • Livres 3.00/5
    Par zohar, le 17 février 2011

    zohar
    La précédente critique par Lethee est très bien écrite, argumentée et enrichissante ( pour qui veut commencer à lire Gombrowicz ).
    Pour ma part, j'aimerais axer ma critique davantage sur " La Pornographie ".
    Gombrowicz traite souvent les problèmes existentiels de façon légère mais c'est par pure provocation, donc souvent mal compris.
    Le titre peut, déjà en lui-même, être mal interprété. Or, l'essence du roman est simplement qu'un fou, dans le désordre de la dernière guerre mondiale, pousse des êtres pieux et raisonnables à se livrer à tous leurs instincts.
    L'érotisme est au centre de cette oeuvre, un érotisme parent de celui de Georges Bataille : introduire le sacré dans les débordements charnels !
    Ce livre traite deux thèmes chers à Gombrowicz : la forme comme seule réalité de notre existence et l'immaturité ( qui crée un climat de désordre, de cruauté, et de mesquinerie entre les hommes... )
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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 30 janvier 2012

    Il avait quelque chose en commun avec le fer. Avec une sangle de cuir, un arbre fraîchement coupé. Au premier coup d’œil, tout à fait ordinaire, tranquille et amical, obéissant et même empressé. Déchiré entre l'enfant en lui et l'homme adulte (ce qui le faisait à la fois innocemment naïf et impitoyablement expérimenté), il n'était cependant ni l'un ni l'autre, mais comme un troisième terme, il était la jeunesse, violente en lui et déchaînée, qui le livrait à la cruauté, à la contrainte et à l'obéissance et le rejetait dans l'esclavage et l'humiliation. Inférieur, car jeune. Imparfait, car jeune. Sensuel, car jeune. Charnel, car jeune. Destructeur, car jeune. Et dans sa jeunesse - méprisable.
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  • Par mandarine43, le 31 juillet 2011

    [ Incipit ]

    I

    Je vous conterai une autre de mes aventures et, sans doute, la plus fatale.

    En ce temps-là, c'était en 1943, je séjournai dans l'ex-Pologne et dans l'ex-Varsovie, tout au fond du fait accompli. En silence. Le groupe ravagé de mes vieux compagnons et amis des ex-cafés Le Zodiaque, Ziemianska, Ips, se donnait rendez-vous tous les mardis dans un petit appartement de la rue Krucza et là, tout en buvant sec, nous essayions de continuer d'être des artistes, des écrivains, des penseurs... en reprenant nos anciennes conversations, nos ex-débats sur l'art... Je les revois encore assis ou bien étendus sur les divans dans la fumée épaisse, celui-ci un rien squelettique, cet autre un peu abîmé, mais tous criant et braillant. L'un criait : Dieu, un autre : l'art, un troisième : le peuple, le prolétariat, et nous discutions à perdre haleine et cela durait, durait - Dieu, l'art, le peuple, le prolétariat - mais un jour arriva un homme de trente à quarante ans, noir, sec, au nez aquilin, et il se présenta à chacun selon toutes les formalités d'usage. Après quoi, il n'ouvrit presque plus la bouche.
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  • Par mandarine43, le 31 janvier 2012

    Je restai seul, désillusionné, comme il arrive chaque fois que quelque chose se réalise - car la réalisation est toujours trouble, insuffisamment précise, privée de la grandeur et de la pureté du projet. Ayant rempli ma tâche je me sentais soudain inutile - que faire ? - vidé littéralement par l'événement dont j'avais accouché.
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  • Par mandarine43, le 01 février 2012

    Cet être périmé qui n'était qu'une mère et rien qu'une mère me regarda avec ses yeux noyés dans le plus-que-parfait et s'éloigna avec la dévotion pour la Mère - je savais que nous ne risquions pas d'être dérangés par elle en rien. Etant essentiellement mère, elle ne pouvait plus rien accomplir au présent. Dansèrent, pendant qu'elle s'éloignait, ses anciens appas.
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