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> Jean-Pierre Carasso (Traducteur)

ISBN : 2702138012
Éditeur : Calmann-Lévy (2007)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 132 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quand la police de l'Ohio arrête l'auteur présumé de trois, voire quatre viols de jeunes femmes, elle croit tenir un cas facile : les victimes reconnaissent formellement le coupable, et celui-ci possède chez lui la totalité de ce qui leur a été volé. Pourtant, ce dernie... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    he Minds of Billy Milligan
    Traduction : Jean-Pierre Carasso
    Le 26 octobre 1977, à 9 heures du soir, une escouade de policiers fait irruption au domicile de William Stanley Milligan, 5673, Old Livingstone Avenue,à Reynoldsburgh, dans l'Ohio. Motif de l'arrestation : vol et viol sur au moins deux femmes. Milligan, un jeune homme qui paraît complètement à côté de la plaque bien qu'il n'ait apparemment consommé aucune substance illicite ou pas, non seulement nie les faits mais en plus affirme ne rien se rappeler. Très vite, les enquêteurs appelés à se pencher sur son cas vont se rendre compte qu'ils sont en présence d'un criminel vraiment très, très bizarre.
    A ce jour et bien que l'abrutissement administratif le maintienne enfermé dans une prison non médicalisée, Billy Milligan représente un cas tout à fait singulier dans les annales criminelles des USA - et peut-être de la planète. Daniel Keyes, par ailleurs auteur du superbe "Des fleurs pour algernon", s'est penché sur lui et nous relate ici, en quatre-cent-soixante pages, non seulement ses doutes et ses étonnements personnels mais aussi le long et terrible cheminement intérieur de Billy Milligan.
    A ce jour, vingt-quatre "personnalités" ont été recensées, animant le corps de Billy au mieux de ses intérêts. Parmi elles, trois sont féminines : Christine, fixée à l'âge de 3 ans, et Aladama et April, fixées toutes deux à l'âge de 19 ans. Toutes les autres sont masculines et leur âge de fixation va de 4 à 26 ans. Toujours sur l'ensemble, seules dix d'entre elles étaient connues à la date du procès. Treize autres se sont "révélées" depuis lors - même si l'existence de certaines d'entre elles était suspectée par les psys. La personnalité qu'on peut dire "mère", la personnalité non-fusionnée, la primitive, est la seule à pouvoir répondre vraiment au nom de Billy. Au-dessus de toutes, y compris des plus douées, plane celle, omnipotente, du Professeur. du même âge que "Billy" exactement, le Professeur se présente comme la fusion des 23 personnalités, qu'il appelle "les androïdes que j'ai fabriqués." Comme l'indique Keyes à la fin du livre, "sans le Professeur, cet ouvrage n'aurait pas pu être écrit."
    A la base de cette floraison de personnalités, dont beaucoup sont brillantes, voire très brillantes : une enfance malheureuse, soumise aux brutalités en tous genres (y compris sexuelles) d'un parâtre ET un tempérament d'enfant vraisemblablement plus doué que la moyenne. Tout cela allié à une sensibilité peu ordinaire.
    A l'épilogue, que l'on espère provisoire : une vie sabotée.
    Le lecteur a deux possibilités : il adhère ou il rejette. S'il s'est déjà intéressé aux personnalités multiples, il sera sans doute séduit car l'affaire Milligan est vraiment emblématique de ce trouble psychique. Si c'est la première fois qu'il lit un ouvrage traitant de la question, il risque par contre de se sentir dépassé par cette succession de faits et de dialogues intérieurs entre les différentes personnalités. Il aura alors l'impression qu'on cherche à le tromper et il arrêtera sa lecture en refusant qu'on le prenne plus longtemps pour un pigeon. A moins qu'il ne poursuive jusqu'au bout tout en étant d'ores et déjà persuadé que Billy Milligan n'est qu'un simulateur - génial, soit, mais simulateur avant tout.
    Peut-être - c'est le seul reproche que je ferai à ce livre - peut-être la méthode choisie par Keyes pour retracer le parcours de Billy n'est-elle pas la meilleure. Keyes - qui a évidemment approché Milligan de très près - partait convaincu d'office, parce qu'il avait vu et entendu. En foi de quoi, il introduit tout naturellement son lecteur, prévenu ou pas, dans les "cerveaux" des différentes "personnalités" (notamment Arthur et Ragen) discourant entre elles de la meilleure façon de protéger Billy. (Car - et cela reste logique si l'on considère que ces personnalités ne sont en fait que les mille-et-une facettes éclatées de la personnalité originelle - si l'on excepte un ou deux "indésirables" qui agissent sans réfléchir à ce dont demain sera fait, la grosse majorité de ces "invités" de Billy n'ont qu'un but : le protéger, l'empêcher de souffrir.) Pour ce faire, Keyes ne dispose bien entendu que d'un dialogue tout ce qu'il y a de plus banal et naturel, qui déconcerte bigrement, je puis vous l'assurer. ;o)
    Toutefois, si l'on fait abstraction de ce défaut de composition (j'écris "défaut" tout en me demandant de quelle autre manière Keyes aurait pu s'en sortir, à moins de sombrer dans la manière romanesque, ce qui aurait présenté d'autres inconvénients), "Les mille et une vies de Billy Milligan" reste un ouvrage passionnant dont la fin - hélas ! bien prévisible - a quelque chose de poignant et de déchirant.
    A lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par jeandubus, le 21 août 2014

    jeandubus
    Les mille et une vies de Billy Milligan.
    Resté cinq ans en souffrance dans mes étagères ce livre aura attendu de toute façon 28 ans pour être traduit en français. La découverte en est d'autant plus intéressante que Billy avait 26 ans en 1981 et que le profond trouble psychologique qui l'affecte suite à une enfance violente et violée se traduit dans sa vie courante par une dissociation des 24 personnages qui l'habitent tantôt raisonnables, tantôt violents de tous âges et de tous sexes.
    Accusé de viols alors qu'il est âgé de vingt et un ans, seule une partie de lui-même reconnait une partie des faits. Ce qui le conduit dans son intégrité à la prison et devant les juges. de grands psychiatres se penchent sur ce cas de « personnalité multiple » et réussissent à convaincre le tribunal d'acquitter l'accusé pour cause d'irresponsabilité et de le diriger vers un service approprié.
    Les progrès sont là et Billy passe de la multiplicité à la fusion, proche de retrouver un équilibre. C'est sans compter avec les politiques aidés des journalistes qui réclament une vengeance exemplaire et la peine qui va avec. C'est la lutte de l'obscurantisme moderne contre la raison. Et bien entendu c'est le côté obscur de la force qui tente de l'emporter en flattant les bas morceaux de la populace.
    On est dans l'Ohio, mais on pourrait être à Hennin Beaumont.
    Billy Milligan a existé et existe encore faute d'en savoir d'avantage (Si c'est le cas il a 59 ans aujourd'hui). Pendant son stage en HP il a participé à de nombreux entretiens avec l'auteur (avec lequel il cosigne la première édition) qui relate avec une belle précision et un don de persuasion incroyable les divers états par lesquels passe ce pauvre Billy, balloté entre une grande intelligence et la trouille d'aller en tôle.
    Daniel Keyes nous tient pendant plus de 600 pages et nous fait partager l'intimité psychologique du personnage dans toutes les situations. Bien qu'il n'en soit pas convaincu, il laisse même place au doute quant à la possibilité d'une simulation de la part de Billy. Mais c'est tellement improbable…
    Il y a une suite à cette histoire qui s'intitule en français « Les mille et une guerres de Billy Milligan » qui serait selon la pub, « interdit(e) aux Etats Unis ». J'espère la trouver quelque part.
    Quant au titre français il me semble un peu éloigné du titre original « the minds of Billy Mulligan » et qui laisse penser qu'il s'agit d'un récit truculent, voire jubilatoire (pour les lectrices de Elle) ce qui n'est pas le cas. Il s'agit d'un livre sérieux et grave qu'aucune tentative commerciale ne saurait promouvoir.
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    • Livres 3.00/5
    Par Philemont, le 21 décembre 2012

    Philemont
    Sur Les mille et une vies de Billy Milligan...
    Daniel KEYES est un auteur américain peu prolixe. Il bénéficie pourtant d'une renommée internationale grâce à son roman Des fleurs pour Algernon publié en 1966 aux Etats-Unis, en 1972 en France. Une autre de ses oeuvres était parvenue jusqu'à nous en 1982 grâce aux défuntes éditions Balland : Billy Milligan - L'homme aux 24 personnalités. Epuisée depuis longtemps, Calmann-Lévy la réédite aujourd'hui, dans sa collection Interstices, sous le titre Les mille et une vies de Billy Milligan.
    Les mille et une vies de Billy Milligan n'est pas une fiction mais raconte l'histoire véridique de William Stanley Milligan à partir du moment où il est arrêté pour viols en 1977 et que l'on découvre qu'il possède une personnalité multiple. La justice laisse alors rapidement la place à la psychiatrie, et bientôt à la presse, et même à un "auteur" que l'on sait être Daniel KEYES lui-même…
    Le roman prend la forme d'un journal circonstancié des évènements avec pour toile de fond la vie de Milligan telle que reconstituée par les différents protagonistes qui l'entourent dès que l'affection psychologique est détectée. le travail est d'ailleurs éminemment complexe puisque pas moins de 24 personnalités cohabitent dans un unique corps, chacune intervenant plus ou moins aléatoirement, ou consécutivement à un choc plus ou moins violent. La difficulté pour le quotidien de Billy Milligan est que chaque personnalité n'a aucune conscience des actes commis par celle qui l'a précédée. Ainsi les viols à l'origine de l'arrestation de Milligan ont-ils bel et bien été commis mais niés, à juste titre, par une majorité des personnalités occupant son esprit.
    La véracité des faits narrés dans Les mille et une vies de Billy Milligan rend l'oeuvre a priori très différente de l'opus le plus connu de Daniel KEYES. Pourtant on y détecte dès les premières pages le même intérêt pour l'univers médical et son interaction, pas forcément bénéfique, avec l'être humain. La méthode est également similaire puisque l'auteur s'efforce de ne pas juger, mais montre sans complaisance des faits qu'il est difficile de discuter sans une connaissance pointue du dossier, ce que le commun des lecteurs serait bien en peine d'acquérir. le résultat est enfin comparable à celui obtenu avec Des fleurs pour Algernon : un roman d'une rare sensibilité et parfaitement construit en dépit de la complexité du personnage faisant l'objet de toutes les attentions.
    Pour toutes ces raisons, Les mille et une vies de Billy Milligan est une oeuvre fascinante qui confirme, certainement trop tardivement, que Daniel KEYES est un auteur exceptionnel.
    Sur Les mille et une guerres de Billy Milligan...
    Suite directe des Mille et une vies de Billy Milligan, Les mille et une guerres de Billy Milligan démarre là où le premier opus s'était achevé : sur le transfert, en octobre 1979, du principal protagoniste dans l'hôpital d'Etat de Lima, dans l'Ohio, où les conditions d'incarcération sont telles que l'établissement est parfois surnommé « l'hôpital de l'enfer ». Démarre alors un rapport circonstancié de la vie de Billy Milligan dans cet établissement, des violences qui lui sont faites, des injustices dont il est la victime, de l'absence de soins adaptés à son état psychologique. Mais Billy se bat avec l'aide d'une poignée de médecins et d'avocats, ce qui le conduit à des transferts d'hôpitaux en hôpitaux jusqu'à sa libération, et sa guérison partielle, en 1991.
    Avec ce deuxième roman consacré à William Stanley Milligan, Daniel KEYES adopte donc la même méthode que dans le premier volume. Il s'agit d'un véritable journal relatant la lutte d'un homme contre un système qui ne le comprend pas, et qui ne le souhaite d'ailleurs pas. Selon ce système, la folie ne peut être traitée que cliniquement à l'aide de médicaments abrutissants ; il ne faut en aucun cas la laisser s'exprimer, sous peine de devoir gérer des situations dangereuses auxquelles la seule réponse possible est le châtiment. C'est ce que s'attache à montrer et dénoncer l'auteur à l'aide d'une prose méthodique et précise, presque froide.
    On touche ici à la différence de ton entre les deux volumes du diptyque. En effet, Les mille et une guerres est moins émouvant que Les mille et une vies de Billy Milligan du fait que l'auteur ne revient quasiment jamais sur le passé de son personnage, ce qui donnait une grande force émotionnelle au premier récit. On peut aussi s'interroger sur la parfaite objectivité de l'auteur qui, avec les années, est devenu un ami proche de Billy.
    Il n'en reste pas moins que le personnage est singulier et que son mode d'incarcération est terrifiant. Pour le faire ressentir aux lecteurs la prose de Daniel KEYES est parfaitement efficace.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gusseuh, le 17 avril 2010

    Gusseuh
    Ce n'est certes pas un hasard si le fameux Billy a un jour décidé de faire raconter sa (ses ?) vie par le grand Daniel Keyes. D'une part, toutes les personnalités de Billy sont d'accord sur le fait que "Des fleurs pour algernon" est un chef d'œuvre, sensible et profondément attaché à l'humain. D'autre part, comment un auteur aussi humaniste aurait pu refuser une telle demande, venant d'un personnage qui défrayait les chroniques les plus sordides, à l'époque ?
    Car Billy Milligan est schizophrène. Un pur et dur, comme ceux des films (dans la vraie vie, ils sont très rarement atteints par un mal aussi violent), avec un nombre inconcevable de personnalités multiples (24), une sensibilité exacerbée, et surtout quelques méfaits à son actif dont seules quelques personnalités étaient au courant.
    Bref, un joli capharnaüm, qui le traine de force à la lumière des médias et des tribunaux, et le déshumanise face à ceux qu'il considère rapidement comme ses agresseurs...
    Keyes décrit ici la lente progression de son état psychologique, avec les personnalités qui se dévoilent une par une, expliquant leur origine (traumatisme, peur...) et leur rôle dans la survie de leur "hôte". Il décrit comment Billy tente, peu à peu, de fusionner ses multiples personnalités en acceptant la confrontation au regard des autres.
    Mais nous ne sommes pas dans un roman.
    Il n'y a pas de fin heureuse.
    Il n'y a d'ailleurs pas réellement de fin, à proprement parler.
    Billy Milligan est un livre ouvert, dont la vie égrène les pages.
    Et le roman biographique qu'en a tiré Daniel Keyes est, une fois encore, un chef d'œuvre d'intelligence, de délicatesse et d'humilité, acceptant le risque d'être victime de son empathie, acceptant le risque d'être simplement face à un escroc de génie.
    Et, quel que soit le jugement du lecteur, le personnage que l'on a sous les yeux est fascinant.
    Un ouvrage monumental.
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    • Livres 3.00/5
    Par TwiTwi, le 28 décembre 2009

    TwiTwi
    L'auteur nous compte l'histoire, basée sur des faits réels, de Billy Milligan. Billy Milligan est un homme accusé de trois viols. Une expertise psychiatrique amène un diagnostic de trouble de la personnalité multiple. La vie - les vies- de Billy nous est contée de son point de vue, enfin du point de vue de ses différentes personnalités.
    Je n'avais aucune idée en commençant le livre qu'il s'agissait d'une histoire vraie. La lecture de la préface m'a amenée à faire quelque recherches sur le net et à découvrir qu'en effet le cas Billy Milligan a bien existé.
    Ayant appris cela, j'ai lu le livre avec énormément de pincettes. En effet, je suis plus que sceptique quant à toute cette vague, qui est apparue aussi subitement qu'elle a disparue, sur les cas de personnalités multiples dans les années 70-80 aux US, en raison de la lecture d'un livre qui s'intitule Faux souvenirs et désordre de la personnalité multiple, lorsque j'étais à l'université. Livre qui démonte en long en large et en travers la théorie selon laquelle le TPM (trouble de la personnalité multiple) serait la conséquence d'abus pendant la petite enfance pour émettre la thèse que la plupart des cas de TPM sont induits par l'environnement. Cf. cet article pour plus de détails, je laboure quelque peu pour ne pas m'étendre sur le sujet.
    Bref, n'ayant pas très envie d'y "croire" et je me suis sentie très critique devant les arguments proposés, que j'ai trouvé bien plus affectifs que scientifiques : toute l'histoire nous est présentée de façon très émotive, du point de vue quasi exclusif de Billy. On a envie de croire Billy car il est sympathique et émouvant et que les personnes qui ne le croient pas sont présentées comme des mauvaises gens qui le malmènent et empirent son état. Je ne remets pas en cause les faits rapportés mais plutôt le choix systématiques des informations : je doute qu'il n'y ait eu dans l'environnement de Billy que des articles de presse accablants, des psychiatres incompétents et un père abusif pour faire contre-poids avec les personnes qui croyaient dur comme fer à sa maladie. Un peu trop tout-noir-tout-blanc à mon goût, surtout que dans la communauté scientifique, on est loin d'un schéma aussi manichéen.
    Des questions très intéressantes, juridiques et éthiques, se posent également à la lecture de ce livre : avoir souffert dans son enfance excuse-t-il des actes criminels commis à l'âge adulte ? le trouble de la personnalité multiple est-il un mécanisme de défense lié à un traumatisme ancien ou un mécanisme de défense pour s'adapter à une situation actuelle ? Peut-on déclarer quelqu'un "non coupable pour irresponsabilité mentale" car ce serait une autre de ses personnalités qui aurait commis le crime ? Qui a commis le crime pour finir ? Aux yeux des victimes, aux yeux de la société et aux yeux de l'agresseur ? Je trouve ça vraiment passionnant et aimerait en savoir davantage en fait sur ce qu'il en est actuellement -le livre date de plus de 15 ans tout de même- et surtout ce qu'il en est en Europe, sur les cas d'acquittement pour troubles mentaux, ce qu'on appelle troubles mentaux et jusqu'où cela peut aller.
    D'un point du vue purement littéraire, le livre est agréable à lire, le personnage de Billy est attachant. Keyes arrive à faire vivre les différentes personnalités et à les faire interagir bien au-delà d'un travail de retranscription de ses entretiens avec Billy Milligan ou de la collecte d'informations. Keyes est un grand écrivain et le restera.
    Je garde néanmoins avec un sentiment de malaise dans cette lecture de part mon scepticisme qui m'a gâché le plaisir de la lecture. J'avais envie par moment de jeter le livre en me disant que tout ceci n'était qu'une vaste mascarade, à d'autres de me dire qu'une telle supercherie n'était pas possible. J'y aurais pris bien plus de plaisir si le livre m'avait été présenté comme un roman, voire une adaptation libre. Ce que la préface de Keyes empêche totalement de faire puisque sa manière de présenter les choses nécessite déjà une part d'acceptation. La vérité étant peut-être ailleurs, je préfère faire attention à ce que je prends pour argent comptant. Je ne m'estime pas assez calée dans ce domaine qui par ailleurs est trop soumis à controverse (ce qui veut peut-être déjà tout dire), j'éviterai tout "j'y crois" "j'y crois pas" et garderai mes questions sans réponse à l'esprit.
    Références sur mon blog

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2009/12/les-mille-et-unes-vie..
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Citations et extraits

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  • Par TwiTwi, le 28 décembre 2009

    On le jette dans une cellule, nue en dehors d'un matelas recouvert d'une alèse de matière plastique, et l'on referme la porte sur lui. En l'entendant claquer, Ragen bondit. Il va l'enfoncer ! Mais Arthur arrête son geste. Samuel s'empare du projecteur et tombe en prière : " Oy veh ! Mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné ?" Philip se rue contre la porte en jurant et c'est David qui prend sur lui la douleur. Christine sanglote, à plat ventre sur la paillasse et Adalana sent les larmes qui ruissellent sur ses joues. Christopher s'assied sur son séant et tripote le bout de ses souliers. Tommy entreprend d'examiner la serrure de la porte mais Arthur le tire à l'écart du projecteur. Allen demande à parler à son avocat. April, qu'anime un désir de vengeance, rêve qu'elle met le feu à l'hôpital. Kevin pousse des jurons. Steve l'imite. Lee rit aux éclats. Bobby imagine qu'il s'envole par la fenêtre. Jason pique une violente colère. Mark, Walter, Martin et Timothy arpentent la pièce en divaguant. Shawn émet un bourdonnement. Arthur ne dirige plus les indésirables.
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  • Par TwiTwi, le 28 décembre 2009

    - Pourquoi tu pleures ?
    - Va-t'en, laisse-moi tranquille.
    - Où ça ? Où veux-tu que j'aille ?
    Danny regarda autour de lui. Il n'y avait personne d'autre dans sa chambre.
    - Qui a dit ça ?
    - C'est moi. Je m'appelle David.
    - Où es-tu ?
    - J'en sais rien. Je crois que je suis au même endroit que toi.
    Danny regarda sous le lit, dans les toilettes, mais celui qui parlait n'était nulle part.
    - J'entends très bien ta voix, mais où es-tu ?
    -Ferme les yeux. Je te vois maintenant.
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  • Par TwiTwi, le 28 décembre 2009

    La présence quasi permanente de Marlene dans l'appartement compliquait sérieusement la vie. Arthur devait se montrer extrêmement vigilant pour éviter qu'elle découvrît le secret. D'autant que le temps lui échappait de plus en plus souvent. Il avait acquis la certitude que l'un d'eux revendait de la drogue le jour où il avait trouvé dans une de ses poches un avis de libération sous caution et avait appris que quelqu'un de la famille avait été arrêté pour avoir tenté de se procurer de la drogue à l'aide d'une fausse ordonnance. Il était pratiquement sûr, d'autre part, que quelqu'un avait des relations sexuelles avec Marlene.
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  • Par Zazette97, le 02 janvier 2010

    Celui qui entre dans la lumière, sous le projecteur, entre dans le monde et prend la conscience. C'est cette personne que les gens de l'extérieur voient et entendent, c'est à ses actes qu'ils réagissent. Les autres personnes, autour du projecteur, poursuivent leurs occupations habituelles, étudient, dorment ou jouent. Celui ou celle qui se montre à l'extérieur doit faire très attention de ne pas révéler l'existence des autres.
    C'est un secret de famille. p.287
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  • Par TwiTwi, le 28 décembre 2009

    Rosalie ne peut réprimer un frisson. L'intensité des sentiments et la simplicité avec laquelle ils sont exprimés sont extrêmement émouvantes. Le collage, poignant de vérité, évoque une douloureuse histoire. La jeune femme se rend compte que son opinion est faite. Elle a sous les yeux la preuve que Milligan n'est pas un sociopathe totalement incapable de sentiments. Les autres peuvent continuer à douter, elle sait que son patient n'est pas un simple simulateur.
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Vidéo de Daniel Keyes

Extrait 2 du téléfilm français "Des fleurs pour Algernon" de David Delrieux (2006) avec Julien Boisselier dans le rôle de Charlie. D'après le roman de Daniel Keyes.











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