> Brigitte Barbey (Autre)

ISBN : 2070368971
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.83/5 (sur 92 notes) Ajouter à mes livres
Que peut-on faire d'une maison - et à plus forte raison de deux - quand, depuis son enfance, on préfère dormir à la belle étoile ? Libre enfant de Monterey, le paisano Danny se sent accablé par son héritage. La rencontre de son ami Pilon lui fournit une solution. Il lui... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par nastasiabuergo, le 27 avril 2012

    nastasiabuergo
    Faire la critique de Tortilla flat est pour moi un exercice périlleux. Premièrement parce que je n'ai pas relu le livre récemment, il est bien présent à mon esprit, mais je ne viens pas de le reposer donc, mon cerveau peut en altérer certains traits. Deuxièmement, Steinbeck est probablement un des auteurs, pour ne pas dire L'auteur que je préfère donc, pas facile d'avoir l'air objective. Troisièmement, Tortilla flat est de par son sujet et de par son traitement, (à la connaissance que j'ai de l'auteur, soit une dizaine de ses bouquins), très différent du style « ordinaire » de l'auteur. À la lecture de certains commentaires, je comprends mieux l'indignation de John Steinbeck et sa décision de ne jamais plus écrire sur les Paisanos de Monterey. Ses contemporains ont interprété son livre dans les années 1930 comme une moquerie en règle, voire, une certaine forme de mépris pour ces habitants dont le sang est à forte proportion mexicaine et pour lesquels il nourrissait une réelle sympathie. En effet, c'est avec beaucoup de tendresse que Steinbeck dépeint ces drôles de drilles et certainement pas pour s'en moquer, un peu à la manière d'un Pagnol qui se fout gentiment des Marseillais mais qui a un profond respect et amour de leur âme.
    Pour être franche, je n'ai réellement compris ce que John Steinbeck a voulu exprimer dans Tortilla flat que lorsque j'ai côtoyé pendant une année des Amérindiens. À la première lecture, j'en étais restée au cocasse, au côté décalé de ces gais lurons au raisonnement qui tourne toujours plus ou moins autour d'un gallon de pinard. Mais en vivant auprès des peuplades amérindiennes, à voir en chair et en os des gens qui sont tout sauf adaptés au système, qui sont heureux quand ils peuvent se retrouver entre copains et se mettre une bonne cuite, qui n'ont aucune espèce de notion de rentabilité, d'intérêt, de prévoyance, de réserve, de travail fixe, de ponctualité mais qui jouissent, au contraire de nous d'une forme d'insouciance continuelle, d'une joie de vivre dans le dénuement et d'une confraternité très enviable, j'ai vu plus clair dans le message de Steinbeck. Même si, vous l'imaginez, des querelles peuvent toujours se faire jour, d'ailleurs souvent pour les motifs les plus incompréhensibles de ce côté de l'Atlantique. Là, d'un coup, mes souvenirs de Tortilla flat ont refait surface, et je me suis dit, comme c'est juste, comme il a trouvé la bonne façon d'en parler, avec humour, avec certains traits un peu caricaturés, mais dans l'ensemble si réalistes. du coup, j'ai compris également cette narration empreinte d'une certaine naïveté. Cela colle si bien au tempérament des Paisanos qu'un autre mode d'énonciation eut été moins bien approprié.
    Il ne faut surtout pas chercher une histoire ou une morale à ce livre. Dites-vous simplement que l'auteur va vous parler de gens, qui, dans l'ensemble, ne réfléchissent pas comme vous et moi, qui considèrent qu'ils ont sauvé leur journée quand ils ont réussi à se gonfler la panse de victuailles (c'est bien), et de vin (c'est mieux). Si par revers de fortune il n'y a que du vin, ils ne vont pas en faire une maladie, par contre, s'il n'y a ni victuailles ni vin, ils vont s'ingénier, faire fonctionner leurs bras, peut-être même leur cerveau pour combler cette lacune. C'est une vie sans calcul, d'aucune sorte. Donc, lorsque le hasard d'un héritage fait de Danny un propriétaire, c'est tellement loin des préoccupations ordinaires du groupe de copains, c'est une telle révolution de leurs habitudes qu'on comprend que l'ordre ne reviendra qu'à partir du moment où Danny aura tout perdu et qu'il pourra retourner à ses rigolades et pochetronneries quotidiennes avec ses potes. Pour illustrer cet état d'esprit, je vais prendre un exemple que j'ai réellement vécu avec des Amérindiens. Lorsqu'on vous donne rendez-vous « demain », cela peut signifier « dans une heure », « ce soir », « dans une semaine », « dans un mois », « jamais de la vie, tu peux toujours courir » voire, très exceptionnellement, « demain ». Les Paisanos de Monterey c'est ça ! L'esprit du quartier nommé "Tortilla flat", c'est ça ! Des gens qui n'ont pas du tout la même vision de la vie que la nôtre, cette vie que nous subissons plus que nous ne la vivons, où l'on déprime dès qu'on perd son emploi, où l'on a la bougeotte dès qu'on est trois jours sans aller travailler, où l'on court toute la journée (d'ailleurs pour pas grand-chose, bien souvent).
    Voilà ce que je peux vous dire de ce livre, c'est un drôle de document sur une façon de vivre probablement disparue de nos jours à Monterey, mais qui a existé du temps de Steinbeck, il n'y a pas de raison d'en douter, et que l'on peut encore rencontrer en voyage, deci-delà, auprès de populations, pas du tout « dans le système » et qui doivent bien rigoler à nous voir courir tout le temps. du moins c'est mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par ahasverus, le 03 juillet 2011

    ahasverus
    "Voici l'histoire de Dany, des amis de Dany et de la maison de Dany.",
    Le moins qu'on puisse dire, c'est que personne à Tortilla flat - Torelli mis à part - n'a le sens de la propriété. Ce n'est pas Dany, bien embêté avec son héritage, qui vous dirait le contraire.
    Omar Khayam, écrivait : "si tous ceux qui font l'amour et qui boivent sont de l'enfer, demain le Paradis, comme le creux de ma main, sera désert".
    Il aurait aimé vivre à Tortilla flat, Omar. Il aurait, avec Pom-Pom, avec Pilon, le Pirate et Big Joe, avec Jesus Maria ou Pablo, avec Dany, dilué puis perdu toutes ses bonnes intentions dans tout le vin des Torelli. Il aurait comme tout autres, colporté les ragots sur Madame Morales, suivi le Pirate et ses chiens pour trouver son trésor, fait quelques séjours dans la prison locale et parlé avec Tito Ralph, le geolier qui oublie quand il a bu qu'il est geolier.
    Steinbeck nous livre l'enfer du décor.Construit sur un sol pavé de bonnes intentions, Tortilla flat se noie sous les galons de vin et remet même en cause la moralité de la vierge Marie et rappelle que rien n'est jamais acquis, même bien.
    Un petit livre plein et jouissif qui mérite trois étoiles et demi sur l'échelle de Babelio. Un bon moment.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    raton-liseur
    Un livre qui dénote un peu dans la biographie de Steinbeck. Gai, ironique, amoral. Une lecture où il ne faut pas chercher de grand message philosophique, mais juste ne pas bouder son plaisir.
    Danny et ses amis sont des « paisanos » du quartier de Tortilla flat dans la banlieue pas bien chic de Monterey. Ils prennent la vie comme elle vient, se lèvent avec le soleil, mangent où la table leur est offerte et boivent surtout. Ils m'ont fait pensé à des Kerouac avant l'heure, en moins intellectualisés mais tout aussi arrosés.
    Le roman n'a pas de fil conducteur en temps que tel et se résume plus à une série d'anecdotes qui fonctionnent toujours un peu sur le même modèle. Ce pourrait devenir fastidieux, mais le roman est assez court pour que le lecteur n'ait pas le temps de se lasser.
    Une lecture qui m'a fait découvrir une nouvelle facette de Steinbeck et qui, à ce que l'on m'a dit, se rapproche de livres tels que Rue de la sardine. C'est le Steinbeck des débuts et de l'insouciance, le Steinbeck du soleil de Californie quand il est doux et chaud. le soleil des récoltes perdues et du spectre inquiétant de la pauvreté viendront quelques années plus tard. A lire pour ceux qui aiment les ouvrages de Steinbeck et qui veulent mieux le connaître.
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  • Par Kalliope, le 08 février 2012

    Kalliope
    J'ai lu ce roman il y a une vingtaine d'années et j'avoue que je ne m'en souvenais absolument pas. A force de n'entendre dire que du bien de cet ouvrage, je l'ai ressorti de ma bibliothèque pour le relire. Quelle déception ! Cette petite bande de potes, toujours en train de picoler et de se livrer à de menus larcins, ne me fait pas rire du tout. Alors que les critiques, en majorité, trouvent ce livre « bourré d'humour », il m'ennuie profondément et je ne poursuivrai peut-être pas cette relecture jusqu'au bout.
    ………… quelques jours plus tard……..
    Finalement si, je l'ai lu jusqu'au bout, et j'ai continué à m'ennuyer jusqu'au bout !! Heureusement, tous les romans de Steinbeck ne sont pas de la même veine !
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    • Livres 2.00/5
    Par Bunee, le 30 mai 2008

    Bunee
    (...)
    L'histoire est assez simple: dans la Californie des années 20, en période de récession économique, vit un groupe de paisanos. Là-bas, sur les hauteurs de Monterey, à Tortilla Flat, les gens sont pauvres et certains n'ont pas de maison. C'est le cas de Danny, va-nu-pied pauvre mais heureux et libre.
    Jusqu'à ce qu'il hérite de deux maisons de son vieux grand-père.
    Contrairement à ce à quoi l'on pourrait s'attendre, Danny, plutôt que de s'en réjouir, se sent alors écrasé par le poids des responsabilités.
    Un ami de Danny va s'installer dans la seconde maison, moyennant un loyer qui ne sera jamais payé. Puis un deuxième. Et un troisième
    (...)
    http://lelabo.blogspot.com/2006/11/tortilla-flat.html
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Citations et extraits

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  • Par ballad, le 10 septembre 2011

    "Le matin ensoleillé, c'est le temps de la joie paisible. Quand la rosée scintille sur les herbes, chaque feuille porte un joyau merveilleux, quand même il n'est pas de grand prix. Ce n'est pas le moment de se hâter, ni de se bousculer. Les pensées sont lentes, profondes, dorées, le matin."
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  • Par raton-liseur, le 08 janvier 2012

    Cela vaut vraiment la peine d’être bon et généreux (…) ; non seulement on accumule ainsi de la joie pour les demeures éternelles, mais on trouve aussi une récompense immédiate, dès ici-bas. Une chaleur dorée habite votre cœur et rayonne comme une brûlante saucisse aux piments dans l’estomac. (p. 107, Chapitre 9, “Comment les amis de Danny cherchèrent un trésor mystique (…)”).
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  • Par ahasverus, le 02 juillet 2011

    Il est stupéfiant de constater que le revers de toute action noire est blanc comme neige. Et il est décourageant de constater combien sont lépreuses les parties secrètes des anges.
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  • Par ahasverus, le 26 juin 2011

    Les pêcheurs solitaires, qui se figurent que le poisson mord à marée haute, abandonnèrent leurs rochers et furent remplacés par d'autres pêcheurs convaincus que le poisson mord à marée basse.
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  • Par ahasverus, le 25 juin 2011

    Ah ! les prières des millions d'hommes qui s'élèvent en même temps vers le trône de Notre Père, comme elles doivent se faire concurrence et s'annuler mutuellement !
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