ISBN : 2070327841
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
L'originalité de Jeanne Hersch est de réorganiser le développement de la philosophie en Occident à partir, non plus de ses principales thèses, mais de sa nature même, de son objet premier : l'étonnement.
L'étonnement est cette capacité qu'il y a à s'interroger su... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 04 juillet 2010

    vincentf
    Il y a longtemps que je cherchais un bouquin comme celui-ci, une vraie intro à la philo, qui donne envie de se plonger dans les grandes pensées, qui s'efforce à en montrer l'évolution en les expliquant le plus clairement possible. Certes, je suis souvent largué, mais faire le saut devient possible, je commence à savoir ce que je fais quand je me lance dans Kant (quand ? le livre n'est pas encore acheté...), dans Aristote (La Métaphysique, ma prochaine lecture ?) ou dans Bergson. Faire de la philosophie donc, à quoi bon ? Question non philosophique s'il en est. Pour celui qui philosophe, la question ne se pose pas, c'est une évidence. On pense parce qu'on s'étonne, on s'étonne d'être. Je pense donc je suis ? Je pense parce que je suis et que je ne sais pas ce que ça veut dire, "je suis"? Ce que montre très bien Jeanne Hersch, au delà des introductions synthétiques et claires de pensées complexes, c'est qu'on pourrait très bien ne pas philosopher, mais voilà, des gars se sont étonnés, ils ont remis en cause les évidences, les trucs qui sont là sans qu'on les remarque, les fondements de nos vies si simples en apparence mais si bizarres quand on se met à y penser. Une fois que la machine est lancée, elle ne s'arrête pas. Arrêter de me casser la tête sur des questions abstraites qui m'empêchent de vivre agréablement mon quotidien ? Impossible. La conscience d'être un humain, mortel, "être-pour-la-mort" (il faut aussi je me lance dans Heidegger), ça étonne, ça angoisse, et voilà, les questions défilent, on ne peut pas se défiler, on tente de mettre de la cohérence, de la raison, et on philosophe, hélas. Il serait tellement plus simple de ne jamais s'étonner de rien. Tellement plus ennuyeux, aussi.
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Citations et extraits

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  • Par colibri, le 19 juillet 2008

    Obéir au devoir, chez Kant, ce n'est donc pas une contrainte qui s'exerce sur la liberté - au contraire : c'est la liberté elle-même. La liberté, c'est cette faculté d'autonomie que nous possédons et qui nous empêche d'être le jouet de nos sentiments et de nos affections, et qui nous permet au contraire, grâce à la bonne volonté. de nous imposer à nous-mêmes le respect du devoir.

    Ici encore la pensée de Kant s'oppose fortement aux attitudes courantes chez nos contemporains, aux yeux desquels tout ce qui s'appelle devoir passe pour. une contrainte ou même une manipulation, alors que nos humeurs, nos sentiments spontanés représentent notre vraie liberté. Pour Kant, c'est évidemment le contraire. Humeurs, sensations, sentiments sont des phénomènes, et, par conséquent, soumis, comme tout ce qui appartient au monde phénoménal, à la loi de la causalité. Céder à ses humeurs, à ses impulsions, c'est donc se soumettre à la loi qui règne dans le monde phénoménal, qui est le contraire de la liberté. Quiconque veut être libre ne le peut que par sa propre volonté, c'est-àdire par la faculté qui lui permet de s'imposer à lui-même la loi du devoir, pour lui obéir. Tel est le sens de l'autonomie.
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  • Par colibri, le 19 juillet 2008

    La communication existentielle est aussi éloignée de la transmission empirique ou rationnelle que d'une volonté de puissance qui pousse un sujet à s'en soumettre un autre. Alors que la conscience en général s'occupe de réalités objectives, l'existence ne connaît que des convictions. Elle vit pour elles, parfois elle meurt pour elles. Si ces convictions pouvaient s'imposer à travers une rationalité contraignante, elles perdraient leur vérité existentielle, car elles n'ont sens et vérité que pour l'existence dans sa liberté, ce qui exclut toute contrainte physique ou logique.
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